L'allaitement maternel est une pratique naturelle et bénéfique, tant pour le bébé que pour la mère. En plus d'être pratique et économique, le lait maternel est reconnu pour ses nombreux bienfaits sur la santé de l'enfant et de la mère. Il contient de nombreux composants essentiels, tels que des protéines non allergènes, des sucres et graisses, des vitamines et minéraux, des enzymes, des acides gras essentiels, des anticorps et molécules antimicrobiennes, des hormones et facteurs de croissance, ainsi que des cellules vivantes. Le lait maternel évolue et s'adapte progressivement aux besoins du bébé.

Recommandations générales sur la durée de l'allaitement

Si l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande d'allaiter le bébé exclusivement jusqu'à ses 6 mois, puis de poursuivre l'allaitement en complément d'une alimentation diversifiée jusqu'à 2 ans ou plus, il n'y a pas d'âge prédéfini ou idéal pour le sevrage. L'allaitement peut durer encore pendant plusieurs mois, jusqu'aux 2 ans de l'enfant, voire au-delà. Si la mère laisse son enfant se sevrer naturellement, l'allaitement peut s'arrêter entre ses 2 ans et ses 4 ans. Toutefois, l'âge de sevrage de votre bébé va correspondre à vos besoins et à ceux de votre enfant : il doit être en harmonie avec votre rythme de vie, votre santé et vos désirs personnels. Chaque famille est unique, alors n’hésitez pas à adapter ces recommandations à vos besoins, envies et contraintes.

Facteurs influençant la décision d'arrêter l'allaitement

Le sevrage peut également être planifié, à l'initiative de la mère. De nombreuses raisons peuvent en effet pousser la mère à arrêter d'allaiter, comme le retour au travail, une envie personnelle ou une nouvelle grossesse. En matière de sevrage, c'est à chaque femme de choisir le meilleur moment, pour elle et son bébé : en étant à l'écoute de ses besoins et de ceux de son bébé. C'est important de se sentir bien avec sa décision.

Comment reconnaître une grève de la tétée

En général, un bébé qui refuse soudainement le sein n'est pas en train de se sevrer. Temporaire, cette « grève de la tétée » peut survenir à différentes périodes de la vie de l'enfant. Elle peut être due à une affection (rhume ou otite, poussée dentaire, muguet…) ou à un contexte familial compliqué (conflits dans l'entourage, manque de temps des parents, changement au sein de la famille…). Ce n’est pas toujours un vrai sevrage : avec l’aide d’une conseillère en lactation ou d’une sage-femme, il est parfois possible de reprendre l’allaitement après un sevrage débutant ou une grève, si vous le souhaitez.

Comment faciliter la reprise de l'allaitement après une grève de la tétée

Le peau à peau peut également favoriser la reprise de l'allaitement.

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Comment réussir le sevrage de l'allaitement : Approche progressive et en douceur

Pour que le sevrage de l'allaitement se passe bien, il doit être fait en douceur, en maintenant des contacts peau à peau réguliers avec son enfant. Pour éviter de générer du stress (pour la mère et l'enfant), le sevrage de l'allaitement doit être progressif et graduel. Il faut absolument éviter un sevrage brutal, du jour au lendemain : en plus d'être traumatisant pour l'enfant, il peut être particulièrement inconfortable pour la mère (blocage des canaux lactifères, mastites, abcès…).

Étapes à suivre pour un sevrage progressif

  1. Remplacer progressivement les tétées : Il est conseillé de commencer par remplacer une tétée par jour par un biberon. Pour plus de facilité, les premiers biberons peuvent être confiés au papa. En effet, lorsqu'il est dans les bras de sa mère, le bébé sent son odeur et cherche automatiquement le sein. Pour un sevrage en douceur, l'allaitement ne doit pas être refusé : il doit simplement ne pas être proposé.
  2. Augmenter progressivement le nombre de biberons : Une fois le premier biberon bien accepté par l'enfant, il est possible de passer à deux biberons par jour (il faut éviter de remplacer deux tétées consécutives). Le nombre de biberons peut ensuite être augmenté de manière progressive, et les tétées diminuées en parallèle. La durée du sevrage dépend uniquement du temps dont dispose la mère pour l'étaler.
  3. Retarder l'heure de certaines tétées : Pour faciliter le sevrage, il est possible de retarder l'heure de certaines tétées (lorsque l'enfant consomme également des aliments solides, et que le lait n'est plus sa seule alimentation).
  4. Maintenir le contact corporel : Pour faciliter l'arrêt du lait maternel, il est recommandé de programmer plusieurs moments qui favorisent le contact corporel avec le bébé. Massage, portage, peau à peau lors du bain ou du biberon… L'enfant doit toujours être porté près du cœur de sa mère, sans que cette dernière ne cherche à l'éloigner de son sein. Rassasié par le lait artificiel, l'enfant ne cherchera plus le sein de sa mère. Maintenir des contacts peau à peau participe à un arrêt de l’allaitement réussi, tout en douceur.
  5. Conserver les tétées du matin et du soir le plus longtemps possible : Pour une transition progressive, il est enfin conseillé de conserver les tétées du matin et du soir le plus longtemps possible (en les éliminant en dernier).
  6. Adapter le rythme selon le bébé : Si vous sentez que le sevrage va trop vite (bébé pleure beaucoup, se cramponne au sein, vous vous sentez débordée), vous pouvez ralentir. Gardez une tétée de plus quelques jours, consolidez les nouvelles habitudes, puis reprenez lorsque tout le monde se sent plus en sécurité.

Durée du sevrage et facteurs à considérer

Plus ou moins long, le sevrage de l'allaitement dépend finalement du tempérament et de l'âge de l'enfant, ainsi que de l'approche de sa mère. Il faut compter environ 4 semaines pour un sevrage total. La durée du sevrage dépend de nombreux facteurs : âge de bébé, fréquence des tétées, méthode (progressive ou rapide), particularités de votre corps. En général, un sevrage progressif étalé sur quelques semaines à quelques mois limite les douleurs et les engorgements.

Comment soulager les inconforts physiques liés au sevrage

Soulager les seins douloureux

Pour soulager les douleurs liées au sevrage, il existe plusieurs méthodes :

  • Exprimer un peu de lait manuellement, à l’aide d’un massage aréolaire : cette technique peut être réalisée dans un bain chaud ou sous la douche. Avec trois ou quatre doigts, la mère effectue des mouvements circulaires de l’extérieur du sein vers l’aréole.
  • Utiliser un tire-lait pour soulager le sein douloureux : là encore, il faut éviter de relancer la lactation.
  • Utiliser des compresses froides entre les tétées ou après un tirage.
  • Porter un soutien-gorge confortable (mais pas trop serré).
  • Certains baumes d’allaitement ou baumes pour le sevrage peuvent apaiser la peau du sein (choisissez des produits compatibles avec l’allaitement si vous donnez encore le sein).
  • Parlez avec votre médecin ou sage-femme des antalgiques utilisables pendant le sevrage.
  • Certaines mamans évoquent aussi l’utilisation de l’homéopathie ou de “remèdes de grand-mère” pour arrêter la montée de lait. Avant d’essayer quoi que ce soit, discutez-en avec un·e professionnel·le de santé pour vérifier l’absence de risque.

Prévenir l'engorgement mammaire

Le maître-mot : progressivité. Plus le sevrage est étalé, moins le risque d’engorgement est élevé. Pour prévenir l’engorgement :

  • Diminuez les tétées une par une, sur plusieurs jours.
  • Si vos seins sont très tendus, tirez un peu de lait (à la main ou au tire-lait) juste pour soulager, sans vider complètement.

Utilisation de plantes pour inhiber la lactation

Utiliser certaines plantes pour inhiber la lactation (persil et sauge, notamment) : pour être efficaces, ces plantes doivent être consommées en grande quantité.

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Quand consulter en cas de mastite

Une mastite est une inflammation, souvent infectieuse, du sein. Elle peut survenir pendant l’allaitement ou au moment du sevrage, surtout en cas d’engorgement important. Consultez rapidement si vous présentez :

  • Un sein rouge, chaud, très douloureux,
  • De la fièvre, des frissons, un état grippal,
  • Des douleurs qui ne passent pas malgré le repos et les mesures simples.

Un traitement médical peut être nécessaire. Ne restez pas seule avec la douleur.

Quel lait choisir pour les biberons lors du sevrage ?

Les tétées sont remplacées par des biberons, qui contiennent du lait maternel préalablement tiré ou du lait artificiel (préparation commerciale). Pour faciliter la transition, il est conseillé de commencer par remplacer les tétées par des biberons de lait maternel. Une fois le sevrage bien engagé, il est possible de passer à des substituts du lait maternel, à base de lait de vache. Destinés aux bébés et aux jeunes enfants, ces laits industriels répondent à des cahiers des charges très précis. Disponibles en pharmacie, certains laits industriels sont spécifiquement destinés aux enfants qui régurgitent ou qui présentent un risque d’allergie au lait de vache (ou une allergie avérée). Si votre bébé a moins de 1 an, il est recommandé de choisir un lait infantile (également appelé lait 1er ou 2e âge) en fonction de son âge et de son stade de développement. Ces laits sont spécialement formulés pour apporter les nutriments essentiels dont votre bébé a besoin, comme les protéines, les vitamines et les minéraux. Si votre bébé a plus de 1 an, vous pouvez passer à un lait de croissance, qui est adapté aux besoins nutritionnels des tout-petits.

Le choix de la tétine

Le choix de la tétine du biberon est également primordial. Il est recommandé d’opter pour une tétine en silicone, à petit trou. Cela oblige en effet l’enfant à tirer pour faire venir le lait : il prend le temps de savourer son biberon au lieu de l’engloutir, et il continue à stimuler son oralité. Un bébé allaité a l’habitude de téter fortement, et le silicone n’a pas de goût et une meilleure résistance.

Que faire en cas de refus du biberon ?

Au moment du sevrage de l’allaitement, il est possible que l’enfant refuse le biberon. En cas de refus du biberon, il est recommandé de ne surtout pas forcer l’enfant, mais de continuer à lui proposer le biberon régulièrement.

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Gérer les difficultés émotionnelles liées au sevrage

Soutien émotionnel pour la mère

Le sevrage peut parfois être une période émotionnellement difficile, que ce soit pour vous ou pour votre bébé. Vous pourriez ressentir un manque ou avoir l’impression de perdre un lien avec votre bébé. La déprime post-allaitement, ça existe ! C'est à nouveau un chamboulement émotionnel et hormonal qui est tout à fait normal.

Voici quelques-unes des causes :

  • La chute des endorphines libérées pendant l'allaitement, responsables d'un sentiment de bien-être.
  • Le retour de couches qui, s’il n’est pas survenu jusque-là, perturbe tout l'équilibre hormonal.
  • Une grosse fatigue.
  • La perte de repères, l'impression de ne plus servir à rien quand bébé a besoin d’être apaisé.
  • La difficulté parfois à se réapproprier son corps.
  • Des regrets et de la nostalgie peuvent parfois s'installer plusieurs semaines après l'arrêt de l'allaitement.

N’hésitez pas à demander du soutien autour de vous : partenaire, amis, famille, groupes de parents, forums… Le sevrage est aussi une épreuve émotionnelle pour la maman.

Le rôle du co-parent

Le rôle du co-parent lors de l'allaitement est essentiel. Il en est de même lors du sevrage pour aider aussi bien la maman que le bébé dans cette nouvelle étape. On évitera alors les remarques désagréables comme “c’était mieux quand tu allaitais” ou “il supporte moins bien les biberons”. Le sevrage peut être une étape complexe et parfois culpabilisante pour certaines mamans. Avoir un soutien bienveillant permet de traverser cette transition avec plus de sérénité. Le partenaire doit soutenir pleinement le choix de la mère, mais cela n’enlève en rien la possibilité d’en discuter. Partager les interrogations et les craintes, de la maman comme du partenaire, peut être bénéfique et permettre de se rassurer. En tant que co-parent, vous pourrez profiter de cette transition pour préparer et donner les biberons à bébé, pour faire diversion et l’occuper afin de le distraire de l’envie de téter, etc.

Les étapes clés du processus de sevrage

On peut résumer les principales étapes du sevrage ainsi :

  1. Décider du meilleur moment pour vous et votre bébé.
  2. Commencer par remplacer une tétée de la journée.
  3. Laisser le temps au corps de s’ajuster (plusieurs jours).
  4. Remplacer une seconde tétée, puis une troisième…
  5. Garder les tétées les plus importantes pour la fin.
  6. Remplacer la dernière tétée par un autre rituel fort (câlin, histoire, massage).

Erreurs à éviter lors du sevrage

  1. Sevrer trop brutalement : Un sevrage brusque peut entraîner un engorgement, une mastite, et beaucoup de détresse pour le bébé. Lorsque c’est possible, mieux vaut étaler le processus sur plusieurs semaines.
  2. Commencer pendant une période difficile : Évitez si possible de lancer un sevrage pendant une période de forte tension : déménagement, entrée à la crèche, grande fatigue, maladie, changement important dans la famille. Votre bébé a alors particulièrement besoin de repères stables.
  3. Ignorer les besoins émotionnels de bébé : Le sevrage n’est pas uniquement une question de nutrition, mais aussi de réconfort émotionnel. Pour un bébé, le sein est :
    • Une source de nourriture,
    • Un endroit connu, rassurant,
    • Un moment de contact avec maman.

Ne pas tenir compte de cette dimension peut rendre le sevrage plus difficile. Prévoyez donc de nombreux moments de câlins, portage, jeux et douceur pour accompagner cette transition.

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