Dominique Cottrez, une femme complexée par son obésité depuis l'enfance, s'est retrouvée au centre d'une affaire d'infanticide hors normes. Son histoire, marquée par des secrets et des traumatismes, soulève des questions profondes sur la maternité, le déni et les conséquences des abus.
Une enfance marquée par l'obésité et l'inceste
Dominique Lempereur, née le 29 mars 1964, a toujours eu des problèmes de poids. Sa famille, vivant dans une ferme modeste à Villers-au-Tertre, ne parlait pas beaucoup. Dominique, enfant effacée et timide, trouvait refuge loin des conversations familiales. Elle portait un lourd secret : elle a été violée par son père dès l'âge de 8 ans.
À l'école, elle était moquée à cause de son surpoids. Elle s'investit dans ses études et obtient un BEP sanitaire et social à 15 ans, motivée par le désir "de rendre service aux autres". À la même époque, elle a de nouveau un rapport sexuel avec son père, sans pouvoir déterminer s'il s'agit d'un viol ou d'une relation consentie. Elle garda le silence, craignant les conséquences pour son père.
Rencontre et mariage
Au début des années 1980, Dominique rencontre Pierre-Marie Cottrez dans une discothèque. Elle a 18 ans et se tient à l'écart des autres, complexée par son corps. Pierre-Marie, charpentier, fait le premier pas. Dominique tombe amoureuse. Ils se marient le 3 août 1985.
Le couple forme un couple solide. Ils s'appellent affectueusement "gros". Ils aiment les bons repas, mais leurs revenus sont modestes. Dominique a parfois des envies de dépenser de l'argent, ce qui leur cause quelques soucis financiers. Leur vie sexuelle est active. Dominique ne veut pas perdre Pierre-Marie et ne lui refuse rien.
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Grossesses cachées et infanticides
La naissance de leur première fille, Emeline, en janvier 1987, est un traumatisme pour Dominique. Elle a pris 35 kg pendant sa grossesse et a honte de son corps. Les remarques désobligeantes d'une sage-femme renforcent sa phobie du monde médical. Lorsqu'elle tombe enceinte une deuxième fois, elle le cache. Son mari l'apprend peu avant la naissance de Virginie, en octobre 1988.
Après la naissance de Virginie, Dominique Cottrez s'enferme dans ses contradictions. Elle refuse son corps et sa féminité, mais continue à avoir des relations sexuelles avec son mari sans utiliser de contraception. Elle tombe enceinte pour la troisième fois et refuse d'y croire.
En décembre 1989, elle accouche seule à la maison. C'est un garçon. Elle l'étouffe avec des draps et cache le corps dans un sac-poubelle, puis dans le grenier de ses parents. La scène se répète sept fois. Elle étrangle les nouveau-nés et les met dans des sacs plastique.
Les corps sont cachés dans le grenier de ses parents et dans sa propre maison, dans le panier à linge, les placards et le garage. Une odeur étrange flotte dans la maison, mais la famille pense à l'humidité ou à des problèmes d'égouts.
Découverte et procès
Emeline et Virginie ne se doutent de rien. Pierre-Marie Cottrez affirme n'avoir rien su. La découverte des cadavres de bébés, en juillet 2010, soulage Dominique. Ce secret lui pesait.
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Dominique Cottrez est placée en détention provisoire, puis remise en liberté sous contrôle judiciaire. Elle est jugée à Douai. Son mari est entendu comme témoin assisté.
Dominique Cottrez explique les meurtres par la peur que ses enfants soient issus d'une relation incestueuse avec son père. Les analyses génétiques infirment cette hypothèse. Les experts psychiatriques sont partagés sur le lien entre l'inceste et les infanticides.
Dominique Cottrez craint le regard des autres. Elle a peur d'être rejetée si elle avoue aimer son père et si elle révèle la mort des bébés. Elle en parle à son père, et à lui seul.
Paroles d'expertes
Ondine Millot, journaliste qui a rencontré Dominique Cottrez, a écrit un livre intitulé "Les monstres n'existent pas". Elle y raconte l'histoire d'une femme meurtrie, malade de solitude et réduite au silence toute sa vie. Elle souligne la difficulté d' "être au monde" avant même de pouvoir "mettre au monde" la vie.
L'histoire de Caroline Montois
Parallèlement, l'histoire de Caroline Montois, née sous X, offre un contraste saisissant. Abandonnée à la naissance, elle a consacré près de 30 ans à la recherche de ses parents biologiques. Elle a finalement retrouvé sa mère et son père, réalisant ainsi un rêve longtemps caressé. Son récit, raconté dans son livre "Hannah, née sous X, la terre qui m'était promise", est un message d'espoir pour tous les enfants nés dans le secret.
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