Le monde du rap, souvent perçu comme un terrain de compétition acharnée, est truffé de rivalités et de mesquineries, malgré les idéaux originels de "Peace, unity, love & having fun". Aux États-Unis, le clash a pris une dimension quasi culturelle, et 50 Cent s'est imposé comme un grand spécialiste de cette discipline, construisant même sa carrière sur l'insolence. Il n'hésite pas à envoyer des piques à ceux qui se dressent sur son chemin, comme Ja Rule, Jadakiss, Fat Joe, et plus récemment, Rick Ross.

La Guerre Sans Merci Contre Rick Ross

La rivalité entre 50 Cent et Rick Ross a atteint son apogée à la fin des années 2000. 50 Cent avait révélé le passé d'ancien gardien de prison de Rick Ross, surnommé "Rozay", après avoir eu une relation avec son ex-compagne, Lastonia Leviston. Lorsque Rick Ross a été hospitalisé pour des problèmes cardiovasculaires et décrit comme luttant pour sa vie, 50 Cent a saisi l'occasion pour frapper. Il a publié une image faisant référence à Ivan Drago, personnage de la saga "Rocky", prononçant la phrase "If he dies, he dies" pendant qu'Apollo Creed meurt sur le ring. Cette action a suscité des réactions mitigées, certains y voyant une preuve de l'élégance douteuse de 50 Cent, tandis que d'autres ont reconnu la pertinence de la punchline.

Le Déclin de Ja Rule et l'Ascension de 50 Cent

Près de vingt ans après la sortie de son premier album, Venni Vetti Vecci, Ja Rule, autrefois une icône du rap, a connu un déclin spectaculaire. Une anecdote lors d'un match de NBA, où il n'a pas réussi à ambiancer le public, illustre sa chute.

À la fin des années 90, le rap new-yorkais était en pleine mutation après l'assassinat de Biggie. Son label, Bad Boy, était critiqué pour son "jiggy rap" pop et mélodieux. La mort de Biggie a ouvert la voie à de nouveaux rappeurs comme DMX, 50 Cent et Ja Rule. Ce dernier, né le 29 février 1976, a commencé à rapper dans les années 90 avec son groupe Cash Money Click. Leurs premiers singles montraient une volonté de dépasser les codes du rap new-yorkais.

Ja Rule a ensuite signé chez Def Jam et a collaboré avec DMX et Jay-Z. Le trio aurait même dû sortir un projet commun sous le nom de Murder Inc. Cependant, DMX a insinué que certains rappeurs lui piquaient son style, ciblant Ja Rule. Jay-Z a également utilisé un morceau de Ja Rule pour son premier album, Can I Get A…, un hit qui a donné une indication sur la direction musicale de Ja Rule, à la fois new-yorkaise et ouverte aux autres tendances du rap américain.

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De 1999 à 2002, Ja Rule est devenu une star grâce à des albums et des singles à succès. Son premier album, Venni Vetti Vecci, a produit le hit Holla Holla. Avec son deuxième album, Rule 3:36, il a franchi un cap grâce aux singles Put It On Me et Between Me And You, aux ambiances sucrées et exotiques. Ja Rule est devenu une icône, une version plus glamour du "thug" new-yorkais, se démarquant de DMX et Jay-Z. Il a également connu le succès avec le "Murda Remix" de I’m Real de J. Lo et son troisième album, Pain Is Love, porté par des singles comme Livin’ It Up et Always On Time.

Cependant, son image de voyou s'est érodée à mesure que ses singles ont rempli son compte en banque. La "street credibility" était essentielle dans le rap il y a vingt ans. Lorsque Ja Rule a sorti Last Temptation en 2002, sa crédibilité a commencé à chuter.

Au même moment, Curtis "50 Cent" Jackson, un jeune rappeur du Queens, s'est fait remarquer avec le single How To Rob, où il se moquait de ses contemporains. Un autre morceau, Ghetto Qu’ran, dans lequel il décrivait les bandits locaux, a scellé son sort. Il a également eu des altercations avec Ja Rule. Dans ce contexte, 50 Cent a été victime d'une fusillade en 2000. Les rumeurs pointaient vers une tentative d'assassinat commanditée par Supreme, un des bandits décrits dans Ghetto Qu'ran.

Remis sur pied, 50 Cent est devenu le nouveau rookie en vue à New York en 2002, sortant plusieurs mixtapes remarquées. L'une d'elles contenait Life’s On The Line, un diss à l'égard de Ja Rule. Fin 2002, Eminem a signé 50 Cent sur son label Shady Records. Le titre Wanksta, présent sur la B.O. du film 8 Mile, était suspecté d’être un diss déguisé contre Ja Rule. Début 2003, 50 Cent a sorti son premier album, Get Rich or Die Tryin’, sur lequel il en remettait une couche sur Ja Rule avec le morceau Back Down. L'album a été un carton, propulsant 50 Cent au sommet.

La Chute de Ja Rule et les Controverses de 50 Cent

La suite de la carrière de Ja Rule a été une longue chute. En termes d'image, déjà. Sur New York, single de son cinquième album R.U.L.E., en 2004, il s'en est pris de nouveau à 50 Cent. Sur le morceau, avec lui : Jadakiss et Fat Joe, qui seront à leur tour la cible de 50, sur son morceau Piggy Bank, puis sur Window Shopper. Ja Rule est devenu un chat noir et quiconque s'acoquine avec lui est alors attaqué par 50 Cent et le G-Unit. La dégringolade est surtout commerciale : les ventes d'albums de Ja, à partir de 2003, n'ont jamais égalé celles de ses premiers disques au moment de son pic de popularité. Le contrat entre les deux labels est rompu en 2006. Ja Rule tentera tant bien que mal de relancer sa carrière avec Uh-Ohhh, en 2007, avec un Lil Wayne devenu à son tour la nouvelle icône du rap. Un pétard mouillé qui terminera sur une mixtape, The Mirror, deux ans plus tard, prévu au départ pour être un album, maintes fois repoussé. Le contexte est alors globalement compliqué pour cette génération du rap new-yorkais, devenant has been aux yeux d'un nouveau public pour qui Lil Wayne est le "greatest rapper alive", et avide des nouveaux sons de Rick Ross, Drake, Gucci Mane ou Wiz Khalifa. Le turn over du rap est cruelle pour les stars d'antan, encore plus pour ceux étiquetés de "losers" dans des beefs.

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Au début des années 2010, Ja Rule a été confronté à des problèmes judiciaires, étant condamné à deux ans de prison pour détention illégale d'une arme à feu et de cannabis, ainsi qu'à une amende pour fraude fiscale. Son septième et dernier album en date, Pain Is Love 2, est sorti en 2012 dans l'indifférence générale. Malgré cela, il a annoncé son retour musical en 2016.

Ja Rule s'est également lancé dans l'entrepreneuriat, collaborant avec une entreprise de cartes de crédit et travaillant sur Fyre Media, une application pour faciliter le booking d'artistes. Cela a mené au désastreux Fyre Festival en 2017.

De son côté, 50 Cent a été condamné à payer une amende de sept millions de dollars pour avoir diffusé une vidéo intime de Lastonia Leviston, l'ex-compagne de Rick Ross.

Plus récemment, 50 Cent a accusé Diddy d'être à l'origine de la disparition de Tupac. Il a également rejoint le casting du film Expendables 4.

Les Beefs et les Provocations : La Marque de Fabrique de 50 Cent

Les clashs et les provocations ont toujours été une partie intégrante de la carrière de 50 Cent. Il a eu des différends avec de nombreux rappeurs, dont Jim Jones, qu'il a ridiculisé sur ses performances commerciales. Il a également eu des altercations avec Game et d'autres artistes.

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Malgré les tensions et les controverses, 50 Cent a su maintenir sa présence dans l'industrie musicale et cinématographique, tout en continuant à provoquer et à alimenter les rivalités. Ses clashs avec Ja Rule, Rick Ross et d'autres ont marqué l'histoire du rap et ont contribué à forger sa légende.

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