Dès la découverte de votre grossesse, de nombreuses questions se bousculent dans votre esprit, notamment celle de l'allaitement. Si vous choisissez d'allaiter votre bébé, comment concilier cette pratique avec votre retour au travail ? L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un allaitement exclusif au lait maternel jusqu'aux 6 mois de l'enfant, mais le congé maternité s'arrête généralement bien avant. Cet article explore les différentes facettes de l'allaitement et du travail, en s'appuyant sur des données, des conseils pratiques et des témoignages.

L'importance de l'allaitement maternel

De nombreuses études ont prouvé les effets positifs du lait maternel sur la santé du bébé, notamment la protection contre les infections, les allergies, l'obésité et le diabète. L'allaitement favorise également le développement psychoaffectif de l'enfant. Pour la mère, l'allaitement favorise la perte de poids après l'accouchement et permet de mieux vivre la séparation précoce d'avec son enfant lors de la reprise du travail. Des enfants moins malades et des mères plus sereines impliquent moins d'absentéisme et sont donc bénéfiques pour l'employeur.

Les défis de l'allaitement et du travail

La reprise du travail est souvent perçue comme la plus grosse contrainte liée à l'allaitement et la principale cause d'arrêt précoce. L'organisation pratique de l'allaitement peut sembler complexe, et la crainte du regard des autres et la pression sociétale peuvent faire douter les mères.

Selon une étude qualitative de type descriptive et interprétative, les principales difficultés exprimées sont le changement d’organisation lors de la reprise avec la logistique entrainée par le tire-lait, la fatigue et le rythme de travail. Rentre aussi en compte l’insuffisance et la non application des mesures mises en place comme pour l’heure d’allaitement maternel.

Les solutions pour concilier allaitement et travail

Les droits des mères allaitantes

La loi française précise que toute salariée allaitant son enfant a droit à deux périodes de trente minutes par jour sur son temps de travail et ce jusqu’au premier anniversaire de son enfant. De plus, rien ne vous oblige à reprendre votre activité professionnelle à 100% dès la fin de votre congé maternité.

Lire aussi: Comprendre le lien entre règles et allaitement

Les options pour allaiter ou tirer son lait au travail

Plusieurs possibilités s'offrent à vous :

  • Si le lieu de garde de votre enfant est proche de votre lieu de travail, vous pouvez vous y rendre pour l'allaiter.
  • Vous pouvez organiser des visites de votre enfant sur votre lieu de travail, en accord avec la personne qui le garde.
  • Le tire-lait peut être votre meilleur allié pour continuer à nourrir votre bébé avec du lait maternel même lorsque vous n'êtes pas physiquement disponible.

Le tire-lait : un allié précieux

Il existe un nombre impressionnant de modèles de tire-lait disponibles à l'achat ou à la location, possiblement remboursée par la sécurité sociale et la mutuelle, sous conditions d’ordonnances d’une durée initiale de 10 semaines puis renouvelables par période de 3 mois. Tout médecin peut vous prescrire un tire-lait mais, n’hésitez-pas à vous renseigner auprès de votre sage-femme, qui peut, elle aussi, vous rédiger l’ordonnance nécessaire et, au passage, vous prodiguer de nombreux conseils pour faciliter cette expérience.

Choisissez un tire-lait facile à transporter et efficace, simple ou double pompage, pouvant être utilisé avec ou sans secteur. Ce tire-lait va devenir votre compagnon durant vos journées de travail, et il est important que vous l’ayez bien apprivoisé avant votre reprise, et constitué de ce fait un peu de stock de lait au congélateur.

Aménagez votre pause tire-lait au travail : c’est un temps pour vous et votre bébé car vous entretenez ainsi votre lien lacté. Veillez à être proche d’un point d’eau pour vous laver les mains et les accessoires de tire-lait après usage. Faites en sorte que l’on ne vous dérange pas afin de pouvoir vraiment vous relaxer et favoriser ainsi l’expression de votre lait.

La conservation et le transport du lait maternel

Pour la conservation et le transport de votre lait : si vous n’avez pas de réfrigérateur sur votre lieu de travail, pas de souci, il vous suffira de placer vos flacons ou sachets de lait maternel dans un sac isotherme dans lequel vous aurez placé le matin quelques pochettes congelées, cela suffira.

Lire aussi: Comment choisir un soutien-gorge d'allaitement pas cher ?

Quantités à prévoir pendant la journée de garde : un bébé allaité répartit ses apports sur 24h. De ce fait, même si durant les premiers temps d’adaptation au nouveau mode de garde et à la séparation il prend très peu de lait durant la journée, il saura compenser par la tétée des retrouvailles, et celles du soir et de la nuit. En tout cas, il vaut mieux prévoir plusieurs biberons de petite contenance de manière à éviter le gaspillage. En règle générale, entre 2 et 6 mois, les quantités de lait maternel dont a besoin votre bébé n’augmentent pas, vous devrez prévoir 400ml maximum de lait maternel tiré durant sa journée de garde.

Préparer la transition sein-biberon

Il ne semble pas indispensable de préparer bébé à passer du sein au biberon avant le jour J. Bien sûr, il risque d’hésiter avant d’accepter ce changement, mais il est probable qu’il l’acceptera plus facilement si ce n’est pas maman qui propose ce biberon ! En fait, si maman est là, pourquoi ne pas avoir accès au sein ? Sachant que la lactation dépend de la stimulation des tétées, il est conseillé, afin d’éviter une chute de production, de stimuler régulièrement les glandes mammaires, éventuellement en tirant son lait même si, il n’est pas conservé.

Communiquer avec son employeur et son équipe

Discuter de votre projet et de sa mise en place avec votre employeur bien sûr, mais aussi avec tous les membres de votre équipe, cela permet que chacun puisse exprimer ses besoins mais aussi ses craintes quant aux conséquences de votre choix.

Les facteurs favorisant la poursuite de l'allaitement

Une revue de littérature réalisée par Santé publique France a identifié les caractéristiques de l'emploi maternel favorisant la poursuite de l'allaitement au moment du retour au travail. Les facteurs les plus importants sont :

  • Être travailleur indépendant.
  • Travailler dans une profession non manuelle avec une flexibilité horaire.
  • Disposer de salles d'allaitement au travail.
  • Être soutenue par ses collègues.
  • Bénéficier d'une politique de soutien à l'allaitement sur le lieu de travail.

Ces conditions favoriseraient l'autonomie, la capabilité et la motivation des mères, qui jouent un rôle crucial dans les pratiques d'allaitement.

Lire aussi: Tétine et allaitement mixte

Les inégalités sociales et l'allaitement

L'étude de Santé publique France montre de fortes inégalités sociales concernant le maintien d'un allaitement lors du retour au travail. Les femmes les plus diplômées, les plus aisées financièrement et les femmes cadres supérieurs allaitent davantage que les femmes moins diplômées, moins aisées et les femmes employées ou ouvrières.

Pour réduire cette inégalité, il est nécessaire d'agir en priorité auprès des mères socio-économiquement défavorisées, en augmentant la flexibilité et en réorganisant les postes de travail manuels pour qu'ils soient moins stressants. Plus largement, promouvoir l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée à ce moment crucial de l'arrivée de l'enfant doit aborder la question des inégalités de genre dans le travail domestique.

tags: #2 #tgese #allaitement #et #travail

Articles populaires: