Le diabète gestationnel, qui touche environ 6 % des femmes enceintes en France, est une condition caractérisée par une augmentation de la glycémie. Selon l’enquête nationale périnatale 2021, le diabète de grossesse touche 16,4 % des femmes enceintes. Cette condition, bien que temporaire, peut entraîner des complications tant pour la mère que pour l'enfant. Cet article vise à fournir une compréhension approfondie du diabète gestationnel, de ses causes, de ses conséquences potentielles et des stratégies de gestion efficaces pour assurer une grossesse saine.

Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?

Le diabète gestationnel se définit par une hyperglycémie (taux de sucre élevé dans le sang) qui apparaît ou est détectée pour la première fois pendant la grossesse. Normalement, l'insuline, une hormone produite par le pancréas, aide à maîtriser le taux de glucose dans le sang. Cependant, pendant la grossesse, le placenta sécrète des hormones qui peuvent entraîner une insulino-résistance chez la femme enceinte.

Le rôle du placenta et de l'insulino-résistance

Le placenta, organe vital qui nourrit le bébé, produit des hormones qui interfèrent avec l'action de l'insuline. Cela conduit à une insulino-résistance, où le corps a besoin de plus d'insuline pour maintenir un taux de glucose normal. Si le pancréas ne peut pas produire suffisamment d'insuline pour surmonter cette résistance, la glycémie augmente, entraînant un diabète gestationnel.

Symptômes et dépistage du diabète gestationnel

Généralement, les femmes enceintes atteintes de diabète gestationnel ne ressentent aucun symptôme. Parfois, elles signalent une fatigue inhabituelle, des malaises avant ou après les repas, ou encore une augmentation du volume de leurs urines et des infections urinaires à répétition. Mais les signes restent le plus souvent flous. En raison de la nature souvent asymptomatique du diabète gestationnel, un dépistage régulier est essentiel.

Méthodes de dépistage

  • Recherche de sucre dans les urines : Pour toute femme enceinte, une recherche de sucre dans les urines est prévue lors des consultations mensuelles de suivi de la grossesse.
  • Test de glycémie provoquée par voie orale (HGPO) : Un test est effectué entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée. L’HGPO consiste à boire une quantité standard de glucose, sous forme de sirop, équivalente à 75 grammes. Il suffit qu’une seule des valeurs de glycémie soit égale ou supérieure aux seuils définis pour établir le diagnostic de diabète gestationnel. On parle de diabète gestationnel lorsque la glycémie à jeun est supérieur à 0,92 g/L (la glycémie d’une personne lambda étant autour de 0,7 à 0,9 g/L). Ce taux est élevé et on peut alors dire que vous êtes en hyperglycémie.

Risques et complications associés au diabète gestationnel

Le diabète gestationnel peut entraîner diverses complications pour la mère et l'enfant si elle n'est pas correctement gérée.

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Complications pour la mère

  • Prééclampsie : Une condition caractérisée par une hypertension artérielle et la présence de protéines dans les urines.
  • Accouchement prématuré ou rupture prématurée de la poche des eaux : Dû à l’excès de volume de l’utérus.
  • Développement d'un diabète de type 2 : Une étude française a montré que 35% des femmes atteintes de diabète gestationnel développent un « vrai » diabète de type 2 dans les 11 ans.

Complications pour l'enfant

  • Macrosomie : Un excès de poids (bébé de plus de 4 kilos). Le risque principal du diabète gestationnel est de mettre au monde un bébé avec un poids de naissance élevé, c’est-à-dire qui pèse plus de 4 kg à la naissance (macrosomie). Le bébé ne sera alors pas beaucoup plus grand que la normale, mais il sera plus « adipeux », c’est-à-dire qu’il aura développé plus de graisse sous la peau.
  • Malformations nerveuses ou cardiaques : Si le diabète n’est pas maîtrisé.
  • Hypoglycémie à la naissance : Dans ce cas, l’équipe médicale vous conseillera mais il est probable qu’elle vous conseille d’essayer de nourrir le plus rapidement possible votre enfant.

Heureusement, ces complications sont tout à fait évitables pour la mère, comme pour l’enfant. Une femme enceinte, touchée par le diabète gestationnel mais bien géré, ne présentera pas plus de risque qu’une femme enceinte sans diabète.

Gestion et traitement du diabète gestationnel

Le traitement du diabète gestationnel a pour objectif de maintenir la glycémie dans des valeurs acceptables afin d’éviter toute complication.

Contrôle de l'alimentation et hygiène de vie

Généralement, sauf si le diabète préexistait avant la grossesse, un contrôle strict de son alimentation associé à une bonne hygiène de vie (repos, sommeil et activité physique) seront suffisants. Le médecin définit les apports caloriques nécessaires, les aliments à privilégier et à éviter, le nombre de collations…

Autosurveillance glycémique

Grâce à un appareil spécifique, la future maman devra contrôler avec rigueur sa glycémie avant et après les trois principaux repas de la journée. Une femme enceinte ayant un diabète gestationnel doit pratiquer l’autosurveillance glycémique, c’est à dire qu’elle doit surveiller sa glycémie 4 à 6 fois par jour (au moins une fois à jeun et deux heures après les repas). Les objectifs, confirmés par la Fédération des Diabétiques, sont les suivants : il faut que la glycémie soit inférieure à 0,95 g/L à jeun et inférieure à 1,20 g/L deux heures après un repas. Ces résultats doivent être renseignés dans un carnet de surveillance (via une application le plus fréquemment).

Activité physique

Les médecins recommandent souvent aux patientes de pratiquer une activité physique régulière et adaptée à la grossesse. Mais rassurez-vous, pas besoin d’aller faire un marathon intensif, au contraire !

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Alimentation à faible indice glycémique (IG)

Une alimentation équilibrée est essentielle afin de réduire le taux de glucose dans le sang. Il faut favoriser les aliments dits “IG bas” et limiter les produits ultra-transformés, souvent riches en sucres ajoutés. Les aliments IG bas (à faible indice glycémique) font peu monter la glycémie, et limitent donc le risque d’hyperglycémie. Pour cela, il faut favoriser les aliments dits “IG bas” et limiter les produits ultra-transformés, souvent riches en sucres ajoutés. Les aliments IG bas (à faible indice glycémique) font peu monter la glycémie, et limitent donc le risque d’hyperglycémie.

Traitement à l'insuline

Si les règles diététiques se révèlent insuffisantes, le traitement reposera sur l'injection de doses d'insuline adaptées au taux de glycémie. Le traitement par l’insuline est prescrit aux femmes dont les mesures hygiéno-diététiques ne permettent pas d’atteindre l’objectif : l’équilibre glycémique. Si au bout de 7 à 10 jours de traitements hygiéno-diététiques correctement appliqués, les objectifs glycémiques ne sont pas atteints, le médecin pourra alors prescrire de l’insuline. Cependant, seule l’insuline sous-cutanée pourra être prescrite dans le cadre d’une grossesse. En effet, les antidiabétiques oraux sont contre-indiqués pour la femme enceinte. Le médecin prescrira alors des injections d’insuline rapides ou lentes.

Suivi médical

Dans tous les cas, un contrôle de la croissance du bébé, mais aussi du volume de liquide amniotique est indispensable. La grossesse se déroulera sans problème si le suivi est sérieux et que la maman multiplie le nombre de consultations prénatales dans le cadre de cette surveillance.

Diabète gestationnel et grossesses futures

Dans 90 % des cas, le diabète gestationnel disparaît après la grossesse. Si une autre grossesse est envisagée, une surveillance plus précoce, dès les premiers mois de la grossesse, sera nécessaire.

Grossesses à risque et facteurs associés

Les grossesses à risque sont des grossesses pour lesquelles l’analyse du passé médical, des grossesses antérieures ou encore l’apparition de certains signes d’alertes pendant la grossesse vont faire redouter des complications.

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Placenta praevia

Lorsque le placenta est inséré anormalement bas, c’est-à-dire vers la sortie du bébé, il peut se trouver près du col de l’utérus : c’est ce qu’on appelle un “placenta prævia”. Ce diagnostic se fait souvent à l’échographie du 3ème trimestre mais peut être fait avant, si des saignements rouges indolores apparaissent, spontanément ou après un rapport.

Diminution du liquide amniotique

Ce diagnostique est évoqué quand la hauteur utérine est faible pour le terme. Il sera confirmé par l’échographie. En dehors de la rupture prématurée des membranes, la diminution du liquide peut avoir pour cause l’hypertension artérielle dont souffre la mère. Le placenta assure alors moins bien les échanges entre la mère et l’enfant.

Autres facteurs

Si vous souffrez d’épilepsie, il faut parler de votre projet de grossesse à votre neurologue pour qu’il adapte votre traitement et vous suive en collaboration avec votre obstétricien. Parmi les précautions, on demande à ces patientes de commencer, un mois avant la mise en route de leur grossesse, un traitement par la vitamine B9 (acide folique - 5 mg/j) qu’il faudra poursuivre au premier trimestre de la grossesse.

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