La vitamine D est essentielle pour la santé osseuse et le développement des enfants. En France, la supplémentation en vitamine D est recommandée dès les premiers jours de la vie pour prévenir le rachitisme, une maladie de la croissance et de l'ossification. Cette supplémentation doit être poursuivie pendant toute la phase de croissance et de minéralisation osseuse, c'est-à-dire jusqu'à 18 ans. Les recommandations de la Société Française de Pédiatrie (SFP) soulignent que tous les enfants, de 0 à 18 ans, sont concernés par la supplémentation en vitamine D.
Pourquoi la vitamine D est-elle essentielle pour les nourrissons ?
La vitamine D joue un rôle crucial dans l'absorption du calcium et du phosphore, deux minéraux indispensables à la construction et au maintien d'os solides. Elle favorise l'absorption digestive du calcium et la réabsorption rénale du couple phosphore/calcium, tout en régulant l'activité ostéoblastique et ostéoclastique (construction des os). En plus de son rôle dans la santé osseuse, la vitamine D contribue à une bonne immunité.
Sources de vitamine D
La vitamine D est synthétisée dans le derme sous l'effet des rayons UVB du soleil. Cependant, l'exposition au soleil peut être limitée, surtout en hiver ou dans les régions peu ensoleillées. De plus, ni le lait maternel ni les préparations infantiles ne couvrent entièrement les besoins en vitamine D. L'alimentation apporte également de la vitamine D, principalement par les poissons gras (maquereau, thon, truite, hareng, saumon) et, dans une moindre mesure, par les œufs à la coque, les champignons, le beurre et le lait.
Dosage de la vitamine D chez les nourrissons
Recommandations générales
La règle, établie selon les recommandations 2022 de la Société Française de Pédiatrie, est de donner 400 UI (Unité Internationale) par jour (sous forme de gouttes à mettre dans la bouche) chez les nourrissons entre 0 et 2 ans, que l’enfant soit en allaitement maternel ou en lait infantile, et quelle que soit l’ethnie. À partir de 24 mois, on pourra passer à deux ampoules de charge en hiver (novembre et février) de 80 000 unités à 100 000 selon l’âge, l’ethnie noire, s’il y a obésité, régime végétalien, absence d’exposition au soleil.
Il est important de donner la vitamine D régulièrement, mais aussi de ne pas en donner trop car cela peut être risqué pour les reins. En cas de risque important d’oubli de la 2e dose, une dose semestrielle unique de 200 000 UI peut être donnée en novembre.
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Bébés prématurés
Les bébés prématurés ont des besoins spécifiques en vitamine D. Il est recommandé de supplémenter en vitamine D les bébés prématurés à hauteur de 600 à 1000 UI par jour, pendant leur séjour en unité de soins intensifs néonatals. Le dosage de la 25-OH-D est recommandé chez les enfants nés avant 32 semaines de gestation ou chez ceux pesant moins de 1,5 kg à 1 mois.
Enfants présentant des facteurs de risque
Certains enfants présentent un risque accru de déficit en vitamine D. En ville, les enfants à risque sont essentiellement les enfants obèses ou en surpoids, ceux à forte pigmentation cutanée, ou faiblement exposés au soleil estival. Plus rarement, il peut s'agir d'enfants soumis à certains régimes (végétalisme), traitements (rifampicine, phénobarbital, phénytoine) ou atteints de pathologies (malabsorption digestive, cholestase, insuffisance rénale, syndrome néphrotique).
En cas de déficit en vitamine D, les recommandations de la SFP précisent qu’il peut être justifié : de 18 mois à 5 ans et de 10 à 18 ans, de poursuivre la supplémentation toute l’année (doses de charge trimestrielles) ; et chez les 5-10 ans, de proposer 2 doses de charge trimestrielles en hiver. Chez l’enfant âgé de 2 à 18 ans présentant un apport alimentaire limité en vitamine D (alimentation végétalienne) ou une biodisponibilité diminuée (en cas d’obésité par exemple), ces seuils minimal et maximal sont doublés.
Risques liés à la supplémentation en vitamine D
Surdosage
Administrer à son enfant trop de vitamine D peut être aussi dangereux que de ne pas en administrer assez. Il est donc nécessaire de bien contrôler les doses données à son enfant et de ne pas multiplier les produits contenant de la vitamine D pour éviter des surdosages qui pourraient perturber sa fonction rénale.
Il existe des risques réels de surdosage favorisés par des concentrations élevées (500 à 10 000 UI de vitamine D dans 1 goutte), en cas de mauvaise lecture de l’étiquette des compléments alimentaires ou d’association de compléments alimentaires entre eux.
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Compléments alimentaires vs médicaments
Il est recommandé de privilégier l’utilisation d’un médicament contenant de la vitamine D par rapport à celle d’un complément alimentaire enrichi en vitamine D, particulièrement chez le jeune enfant. Il n’est pas recommandé de donner quotidiennement à un enfant un produit dont la provenance et la composition ne sont pas garantis et qui peut conduire à une intoxication irréversible par un apport excessif en vitamine D.
L’utilisation de compléments alimentaires à base de vitamine D chez l’enfant n’est pas dénuée de risque pour les raisons suivantes :
- Concentration en vitamine D par goutte parfois très élevée (jusqu’à 10 000 UI) et parfois absence de recommandation de doses en fonction de l’âge.
- Risque d’erreur de dosage lors du passage du médicament au complément alimentaire ou d’un changement de complément alimentaire.
- Présence sur le marché d’un nombre élevé de produits avec des concentrations / dosages différents, quelquefois au sein de la même marque (produits libellés différemment avec un risque de confusion, voire de cumul de doses, en cas d’association entre des produits contenant de la vitamine D).
- Présence dans le complément alimentaire d’autres vitamines (exemple : vitamine K, pour laquelle il n’existe pas de recommandation pour une administration quotidienne à des enfants) ou de calcium à forte dose (risque aggravé d’atteinte rénale à type de lithiase / néphrocalcinose).
Précautions à prendre
Pour prévenir les risques liés à la supplémentation en vitamine D, il est important de :
- Privilégier les médicaments par rapport aux compléments alimentaires.
- Contrôler les doses administrées (vérifier la quantité en vitamine D par goutte).
- Ne pas multiplier les produits contenant de la vitamine D.
- Consulter un professionnel de santé en cas de doute sur le dosage ou le choix du produit.
Exemples de médicaments contenant de la vitamine D
Plusieurs médicaments contenant de la vitamine D sont disponibles sur le marché, notamment ZYMAD. ZYMAD est utilisé dans la prévention et le traitement des carences en vitamine D. Il existe différentes présentations de ZYMAD, avec des dosages de 50 000 UI, 80 000 UI et 200 000 UI.
Il est important de noter que ZYMAD est soumis à une ordonnance obligatoire et est remboursable à 65%.
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Autres recommandations pour la santé osseuse des enfants
Outre la supplémentation en vitamine D, d'autres facteurs sont importants pour la santé osseuse des enfants :
- Exposition solaire raisonnable : Encouragez votre enfant à passer du temps à l'extérieur, en veillant à le protéger du soleil avec des vêtements appropriés et de la crème solaire.
- Activité physique : L'activité physique régulière, en particulier les exercices de mise en charge (comme la marche, la course et le saut), aide à renforcer les os.
- Apport suffisant en calcium : Assurez-vous que votre enfant consomme suffisamment de calcium par le biais de son alimentation. Les produits laitiers (lait, yaourt, fromage) sont de bonnes sources de calcium. Les apports nutritionnels conseillés en calcium sont de 500 mg chez le nourrisson, 700 mg de 4 à 6 ans, 900 mg de 7 à 9 ans et de 1 200 mg jusqu’à 19 ans.
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