Viola Davis, actrice américaine de renom, est connue pour ses rôles poignants et son engagement en faveur des droits civiques. Son parcours, marqué par la pauvreté et le racisme, témoigne d'une force de caractère exceptionnelle. De son enfance difficile à son ascension à Hollywood, l'histoire de Viola Davis est une source d'inspiration.

Une Enfance Marquée par la Pauvreté et le Racisme

Viola Davis est née le 11 août 1965 à Saint Matthew, en Caroline du Sud, dans une ferme modeste appartenant à sa grand-mère. Sa mère, Mae Davis, était femme de ménage et ouvrière, tandis que son père, Dan Davis, était entraîneur de chevaux. Elle a grandi avec ses cinq frères et sœurs dans des conditions de grande pauvreté. Viola Davis décrit son enfance comme étant marquée par "la grande pauvreté dans laquelle elle vivait", évoquant la délinquance, le racisme et la misère.

La famille de Viola Davis vivait dans un appartement infesté de rats. Parfois, l'hiver, les tuyaux gelaient et il était alors impossible de se laver. Pour éviter d'être mordus par des rats la nuit, tous dormaient avec des écharpes autour du cou, tout en se serrant les uns contre les autres pour bénéficier d'un peu de chaleur. Au début du mois, les choses allaient un peu mieux car c’est le moment où cette famille de huit personnes recevait des bons de la part de l’État pour faire des courses. « Mais on venait rapidement à bout de la nourriture et il n’y avait alors plus rien, raconte-t-elle. La plupart du temps, le repas que je prenais à la cantine était mon seul repas. Je me liais d’amitié avec les enfants dont les mères cuisinaient trois repas par jour et j’allais chez eux quand je pouvais. » Quand elle ne pouvait pas, elle fouillait dans les bennes à ordures ou se rendait dans des magasins et cachait de la nourriture dans ses vêtements. Un jour, elle a été repérée : « J’avais 9 ans. Outre ce combat quotidien pour se nourrir, il fallait aussi lutter contre les rats et le froid pour survivre dans l’appartement où elle vivait avec sa famille.

Ne possédant pas de voiture, le moindre trajet s’effectuait à pied puisque payer un ticket de bus était souvent au-delà de leurs capacités. À chaque fois qu’ils se trouvaient au bord de la route, le même manège se répétait : « Les gens nous jetaient des choses depuis leur voiture et nous traitaient de nègres. C’était comme ça tout le temps. Malgré ces difficultés, Viola Davis a très rapidement su qu’elle voulait devenir actrice et son talent a été repéré très jeune. À 7 ans, elle a remporté un concours et a continué à persévérer dans cette voie qui l’a amenée au succès qu’elle connaît aujourd’hui.

Elle a grandi, cinquième dans sa fratrie de six, à Central Falls, dans l’Etat du Rhode Island, une ville très peuplée et minée par la drogue, où mon père était palefrenier de chevaux de course et ma mère, ouvrière en usine quand elle le pouvait. C’était les années 1960, et nous étions la première famille noire installée dans cette communauté. C’est dans la pauvreté et la violence que j’ai appris à survivre. A trouver ma voie. Forger des rêves. Inventer un moyen de m’en sortir, me propulser dans une vie meilleure que celle de mes parents, dont je ne voulais pour rien au monde. Et puis acquérir la fierté d’être noire. Un long voyage.

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Viola Davis a également révélé que son père a longtemps abusé physiquement et émotionnellement de sa mère, Mae Alice. Viola Davis le savait mais ne pouvait rien faire lorsqu'il se mettait à battre violemment sa mère. Cette dernière n'a jamais eu le courage de divorcer de cet homme violent et est restée à ses côtés jusqu’à ce qu'il décède en 2006 d'un cancer du pancréas. Une relation qui aura duré 48 ans.

La Découverte d'une Passion : Le Théâtre

Intéressée par le théâtre très tôt, elle commence à jouer chez elle avec ses sœurs. À 7 ans, elle a remporté un concours et a continué à persévérer dans cette voie qui l’a amenée au succès qu’elle connaît aujourd’hui. Bien qu'elle apparaisse dans des rôles secondaires dans des séries judiciaires, à la fin des années 90, Viola Davis veut avant tout se consacrer au théâtre. La comédienne fait ses débuts au cinéma grâce à Steven Soderbergh en 1998, dans Hors d'atteinte, aux côtés de George Clooney.

Une Carrière Éblouissante

Viola Davis est aujourd’hui une femme heureuse. Révélée au monde entier grâce au succès du film La Couleur des sentiments sorti en 2011, elle était même en lice pour décrocher l'Oscar en 2012. En 2014, elle fait sensation en remportant l'Emmy Award de la Meilleure actrice pour la série How to get away with a murder, dans laquelle elle incarne Annalise Keating, une avocate et professeure de droit renommée, redoutable et ambitieuse. À propos de cette récompense, Viola Davis avait alors déclaré : "La seule chose qui sépare les femmes de couleur de n'importe qui d'autre, ce sont les opportunités. On ne peut pas gagner un Emmy pour des rôles qui n'existent tout simplement pas".

Elle a également incarné Michelle Obama dans la série The First Lady.

Malgré ses multiples récompenses, et le fait qu'elle est l'une des actrices noires les plus reconnues, elle est à la traîne par rapport à des actrices blanches : "Ma carrière est comparable à celle de Meryl Streep, Julianne Moore, Sigourney Weaver. […] Et pourtant, je suis loin derrière elles, en termes d'argent et d'opportunités de rôles.

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Un Engagement Social Fort

C'est grâce à ces souvenirs difficile que Viola Davis a trouvé la force de s'engager pour une campagne baptisée Hunger Is dont le but est d'aider les enfants et les familles dans le besoin. "Je n'ai pas choisi de m'engager dans la campagne Hunger Is pour sauver le monde mais pour me sauver moi-même." a déclaré l'actrice.

Fervente activiste pour le mouvement des droits civiques aux États-Unis, Viola Davis dénonçait en 2015 “le tabou qui ronge la société américaine” : “On ne veut pas entendre parler de la question raciale, tout le monde essaie d'ignorer cette vérité incontournable” expliquait-elle à l’Obs. En 2018, elle a créé une série documentaire explorant les violences policières subies par la communauté afro-américaine, intitulée Two-Sides. “Je suis consciente qu'il y a des femmes qui restent silencieuses. Les femmes qui n'ont pas de visage. Elle ajoute : “Mon témoignage est celui de quelqu'un agressé sexuellement, à qui son enfance a été retirée.

Viola Davis et Julius Tennon ont fondé en 2012 leur société de production JuVee, qui s’est donné pour but d’offrir des opportunités pour la prochaine génération de cinéastes et d'artistes. Faire tomber des mursJ’espère que mon engagement et mes production améliorent les choses en bien. C’est une question de mentalité. Pourquoi on engage peu de femmes noires dans les films et les séries ? Il faut changer les histoires. Si on cherche une femme qui se bat, dont le mari est tué par des gangs, je peux avoir le rôle (rires). Si on cherche une femme qui débarque sur la Riviera et qui couche avec cinq hommes différents, ce sera plus difficile (rires). Vous subissez tout le temps des micro-agressions qui vous remettent dans votre condition raciale. Je le dis toujours : si vous prenez deux enfants, un blanc et un noir, le premier a des crayons de couleur et peut créer un chef d’oeuvre, le second, vous lui dites de rester tranquille. Il faut plus d’égalité, plus d'éducation. (…) L’élection de Barack Obama a donné un exemple (elle a incarné à l’écran Michelle Obama, Ndlr). Si les gens ne me reconnaissent pas, je deviens invisible à leurs yeux. Je répète aux jeunes filles noires qu’elles sont belles. L'estime de soi est la source de tout Je le dis à mes filles : «vous méritez d’avoir accès à tout».

Vie Personnelle

Si la comédienne reste plutôt discrète sur sa vie personnelle, on sait qu'elle est heureuse en amour et que celui-ci est solide. Mariée depuis 2003 à l'acteur Julius Tennon, le couple a adopté en 2011 une fille prénommée Genesis.

Assise devant son miroir, elle enlève sa perruque et se démaquille, retire ses faux cils. En apparence rien d’exceptionnel, si ce n’est que cette partie de la routine de beauté des femmes noires, le fait d'enlever sa perruque, n’avait jamais été représentée à l'écran. “Quand je regarde la télé, je ne vois que des femmes parfaites. Si elles portent une perruque, elles dorment avec, se lavent avec, et ne quittent jamais leurs faux cils. Elles donnent l'impression d'être naturellement parfaites, et les téléspectatrices qui les contemplent se sentent minables. Je voulais qu'Annalise soit impeccable en apparences, féroce en public, mais qu'elle retire régulièrement ce masque, qu'elle se dépouille de tout artifice, et qu'elle apparaisse vulnérable dans son intimité” avait alors confié Viola Davis à Télérama, en 2015.

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