L'humanité, dans son essence, est un concept riche et complexe, souvent associé à la fertilité, à la croissance et à la capacité de créer. Cet article explore la définition de "l'humanité féconde" en s'appuyant sur des perspectives historiques, linguistiques, philosophiques et scientifiques, tout en évitant les clichés et les idées reçues.

L'Évolution de la Notion de Fécondité

Fécondité et migrations préhistoriques

L'histoire de l'humanité est intrinsèquement liée aux migrations, qui font partie intégrante de notre évolution depuis la Préhistoire. Le genre Homo n'a cessé de se déplacer au fil des millénaires, dans un mouvement continu d'un bout à l'autre du globe. Ces migrations ont toujours été synonymes d'échanges perpétuels, de partage de connaissances, de techniques et de savoir-faire précieux pour l'évolution de l'humanité.

Nos ancêtres, les Homo sapiens, sont à l'origine de la première grande vague migratoire, partie d'Afrique il y a des milliers d'années. Ce processus migratoire est constitutif de notre évolution humaine, un phénomène naturel sans intentionnalité claire.

La révolution néolithique : un tournant fécond

Il y a environ 10 000 ans, la révolution néolithique a marqué un tournant décisif. L'essor démographique, rendu possible par l'invention de l'agriculture et la domestication des animaux, a entraîné une sédentarisation progressive des populations. Cette sédentarisation a favorisé les échanges commerciaux et l'accumulation de ressources, conduisant à une transition démographique significative et à une augmentation de la fécondité.

Jean-Paul Demoule souligne que cette époque a changé la face du monde, avec un trop-plein d'humains qui s'est progressivement déversé ailleurs, assimilant au passage les chasseurs-cueilleurs. Les migrations, ainsi que la sédentarisation, ont créé des tensions, dessiné des frontières et contribué à la formation des premiers États.

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Fécondité et empires : un brassage culturel

Les premiers États (empires, royaumes…) ont émergé de ces micro-sociétés semi-nomades, attirant d'autres populations par leur rayonnement économique et culturel. L'Empire romain, par exemple, a intégré des peuples barbares, opérant un grand brassage de populations et de cultures différentes. Au Moyen Âge, la naissance des États royaux ou impériaux est souvent le fruit de vagues d'immigration, qui ont fini par se fondre avec les populations déjà présentes.

La Fécondité dans le Langage et la Spiritualité

L'interprétation du mot ‘alemah

Au XIXe siècle, le linguiste Gesenius a soulevé une question concernant le verset d'Isaïe cité par St Matthieu : “Et voici que la vierge concevra et enfantera un fils” (Mt 1,23 et Is 7,14). Gesenius a fait observer que le mot parthenos (vierge), utilisé par Matthieu pour citer Isaïe, ne correspond pas au texte hébreu, qui utilise le mot ‘alemah (jeune fille).

Le mot hébreu ‘alemah est construit sur la racine verbale ‘alam qui signifie “cacher” ou “garder secret”. Cette racine représente aussi la vie qui a mûri mais n’est pas encore révélée. Ainsi, ‘alemah caractérise des jeunes filles dont la maturité demeure invisible, mais qui sont mûres pour l’union nuptiale et désireuses de se marier.

Le mot ‘alemah apparaît sept fois dans la Bible. Dans la Genèse, il désigne Rébecca, une jeune fille nubile, non mariée et vierge. C’est tout cela qu’exprime le mot ‘alemah : une jeune fille nubile, non mariée et vierge. C'est ce que les parents ont besoin d'entendre, car ils hésitent à laisser partir celle qui pour eux est toujours l’enfant.

Dans l'oracle d'Isaïe, la Septante a traduit ‘alemah par “vierge”. Pour les Grecs, il est indispensable de traduire explicitement ‘alemah, faute de quoi le signe perdrait sa qualité : si la jeune fille n’est pas vierge, il n’y a pas de miracle.

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Virginité et fécondité : une perspective spirituelle

La virginité n'est pas la frigidité. Celle-ci est stérile comme la vigne-vierge ou l’arbre sec, quand celle-là est féconde et portera du fruit. Pour que la virginité de Rébecca échappe à la stérilité, il a fallu l’intervention divine, sur la prière d’Isaac. Au contraire, la virginité de Marie va se révéler féconde sans l’intervention d’aucun homme.

Au jour de l’Annonciation, Marie est déjà engagée par le lien du mariage, déjà fiancée ou mariée selon la coutume juive, donc liée par la promesse d’une union cependant non encore consommée, car c’est la preuve d’une féminité entière, intacte, “toute parée pour son époux” auquel elle va se consacrer. C’est précisément en cet instant où sa vie est faite, construite, donnée, que Dieu surgit pour demander à Marie ce à quoi elle tient certainement le plus : sa féminité promise.

La Fécondité Intellectuelle et Spirituelle

La dialectique comme moteur de la pensée féconde

La dialectique, qu'elle soit platonicienne, kantienne ou hégélienne, est un processus de pensée qui se nourrit de la contradiction. Chez Platon, la contradiction interne est interdite et doit être surmontée. Chez Kant, elle est une illusion inévitable, mais féconde dans la mesure où elle incite à la compréhension. Chez Hegel, elle est le moteur même de la réalité, un mouvement par lequel tout ce qui est cesse d'être et tout ce qui n'est pas accède à l'être.

Marx s'inspire de la dialectique hégélienne pour analyser les contradictions du capitalisme. Il considère que le développement de la concentration mènera à la destruction de la propriété privée capitaliste, donc à une seconde « négation », et même à une « négation de la négation », pour parvenir à l'appropriation collective.

La quête du "souverain bien"

La philosophie grecque, avec Platon, Aristote et Épicure, a exploré la notion de "souverain bien", le bonheur absolu ou l'extase. Selon ces philosophes, tout homme désire atteindre ce souverain bien, et par extension, c'est aussi le désir de l'ensemble humain. Autrement dit, toute l'humanité désire intuitivement atteindre le "souverain bien" et y travaille constamment, même sans le savoir.

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Cette quête du souverain bien oriente le progrès de l'humanité, de siècles en siècles. Bien que le malheur règne sur terre, le besoin instinctif de félicité et le concours simultané de tous les hommes pour la posséder individuellement et collectivement sont les gages que Dieu nous l'accordera.

L'humanité en marche vers sa perfection

L'humanité évolue vers son ultime perfection, un processus qui se manifeste à travers la maîtrise progressive de notre comportement, de notre environnement et de notre questionnement. Grâce au progrès technique, social, écologique et à la nouvelle prise de conscience de notre impact sur l'environnement, l'humanité maîtrise de mieux en mieux son environnement.

Ces trois grands types d'activités humaines conduisent l'humanité vers son ultime perfection. La paix universelle sera concrétisée. Ce n'est qu'une question de temps. S'unifier, se pacifier, dépasser nos pulsions, humaniser la technologie et résoudre nos questions profondes conduisent l'humanité à atteindre la « sagesse ».

Selon les écrits des grandes religions et spiritualités, l'extase relie directement l'homme avec le « principe créateur ». Dans le Un on trouve Dieu, et il faut que devienne Un celui qui doit trouver Dieu.

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