La glaire cervicale joue un rôle essentiel dans la fertilité féminine, facilitant le passage des spermatozoïdes vers l’utérus et les trompes. Les infections vaginales basses peuvent altérer cette glaire, impactant ainsi la fertilité. Cet article se penche sur le traitement antibiotique des infections de la glaire cervicale, en détaillant les causes, les symptômes, les options de traitement et les mesures préventives.
Comprendre la Glaire Cervicale et son Rôle
La glaire cervicale est une sécrétion produite par le col de l'utérus. Sa composition et sa quantité varient au cours du cycle menstruel, sous l'influence des hormones. Au moment de l'ovulation, la glaire devient plus abondante, claire et filante, favorisant ainsi la migration des spermatozoïdes.
Rôle de la Glaire Cervicale dans la Fertilité
En dehors de la grossesse, les infections vaginales basses modifient la glaire cervicale. Or, celle-ci joue un rôle important dans la fertilité car elle facilite le passage des spermatozoïdes vers l’utérus et les trompes. Chez les femmes en échec répété de fécondation in vitro (FIV), une étude chinoise récemment publiée s’est posé la question du rôle de l’altération du microbiote vaginal dans ces échecs. Pour tester cette hypothèse, le microbiote vaginal de 67 femmes ayant tenté une FIV a été analysé. Les résultats montrent, en cas d’échecs répétés de FIV, une flore microbienne plus abondante, avec davantage de bactéries associées à diverses infections (vaginose bactérienne, vaginite, infection urinaire) et, en revanche, relativement moins de lactobacilles.
Causes des Infections de la Glaire Cervicale
Les infections de la glaire cervicale peuvent être causées par divers agents pathogènes, notamment :
- Agents responsables des IST (Infections Sexuellement Transmissibles) :
- Chlamydia trachomatis
- Neisseria gonorrhoeae
- Mycoplasma genitalium
- Germes pathogènes opportunistes issus de la flore vaginale :
- Streptocoques
- Staphylocoques
- Entérobactéries (E. coli)
Facteurs Favorisants le Déséquilibre de la Flore Vaginale
Plusieurs facteurs peuvent perturber l'équilibre de la flore vaginale et favoriser les infections, parmi lesquels :
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- Prise d'antibiotiques
- Excès d'hygiène (douches vaginales)
- Port de vêtements trop serrés et synthétiques
- Carence estrogénique
- Consommation de tabac
- Rapports sexuels (modification du pH vaginal)
Symptômes des Infections de la Glaire Cervicale
Les infections de la glaire cervicale peuvent se manifester par divers symptômes, tels que :
- Leucorrhées d’aspect variable (ou glaire cervicale louche) parfois masquées par des métrorragies généralement peu abondantes
- Pertes blanches colorées (jaunâtres, verdâtres…) ou blanches, parfois malodorantes et pouvant contenir du sang.
- Prurit (démangeaisons)
- Brûlures
- Douleurs du bas-ventre
- Fièvre, fatigue
Au niveau de l’abdomen, on peut observer une sensibilité voire douleur limitée à l’hypogastre et parfois une défense, mais pas de contracture. L'examen au spéculum peut révéler une endocervicite. Au toucher vaginal, une mobilisation utérine douloureuse est un signe évocateur. L'échographie pelvienne peut montrer des signes directs d’atteinte tubaire (épaississement), bien qu'ils soient inconstants.
Vaginose Bactérienne
La vaginose, souvent considérée comme bénigne, est en rapport avec un déséquilibre de la flore vaginale (ou microbiote vaginal). Elle peut être asymptomatique ou se manifester par des pertes grisâtres malodorantes (sa manifestation la plus fréquente). Une vaginose bactérienne peut être associée à d’autres infections vaginales, plus problématiques.
Pertes vaginales normales ou anormales
Les pertes blanches sont le plus souvent un phénomène physiologique normal chez la femme. Ces sécrétions de couleur blanchâtre sont plus ou moins abondantes selon les patientes et en fonction de la période de leur cycle menstruel. En effet, les leucorrhées augmentent lors de l’ovulation (la glaire est alors plus abondante et semblable à du blanc d’œuf). Ces pertes ne sont pas associées à des brûlures, à des démangeaisons ou à tout autre symptôme général. Toutefois, si les leucorrhées sont colorées, odorantes, douloureuses (brûlures), accompagnées de prurit ou de symptômes généraux (fatigue, fièvre…), nous parlons de pertes blanches pathologiques.
Diagnostic des Infections de la Glaire Cervicale
Le diagnostic repose sur :
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- Examen clinique : comprenant un interrogatoire (sur les symptômes, les antécédents personnels ou familiaux du patient et le contexte de l’infection) et un examen du vagin, de l’utérus et des ovaires.
- Prélèvement vaginal : le médecin prélève un échantillon de pertes vaginales, si présentes, avec un coton monté. Cet échantillon sera examiné au microscope.
- Prélèvement cervical (du col utérin) : le médecin utilise également un coton pour prélever un échantillon de pertes au niveau du col de l’utérus.
- Echographie pelvienne (endocervicale +++)
Le médecin prescrit parfois un prélèvement pour identifier le germe responsable de l'infection et tester sa sensibilité aux antibiotiques.
Traitement Antibiotique des Infections de la Glaire Cervicale
Le traitement antibiotique est essentiel pour éradiquer l'infection et prévenir les complications. Le choix de l'antibiotique dépend de l'agent pathogène identifié et de sa sensibilité aux différents médicaments.
Antibiothérapie de Première Intention
- Ofloxacine 400 mg x 2/j per os
- + métronidazole 500 mg x2/j per os pendant 14 jours
- ± ceftriaxone 500 mg en IM (une injection unique)
Antibiothérapie Alternative
- Ceftriaxone 500 mg en IM (une injection unique)
- + métronidazole 500 mg x 2/j per os pendant 14 jours
- + doxycycline 100 mg x 2/j per os pendant 14 jours
- Moxifloxacine 400 mg/j pendant 14 jours ± ceftriaxone
- Lévofloxacine 500 mg/j pendant 14 jours
- + métronidazole 500 mg x 2/j pendant 14 jours
- Ceftriaxone 250 mg en IM (hors AMM) : une injection unique
- + azithromycine 1g/ semaine 1Une erreur retrouvée dans le référentiel : Il est mit 1g/semaine pendant 14 jours.
- Ceftriaxone 250 mg en IM (injection unique)
- + doxycycline 100 mg x 2/j pendant 14 jours
- Doxycycline 100 mg x 2/j pendant 14 jours
- + métronidazole 400 mg x 3/j pendant 14 jours
- + ciprofloxacine 500 mg en dose unique
- Clindamycine 450 mg x 3/j (IV) (l’ensemble du traitement est de 14 jours)
- + gentamycine 1,5 mg/kg x 3/j IV
- puis clindamycine 450 mg x 3/j pers ou doxycycline 100 mg x 2/j
Dans les cas de pelvipéritonite, une antibiothérapie parentérale sous surveillance en milieu chirurgical est nécessaire. L'amélioration clinique et biologique après 48 h ⇒ poursuite de l’antibiothérapie.
Cas Particuliers
- IST (Infections Sexuellement Transmissibles) De manière générale, lors d'une IST, tous les partenaires doivent être traités, symptomatiques ou non. Et rappelons que la seule manière d'éviter de contracter une IST, c'est d'utiliser un préservatif (masculin ou féminin).
- Germes normaux Pour traiter les germes normaux (de type streptocoque B, staphylocoques, colibacilles…), un traitement par voie locale est préconisé. "Mais surtout, il faut rétablir l'équilibre de la flore vaginale en prenant des probiotiques".
- Mycose vaginale: En cas de mycose vaginale, les ovules ou capsules antifongiques (de la famille des imidazolés actifs sur la levure Candida albicans) à introduire dans le vagin sont privilégiés. En cas d’atteinte de la vulve, il est recommandé de compléter le traitement vaginal par l’application d’une crème antifongique.
- Vaginose bactérienne: En cas de vaginose bactérienne, le traitement consiste en la prise d’antibiotiques (tels que le secnidazole, le métronidazole ou la clindamycine). Le secnidazole par voie orale pendant 7 jours en une prise unique constitue le traitement de choix pour les femmes qui ne sont pas enceintes. Cependant, il peut y avoir des effets secondaires pour l’organisme.
Hospitalisation
L'hospitalisation est requise dans les cas suivants :
- Antibiothérapie par voie parentérale jusqu’à obtention de l’apyrexie et de l’amélioration clinique, puis relais per os (14-21 jours de traitement en fonction de l’évolution clinique et biologique)
- Ceftriaxone + métronidazole + doxycycline ou ofloxacine + métronidazole ou céfoxitine + doxycycline. Ajout de gentamicine si sepsis sévère
- Drainage d’un abcès pelvien de diamètre > 3 cm
- En cas de pelvipéritonite : ATB parentérale sous surveillance en milieu chirurgical (patiente à jeun les premières 36-48 heures)
Prévention des Infections de la Glaire Cervicale
La prévention des infections de la glaire cervicale passe par :
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- Hygiène intime adéquate : éviter les douches vaginales et utiliser des produits doux et adaptés.
- Port de sous-vêtements en coton : favoriser les matières naturelles et éviter les vêtements trop serrés.
- Utilisation de préservatifs : lors des rapports sexuels pour se protéger contre les IST.
- Éviter le tabac : le tabac modifie la flore et les métabolites de la sphère vaginale.
- Rétablir l'équilibre de la flore vaginale : en prenant des probiotiques.
Les bons gestes pour éviter infections (vaginites) et déséquilibres de la flore (vaginoses)
Pour être en bonne santé de la tête aux pieds… en passant par le vagin et la vulve, souvenez-vous qu’il s’agit d’organes très bien conçus, qui n’ont pas besoin d’être nettoyés avec des produits abrasifs, au contraire. La vulve se nettoie à l’eau. Ou, si vous préférez, avec un gel lavant formulé spécialement pour la zone intime, comme le Gel Extra Doux Intima ; le Gel Régulateur Intima ; le Gel Pure Intima ; ou encore le Gel Apaisant Intima.
Si vous n’êtes pas à l’aise avec le fait de toucher directement votre vulve, vous pouvez utiliser un gant de toilette. Mais attention : dans ce cas, il faut utiliser un gant spécifiquement pour la vulve, puis le passer en machine. Car les gants de toilette deviennent rapidement des nids à bactéries et il faudrait les utiliser une seule fois. Séchez la zone intime avec une serviette propre et sèche.
Très important également (on l’a dit rapidement, redisons-le en prenant le temps !) : il n’est pas souhaitable de laver l’intérieur du vagin. La flore bactérienne qui l’habite et est essentielles à sa bonne santé et peut être fragile. Ne la perturbez pas ! Attention également à ne pas vous masturber avec des doigts ou un sextoy sale(s) ; et de la même manière, demandez à votre partenaire de se laver les mains avant d’entamer les réjouissances.
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