L'émission "Touche pas à mon poste !" ("TPMP"), animée par Cyril Hanouna, est un programme phare de la chaîne C8. Cependant, elle a été le théâtre de plusieurs controverses, notamment des accusations d'homophobie, de sexisme et de harcèlement. Cet article se penche sur les différentes facettes de ces polémiques, les réactions qu'elles ont suscitées et les conséquences pour l'émission et son animateur.

Cyril Hanouna : un animateur controversé

Cyril Hanouna, animateur vedette de "Touche pas à mon poste !", est connu pour ses clowneries et ses provocations à l'antenne. Peu de gens le savent : le deuxième prénom de Cyril Hanouna est Valéry, en hommage à l’ancien président Giscard d’Estaing. L’animateur et créateur de « Touche pas à mon poste ! » (« TPMP ») et de « Balance ton post ! », émissions phare de C8, est né en 1974, cinq ans après l’arrivée en France de ses parents, originaires de Tunisie. Et quatre mois après la victoire de VGE à la présidentielle. Au moment de ­prénommer le fiston, son mitterrandiste de père a voulu faire plaisir à sa giscardienne d’épouse dans le choix du deuxième prénom. À la maison, aux Lilas, en Seine-Saint-Denis, on parlait de tout, et bien sûr de politique. Papa est médecin généraliste, maman, gérante d’une boutique de prêt-à-porter. « Mes parents peuvent toujours s’embrouiller au sujet de Mitterrand ! », confie Cyril Hanouna. L’animateur connaît sur le bout des doigts l’histoire politique française. Dévorant la presse, regardant la télévision presque en continu, il est capable de se remémorer des bouts de campagnes électorales, des répliques issues de débats, comme il connaît par cœur les finales de tennis mythiques de Roland-Garros ou de Wimbledon.

Au-delà de son personnage public, Hanouna est également un homme d'affaires redoutable et un proche de Vincent Bolloré. Il compte jouer les premiers rôles cathodiques pour la présidentielle de 2022.

Les polémiques autour de "TPMP"

"Touche pas à mon poste !" a été critiquée à plusieurs reprises pour son contenu, jugé parfois homophobe, sexiste ou humiliant. Plusieurs séquences polémiques ont suscité l'indignation et ont conduit le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) à sanctionner la chaîne C8.

Le canular homophobe

L'une des polémiques les plus marquantes est celle du canular homophobe diffusé dans "TPMP". Dans ce sketch, Cyril Hanouna piégeait des hommes en leur faisant croire qu'il était à la recherche d'un partenaire homosexuel. Cette séquence a suscité une vague d'indignation et a été condamnée par de nombreuses associations LGBT. Le CSA a infligé à la chaîne C8 une amende de 3 millions d'euros pour la diffusion de ce canular.

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Réactions et conséquences

Le canular homophobe a entraîné de nombreuses réactions. Des associations ont manifesté devant les locaux de Canal+ pour dénoncer les "débordements homophobes de Cyril Hanouna". Des personnalités politiques, comme Marlène Schiappa, ont exprimé leur indignation et ont appelé à une rencontre avec l'animateur. Des chroniqueurs, comme Enora Malagré, ont quitté l'émission en désaccord avec le contenu.

De nombreux annonceurs ont également lâché l'émission, craignant pour leur image de marque. La maison Chanel a notamment fait savoir qu'elle ne souhaitait plus être présente dans "TPMP".

Les sanctions du CSA

Face aux nombreuses polémiques, le CSA a sanctionné à plusieurs reprises la chaîne C8 et l'émission "Touche pas à mon poste !". Les sanctions ont pris différentes formes :

  • Amendes financières : Le CSA a infligé des amendes de plusieurs millions d'euros à C8 pour la diffusion de séquences jugées homophobes, sexistes ou portant atteinte à la dignité humaine.
  • Privation de publicité : "Touche pas à mon poste !" a été privée de publicité pendant plusieurs semaines, ce qui a entraîné une perte financière importante pour la chaîne.

Vincent Bolloré et C8 ont réclamé 13,1 millions d'euros au CSA après les sanctions prises contre TPMP.

Tentatives de redressement et avenir de l'émission

Après ces polémiques, Cyril Hanouna a tenté de redorer l'image de "Touche pas à mon poste !". Il a rencontré Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les hommes et les femmes, et a promis de lutter contre l'homophobie et le sexisme. Il a également recruté de nouveaux chroniqueurs, plus axés sur l'univers des médias, afin de redonner du fond à l'émission.

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Cependant, malgré ces efforts, "TPMP" continue de susciter la polémique. Certains chroniqueurs ont tenu des propos misogynes ou relativistes, et l'émission a été accusée de dérouler le tapis rouge à l'extrême droite.

"C'était pas mieux avant" : une chronique paradoxale

Pour redorer son blason et tenter de marquer une scission avec les polémiques de l’époque TPMP, Hanouna et son équipe ont pensé à une nouvelle chronique, titrée “C’était pas mieux avant.” Le concept est simple : une pastille quotidienne pour rediffuser une séquence télé d’antan, choquante pour nos yeux et oreilles d’aujourd’hui. Un enfant victime de racisme en direct, un candidat de télé-réalité ouvertement homophobe, une agression sexuelle en plateau… : bref, autant d’occasions pour l’animateur de se laver les mains de tout soupçon. Et le résultat est éloquent. Au tour de ses chroniqueur·euses de s’enorgueillir et de débiter les mêmes banalités chaque soir, les yeux grands ouverts : “C’est dingue ce qu’on pouvait faire avant sans que personne ne soit choqué !” et autres “Heureusement qu’on ne peut plus faire ça aujourd’hui…” Une séquence ridicule, quand on se rappelle qu’il suffit de regarder quelques années en arrière pour voir le présentateur mettre lui-même la main d’une de ses employées dans son slip, un chroniqueur (Jean-Michel Maire) embrasser la poitrine d’une femme sans son consentement, ou toute l’équipe s’adonner à un canular homophobe.

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