Introduction

Le Togo, un petit État d'Afrique de l'Ouest bordé par le Ghana à l'ouest, le Bénin à l'est, le Burkina Faso au nord et le golfe de Guinée au sud, présente une diversité naturelle et humaine remarquable. Indépendant depuis le 27 avril 1960, le Togo est confronté à des défis socio-économiques importants, notamment en tant que l'un des pays les moins avancés (PMA). Cet article explore les multiples facettes du Togo, allant de ses paysages variés à ses enjeux de développement, en mettant un accent particulier sur la menace croissante de l'érosion côtière et les efforts déployés pour y faire face.

Diversité Naturelle et Socio-Économique du Togo

Avec une superficie de 56 790 km², le Togo se distingue par sa forme allongée et étroite, s'étendant sur 540 km du nord au sud et avec une largeur maximale de 100 km. Son littoral, long de seulement 55 km, est particulièrement vulnérable. Cette configuration géographique résulte de l'histoire coloniale, lorsque l'Allemagne établit le protectorat du Togoland en 1884, suivi de son partage entre Britanniques et Français après la Première Guerre mondiale.

Malgré sa petite taille, le Togo offre une grande diversité naturelle, allant des savanes sèches du nord aux forêts tropicales du centre et aux lagunes côtières du sud. Cependant, cette richesse contraste avec les fortes inégalités socio-économiques entre ses régions. La région maritime, où se concentrent les plantations les plus riches, les ressources en phosphates et la capitale Lomé avec son port en eau profonde, est de loin la plus favorisée.

Le Togo est classé parmi les pays les moins avancés, se positionnant au 162e rang sur 187 selon l'Indice de Développement Humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Il affiche un taux d'analphabétisme d'environ 50 % et près de 40 % de sa population vit sous le seuil de pauvreté. Ces chiffres témoignent des défis considérables auxquels le pays est confronté.

Histoire Politique et Développement Économique

L'histoire politique du Togo post-indépendance a été marquée par des troubles et une instabilité chronique. Le 13 janvier 1963, le premier président de la République, Sylvanus Olympio, est assassiné par un groupe de militaires dirigé par le sergent Étienne Gnassingbé Eyadéma. Ce dernier prend le pouvoir en 1967 et instaure une dictature implacable qui durera 38 ans. Son fils, Faure Gnassingbé, lui succède dans des conditions contestables en 2005, dans un contexte de répression sanglante.

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Malgré ces difficultés, le Togo a connu une croissance économique notable ces dernières années, avec un taux de croissance annuel du PIB de plus de 5 % depuis 2009. Cette croissance est en partie due à sa position stratégique de carrefour entre les axes de communication nord-sud et est-ouest, ainsi qu'à ses atouts naturels et humains.

L'Érosion Côtière : Une Menace Existencielle

Le Togo, comme de nombreux pays d'Afrique de l'Ouest, est confronté à une menace croissante : l'érosion côtière. La mer avance de un à cinq mètres chaque année sur les côtes, mettant en danger les villages côtiers et forçant les familles à fuir. La ville côtière de Baguida, située à 13 km de Lomé, est particulièrement menacée.

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, entraînent une montée du niveau des océans, accélérant ainsi l'érosion côtière. Les statistiques du Centre national de données océanographiques du Togo révèlent que les effets de l'érosion côtière sont évalués en moyenne à 10 mètres par an sur 30 km. Des villages entiers ont été détruits, comme à Doevikope, où les trois quarts des habitants ont dû abandonner leurs maisons.

Ce phénomène d'érosion a toujours existé, mais il a été amplifié par l'intervention humaine. Le courant marin parallèle à la côte, appelé dérive littorale, qui déposait des sédiments et limitait l'érosion, a été perturbé par la construction d'ouvrages tels que le barrage sur la Volta au Ghana en 1960 et le nouveau port inauguré en 2019.

L'érosion côtière a des conséquences désastreuses sur les populations locales, détruisant leurs maisons, leurs terres agricoles et leurs moyens de subsistance. Au-delà de son coût économique, elle brise des vies et supprime les moyens de substance de millions de personnes.

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Initiatives et Défis Face à l'Érosion Côtière

Face à cette menace, des initiatives sont mises en place pour lutter contre l'érosion côtière et promouvoir un développement durable du littoral ouest-africain. Le Programme de gestion du littoral ouest-africain (WACA), mis en place par la Banque mondiale lors de la COP21 en 2015, vise à contribuer au développement durable du littoral en luttant contre l’érosion et les inondations côtières.

Au Togo, le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Protection de la nature forme 200 acteurs communautaires de la région maritime aux pratiques innovantes de gestion durable des terres. Cependant, la tâche s’avère colossale en raison de la croissance de la population côtière et de l’exploitation des ressources naturelles, dont beaucoup de personnes dépendent.

Selon une étude de 2019 de la Banque mondiale, le littoral ouest-africain regroupe près d’un tiers de la population de la région et génère 56% de son PIB. Cela souligne l'importance cruciale de la protection du littoral pour le développement économique et social de la région.

Pour Joseph Kogbe, directeur de l’ONG OPED et coordonnateur du réseau international Climat et Développement, l’État togolais doit accompagner les riverains. Il souligne que 90% des infrastructures industrielles du Togo se trouvent dans la zone portuaire, ce qui signifie qu'une catastrophe au niveau du littoral pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l'ensemble du pays.

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