Lorsque votre chienne met bas, vous pouvez vous inquiéter de la suite, notamment de l'allaitement. Si un problème survient (décès de la chienne, production de lait insuffisante, chiots trop nombreux ou délaissés par leur mère), il est essentiel de savoir comment prendre le relais. Ce guide complet vous fournira toutes les informations nécessaires sur l'utilisation des tétines pour chiot et l'alimentation artificielle des nouveau-nés.
Préparation du lait maternisé
Si votre chienne doit mettre bas, il est préférable de prévoir du lait maternisé, des biberons et des tétines spécifiques. Les fabricants de lait maternisé donnent des conseils adaptés à la concentration de leur produit.
Le lait maternisé doit normalement être réhydraté juste avant la distribution, mais il est possible de le préparer à l’avance et de le stocker en dessous de 4 °C pendant 48 heures maximum. Par rapport au lait des carnivores, le lait de vache est trop dilué, deux fois trop sucré et trop pauvre en matières grasses et en protéines. De nombreuses recettes existent pour rendre sa composition plus proche de celle du lait de chienne en ajoutant de la crème, des œufs… Par exemple : 1 jaune d’œuf cru dans 200 ml de lait Gloria® non sucré. Ces préparations faites maison ne doivent être utilisées qu’en dernier recours.
Choix et préparation des tétines
Il existe des tétines spécifiques pour chiots, conçues pour s'adapter à leur petite bouche et faciliter la succion. Biocanina propose des tétines pour biberon d'allaitement adaptées aux nouveau-nés (chiots, chatons, rongeurs et petits carnivores).
Administration du lait maternisé
Les quantités distribuées augmentent de façon très progressive, en fonction du poids des chiots. Si des signes de suralimentation apparaissent (refus de tétée, diarrhée…), il faut diminuer les quantités. Si les nouveau-nés sont trop faibles pour téter, il est possible de faire mettre en place par votre vétérinaire une sonde gastrique, dont la longueur sera réévaluée chaque semaine.
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Jusqu’à 3 semaines, la distribution doit se faire au biberon. Le lait maternisé doit être préparé chaque jour en respectant les consignes de préparation et homogénéisé. Il doit être réchauffé à 37,8°C pour les chatons et entre 30 et 35°C pour les chiots. La tétée doit commencer rapidement après la naissance car le premier lait est indispensable pour la défense de l'organisme des chiots et chatons contre les microbes. Il est conseillé de les aider à trouver les tétines si vous voyez qu'ils ont des difficultés à le faire seul. Si la portée est trop importante, il faut parfois donner des biberons de lait maternisé pour chien et chat.
Importance du colostrum
Si l’alimentation artificielle s’impose dès la naissance, un point délicat à gérer est l’absorption du colostrum, ce premier lait sécrété par les femelles, très riche en anticorps. Vous pouvez éventuellement contacter un éleveur, qui possède généralement des réserves de colostrum congelé ; il sera réchauffé, de préférence au bain-marie, jusqu’à une température de 38°C environ, sans faire bouillir. Sinon, il existe dans le commerce des substituts de colostrum, sous forme de poudre à reconstituer. Ils sont à administrer dès la naissance aux chiots orphelins.
À la naissance, les nouveau-nés bénéficient d’une protection humorale grâce au transfert placentaire d’immunoglobulines qui a lieu pendant la gestation. Faut-il distribuer un colostrum de substitution ? Même s’il est possible de collecter du colostrum chez une chienne ayant mis bas récemment, cette pratique est surtout à la portée d’éleveurs professionnels. Il est également possible d’administrer au nouveau-né du plasma sanguin prélevé sur la mère mais la mise en œuvre est délicate et les effets secondaires fréquents. En revanche le colostrum bovin, s’il est facilement disponible, ne fournira que de l’énergie car les immunoglobulines sont spécifiques à l’espèce.
Surveillance et soins des chiots
Il est important que la température de la pièce dans laquelle se trouve la portée soit aux alentours de 25°C au moins pendant les 10 premiers jours de la vie des chiots et des chatons. Il faut également bien veiller à une hygiène irréprochable du nid. Un maintien de la température corporelle adéquate est vital, car les réflexes thermorégulateurs (vasoconstriction et frissons) ne sont pas fonctionnels à la naissance. La température corporelle d’un chiot doit être de 35 à 36°C la première semaine, et de 37 à 38°C les deuxième et troisième semaines de vie. Des températures ambiantes inférieures à 27°C provoquent une hypothermie, tandis que les températures dépassant 33°C, ainsi que des niveaux élevés d’humidité (85-90%), prédisposent aux problèmes respiratoires. Il faut veiller à ce que le nouveau-né ne soit pas en courant d’air. Si la température est trop basse, le chiot perd le réflexe de succion, entraînant une faiblesse due à la réduction de l’apport énergétique. Un nourrisson en hypothermie doit être réchauffé lentement pour éviter la vasodilatation périphérique et l’hypoxie des organes vitaux. Cela devra être accompagné par de la fluidothérapie si nécessaire.
Identifiez les chiots de façon individuelle, pesez-les tous les jours à la même heure (au moins pendant les deux premières semaines de vie) et établissez une courbe de poids pour chacun.
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Les chiots ne sont pas capables de faire leurs besoins tout seuls. Après chaque tétée, la chienne lèche vigoureusement la zone périnéale de ses chiots afin de déclencher le réflexe d’élimination. Puis elle mange les excréments, afin de maintenir « le nid » propre. Après chaque tétée, il faut frotter le périnée avec un coton ou un gant de toilette humide tiède afin d’entraîner une défécation et une miction réflexes.
Afin de favoriser le développement du système nerveux du chiot, vous devez manipuler les petits orphelins tous les jours en douceur : prenez-les dans vos mains, retournez-les, profitez-en pour les peser afin de suivre leur croissance.
Plus tard, ce sera à vous de jouer le rôle éducateur de la mère en fixant des limites au chiot orphelin quand il commencera à jouer : interdire les mordillements et les jeux de tiraillement, imposer des phases d’arrêt dans le jeu (faire poser la balle par exemple), le féliciter quand il se calme, etc.
Sevrage
Les chiots nourris avec un lait artificiel présentent souvent un retard de croissance par rapport aux chiots nourris par la mère. Ce retard peut être compensé par un sevrage un peu plus précoce, vers l’âge de 3 semaines, au lieu des 5-7 semaines habituelles, avec un aliment spécifique pour la croissance des chiots de très bonne qualité.
Besoins nutritionnels spécifiques
Le lait est le seul apport nutritif et hydrique pour le nouveau-né. Son absence induit très rapidement une déshydratation et des troubles cardiovasculaires parfois fatals. L’alimentation du nouveau-né avant le sevrage est idéalement assurée par le lait maternel et les besoins nutritionnels sont normalement couverts. Le nouveau-né a une croissance très rapide qui est dépendante du format adulte et de la race. Le lait distribué doit lui permettre d’acquérir cette croissance. Pas d’inquiétude : le lait maternisé, même s’il est moins riche que le lait maternel, n’induit pas pour autant de déficit de croissance. En effet, on constate que la compensation se fait en post-sevrage.
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Pour être digestible, le lait maternisé doit avoir les caractéristiques suivantes :
- Les teneurs en glucides, et en particulier en lactose, doivent être réduites. De plus, la présence d’amidon doit être évitée pour s’adapter au système digestif fragile du chaton et du chiot et ainsi assurer une bonne tolérance digestive. En effet, les très jeunes animaux ne synthétisent pas assez d’amylase pour digérer l’amidon.
- Apporter les nutriments nécessaires pour un bon développement de l’animal.
- être enrichi en DHA (acide docosahexaénoïque) : l’acide gras (AG) oméga 3 le plus présent au niveau du cerveau et de la rétine. Il est essentiel dans l’acquisition de la vision chez les jeunes. Le DHA est un acide gras essentiel pour le chat qui n’a pas la capacité de le synthétiser. Une carence de cet AG nuit au développement des fonctions visuelles et cognitives chez le jeune.
- être enrichi en taurine, acide aminé très présent dans le lait de chienne et de chatte. Le chaton n’étant pas capable de synthétiser la taurine, il est important d’en apporter dès les 1ers jours car un déficit a un impact négatif sur l’intégrité de la rétine.
Le rythme de distribution choisi doit respecter la physiologie de l’animal et la disponibilité du propriétaire. L’idéal est que le petit consomme spontanément une quantité de lait égale à tous les repas à l’exception du 1er repas du matin qui est plus important.
Pour s’assurer de la bonne croissance du nouveau-né, il est recommandé de peser quotidiennement l’animal, si possible à heure fixe.
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