Les terreurs nocturnes sont un phénomène intrigant et souvent déconcertant, tant pour les enfants qui en souffrent que pour leurs parents. Elles se manifestent par des épisodes de sommeil agité et perturbé, principalement pendant le sommeil profond. Bien que souvent impressionnantes, elles sont généralement bénignes et transitoires. Cet article explore les causes, les symptômes, les traitements et les mesures à prendre face à ce trouble du sommeil.

Qu'est-ce qu'une Terreur Nocturne ?

Les terreurs nocturnes, également connues sous le terme médical de « pavor nocturnus », sont des épisodes de sommeil agité caractérisés par des comportements inconscients et souvent spectaculaires. Elles se classent dans les troubles du sommeil appelés parasomnies, définies comme des manifestations paroxystiques nocturnes non épileptiques. La personne qui en souffre adopte un comportement complexe, étrange et inconscient qui peut inquiéter son entourage.

Contrairement aux cauchemars, qui surviennent généralement pendant le sommeil paradoxal, les terreurs nocturnes se produisent pendant la phase de sommeil lent profond, soit environ une à deux heures après l'endormissement. Elles sont liées à une activité anormale du système nerveux central. Bien que le mécanisme précis soit mal connu, une immaturité des systèmes d'éveil est souvent mise en cause.

Symptômes des Terreurs Nocturnes

Les symptômes des terreurs nocturnes peuvent être divisés en deux phases : la phase de crise et la phase d'après-crise.

Phase de Crise

Pendant une terreur nocturne, l'enfant peut :

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  • Se redresser soudainement sur son lit.
  • Crier violemment, pleurer ou hurler.
  • Transpirer abondamment et trembler.
  • Avoir les yeux ouverts avec un regard fixe, semblant être ailleurs.
  • Prononcer des paroles incompréhensibles ou incohérentes.
  • Présenter une agitation, voire une agressivité.
  • Ne pas répondre lorsqu'on lui parle et ne pas reconnaître son entourage.

Ces épisodes durent généralement de 1 à 20 minutes, mais peuvent parfois s'étendre jusqu'à une trentaine de minutes. Il est important de noter que l'enfant n'est pas réellement réveillé pendant la crise.

Phase d'Après-Crise

Après la crise, l'enfant :

  • Retourne au sommeil classique, souvent sans difficulté.
  • Présente une amnésie complète de l'épisode au réveil. Le lendemain matin, il n'en a aucun souvenir. S'il n'en parle pas, il est préférable d'éviter d'aborder le sujet.

Bien que les symptômes puissent varier d'une personne à l'autre, l'état de terreur et la confusion sont des marqueurs constants de ce trouble.

Causes des Terreurs Nocturnes

Les causes des terreurs nocturnes sont multiples et souvent interconnectées. Elles peuvent être déclenchées par divers facteurs tant environnementaux que physiologiques.

Facteurs Généraux

  • Stress et anxiété: Les événements stressants comme un déménagement, une rupture ou même l’entrée à la garderie peuvent précipiter des épisodes de terreurs nocturnes. Une approche psychothérapique est intéressante lorsque l’on soupçonne que l’origine des terreurs est psychologique, par exemple un conflit familial. On parle de thérapie comportementale.
  • Fatigue et manque de sommeil: Un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité peut provoquer des terreurs nocturnes. Le manque de sommeil est souvent à l’origine des terreurs nocturnes.
  • Changements de routine ou d’habitudes de sommeil: Toute perturbation de la routine de sommeil peut être un facteur déclenchant. Il est recommandé d’adopter un rythme de vie et de sommeil régulier, en se couchant et se levant à heures constantes, même le week-end.
  • Consommation de substances psychoactives ou certains médicaments: Les substances affectant le système nerveux central peuvent contribuer à l’apparition de ces épisodes.
  • Maladie ou fièvre: Les états fébriles peuvent augmenter les risques de terreur nocturne.
  • Hérédité: Une composante génétique semble être impliquée, avec une transmission possible de parents à enfants. Dans 60 à 80% des cas, la parasomnie est héréditaire (antécédents chez le père ou la mère).
  • Autres troubles du sommeil: Le somnambulisme et l’éveil confusionnel sont parfois associés aux terreurs nocturnes. Lorsqu’un somnambulisme est associé à la terreur nocturne, on parle de « somnanbulisme terreur ». La crise de panique est alors associée à un réflexe de fuite ou de lutte dans le cas où le patient serait retenu par un proche.

Causes Spécifiques chez les Enfants

Chez les enfants, les terreurs nocturnes peuvent être déclenchées par des facteurs tels que :

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  • La fièvre.
  • Un environnement stressant.
  • Des changements d’habitude.
  • Un rythme de sommeil irrégulier.
  • Le reflux gastro-œsophagien (RGO).
  • Le syndrome des jambes sans repos.

Les enfants de moins de 12 ans, particulièrement les garçons, sont plus susceptibles de présenter ces épisodes.

Causes Spécifiques chez les Adultes

Chez les adultes, les terreurs nocturnes sont rares et touchent moins de 2% de la population. Les causes incluent :

  • Le stress intense et prolongé.
  • Un manque de sommeil.

Une consultation avec un neurologue spécialiste du sommeil est souvent recommandée pour identifier et traiter toute maladie sous-jacente.

Différences entre Cauchemars et Terreurs Nocturnes

Il est crucial de distinguer les cauchemars des terreurs nocturnes, car bien qu'ils soient tous deux des troubles du sommeil, ils se manifestent différemment.

CaractéristiqueCauchemarsTerreurs Nocturnes
Phase du sommeilSommeil paradoxal (fin de nuit)Sommeil lent profond (début de nuit)
Souvenir de l'épisodePrésent, rêve désagréableAbsent, amnésie complète
RéactivitéRéactif, peut être consoléNon réactif, difficile à réveiller
ManifestationsPeur, anxiétéCris, agitation, confusion
DuréeVariableCourte (1 à 20 minutes)
FréquencePlus fréquents, surtout chez les enfantsMoins fréquents

Les cauchemars surviennent à la fin de la nuit, durant le sommeil paradoxal. Tout comme le rêve, il s’agit d’un phénomène normal qui n’a rien d’inquiétant. Bien que désagréable à vivre, un cauchemar constitue un mécanisme utile et bénéfique pour nous. Lorsque nous ressentons de la peur à l’idée d’une situation à venir, il nous permet de calmer notre appréhension en nous faisant vivre cette peur.

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Terreurs Nocturnes en Fonction de l'Âge

Les terreurs nocturnes peuvent affecter différentes tranches d'âge, chacune présentant des caractéristiques spécifiques.

Terreurs Nocturnes du Bébé

Chez les bébés, les terreurs nocturnes sont rares mais peuvent survenir. Elles se manifestent généralement par des pleurs et des cris inconsolables pendant le sommeil. La régularité des siestes et la stabilité de la routine de coucher peuvent aider à minimiser ces épisodes.

Terreurs Nocturnes de l'Enfant

Les terreurs nocturnes sont plus fréquentes chez les enfants âgés de 3 à 8 ans, touchant principalement les garçons. Les facteurs de risque incluent la fièvre, un environnement stressant, et des changements de routine. Les parents doivent rester calmes et éviter de réveiller l'enfant durant l'épisode. La réassurance et une routine de coucher stable sont des mesures efficaces pour atténuer ces crises.

Terreurs Nocturnes de l'Adolescent

Bien que moins courantes, les terreurs nocturnes peuvent persister chez les adolescents. Le stress scolaire et social, ainsi que les perturbations du cycle de sommeil, peuvent être des déclencheurs. La gestion du stress par des activités de relaxation comme la méditation ou le yoga peut être bénéfique.

Terreurs Nocturnes chez l'Adulte

Chez les adultes, les terreurs nocturnes sont rares, touchant moins de 2% de la population. Les causes incluent le stress intense et prolongé, ainsi qu'un manque de sommeil. Une consultation avec un neurologue spécialiste du sommeil est souvent recommandée pour identifier et traiter toute maladie sous-jacente. Adopter un mode de vie plus calme et régulier peut également aider à réduire ces épisodes.

Que Faire en Cas de Terreur Nocturne ?

Face à une terreur nocturne, il est essentiel d'adopter une attitude calme et rassurante.

Pendant la Crise

  • Ne pas tenter de réveiller l'enfant: Cela peut le perturber et prolonger l'épisode. Il ne faut surtout pas réveiller l’enfant lors d’une terreur nocturne, car ça risque de le perturber et il mettra alors plus de temps à se rendormir.
  • Garder le calme: Il est important de ne pas paniquer, car l'enfant ressent l'anxiété de son entourage.
  • Assurer la sécurité de l'enfant: Veiller à ce qu'il ne se blesse pas en se débattant ou en tombant. Il faut juste veiller à ce que l’enfant ne se mette pas en danger lors d’une crise. Par mesure de précautions, il vaut mieux s’assurer que la chambre ne comporte pas de danger. En effet, même si cela est rare, l’enfant peut se lever, ouvrir des portes, des fenêtres, descendre des escaliers, sortir de chez lui. La prévention d’éventuels accidents, en particulier de défenestration, est donc primordiale.
  • Parler doucement: Lui parler doucement pour l’apaiser est utile, mais il ne faut pas essayer de toucher l’enfant s’il ne se laisse pas faire.
  • Attendre la fin de l'épisode: La crise dure généralement moins de 20 minutes. Il est, en effet, préférable de le laisser se rendormir en restant à ses côtés pour garantir sa sécurité.

Après la Crise

  • Ne pas évoquer l'épisode le lendemain: L'enfant ne s'en souvient pas et en parler pourrait l'angoisser. S’il n’en parle pas, évitez d’amener le sujet.

Traitement et Prévention des Terreurs Nocturnes

Il n'y a généralement pas de traitement spécifique pour les terreurs nocturnes, car elles se résolvent souvent spontanément. Cependant, certaines mesures peuvent aider à réduire leur fréquence et leur intensité.

Mesures Comportementales

  • Routine de sommeil régulière: Se coucher et se lever à des heures fixes, même le week-end. Autrement dit, se coucher et se lever à heures constantes, même le week-end.
  • Environnement rassurant: Créer un environnement calme et sécurisant dans la chambre de l'enfant, avec des objets familiers. De même qu’un environnement rassurant avec des objets familiers est indispensable pour que l’enfant puisse s’endormir paisiblement.
  • Éviter les activités stimulantes avant le coucher: Limiter les activités sportives intenses, les écrans et les repas copieux le soir. Par ailleurs, mieux vaut éviter les activités sportives intenses le soir, ainsi que celles qui sollicitent beaucoup l’imagination et les repas trop copieux.
  • Gestion du stress: Identifier et gérer les sources de stress de l'enfant, par exemple en parlant de ses préoccupations ou en pratiquant des activités de relaxation.

Traitement Médical

Dans les cas les plus sévères, lorsque les crises sont intenses et/ou fréquentes, ou en cas d'échec des mesures comportementales seules, un traitement médicamenteux peut être envisagé.

  • Médicaments: Un traitement médicamenteux à base d’antihistaminiques, de benzodiazépines ou d’antidépresseurs peut être prescrit par le médecin pour les cas les plus sévères, lorsque les crises sont intenses et/ou fréquentes, ou en cas d’échec des mesures comportementales seules.
  • Phytothérapie et homéopathie: Certaines spécialités de phytothérapie (Valériane, Passiflore, Aubépine, Mélisse, etc.) ou d’homéopathie (sirop Quiétude ®, Sédatif PC® par exemple) peuvent aider à apaiser l’enfant.
  • Thérapie comportementale: Elle est associée aux conseils comportementaux et peuvent être prescrites pour plusieurs mois si nécessaire.

Autres Conseils

  • Naturopathie: La naturopathie propose d’améliorer l’état de santé d’une personne et de renforcer sa vitalité via des remèdes naturels, en s’appuyant sur les mécanismes de régulation du corps qui siègent en chacun.
  • Température de la chambre: Veiller à ce que la chambre ne soit pas chauffée à plus de 18 °C.
  • Obscurité: S’installer dans l’obscurité totale pour favoriser l’endormissement, ou au contraire prévoir une veilleuse si vous savez que sa présence rassure.
  • Alimentation: Consommer des aliments riches en tryptophane : noix, oeuf, poisson, flocons d’avoine, riz complet, volaille.

Quand Consulter un Médecin ?

Bien que les terreurs nocturnes soient généralement bénignes, il est conseillé de consulter un médecin dans les cas suivants :

  • Les crises sont très fréquentes et perturbent la vie de l'enfant et de sa famille.
  • L'enfant se blesse pendant les crises.
  • Les terreurs nocturnes persistent à l'adolescence ou à l'âge adulte.
  • Vous suspectez une cause sous-jacente (stress, anxiété, etc.).
  • Vous avez des doutes sur le diagnostic (risque de confusion avec des crises d'épilepsie).

Le médecin pourra évaluer la situation, rechercher d'éventuelles causes sous-jacentes et proposer une prise en charge adaptée. Parfois, le médecin recommande la tenue d’un agenda du sommeil.

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