L'âge de la maternité est un sujet de plus en plus discuté, avec une tendance croissante à retarder le moment d'avoir des enfants. Si les évolutions sociétales permettent aux femmes de choisir le moment qui leur convient le mieux, la question de la fertilité avec l'âge reste un enjeu important. Cet article explore les témoignages de femmes ayant vécu une grossesse à 38 ans, tout en apportant des éclaircissements sur les réalités médicales et les perspectives positives.
Témoignage d'Élodie : un message d'espoir
Elodie, aujourd'hui âgée de 38 ans, souhaite partager un message d'espoir pour toutes celles qui pensent qu'après 30 ans, il est trop tard pour avoir des enfants. Elle a entamé les essais bébé à 35 ans et a eu son premier enfant, puis le second à 38 ans, sans difficultés particulières. Ses grossesses et accouchements se sont déroulés de manière tout à fait normale.
"Je m'appelle Elodie, j'ai 38 ans et je suis en couple depuis plus de 15 ans maintenant. Nous parlions souvent d'avoir des enfants avec mon conjoint mais je n'étais pas prête. Je remettais toujours à plus tard les essais bébé. Bon, il faut dire que le fait que nous n'habitions pas dans la même ville en raison de nos emplois respectifs ne m'aidait pas à me décider."
À 33 ans, elle apprend que sa mère est gravement malade, ce qui la pousse à reconsidérer ses priorités. "C'est la maladie de ma mère qui m'a « réveillée ». Pourquoi toujours remettre à plus tard ? Pourquoi toujours attendre que tout soit parfait pour se lancer ?"
À 35 ans, le projet bébé est lancé, malgré la distance géographique avec son conjoint. Elle se souvient : "Mais voilà j'avais 35 ans et tout le monde autour de moi me faisait sentir que ce ne serait pas de la tarte. Que mon taux de fertilité était tombé à 30%. Du coup je vais faire des examens. Très stressée."
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En février, une échographie révèle la présence d'un kyste à l'ovaire, ce qui la décourage. Cependant, en mars, elle apprend qu'elle est enceinte. "Mon gynéco me dit que le soit disant kyste était un ovule !" Sa grossesse se déroule sans problème et l'accouchement se passe bien. Aujourd'hui, à 38 ans, elle souhaite donner un petit frère ou une petite sœur à son enfant. Son gynécologue la rassure, expliquant que chaque femme est différente et qu'une femme de 38 ans peut tomber enceinte rapidement, contrairement à une femme de 25 ans qui peut rencontrer des difficultés.
Le seul regret d'Elodie est que sa mère n'ait pas eu la chance de connaître ses petits-enfants. Elle souhaite transmettre ce message : "Voilà, juste pour dire à toutes les femmes qui ont plus de 35 ans que les joies d'être mère ne sont pas inaccessibles."
L'évolution de l'âge moyen à la maternité en France
"Un enfant si je veux, quand je veux…" Ce slogan féministe est - presque - devenu une réalité. En France, l’âge moyen à la maternité est passé de 24 ans en 1974 à 31 ans en 2022 (Insee). Cette évolution témoigne des changements sociétaux et des choix de vie des femmes.
Fertilité et âge : les réalités médicales
Aux évolutions de la société s’oppose la médecine. À partir d’un certain âge, les chances de tomber enceinte s’amenuisent. La baisse de fertilité est progressive. À 40 ans, le risque de ne pas devenir mère est de 35 %, un chiffre qui monte à 80 % après 45 ans. Si l’âge est un facteur d’infertilité, il n’est pas le seul et nombre de femmes peuvent tomber enceintes après 40 ans. Dans les faits, en 2019, près de 43 000 bébés sont nés d’une mère âgée de 40 ans ou plus contre 8 000 en 1980.
Témoignage de Valérie : une grossesse inattendue à 52 ans
« Je n’aime pas le mot accident mais disons que ce n’était pas prémédité… » commence Valérie H. Cette secrétaire de formation de 52 ans, maman solo d’une fille de 9 ans n’avait certainement pas prévu sa grossesse. « Je n’ai jamais été très heureuse en amour donc j’avais fait le deuil d’avoir un jour un enfant, soupire-t-elle. La vie a fait que j’étais par intermittence avec quelqu’un qui ne voulait pas en avoir. Valérie, qui ne vit pas avec son ami, se lasse de son incapacité à s’engager. « On n’arrivait pas à construire quelque chose de concret donc je me suis dit laissons tomber, raconte-t-elle. Parce qu’elle n’a plus ses règles, elle demande conseil à son pharmacien, qui lui préconise de faire un test de grossesse. Ce que Valérie accueille en riant. Quand elle découvre le résultat du test, elle peine à y croire. « J’avais envie de crier, de le dire à tout le monde, c’était une grande joie, se souvient-elle.
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Sa grossesse a été marquée par des complications : « Diabète gestationnel, hypertension, j’ai tout fait, se remémore-t-elle. Le père, lui, ignore tout de cette grossesse et ignore encore aujourd’hui qu’il a une fille. Valérie assume ce choix : « Je ne voulais pas lui imposer, je savais qu’il était vraiment fermé sur la question des enfants, on ne se voyait plus donc j’ai décidé d’assumer toute seule. » Ses parents, en revanche, sont ravis.
C’est l’année dernière, après le décès du père de Valérie que les angoisses se sont invitées dans la petite bulle construite avec sa fille. « Ça a été le choc, on se dit que la vie peut basculer d’un coup. Je pense à Pauline, à mon âge, s’il m’arrive quoi que ce soit, qu’est-ce qu’il va advenir d’elle ? J’espère vivre le plus longtemps possible. Au moins jusqu’à sa majorité, espère-t-elle.
Expériences et questions autour de la grossesse après 35 ans
De nombreuses femmes partagent leurs expériences et leurs interrogations concernant la grossesse après 35 ans sur les forums et les blogs. Certaines s'interrogent sur les différences par rapport à leurs grossesses précédentes, tandis que d'autres cherchent à être rassurées sur la santé de leur bébé.
Une femme de 39 ans, enceinte de son premier enfant, témoigne : "Et première grossesse, premier bébé. Rien a dire, grossesse parfaite, tres surveillée. En MAP au 6è mois, mais en raison d'un col raccourcis. Accouchement par césarienne, car diabète gestationnel ( j'étais en tres gros surpoids)."
Une autre, enceinte de 36 semaines à 38 ans, décrit sa grossesse comme "classique" malgré quelques maux habituels. Elle a dû supprimer les sucres rapides en raison d'un taux de glucose élevé, ce qui lui a permis de moins prendre de poids.
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Une autre femme, ayant vécu sa troisième grossesse à 38 ans, raconte : "Absolument aucun souci. Grossesse parfaite (comme les deux premières, à 34 ans et presque 36 ans). A peine quelques nausées le premier trimestre (mais très supportables - je n'ai jamais vomi ). Aucune fatigue particulière, je pétais la forme jusqu'au jour de l'accouchement. Ledit accouchement a eu lieu… le jour du terme ! Et s'est parfaitement bien déroulé, avec une puce en pleine forme également. Je me suis remise très vite (tout comme les deux premières fois). J'ai retrouvé très rapidement mon poids d'avant grossesse (ben oui, ça compte aussi, non ? )."
Une femme ayant accouché de son troisième enfant à presque 40 ans partage une expérience positive : "La grossesse s'est passée à merveille, super pêche dans tous les domaines, je suis restée active longtemps, beaucoup beaucoup de marche aussi, pas trop pris de poids (beaucoup moins que pour la première où je m'étais lâchée en pensant que j'allais perdre super facilement …. ce qui ne fut pas le cas…). Donc très épanouie et vraiment super contente." Elle souligne l'importance de prendre soin de son sommeil et de faire du sport après la naissance.
Une autre maman témoigne de sa grossesse à 39 ans : "Grossesse + fatigante surtout les 2 derniers mois (insomnies complètes) pas de diabète, poids nikel, pas de sciatique contrairement aux grossesses précédentes (c'est mon 4è) Pas + surveillée, j'ai bossé jusqu'à mes 6 mois de grossesse sans trop peiner…" Elle a dû subir une amniocentèse en raison de résultats faussés aux tests de dépistage.
Les défis et les joies d'une maternité tardive
Certaines femmes expriment leurs craintes concernant les nuits blanches, les couches sales et la fatigue liée à l'arrivée d'un bébé. D'autres, conscientes de leurs limites, préfèrent ne pas avoir d'autres enfants après 35 ans.
Une femme ayant eu sa fille à plus de 38 ans témoigne : "Grossesse de rêve sauf lorsque j'ai du faire une amniocentèse , car non prévue au départ. Aucune fatigue, aucune nausée, pas de diabète, rien du tout. Déménagement au début du 9e mois. Ma fille à la naissance était un bébé très tonique , 3kg600 pour 51 cm. Maintenant c'est une belle adolescente de 169 cm pour 52kg."
Une autre femme, ayant accouché à presque 39 ans après une FIV, raconte : "1er trim de grossesse impec hormis la fatigue par contre des le quatrième mois j'ai perdu en mobilité (fatiguée très vite et mal de dos et sciatique très handicapants). J'ai été très peu mobile jusqu'à la fin ou j'avais un ventre énorme (mais prise de poids normale ). Accouchement impeccable : première contraction à 6:30, bebe née à 11:00, péridurale posée au bon moment j'ai vraiment pu avoir l.accouchement que j'espérais en plus mon mari était là alors que ça n'était pas prévu. Par contre la suite moins rose : fatigue, déprime et toujours Bcp de douleurs dos et sciatique, je ne peux pas marcher plus de deux heures. Et bb ne fait toujours pas ses nuits (reveil une fois par nuit)."
Une femme ayant eu sa dernière à 40 ans souligne l'importance de profiter de chaque instant : "Profite ! Coucou ! J'ai oublié de te dire de profiter à fond (si pas de soucis médicaux bien entendu) surtout si tu envisages que c'est ta dernière grossesse. C'est quand même extraordinaire de donner naissance à un enfant !" Elle a vécu une grossesse fatigante avec des ennuis dentaires, une entorse et de l'hypertension, mais n'a pris que 8 kilos.
Une femme ayant été enceinte à 42 ans, alors qu'elle se pensait en pré-ménopause, décrit cette grossesse comme un "magnifique cadeau". Elle n'a ressenti aucune différence par rapport aux autres mamans et a participé activement à la vie de son enfant.
Parcours de PMA et espoir
Certaines femmes partagent des parcours plus difficiles, marqués par des tentatives de PMA et des déceptions. L'une d'entre elles raconte ses difficultés à concevoir naturellement après 40 ans, ses échecs en FIV et son recours au don d'ovocytes. Finalement, elle est tombée enceinte naturellement à 44 ans, mais a dû faire face à une IMG en raison d'une trisomie 21. Elle s'interroge sur la responsabilité d'espérer un bébé à 45 ans et cherche des témoignages positifs.
Une autre femme décrit son parcours en PMA après 35 ans : "Je décide d’en parler à ma gynécologue qui, effectivement, me conseille de ne pas perdre trop de temps car j’ai déjà plus de 35 ans. Elle me prescrit un bilan d’infertilité histoire de voir un peu où j’en suis : Prise de sang, hystérosalpingographie et compagnie. Pas très agréable tout ça mais enfin… bonne nouvelle ! 1er RDV PMA pris en juin. OATS…Ah bon OK ; FIV ICSI… Ah bon OK." Après des traitements et des épreuves, elle découvre avec joie son test de grossesse positif.
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