La question de la compatibilité entre tatouage et allaitement suscite de nombreuses interrogations chez les jeunes mamans. Est-il sûr de se faire tatouer pendant cette période ? Quels sont les risques potentiels pour le bébé ? Cet article explore les différentes facettes de cette question, en s'appuyant sur les avis d'experts et les recommandations des organismes de santé.

Compatibilité du tatouage et de l'allaitement : un avis nuancé

La réponse à la question de savoir si l'on peut se faire tatouer pendant l'allaitement n'est pas tranchée. Comme l'explique Géraldine Brunet-Manquat, il est difficile de donner une réponse définitive, car les études sur le sujet sont quasiment inexistantes. Par conséquent, il est impossible de confirmer avec certitude que le tatouage est sans danger pour la mère et l'enfant.

Les risques potentiels liés à l'encre de tatouage

Le principal sujet de préoccupation concernant le tatouage pendant l'allaitement est le risque potentiel lié aux encres de tatouage. Certains colorants utilisés contiennent des nanoparticules qui pourraient avoir un effet cancérigène. Le Dr Nicolas Kluger, dermatologue spécialiste des questions médicales sur le tatouage, déconseille le tatouage durant l'allaitement, car on ne sait pas si les nanoparticules contenues dans les encres peuvent passer dans le lait maternel, ni les conséquences pour un bébé en développement. Le Syndicat National des Artistes-Tatoueurs (SNAT) partage ce point de vue, tout en précisant que le « risque reste théoriquement très faible ».

Hygiène et précautions à prendre

Si une femme allaitante souhaite se faire tatouer, il est impératif de respecter des normes d'hygiène strictes. Il est essentiel de s'adresser à des professionnels aux normes d'hygiène impeccables, afin d'éviter toute infection ou contamination à l'hépatite ou au VIH via les aiguilles de tatouage. Certains tatoueurs n'acceptent d'ailleurs pas les mères allaitantes dans leur salon pour éviter tout risque.

Les zones à éviter

Les tatouages au niveau du mamelon sont à éviter chez la jeune maman. En effet, il existe un risque d'ingestion de l'encre pour l'enfant qui se nourrit du lait maternel.

Lire aussi: Tout savoir sur les tatouages symboles de naissance

Crèmes anesthésiantes et allaitement

L'utilisation de crèmes anesthésiantes pour calmer la douleur lors du tatouage n'est pas contre-indiquée pour les femmes qui allaitent.

Détatouage et allaitement : une association déconseillée

Le détatouage au laser est déconseillé pendant l'allaitement. En effet, lors du retrait d'un tatouage au laser, celui-ci va désagréger les pigments qui vont passer dans la lymphe, puis dans le sang. L'opération risque donc d'atteindre le lait maternel.

Tatouage existant et allaitement : pas de contre-indication

Avoir un tatouage sur le corps au moment de l'allaitement n'est pas un problème en soi. Il n'y a aucune contre-indication à allaiter librement si l'on possède déjà un tatouage sur le corps. La Leache League France affirme qu'avoir "un tatouage, y compris sur le sein, n’a aucun impact sur l’allaitement", ce que confirme le SNAT "le fait d’être tatouée ne pose aucune contre-indication à l’allaitement".

Les alternatives et les produits de beauté pendant l'allaitement

Il est possible de subir une opération de chirurgie esthétique quand on allaite, comme n’importe quelle opération chirurgicale. La base de données e-lactancia les classe ainsi : "Modérément sûr. Probablement compatible. Risque léger possible. Suivi recommandé."

Les colorations capillaires sont des produits largement utilisés. Les composants naturels, à faible risque (NHS 2013), sont : le henné, le safran, la camomille et les noix, entre autres (MurciaSalud 2013). Les composants synthétiques sont : l'aniline et autres dérivés du benzène, les métaux lourds comme le plomb (Benaiges 2007). Certains de leurs composants peuvent être absorbés et atteindre le plasma de la mère et le lait maternel (Yin 2012). Au cours de la dernière décennie, une grande quantité des produits utilisés ont été retirés du marché car considérés comme toxiques pour l'organisme (Benaiges 2007). Il existe toujours une controverse sur la sécurité des produits existants, même si certaines autorités les considèrent comme sûrs (Gavazzoni 2015, NHS 2013, OTIS 2010, Chua 2008). Certaines études ont trouvé une association entre leur utilisation pendant la grossesse et l'allaitement et certains types de leucémie, ou des tumeurs des cellules germinales chez l'enfant (Couto 2013, Chen 2006). Il a également été trouvé une relation entre leur utilisation régulière et certains types de cancer chez les femmes qui les utilisent personnellement ou comme coiffeuses (Zhang 2020, Dianatinasab 2017, Takkouche 2009, Sanjosé 2020, Benavente 2005). Il existe un risque accru de cancer de la vessie chez les coiffeurs (Harling 2010), mais pas chez les utilisateurs (Turati 2014)). Pendant l'allaitement, on recommande un usage limité, de suivre les conseils figurant sur le produit, de prendre une douche après la teinture pour garder propre la zone de la poitrine et de porter les cheveux courts afin de minimiser l'absorption de produits potentiellement toxiques. Les mères travaillant dans des salons de coiffure devraient respecter toutes les mesures préventives, porter des gants, limiter le temps de travail, etc. (MurciaSalud 2013, Chua 2008).

Lire aussi: La signification cachée des tatouages de fleurs et votre signe astrologique

Voici ce qu'en dit e-lactancia sur le lissage des cheveux : "Dangereux. Effets indésirables modérés/sévères. Compatible dans certaines circonstances. Suivi recommandé. Utilisez une alternative plus sûre ou arrêtez l'allaitement de 5 à 7 demi-vies. Certains produits de lissage, notamment le lissage à la kératine ou lissage brésilien, contiennent du formaldéhyde ou du glutaraldéhyde, ou des libérateurs de formaldéhyde tels que le méthylène glycol ou l'acide glyoxylique. La concentration de formaldéhyde dans ces produits ne doit pas dépasser 2 %. Son utilisation augmente la concentration de formaldéhyde dans l'air des salons de coiffure bien au-dessus du niveau maximum de sécurité de 0,1 ppm. Le formaldéhyde et le glutaraldéhyde ont un pouvoir mutagène, sont cancérigènes, peuvent endommager les reins ou provoquer de l'asthme. Leur utilisation est limitée dans de nombreux pays. D'autres produits de lissage, tels que l'hydroxyde de sodium, l'hydroxyde de lithium, l'hydroxyde de calcium ou le thioglycolate d'ammonium, utilisés dans le lissage dit japonais, ou l'acide acétique, le décylène glycol et le caprylyl glycol ne sont pas mutagènes et sont considérés comme sûrs. Ces produits peuvent également contenir des produits chimiques provoquant une dermatite de contact. Un risque accru (OR 2,43) a été observé entre l'exposition maternelle aux produits de défrisage pendant l'allaitement et la leucémie myéloïde aiguë chez le nourrisson. Un risque accru (OR 1,78) a été observé entre l'exposition maternelle aux produits de défrisage au cours du premier trimestre de la grossesse et la leucémie lymphoïde aiguë de l'enfant. Il est recommandé d'en limiter l'utilisation, d'éviter les produits contenant du formaldéhyde ou qui libèrent du formaldéhyde, fréquemment étiquetés comme "sans formaldéhyde", de respecter les normes de sécurité d'utilisation contenues dans les contenants, de garder la zone de la poitrine propre, et de porter les cheveux courts ou attachés afin d'éviter l'absorption de composés potentiellement toxiques par le nourrisson. Les travailleurs de la coiffure sont plus exposés et doivent respecter strictement les normes de sécurité (utilisation de gants, aération des locaux et limitation de durée, entre autres) et utiliser des produits légalement autorisés."

La demi-vie à prendre en compte est celle du formol, un composant du produit. Mais il est quasiment impossible de déterminer les risques puisque les cheveux ne sont pas lavés directement après le traitement et donc la solution reste sur les cheveux. Les crèmes qu'on passe sur la peau ne sont pas censées traverser la peau. Et même si certains produits peuvent avoir une toxicité cumulative après des années d'utilisation, ils n'ont pas de toxicité "immédiate" pour un bébé allaité. Néanmoins, il convient de ne pas appliquer sur les seins, et surtout sur les mamelons, ni sur aucun endroit du corps pouvant être en contact avec la bouche du bébé, des crèmes, gels ou autres produits toxiques en cas d’absorption orale (par exemple ceux contenant de la paraffine, les crèmes "raffermissantes", etc.).

L'utilisation de vernis à ongles (y compris les vernis dits "permanents") est compatible avec l'allaitement, tant qu'on reste dans un usage cosmétique, donc ponctuel, en milieu bien aéré, en veillant à ne pas être avec le bébé pendant l'application et en attendant suffisamment longtemps pour que le vernis ait séché et que les solvants qu'il contient se soient dissipés. L’utilisation d’une cabine de bronzage par UVA (en respectant les consignes de sécurité) ne pose pas de problèmes pendant l’allaitement.

Lire aussi: Fleurs de naissance et signes du zodiaque

tags: #tatouage #et #allaitement #risques

Articles populaires: