L'article explore la notion de fécondité dans un contexte contemporain, en tenant compte des défis éthiques et pastoraux posés par des pratiques telles que la gestation pour autrui (GPA), tout en réaffirmant la valeur intrinsèque de la vie et de la maternité. Il aborde également la question de la fécondité spirituelle et de l'épanouissement personnel, en s'appuyant sur des références bibliques et théologiques.

GPA : Une problématique complexe

Dans le contexte actuel, marqué par les débats sur les droits des femmes et des migrants, la question de la gestation pour autrui (GPA) mérite une attention particulière. Les mères porteuses, souvent issues de milieux défavorisés, dépendent financièrement de cette pratique. L'enfant né de GPA, quant à lui, est un migrant dans son propre pays, conçu et mis au monde à l'étranger, car la GPA n'est pas autorisée en France. Comme d'autres migrants, il est un survivant, et il est essentiel de ne pas oublier les embryons morts au cours de l'opération.

Les commanditaires de la GPA, souvent des personnes nanties, sont protégés par des contrats qui réduisent la vie humaine et la maternité à des objets. Cette réalité contraste avec l'image d'une œuvre d'art installée sur la place Saint-Pierre à Rome, qui rappelle à la conscience collective ceux qui « n'appartiennent pas à notre groupe ». Il est impératif d'inclure dans cette réflexion sur l'immigration la situation de l'enfant né par GPA, institutionnellement détaché du sein qui l'a porté.

La condition féminine et la vocation spirituelle

Alors que le synode met en avant les revendications en faveur de l'ordination diaconale des femmes, il est crucial de s'interroger sur la capacité à comprendre la vocation spirituelle de la femme et à défendre sa condition. L'enseignement de l'Église protège la femme de l'instrumentalisation (prostitution, mariages forcés, pornographie) et l'enfant à naître (contraception, avortement, FIV). Cependant, ces sujets ne sont pas toujours une préoccupation pastorale en France et en Europe. La focalisation sur la distribution du pouvoir est lassante, alors que des milliers de femmes catholiques œuvrent discrètement et efficacement dans l'Église.

Le sujet de la femme dans l'Église est un piège, car l'abandonner au monde sécularisé permet à ce piège de se refermer. La foi chrétienne doit rendre compte de la Création, du vis-à-vis originel de l'homme et de la femme, auquel Dieu donne une fécondité et dans lequel Il a mis son image et sa ressemblance. Le Salut passe par l'amour du Christ pour son Église, dont la meilleure analogie est le mariage entre un homme et une femme. Il est essentiel de considérer les conséquences spirituelles de nos abandons.

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Les défis pastoraux de la GPA

Au-delà des renoncements à la loi naturelle que représente la GPA, les pasteurs sont confrontés à des demandes de baptêmes d'enfants nés de cette manière. Ce sujet n'est plus une question théorique, mais une question pastorale pratique de plus en plus pressante. La Congrégation pour la doctrine de la foi a donné une réponse succincte à des situations complexes. Il manque une argumentation et des conseils pratiques. Il est intéressant de noter ce qu'en disent les frères orthodoxes, dans un contexte où la GPA est souvent légale. Ils estiment que si les parents ne confessent pas leur acte et que les parrains sont d'accord avec cet acte peccamineux, il ne peut être question d'éducation chrétienne de l'enfant. Le refus de baptiser l'enfant correspond alors à la tradition orthodoxe qui exige l'adhésion à la doctrine de l'Église du baptisé ou de ses parents et parrains. Ce refus a également une signification pastorale, car il signale clairement à la société que la pratique des mères porteuses est inacceptable du point de vue chrétien.

Beaucoup soutiennent que le baptême est déjà donné dans de nombreuses situations où la foi est fragile. En pratique, la seule exigence est de mettre l'enfant au caté. Plusieurs laïcs engagés dans la préparation au baptême estiment que l'accueil d'un enfant né par GPA ne pose pas de question particulière. L'enfant étant innocent, lui donner une figure féminine positive avec une marraine est une bonne chose. Le prêtre porte la responsabilité devant Dieu du baptême ou du refus du baptême.

Il existe des différences radicales entre l'accueil d'un enfant privé de père ou de mère, né hors mariage, adopté, et la tolérance vis-à-vis d'une structure qui nie l'altérité en profitant de l'instrumentalisation du corps féminin. Dans ce dernier cas, le mensonge concernant la filiation est organisé et prémédité.

Les situations et les possibilités d'acte de naissance sont complexes. Dans le meilleur des cas, l'acte de naissance des enfants nés par GPA comporte le nom du père (donneur de sperme) et celui de la mère porteuse. Puis, l'adoption plénière fait disparaître toutes les femmes impliquées dans la GPA pour garder les commanditaires de "l'achat". Les contrats protègent ceux-ci du potentiel handicap de l'enfant comme des éventuels comportements problématiques de la mère porteuse, incluant de fait l'avortement si nécessaire.

Jean-Paul II avait prévenu que séparer radicalement la liberté de la vérité objective empêche d'établir les droits de la personne sur une base rationnelle solide et ouvre la voie à l'arbitraire ingouvernable des individus ou au totalitarisme des pouvoirs publics. Il est paradoxal d'être sévère envers les doubles vies et de ne pas être plus explicite face à des mensonges successifs qui privent la personne d'un droit à être aimée pour elle-même. Il est essentiel de ne pas se laisser fasciner par l'affectivité présente dans la revendication du droit à l'enfant et de faire famille.

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Si aucun acte de repentir, si aucune exigence autre que de mettre potentiellement l'enfant au caté n'est demandée au représentant légal, comment l'enfant ne verra-t-il pas dans cette attitude une complaisance vis-à-vis de la GPA ? Beaucoup voient simplement dans le baptême l'occasion de fêter l'arrivée de l'enfant et de le présenter à l'entourage. Le rituel du baptême tient compte de cette réalité de présentation. Il comporte une bénédiction différente pour celle qui vient d'être mère et pour celui qui vient d'être père. Dans le cadre d'un enfant né par GPA, présenté par deux représentants légaux, comment se prémunir contre une possible instrumentalisation du baptême pour donner une image sociale positive d'une situation en elle-même dramatique ?

Tout dans la foi et dans les mœurs promues par l'Église est en faveur du respect de la dignité de l'homme, de la femme et de la vie. Cependant, il est des sujets dont nous sommes tous fatigués, des présupposés éducatifs que l'on ne préfère plus exiger.

Une question se pose au catholique, à la veille du temps de l'Avent : « Peut-on aimer un enfant, sans aimer sa mère ? »

Aux premiers temps de l'Église, ce sont les mères de familles qui ont demandé aux pasteurs le baptême des petits enfants. Elles ont su réveiller les « cœurs masculins » à une compassion toute maternelle, en leur partageant leur inquiétude et leur souffrance face à l'épreuve de la mortalité infantile. Il est important que les femmes, celles qui ont porté la vie, celles qui en ont été privées, comme celles qui ont renoncé à la maternité humaine par amour de Dieu, partagent aux pasteurs ce que signifie la maternité dans l'éducation chrétienne des enfants. Il est essentiel de prier la Vierge Marie d'éclairer les consciences des pasteurs sur leur responsabilité réelle et de ne pas se détourner ni de ces enfants, ni des femmes qui les ont mis au monde, et que leur bien véritable soit recherché avant toutes autres considérations.

Il est essentiel que l'homme reconnaisse l'évidence originelle de sa condition de créature, qui reçoit de Dieu l'être et la vie comme un don et une tâche. C'est seulement en acceptant sa dépendance première dans l'être que l'homme peut réaliser la plénitude de sa vie et de sa liberté, et en même temps respecter intégralement la vie et la liberté de toute autre personne.

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La fécondité au-delà de la maternité biologique

La fécondité ne se limite pas à la capacité de procréer. Elle englobe également la créativité, l'ingéniosité et la capacité à développer les dons et talents que Dieu a placés en nous. Dieu souhaite que tous Ses enfants soient bénis et qu'ils vivent une vie d'abondance dans tous les domaines. Il a des plans parfaits pour chacun de nous.

Avec Jésus naît une nouvelle conception de la fécondité : toute femme, tout homme peut devenir fécond non en enfantant mais en faisant la volonté du Père. Jésus vient bouleverser l’ordre de logique de la fécondité : l’homme n’est plus fécond parce qu’il engendre, il est fécond parce qu’il se reconnaît comme appartenant au Christ. Il nous revient de partager la vie avec d’autres, de la faire découvrir, de la faire aimer, de la rendre belle. Comme chrétien, nous avons à soutenir ou susciter la fécondité de personnes qui ne semblent pas pouvoir être fécondes au premier abord.

On peut être fécond de multiples façons. Comme parent, en accompagnant ses enfants, mais aussi comme parrain, marraine, dans des relations d’amitié profonde et vraie. La fécondité peut s’exprimer dans l’engagement d’une vie de couple, dans des engagements familiaux, associatifs, ecclésiaux. La vie sacerdotale, la consécration religieuse et séculière où un service des autres est vécu sont autant de manière de dévenir fécond. Sans oublier la fécondité plus discrète des personnes âgées, malades, handicapées profondes… Toutes ces personnes qui ne « font » pas, mais qui le « sont » par de tout petits signes, parce que la vie ne leur permet pas de « faire ».

Au fond, la fécondité vient d’un engagement dans une relation personnelle. La prière oriente et enrichit ma fécondité propre. Elle se découvre dans un lien où l’on donne et où l’on reçoit. Elle peut passer par des difficultés, des combats, des offenses, des pardons, offerts et reçus. La fécondité n’est pas forcément un long fleuve tranquille. Il est important de croire qu’il n’y a pas de bonheur authentique sans un certain don de soi et des liens vrais avec d’autres.

Ne pas avoir d’enfant peut être un manque profond, une souffrance qu’il n’est facile d’assumer. Se rappeler que l’on peut être fécond, même sans passer par une procréation, est alors important. En Famille Cor Unum, chacun est appelé à être fécond, à donner vie, à faire grandir. La vie vient de Dieu, elle est un cadeau. Il nous appelle à la partager. C’est à la fois la promesse d’une joie et une exigence de la foi.

Stérilité et accomplissement

La vie peut paraître injuste pour certaines personnes, et il est difficile de comprendre pourquoi certains couples ont des enfants rapidement tandis que d'autres sont déclarés stériles. Cela suscite des interrogations, des doutes et des remises en question. Cependant, il existe une autre forme de stérilité liée au manque d'accomplissement. Tout le monde n'est pas appelé à se marier, et il en va de même pour la fécondité.

Dieu encourage à être féconds, à se reproduire, et à avoir une postérité. Les enfants sont un don de Dieu et font la joie de leurs parents. Cependant, qu'en est-il des personnes stériles ? Est-ce une malédiction ou une punition de Dieu ? Dieu appelle tous Ses enfants à être heureux et à vivre dans une joie parfaite. Il a des plans merveilleux pour chacun de nous.

Il est important de se demander si nous sommes dans Sa volonté parfaite et si c'est le bon moment pour concevoir. Dieu ne va jamais permettre d'entrer dans le mariage et d'avoir des enfants si nous n'y sommes pas préparés. Son temps n'est pas le nôtre, et Il nous prépare toujours. Parfois, il peut s'agir d'un problème spirituel qui demande des temps de prières et de jeûnes.

Rappelons-nous que certaines femmes n'auront pas d'enfants. De nos jours, de nombreux enfants se retrouvent orphelins ou abandonnés. Dieu permet à ces enfants d'être recueillis et accueillis dans des foyers dans lesquels ils vont recevoir tout l'amour et l'affection dont ils ont besoin.

La bénédiction de la fécondité

Dieu a créé l'homme et la femme à son image et a prononcé la première bénédiction sur l'homme, qui concerne la fécondité. La fécondité est la capacité de se reproduire. Dieu désire que l'homme donne naissance et donne la vie. Tout couple marié selon la volonté de Dieu doit être fécond. Si une femme ou un homme est stérile, Dieu est puissant pour exaucer les prières.

Dieu désire aussi que nous engendrions des enfants spirituels, des personnes à qui nous le présentons et qui l'acceptent dans leur cœur. Des personnes que nous devons nourrir spirituellement et prendre soin jusqu'à la maturité spirituelle pour qu'elles puissent engendrer à leur tour d'autres enfants spirituels.

La bénédiction de la fécondité ne concerne pas seulement le fruit de nos entrailles. Dieu désire que l'homme sème, crée, entreprenne, réalise, mette en place, bâtisse, construise et rétablisse. Dieu a donné des dons, des talents et des moyens à chacun. Il veut que nous nous multiplions, que nous soyons productifs, actifs et travailleurs.

Prières pour la fécondité

Il existe de nombreux versets bibliques qui encouragent à prier pour la fécondité et à ne pas désespérer. Voici quelques exemples :

  • Ésaïe 54:1 (LSG) : « Réjouis-toi, stérile, toi qui n’enfantes plus ! Fais éclater ton allégresse et ta joie, toi qui n’as plus de douleurs ! Car les fils de la délaissée seront plus nombreux que les fils de celle qui est mariée, dit l’Éternel. »
  • Psaumes 113:9 : « Il donne une maison à celle qui était stérile, Il en fait une mère joyeuse au milieu de ses enfants. Louez l’Éternel ! »
  • Genèse 30:22 (LSG) : « Dieu se souvint de Rachel, il l’exauça, et il la rendit féconde. »
  • Romains 4:20 (LSG) : « Il ne douta point, par incrédulité, au sujet de la promesse de Dieu; mais il fut fortifié par la foi, donnant gloire à Dieu. »
  • Deutéronome 7:14 (LSG) : « Tu seras béni plus que tous les peuples ; il n’y aura chez toi ni homme ni femme stérile, ni bête stérile parmi tes troupeaux. »
  • Psaumes 55:22 (LSG) : « Remets ton sort à l’Éternel, et il te soutiendra, Il ne laissera jamais chanceler le juste. »
  • Luc 23:29 (LSG) : « Car voici, des jours viendront où l’on dira : Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n’ont point enfanté, et les mamelles qui n’ont point allaité ! »
  • Hébreux 11:11 (LSG) : « C’est par la foi que Sara elle-même, malgré son âge avancé, fut rendue capable d’avoir une postérité, parce qu’elle crut à la fidélité de celui qui avait fait la promesse. »
  • Jean 15:4 (LSG) : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. »

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