La menstruation, souvent appelée règles, est un phénomène biologique naturel qui marque le cycle reproductif chez les femmes et les personnes menstruées. Cet article explore en profondeur la menstruation, ses variations, les problèmes associés, et les avancées récentes en matière de santé menstruelle.

Introduction à la menstruation

Les règles, ou menstruations, signent le passage de l’enfance à la vie de femme. Elles sont le signe que l’on peut tomber enceinte mais elles n’apparaissent que si on ne l’est pas, elles s’accompagnent de symptômes parfois déroutants. Apparues à l’adolescence, elles accompagnent les femmes tout au long des années fertiles, jusqu’à la ménopause. Les règles, par définition, c’est l’écoulement de sang qui apparaît une fois par mois chez la femme.

La menstruation est la manifestation du cycle ovarien, ou cycle menstruel, qui obéit à la sécrétion cyclique d'hormones (œstrogènes puis progestérone), laquelle prépare la muqueuse utérine à l'éventuelle nidation d'un embryon. Les règles s'établissent à la puberté, en moyenne entre 13 et 15 ans, et cessent à la ménopause, entre 40 et 55 ans (52 ans en moyenne), avec des variations considérables (les règles peuvent apparaître entre 10 et 18 ans selon les climats). Irrégulier au début, le cycle se régularise selon une durée très variable d'une femme à l'autre (de 21 à 45 jours avec une moyenne de 28 jours). La durée du saignement varie aussi selon les femmes (entre 2 et 6 jours, en moyenne 3 ou 4 jours), ainsi que la quantité de sang perdue (de 20 à 70 millilitres), la perte de étant faible le premier jour, maximale le 2e et allant en diminuant pour se tarir au 4e jour. Les règles sont absentes durant la grossesse et l'allaitement.

Origine du mot "règles"

Lorsque l’on recherche la définition des règles dans le Larousse, on ne trouve pas la définition des menstruations, son synonyme, ni les origines du mot règle. Le dictionnaire donne des informations sur le mot règle pour la règle du jeu ou une règle juridique. Alors pourquoi nomme-t-on « règles » les menstruations de la femme ? D’après wikipedia, cette expression date du 18è siècle : on parlait alors d’être bien réglée chaque mois. Depuis ce temps, les recherches scientifiques nous ont permis de comprendre que notre cycle peut être retardé.

L'endomètre et le sang des règles

Si celui-ci n’est pas fécondé par un spermatozoïde, l’ovule meurt au bout de 24 heures, et l’endomètre se désagrège pour être éliminé par le corps.

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Variations et anomalies menstruelles

Par rapport à la norme, les règles peuvent être trop espacées (spanioménorrhée), trop fréquentes (polyménorrhée), insuffisantes (oligoménorrhée), trop abondantes (ménorragie), douloureuses (dysménorrhée) ou absentes (aménorrhée). Une métrorragie est un écoulement de sang en dehors des règles. Une douleur liée au cycle menstruel peut se manifester lors de l'ovulation ; elle traduit l'explosion d'un gros follicule ovarien et est due à l'irritation du péritoine par le liquide folliculaire.

Ménorragies : règles anormalement abondantes

Lorsque les règles sont anormalement abondantes, on parle de ménorragie. Les ménorragies s’installent souvent progressivement, de telle sorte que les femmes qui en sont atteintes n’en prennent pas immédiatement conscience. On parle de ménorragie lorsque la durée des règles dépasse la durée habituelle (trois à sept jours) ou lorsque la quantité des écoulements n’est plus contrôlée par les moyens habituels (tampons ou serviettes). Les ménorragies se caractérisent par un flux menstruel très abondant (plus de 80 mL) et/ou long (plus de sept jours). Pour rappel, un flux menstruel « classique » dure en moyenne 4 à 6 jours avec un volume sanguin moyen de 30 mL, approximativement. Environ une femme sur vingt, âgée de 30 à 49 ans, consulte un médecin chaque année pour ce type de problème.

On peut distinguer plusieurs types de ménorragies :

  • Les polyménorrhées correspondent à des menstruations longues et abondantes.
  • Les hyperménorrhées sont des menstruations de durée normale mais trop abondantes.
  • Les macroménorrhées se traduisent par une abondance normale mais une durée trop longue.
  • Enfin, les pollakiménorrhées correspondent à des règles fréquentes mais dont la durée est très courte.

Les ménorragies ne doivent pas être confondues avec les métrorragies. Celles-ci se caractérisent par des hémorragies utérines survenant en dehors de la période des règles.

Symptômes des ménorragies

Les règles très abondantes nécessitent l’utilisation d’un plus grand nombre de protections périodiques : plus de six serviettes ou tampons par jour. Les saignements sont longs, et peuvent durer plus de sept jours. Les couleurs des règles peuvent changer et des caillots sanguins apparaissent parfois plus nombreux que lors des pertes menstruelles habituelles.

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Mesurer la quantité de sang perdu à chaque cycle n’est pas toujours chose facile. En effet, la perception individuelle de l’importance du saignement par la femme détermine sa propre norme. Il existe un outil, appelé le score d’Higham, présenté sous forme de tableau à remplir, permettant d’évaluer l’abondance de ses flux menstruels. Dans tous les cas, lorsque les règles affectent la qualité de vie, que ce soit physique, émotionnelle ou sociale, il faut absolument consulter un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme.

Causes des ménorragies

Durant les premières années de règles chez les adolescentes, les ménorragies peuvent être dues à un déséquilibre hormonal : la production de progestérone est alors insuffisante par rapport à celle d’œstrogènes. Cela peut également être le cas juste avant la ménopause. Dans la plupart des cas, les ménorragies s’expliquent par des lésions bénignes de l’utérus comme des fibromes ou des polypes utérins(une excroissance qui apparaît sur une muqueuse).

L’endométriose (développement anormal de tissu endométrial) peut déclencher des saignements importants. Ces derniers peuvent également être consécutifs aux effets secondaires d’un traitement : utilisation d’un stérilet, prise d’anticoagulants, ou d’une autre méthode de contraception.

D’autres causes existent bien qu’elles soient plus rares. C’est le cas de certaines affections aux organes génitaux comme une infection pelvienne (salpingite), un cancer des ovaires, un cancer de l’endomètre. Certaines maladies déclenchent également des ménorragies comme des troubles thyroïdiens, le lupus, une maladie hémorragique héréditaire telle la maladie de von Willebrand .Les ménorragies dites fonctionnelles sont un diagnostic d’élimination posé après exclusion des autres causes.

Conséquences des ménorragies

La durée prolongée des saignements et l’augmentation du flux menstruel ont généralement un impact négatif sur la vie quotidienne et sur la qualité de vie des femmes ou personnes menstruées concerné·e·s. La complication la plus courante des ménorragies est l’anémie par manque de fer (anémie ferriprive) : les saignements abondants ou répétés épuisent les réserves en fer de l’organisme, qui ne peut alors plus fabriquer suffisamment d’hémoglobine, molécule indispensable au transport de l’oxygène par les globules rouges. Cela a pour conséquence une très grande fatigue (asthénie), un teint pâle, des maux de tête, des étourdissements, une peau et des cheveux secs et des ongles cassants… Certain·e·s patient·e·s se plaignent également d’une perte de libido et d’un isolement social.

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Traitement des ménorragies

Le traitement des ménorragies vise à corriger ses causes. L’emploi de progestatifs permet d’améliorer les symptômes de certaines ménorragies, soit sous forme d’une contraception orale, soit sous forme non contraceptive entre le 16e et le 25e jour du cycle.

Fibromes utérins

Les cellules musculaires de la paroi de l’utérus peuvent parfois proliférer et former des nodules, appelés fibromes. Présents chez un quart de la population féminine de plus de 40 ans, les fibromes varient de la taille d’une groseille à celle d’un pamplemousse. Dans 80 % de cas, ils passent inaperçus et ne justifient pas de traitement. En fonction de leur taille et de leur localisation, certains fibromes peuvent provoquer des troubles : douleurs spontanées ou pendant les rapports sexuels, saignements en dehors des règles, envie d'uriner plus fréquente, etc.

Le traitement des fibromes peut être hormonal ou chirurgical. Un traitement hormonal à base de progestatifs, administré entre le 16e et le 25e jour du cycle, permet en général de réduire les saignements et l’abondance des règles. En cas de gêne provoquée par un fibrome de grande taille, un traitement chirurgical est envisagé. Chez les femmes qui désirent des enfants, on enlève le fibrome en préservant l’utérus.

Endométriose

En France toujours, l’endométriose touche près de 10 % des femmes et personnes en âge de procréer. C’est une maladie complexe aux symptômes variés mais qui se traduit le plus souvent par des douleurs durant les règles et les rapports sexuels et des douleurs pelviennes. Pourtant, malgré des symptômes particulièrement handicapants, les personnes atteintes d’endométriose sont en moyenne 8 ans en errance médicale. L’endométriose (développement anormal de tissu endométrial) peut déclencher des saignements importants.

Douleurs insoutenables, malaises, vomissements : la période des règles est parfois synonyme d'enfer. Une femme sur dix est touchée par l'endométriose, une maladie encore trop peu reconnue et qui reste méconnue, d'où quelques idées reçues. Alors qu’elle touche une Française sur dix cette maladie reste encore peu connue. C'est une maladie qui touche plus d'une femme sur 10 mais qui reste mal prise en charge. L'endométriose se manifeste souvent par des règles très douloureuses et de gros problème d'infertilité.

Dysménorrhées : règles douloureuses

Pour éliminer la muqueuse de l’endomètre, les muscles de l’utérus doivent se contracter. C’est ce qui peut provoquer des douleurs parfois fortes au ventre, au moment des menstruations. Ces règles sont appelées dysménorrhées. Les douleurs sont souvent plus intenses les premières années chez les jeunes filles. Et elles n’ont rien de systématique : certaines femmes ne sentent rien, d’autres perçoivent seulement une légère tension dans le bas-ventre accompagné d’un gonflement du ventre.

In fine, une personne menstruée sur deux souffre de règles douloureuses, liées ou non à une pathologie sous‑jacente. Bien que ces douleurs soient susceptibles de concerner près de la moitié d’une population, elles semblent pourtant invisibles. Notre société normalise et banalise encore à outrance les douleurs liées aux menstruations.

Irrégularités du cycle menstruel

Concernant la durée de vos règles et leurs fréquences, vous pouvez constater un retard de votre cycle menstruel. Mais beaucoup d’entre nous peuvent avoir des cycles qui « sautent » un mois ou deux en fonction des évènements de la vie. Si ce n’est pas le cas, il faut évidemment penser à une grossesse, surtout si vous avez eu des rapports sexuels en l’absence de contraception. Des règles plus foncées ou plus claires ne sont pas forcément le signe d’un problème gynécologique. Cependant, si vos règles sont malodorantes ou que vous avez des pertes inhabituelles, épaisses et qui sentent mauvais, vous pourriez souffrir d’une vaginose.

Saignements pendant la grossesse

On peut avoir des saignements qui ressemblent à des menstruations dans les premiers mois d’une grossesse. Un autre phénomène existe : les règles anniversaires pendant la grossesse. Un saignement survient à la date où les règles devraient avoir lieu alors qu’on est enceinte. Ce ne sont pas de véritables menstruations mais ça reste évidemment assez déroutant à vivre.

Saignements entre les règles (spotting)

Les saignements légers entre les règles peuvent liés à un dérèglement hormonal, mais parfois leur origine est autre. Chez les femmes, les traces de sang entre les règles (spotting) ou après un rapport sexuel peuvent être le signe d’une infection à la chlamydia, surtout s’ils s’accompagnent d’autres symptômes. Pour savoir si vous êtes infecté, vous devez réaliser un test de dépistage.

Syndrome prémenstruel (SPM)

Le terme barbare de syndrome prémenstruel regroupe une série de symptômes que ressentent beaucoup de femmes quelques jours avant les règles. Ils sont parfois un peu désagréables mais vous permettent de savoir que les règles vont bientôt se déclencher. Le syndrome prémenstruel (SPM) est un terme générique utilisé pour décrire une gamme de symptômes dont souffrent de nombreuses femmes au cours de la seconde moitié de leur cycle menstruel, et plus particulièrement à l’approche de leurs règles. Il est probable que le syndrome prémenstruel corresponde à la réaction de votre corps face aux fluctuations hormonales associées à votre cycle menstruel, bien que personne n’en connaisse véritablement la cause réelle.

Le SPM regroupe toute une série de symptômes, et on estime que près de 75 % des femmes présentent, chaque cycle, un ou plusieurs de ces symptômes. Les symptômes du SPM sont surtout vécus par les femmes âgées de 20 à 30 ans, bien que toutes celles ayant leurs règles soient susceptibles de le connaître. Chez la plupart des femmes, les symptômes ne provoquent qu’une gêne légère à modérée, mais dans certains cas, le SPM peut se révéler très pénible. Les symptômes du SPM commencent généralement près de cinq jours avant le début de vos règles et s’achèvent environ quatre jours après leur début.

Symptômes du SPM

La sensibilité varie de légère à intense. Les seins sont tendus, sensibles et douloureux au toucher. Vos nausées peuvent s’accompagner de vomissements. Vous pouvez avoir des envies très spécifiques ou présenter une aversion pour certains goûts et odeurs.

SPM ou grossesse ?

Le SPM débute souvent avant le moment où vous pourriez repérer un retard de règles indiquant une grossesse. Vous ne pouvez donc pas vous fier à ce signe physique des plus évidents pour vous aider à faire la différence. Cependant, si vous pensez être enceinte ou si vous n’êtes pas sûre, vous pouvez faire un test de grossesse afin d’ôter tout doute.

Solutions pour soulager le SPM

Boire beaucoup d’eau et manger équilibré font partie des mesures les plus simples ayant pourtant démontré leur efficacité. Il est essentiel d’avoir une alimentation riche en fruits et légumes frais, et de réduire votre consommation de sel, de sucre et d’aliments transformés. De nombreuses femmes trouvent que limiter les apports en caféine (que l’on trouve dans le thé, le café et le cola) et en alcool soulage également les symptômes du syndrome prémenstruel. Vous constaterez peut-être que le magnésium peut contribuer à soulager certains de vos symptômes, surtout si votre syndrome prémenstruel vous déclenche des maux de tête ou des migraines.

Faire régulièrement de l’exercice peut aussi vous aider, principalement parce que la pratique d’une activité physique fait baisser le stress et la tension, et influe sur votre humeur. Si vous souffrez de SPM, vous constaterez peut-être que marcher, nager ou courir soulage les symptômes associés aux règles : pourquoi n’essaieriez-vous pas de pratiquer une telle activité pendant 30 minutes, 3 fois par semaine ? L’exercice physique peut également atténuer la fatigue et vous aider à dormir. Vous pouvez aussi essayer des techniques de relaxation comme la méditation, les exercices de respiration ou le yoga.

Si ces conseils simples concernant votre style de vie ne vous permettent pas de soulager vos symptômes de SPM, consultez votre médecin pour obtenir des conseils plus détaillés.

Diagnostic du SPM

Il existe différents moyens pour diagnostiquer le syndrome prémenstruel, mais aucun test irréfutable. Votre médecin peut vous demander de tenir un journal sur plusieurs mois ; vous y consignerez tous les symptômes physiques et mentaux du SPM que vous observez, ainsi que les jours où vous avez vos règles. Il est important que vous notiez comment vous vous sentez chaque jour. Après trois ou quatre mois, vous serez probablement en mesure d’identifier un ensemble de symptômes. Bien que ces symptômes puissent varier d’un cycle à l’autre, les femmes souffrant du syndrome prémenstruel tendent à noter que ceux-ci s’arrêtent rapidement après le début de leurs règles.

Trouble dysphorique prémenstruel (TDPM)

Le trouble dysphorique prémenstruel, ou TDPM, est un type sévère de syndrome prémenstruel qui affecte de 3 à 8 % de femmes. C’est une forme grave de syndrome prémenstruel, qui s’accompagne de symptômes physiques et émotionnels. Bien que des symptômes physiques soient communs à ceux du syndrome prémenstruel, ce sont les signes émotionnels qui distinguent le TDPM du SPM. Le TDPM a également tendance à commencer un peu plus tôt, avec des symptômes apparaissant 7 à 10 jours avant le début de vos règles.

SPM et l'âge

Oui, le syndrome prémenstruel peut s’aggraver au cours de la trentaine et la quarantaine, surtout à l’approche de la ménopause. Les femmes qui trouvent que leur humeur est liée à leurs fluctuations hormonales y sont particulièrement sensibles, ce qui se produit à l’approche de la ménopause. Si vous remarquez des perturbations extrêmes de votre humeur, vous souffrez peut-être d’un trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), une forme grave de syndrome prémenstruel.

Envie de chocolat pendant le SPM

Une étude de 2017 a constaté que près de 50 % des femmes américaines déclaraient avoir des envies de chocolat lorsqu’elles souffraient du syndrome prémenstruel. Cependant, peu de preuves physiologiques ont été révélées derrière ces envies : il s’agirait davantage d’un réconfort culturel.

Magnésium et SPM

Le magnésium peut contribuer à soulager certains des symptômes, notamment si vous souffrez de maux de tête ou de migraines déclenchés par le syndrome prémenstruel. Toutefois, veuillez d’abord consulter votre médecin avant de prendre un complément en magnésium.

Impact du SPM sur l'entourage

Le SPM peut vous rendre la vie plus difficile, mais aussi celle des gens qui vous entourent. Vous devez comprendre que ce SPM vous indique simplement que vos règles vont arriver ; cela peut expliquer ce soudain changement interne du jour au lendemain.

Ménopause : la fin des menstruations

La période de la ménopause survient après la quarantaine et est confirmée à 55 ans (avec un pic à 52 ans). Elle se déroule en deux étapes : la préménopause et la ménopause confirmée.

  • La préménopause, qui dure plusieurs années, est marquée par une irrégularité des cycles, avec ou sans ovulation. Les sécrétions hormonales deviennent irrégulières : tandis que la sécrétion d'œstrogènes persiste, la sécrétion de progestérone par le corps jaune (nom donné au follicule ovarien qui a libéré son ovule) diminue. Les règles deviennent irrégulières.
  • La ménopause confirmée succède à la préménopause. La sécrétion hormonale de l'ovaire se tarit. Les règles ont disparu.

Symptômes de la ménopause

  • Les bouffées de chaleur affectent de 75 à 85 % des femmes. Leur intensité et leur fréquence sont variables. Au début, elles surviennent la nuit, puis elles se multiplient dans la journée, à la fin des repas ou à l'occasion d'efforts. Causées par une forte vasodilatation, elles se traduisent par une sensation de chaleur dans tout le corps et par une rougeur du visage, qui gagne le cou et le haut de la poitrine.
  • Les troubles sexuels sont à la fois psychiques et physiques. À la baisse du désir sexuel s'ajoutent une sécheresse vaginale et une atrophie vulvaire pouvant rendre les rapports sexuels douloureux. Les infections urinaires et vaginales sont plus fréquentes.
  • La fragilité osseuse, ou ostéoporose, est directement liée à l'absence de sécrétion hormonale ovarienne.
  • Les troubles psychiques sont fréquents.

Traitement hormonal substitutif (THS)

En Europe, environ 15 % des femmes ménopausées reçoivent un traitement (contre 15 à 25 % aux États-Unis). Celui-ci consiste en la prescription d'œstrogènes et de progestérone naturelle (hormonothérapie de substitution), administrés soit de façon ininterrompue, évitant ainsi la réapparition des règles, soit de façon cyclique, la prise de progestérone étant régulièrement interrompue, reproduisant ainsi un cycle menstruel, accompagné de règles. Chez la femme ayant subi une hystérectomie, la progestérone n'est habituellement pas prescrite, son rôle étant de prévenir la survenue d'un cancer de l'utérus. L'administration des œstrogènes peut se faire par la bouche (comprimés) ou par voie locale (crème ou timbre à appliquer sur l'abdomen ou sur le dos et à renouveler régulièrement).

Le traitement agit sur les bouffées de chaleur, la baisse du désir sexuel et protège contre les fractures, mais n'a pas d'effet protecteur cardiovasculaire (selon certaines études, il augmenterait même la fréquence des événements cardiovasculaires, surtout la première année). Le risque de cancer du sein est légèrement accru, principalement lors de traitements prolongés (4 cancers du sein en plus pour 10 000 femmes traitées 5 ans). Ses avantages et ses inconvénients, et sa durée, sont évalués pour chaque patiente en fonction d'un bilan de santé préalable et de l'intensité des troubles. La règle reste de proposer un traitement à toute femme présentant des symptômes gênants. Une surveillance de la femme traitée est nécessaire.

Santé menstruelle et société

En France, 15,5 millions de personnes entre 13 et 50 ans sont menstruées. Les femmes et les personnes menstruées ont en moyenne 38 années de menstruation. La question des règles en général, et celle des règles douloureuses en particulier, est une question de santé publique.

Levée des tabous et reconnaissance au travail

Lever le tabou sur les règles dans la société, passera par de nombreux leviers. Un des leviers fondamentaux pour y parvenir reste celui de la prise en compte de la santé menstruelle et gynécologique au travail. Il ne s’agit ici ni d’essentialiser les femmes et les personnes menstruées, ni de normaliser la douleur. C’est dans cette perspective que les auteur·es de ce texte ont opté non pas pour un congé menstruel, mais pour la mise en place d’un arrêt de travail pour menstruations incapacitantes, entièrement pris en charge par la Sécurité Sociale sur le même régime que celui des arrêts maladies classiques, sans délai de carence.

D’une durée maximum de treize jours, - le nombre moyen de cycles menstruels par année - pouvant être posés consécutivement ou séparément, sur une durée d’un an et sans limite mensuelle, sa gestion est autonome pour les personnes ayant été reconnues comme souffrant de menstruations incapacitantes. S’agissant d’un arrêt de travail, le motif de son recours n’est pas connu de l’employeur, préservant ainsi la personne d’éventuels comportements discriminants. Les auteur·es souhaitant offrir un système souple et pouvant s’adapter à une multitude de situations, le recours à cet arrêt ne fait pas obstacle à toute autre prescription, et peut être renouvelé une fois par an pour les cas les plus graves.

Proposition de loi pour la santé menstruelle au travail

L’article 1er ouvre le droit pour les personnes salariées ou agentes publiques atteintes de menstruations incapacitantes à bénéficier d’un arrêt de travail, intégralement pris en charge par l’assurance maladie, exempt de jours de carence, allant jusqu’à 13 jours ouvrés, posés consécutivement ou séparément, sur une durée d’un an et sans limite mensuelle. Cet article habilite également le médecin généraliste, le médecin spécialiste, la sage‑femme et le médecin du travail à constater les menstruations incapacitantes via un document dont les conditions de validité de fond comme de forme sont renvoyées à la voie réglementaire. Le médecin peut, à titre exceptionnel et dans les cas les plus graves, renouveler une fois dans l’année l’arrêt de travail, dans les mêmes conditions que celles exposées dans le présent article. La personne reconnue comme souffrant de menstruations incapacitantes gère de manière autonome la pose de son ou ses arrêts de travail via la plateforme Ameli en ligne ou la caisse primaire d’assurance maladie qui lui est affiliée. Le recours à ces arrêts ne fait obstacle à aucune autre prescription.

L’article 2 permet aux personnes salariées et agentes publiques d’avoir recours au télétravail en cas de menstruations incapacitantes. L’article 3 intègre la santé menstruelle et gynécologique comme objet de négociation collective, aussi bien dans le secteur privé que public. L’article 4 intègre la santé menstruelle et gynécologique dans les prérogatives d’action de la médecine du travail via l’accompagnement, l’orientation et le suivi médical des personnes salariées et agentes publiques, l’aide à l’aménagement de leur poste de travail ou la sensibilisation sur les questions de santé menstruelle et gynécologique.

Conseils pratiques

  • Suivi du cycle : Noter les dates de ses règles est utile pour vérifier que votre cycle fonctionne correctement.
  • Rendez-vous gynécologique : Il est recommandé de ne pas planifier un rendez-vous physique chez son gynécologue lorsque vous avez vos règles. Celui-ci ne pourra par exemple pas réaliser de frottis, cela risque de fausser les résultats.
  • Téléconsultation : Des gynécologues sont là pour vous en téléconsultation. Prenez RDV dès maintenant ! Chez Qare, il est possible de télé-consulter un professionnel de santé le soir et les weekends. Nous mettons à disposition des sages femmes et des gynécologues tous les jours de 6h à 1h du matin.

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