Sylvester Enzio Stallone, né le 6 juillet 1946 à New York, est une figure emblématique du cinéma, connu pour ses rôles musclés et ses personnages inoubliables tels que Rocky Balboa et John Rambo. Acteur, producteur, réalisateur et scénariste, son parcours est marqué par des succès retentissants, des critiques acerbes et une capacité de résilience qui en font une figure à part dans le paysage hollywoodien.
Des débuts difficiles à la naissance d'une étoile
Malgré une légère paralysie faciale due à un accident de naissance, le jeune Sylvester nourrit une passion pour la comédie. Il étudie l'art dramatique à l'université de Miami avant de retourner à New York pour tenter sa chance. Il décroche d'abord des petits rôles, notamment dans un film érotique intitulé « Party at Kitty’s and Stud’s » (plus tard rebaptisé « L’Étalon italien ») et dans « Bananas » de Woody Allen. Il apparaît également dans des rôles de gangsters et de voyous, se faisant remarquer dans « Les Seigneurs de la route / La Course à la mort de l'an 2000 ».
Frustré par le manque d'opportunités, Stallone écrit le scénario de « Rocky », un mélodrame sportif qui attire l'attention d'Hollywood en 1976. Il insiste pour incarner le rôle-titre, malgré les réticences des studios qui préfèrent une star établie. Son obstination paie : le film est un triomphe, remportant trois Oscars et propulsant Stallone au rang de star internationale. Le monde entier applaudit Sylvester Stallone, qui se révèle un acteur fort convaincant dans un rôle écrit par et pour lui. Stallone est allé au bout de ses rêves, là où la raison s’achève : la voie royale s’ouvre à lui.
L'ascension fulgurante et la diversification
Fort de ce succès, Stallone réalise « La Taverne de l’enfer », un drame salué par la critique. Il réalise et interprète ensuite « Rocky II : la revanche », où son personnage devient champion du monde. Sly, diminutif habituel aux Etats-Unis du prénom Sylvester mais qui veut aussi dire "le rusé"veut diversifier sa carrière. Privilège des nouvelles stars, il devient réalisateur avec « La Taverne de l’enfer », drame plutôt apprécié de la critique. A la demande générale, il réalise et interprète « Rocky II : la revanche », où son personnage devient enfin champion du monde.
En 1982, il incarne pour la première fois John Rambo, un vétéran du Viêt Nam, dans « Rambo ». Ce rôle renforce son statut de star du cinéma d'action. Stallone enchaîne alors les films musclés, tels que « À nous la victoire », « Tango et Cash » et « Haute sécurité ».
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La descente aux enfers et la caricature
La carrière de Stallone va se heurter à deux écueils : d’une part, il a, de son propre aveu, attrapé la grosse tête et perdu l’essentiel de sa capacité d’auto-critique ("J'étais persuadé que je pouvais faire un film en adaptant l'annuaire du téléphone, et que ça marcherait quand même !"), de l’autre, il a tendance à exploiter jusqu’à la lie les éléments de son succès, jusqu’à la caricature la plus épaisse et au ridicule le plus total. De symbole de la revanche des losers, Rocky va devenir l'emblème du nanar sportif. Avant de se lancer dans la réalisation d’un film musical peu convaincant, « Staying alive », où il ne fait qu’une apparition, Sylvester tourne « Rocky III » qui, sans être honteux, fait basculer sa création originelle dans le bourrin le plus total. Le pire est à venir avec « Rambo II : la mission », où son personnage retourne au Viêt-nam pour re-gagner la guerre à lui tout seul et « Rocky IV », où il affronte le soviétique Dolph Lundgren dans un délire patriotico-débile totalement hilarant.
Les muscles hypertrophiés, le visage crispé, Stallone devient une caricature de lui-même : son jeu d’acteur s’en ressent, et il devient un habitué des « Razzie awards » (les anti-Oscars récompensant les pires professionnels du cinéma). Il n'y a qu'a voir des films comme « Hot Shots 2 » pour se rendre compte à quel point la série des Rambo a pu devenir une incitation à la parodie. Sa relation avec les médias et une partie de l’opinion s’envenime : on le vilipende comme incarnation du reaganisme (lui qui incarnait le rêve de revanche des prolos), on raille ses capacités de comédien. C’est à ce moment que le box-office commence à le lâcher : le polar ultra-violent « Cobra » est un échec, comme le mélo sportif « Over the top », grâce auquel il espérait retrouver une image plus familiale. Ses films suivants n’auront pas davantage de succès : Stallone s’est trop caricaturé pour continuer d’être pris au sérieux. « Rambo III », où il part chasser les Soviets d’Afghanistan, aura la malchance de sortir au moment du désengagement de l’URSS ! Sa tentative de se reconvertir, comme Schwarzenegger, en acteur comique (« L'Embrouille est dans le sac » - remake d'« Oscar », avec De Funès ! - et « Arrête ou ma mère va tirer ») sera un vrai désastre.
Le retour en grâce et la maturité
Retrouvant le succès avec « Cliffhanger » en 1992, Stallone se voit cependant supplanté par son rival en body-building Arnold Schwarzenegger. Il connaît une série de demi-succès (« Demolition man », film qui conserve cependant un solide noyau de fans sur notre forum) et de vrais échecs (« Judge Dredd »). « Copland », où il tient un rôle de composition, remporte un succès d’estime mais ne suffit pas à relancer sa carrière, et « Get Carter », polar de prestige, est un flop. « Driven » ne fait que confirmer qu'après la cata de « Rocky IV » et celle d'« Over the top », Sylvester reste le roi du nanar sportif.
En 2006, alors qu'il semble définitivement enterré, Sly refait surface avec un projet des plus improbables : « Rocky Balboa », sixième épisode de la série, qui le voit remonter sur le ring à cinquante ans passés (soixante dans la vie !). Ce film au budget modeste, qu'il interprète et réalise, est un joli succès commercial et critique, lui assurant un regain de popularité. Il reprend son rôle de Rocky Balboa pour le film Creed de Ryan Coogler.
Depuis le succès de "Creed" et ce renouveau Stallone est actif et enchaîne les seconds rôles dans des blockbusters ("Les gardiens de la galaxie 2", le "Suicide Squad" de James Gunn), les doublages de dessins animés ou des jeux vidéo et surtout les films de série avec un bonheur très inégal généralement en Bulgarie pour la société "Millenium Films" d'Avi Lerner. Un nouveau et sinistre "Rambo Last Blood", Trois opus "d'Evasion" où il triomphe de prisons de haute sécurité, un quatrième Expendable, une série télé "Tulsa King", un documentaire "Sly" où il revient sur sa carrière et à sa relation plus que compliquée avec son père…
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Vie privée
Sylvester Stallone a été marié à trois reprises. Il est en couple de 1974 à 1985 Sasha Czack, avant d'épouser l'actrice et mannequin Brigitte Nielsen de 1985 à 1987. Dix ans plus tard, il s'unit avec l'ex-mannequin Jennifer Flavin, avec qui il est aujourd'hui toujours en couple. En 2012, Sylvester Stallone connaît un drame privé puisque le 13 juillet, son fils Sage, est retrouvé mort dans son domicile de Los Angeles. âgé de 36 ans, celui-ci aurait succombé d'une overdose de médicaments. Selon la police, les premiers éléments de l'enquête semblent indiquer que cette mort est accidentelle.
Conclusion
Sylvester Stallone a eu la malchance de mal exploiter son image de vedette, jusqu’à la faire sombrer dans le nanar le plus parfait. Dommage, car ses débuts indiquent qu’il méritait mieux et l’homme, lucide et intelligent dans son analyse de sa filmographie, attire la sympathie.
Malgré ses choix de carrière parfois discutables, Stallone reste une figure incontournable du cinéma. Son parcours est celui d'un homme qui a su surmonter les obstacles, se réinventer et laisser une empreinte indélébile dans la culture populaire. Il est un exemple de persévérance, de courage et de passion pour son métier.
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