Introduction
L'article explore le vécu des femmes engagées dans un parcours de Procréation Médicalement Assistée (PMA), en mettant en lumière la complexité de leur expérience, oscillant entre l'espoir de devenir mère et le sentiment d'aliénation face à la médicalisation de la procréation. Il s'agit de déconstruire l'idée reçue selon laquelle la procréation est une évidence naturelle, en exposant le travail re-productif, souvent invisibilisé, que les femmes accomplissent dans ce contexte.
Le Contexte Breton et le Diplôme National du Brevet
En Bretagne, l'académie de Rennes, couvrant les Côtes-d'Armor, le Finistère, l'Ille-et-Vilaine et le Morbihan, est le théâtre d'efforts constants pour la réussite des élèves. La publication des résultats du Diplôme National du Brevet (DNB) marque l'aboutissement de plusieurs mois de travail acharné, tant pour les élèves de 3e que pour ceux des établissements spécialisés. Le DNB valide les connaissances et compétences acquises au collège, en s'appuyant sur les résultats des épreuves finales et l'évaluation continue. La réussite au brevet reflète l'implication des équipes éducatives, des familles et des élèves dans la construction des apprentissages.
Les Femmes Rwandaises et le Génocide : Une Élites Féminine au Pouvoir
Une recherche basée sur des archives judiciaires et des sources orales interroge les trajectoires de quinze femmes rwandaises condamnées pour des crimes de génocide. Ministres et autorités locales, elles ont utilisé leur statut et leurs ressources pour exterminer leurs administrés tutsi. Cette thèse questionne la pertinence de la catégorie de « participations féminines » pour étudier les femmes génocidaires, qui se distinguaient par leur appartenance à une élite politique féminine intégrée à l'État. Appréhender la nature de leur pouvoir nécessite de revenir aux modalités de leur ascension politique, d'interroger les conditions de leur entrée dans le militantisme et les voies de leur radicalisation.
Le Prix de Thèse de l'Institut du Genre : Soutien à la Jeune Recherche
L'Institut du Genre lance la campagne 2026 de son prix de thèse, doté de 7 000 euros, pour soutenir la jeune recherche et encourager la diffusion des connaissances dans le domaine du genre et des sexualités. Les candidatures, composées des pièces mentionnées dans l'appel, seront examinées par le Conseil scientifique de l'Institut du Genre.
Le Travail Re-productif en AMP : Une Réalité Invisible
À l'entrée dans les centres d'AMP, les femmes espèrent devenir mères rapidement grâce à la médecine. Cependant, elles prennent conscience du travail à fournir, de l'aliénation de leur temps et de leur corps, au point de ressentir le besoin de faire une pause. En France, une majorité de femmes consultent régulièrement un gynécologue, mais la procréation est souvent perçue comme une évidence, occultant les tâches procréatives.
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L'opposition entre la sphère productive et la sphère reproductive rend invisibles les tâches procréatives, encloses dans la famille. Un système de genre, appuyé par une science parfois partiale, contribue à cette vision binaire des sexes et à la répartition des rôles. La naturalisation de la maternité et des tâches qui en découlent renforce l'idée d'un instinct maternel et d'un désir d'enfant socialement entretenu au féminin.
Les tâches associées à la procréation sont réalisées pour les autres, au nom de la nature, de l'amour ou du devoir maternel, et reléguées à un hors-travail qu'il faut déconstruire. La conception de la reproduction comme travail s'inscrit dans la contestation féministe de l'invisibilisation du travail domestique des femmes. L'élargissement du concept de travail engage des discussions sur l'articulation des sphères productive et reproductive, et sur la reproduction comme activité productive.
Cet article souhaite exposer le cheminement qui conduit les femmes engagées dans une AMP à envisager la production des enfants sous les contours du travail. La grossesse est souvent considérée comme un état naturel, occultant le travail du « corps reproducteur ». Envisager ce travail dans l'AMP, c'est pénétrer dans les coulisses d'un « théâtre d'avant-monde » genré, où l'organisation biomédicale suppose un vrai travail de la part des femmes, parfois en concurrence avec leur activité professionnelle. Il faut considérer « l'activité de reproduction comme un travail, au même titre que le travail de production » et refuser l'asymétrie entre la production des biens et la production des êtres.
Analyse Sociologique du Vécu des Femmes en AMP
À partir d'une analyse sociologique du vécu de femmes engagées dans des parcours d'AMP, il s'agit de questionner les frontières du travail, ordinairement restreint aux tâches productives. Les femmes prennent conscience de leur corps procréateur comme d'un outil de travail aux efforts rarement gratifiés et souvent invisibilisés. L'analyse s'appuie sur une enquête qualitative menée de 2010 à 2014 auprès de femmes engagées dans des protocoles de fécondation in vitro (FIV) et ayant une activité professionnelle.
L'enquête révèle une division sexuée du travail re-productif médicalement assisté, s'inscrivant dans une gestion globale des fertilités par les femmes. La maternité rime avec la « production des enfants », rendant visible la dimension corporelle et matérielle de cette « fabrique des enfants ». Le travail re-productif médicalement assisté confronte à l'hétérogénéité d'espaces et de temps sociaux, engageant l'énergie des femmes tant par la charge mentale que par l'investissement corporel et matériel.
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La Disponibilité Totale et le Système de Genre
La disponibilité totale requise par l'engagement dans un protocole de FIV ne pose problème, en théorie, ni aux médecins, ni aux patientes. Toutes et tous se retrouvent, au nom du désir d'enfant des femmes, autour de l'image de la future mère donnant déjà de son temps, de son énergie, de sa patience dans une sorte d'initiation propédeutique au rôle de la bonne mère. Le système de genre repose sur une construction du rapport au temps : la naturalisation des compétences dites féminines s'appuie sur une temporalité basée sur le rapport à l'autre et l'engagement dans la durée. Cette temporalité induit des dispositions pratiques et morales, telles que la responsabilité, l'attention, l'anticipation, le souci, en bref ce qu'englobe le care.
La Logique Productive et les Représentations de la Maternité
Considérer le processus gestationnel comme un travail relevant d'une logique productive heurte les représentations de la maternité, adossées aux logiques essentialisantes du don de soi, de l'amour et de la disponibilité inconditionnelle à l'enfant. Cette idéologie naturaliste réservée aux femmes continue de s'imposer. L'intériorité du processus est un obstacle pour concevoir la gestation comme un travail. Les femmes séparent leur corps de leur personne, attestant l'efficacité des représentations naturalistes du corps des femmes.
La Charge de Travail Physique et l'Implication Corporelle
Les femmes engagées dans une AMP ne s'autorisent pas à relever la charge de travail physique qu'impliquent les protocoles de fécondation in vitro (FIV). Elles minimisent la pénibilité des protocoles, l'implication corporelle et mentale, et l'intentionnalité requise par la gestion quotidienne du parcours médicalisé. Elles tournent autour de la notion de travail re-productif sans se permettre de l'utiliser. L'engagement dans l'AMP exacerbe la conscience du caractère productif de cette implication physique, intellectuelle et émotionnelle.
Seule Sylvie considère que derrière l'expression « parcours du combattant » se cache un travail. La technique médicale occulte la part d'énergie, de détermination, de contrôle du corps et du « mental » nécessaire aux femmes. Le travail des gynécologues et des biologistes prime sur le travail re-productif des femmes elles-mêmes.
Le Mot Lâché : Un Véritable Travail Re-productif
Les protocoles d'AMP supposent un véritable travail re-productif de la part des femmes, engageant une dépense d'énergie et une volonté qui se fixe intentionnellement une fin (devenir mère) en recourant aux moyens (les nouvelles techniques de reproduction) qui semblent les plus adéquats. La gestion de la reproduction transforme la procréation, d'activité naturelle qu'elle était, en travail. Sa non-naturalité se manifeste dès les formes les plus simples d'intervention (dès l'intentionnalité même). Apparaît aussi le caractère social, socialement organisé, du travail reproductif. Par ce travail, l'humanité modifie directement la nature propre de l'espèce et se transforme elle-même.
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La Fabrique des Enfants par AMP : Séquençage et Quantification du Travail
Dans cette fabrique des enfants par AMP, le travail re-productif, d'ordinaire insu et invisible, est séquencé, morcelé, objectivé par le monitoring (échographie et prise de sang), quantifié (en nombre de piqûres, en bilans hormonaux), évalué et qualifié de « bon travail ». Dans cette « économie de l'abondance », l'usage inédit d'un corps devenu outil de travail fait prendre conscience aux femmes elles-mêmes du travail accompli. Mais lorsque leurs efforts ne portent pas leurs fruits, une véritable « ovaire-dose » s'empare des patientes. En cas d'échec, la lourdeur et la vacuité de leur travail re-productif s'imposent, tout comme l'absurdité de ces « techniques du corps » acquises laborieusement.
Le Retour Matériel et Symbolique du Travail Re-productif
Si la disponibilité à l'enfant implique des récompenses intrinsèques, le travail re-productif médicalement assisté n'est pas nécessairement porté par la dimension gratifiante de la maternité. Se donner au travail implique un retour matériel ou symbolique. Or rien de tel pour celles qui n'arrivent plus à voir derrière leur engagement dans des protocoles d'AMP que l'aliénation de leur corps à une logique biomédicale rivée à des considérations techniques et productives désincarnées. Le cri de révolte de Suzanne est significatif du ras-le-bol de certaines patientes : « C'est mon corps, quoi. ».
La Dépossession du Corps et l'Émoussement du Désir d'Enfant
Se sentir dépossédée de son propre corps, soumise à des protocoles instrumentalisant ses capacités re-productives au point d'oublier l'objectif initialement poursuivi - devenir mère - suscite des moments de doute où la force du désir d'enfant s'émousse. Cette difficulté à nommer ce qui tient de la maternité et de la reproduction est démultipliée quand on essaie de parler de cet enchevêtrement de la sexualité, du travail, de l'amour, de la procréation, que constitue la reproduction domestique.
La Décision d'Arrêter la Médicalisation de l'Infertilité
Seule Laure, à l'unisson avec son compagnon, prend la décision de stopper - certes momentanément - les traitements. Ce ne sont pas les oscillations du désir d'enfant générées par les parcours d'AMP qui favorisent la décision d'arrêter la médicalisation de l'infertilité. Ni Suzanne, ni Audrey n'ont eu la velléité de renoncer à leurs traitements ; elles chercheront toutefois à rendre visi…
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