Dès les premiers mois de la vie, la succion, qu’elle se fasse avec le pouce ou la tétine, joue un rôle essentiel dans le développement et le réconfort de l’enfant. Ce réflexe inné, présent même avant la naissance, remplit plusieurs fonctions importantes, allant de la nutrition à l'apaisement. Comprendre les différents aspects de la succion chez le bébé permet aux parents d'accompagner au mieux leur enfant dans son développement.

La succion : un réflexe naturel et vital

La succion est un réflexe naturel qui apparaît dès le troisième mois de grossesse. In utero, le fœtus peut déjà téter le liquide amniotique, le cordon ombilical ou son propre pouce. C'est l'une des premières compétences que l'on observe chez un nouveau-né, signe d'un bon fonctionnement du système nerveux. La succion est un gage de survie, puisqu’elle permet au bébé de se nourrir.

Ce réflexe de succion est à son maximum dans les 2 premières heures de la vie du nourrisson. Il existe deux types de succion :

  • La succion nutritive : lorsque bébé tète de façon efficace pour se nourrir. Au début de la tétée, le rôle nutritif de la succion est maximal : le débit est fort et les déglutitions régulières.
  • La succion non nutritive : les tout-petits et les prématurés font beaucoup de pauses lors des tétées. Ils font alors du "tétouillage" sans boire. Les mouvements de succion sont plus rapides, sans amplitude, en salves brèves séparées par de longues pauses et l'enfant déglutit rarement. Ce type de succion existe aussi en dehors de toute sensation de faim chez tous les nourrissons, pas que les nouveau-nés. Au contraire, à la fin de la tétée, le débit est lent et les déglutitions sont moins fréquentes.

Les fonctions de la succion non nutritive

La succion non nutritive a une fonction réconfortante : elle apaise, sécurise et calme le bébé. Elle est un moyen d’explorer l’environnement, par exemple pour découvrir le goût et la texture des différents objets.

La succion non nutritive apporte un réconfort immédiat aux bébés et aux enfants en bas âge. Elle permet également de :

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  • Réguler la production de lait : la succion du sein entretient la fabrication du lait maternel.
  • Réduire le stress et la douleur : lors de la succion, l'organisme du nourrisson sécrète des endorphines. Ces molécules sont des neurotransmetteurs capables de procurer une sensation de bien-être favorable à la détente et au sommeil, mais aussi de combattre la douleur (effet antalgique).
  • Favoriser l'apaisement : la succion calme bébé et le sécurise, elle apaise les tensions et les frustrations.
  • Développer les compétences sociales : l'interaction entre la mère et l'enfant lors de la succion du sein est une première forme de dialogue. A l'arrêt des succions, la mère change l'enfant de position, c'est un signe pour lui.
  • Stimuler le développement neurologique comportemental
  • Contribuer à un risque réduit de mort subite du nourrisson.
  • Contribuer à stimuler les fonctions corporelles et mentales complexes liées à l’allaitement.
  • Diminuer le stress et les douleurs des nouveau-nés à la maternité
  • Favoriser la prise de poids chez les prématurés ainsi que le développement gastro-intestinal et la croissance des nourrissons plus petits et moins matures.
  • Permettre une transition plus rapide et plus fluide de l’alimentation par sonde à l’alimentation exclusivement orale, qui peut être le résultat d’une amélioration de l’état comportemental.

Chez certains nouveau-nés, la succion peut être absente, difficile ou immature. Une prise en charge orthophonique précoce peut alors être proposée. Elle permettra de stimuler progressivement la succion, mais aussi la déglutition et la respiration.

Satisfaire le besoin de succion : pouce ou tétine ?

La succion est un besoin, il faut donc le respecter et ce dès la naissance. Pour calmer bébé, les parents peuvent répondre à son besoin de succion. Pouce, sein ou sucette sont capables d’apaiser votre enfant grâce à ce réflexe inné.

Le pouce présente l’avantage d’être toujours accessible pour l’enfant, ce que certains parents peuvent trouver pratique. Toutefois, il comporte deux inconvénients majeurs. Son usage est difficile à contrôler, et son « retrait » l’est encore plus, puisqu’il est toujours à portée de main. La succion prolongée du pouce peut entraîner des déformations des dents et du palais, qui non corrigées, peuvent perdurer jusqu’à l’adolescence.

La tétine présente l’avantage d’être plus facilement contrôlable par les parents, puisqu’elle peut être proposée uniquement en cas de réel besoin. Elle est conçue pour s’adapter à l’âge de l’enfant (0-6 mois, 6-18 mois, +18 mois). Cela limite son impact sur le développement de la sphère buccale. Lorsqu’elle est bien choisie, elle favorise une bonne fermeture des lèvres et une bonne respiration par le nez. De plus, il est nettement plus facile de déshabituer l’enfant de la sucette que du pouce.

Comment choisir une tétine ?

Pour permettre le bon développement de la sphère ORL, on veille à ce que le bébé puisse bien fermer la bouche avec la sucette. L’idéal est d’essayer avec une sucette.

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Besoin de téter ou de manger : comment faire la différence ?

Lorsqu’un bébé s’agite, cherche avec sa bouche à happer quelque chose, c’est le signe d’un besoin de succion. Parfois pour se faire du bien ou se rassurer, parfois pour s’alimenter. Pour le savoir, il est conseillé de procéder par élimination : est-ce l’heure de manger, a-t-il faim ? A-t-il chaud ou froid ? Si ces besoins sont comblés, cela peut être le signe d’un besoin de succion non-nutritif, pour s’apaiser. A contrario, s’il rejette la tétine, le pouce ou le petit doigt, c’est qu’il nous dit autre chose, peut-être a-t-il besoin d’être pris à bras ou porté en écharpe ?

La succion de la tétine ne permettra pas au bébé de se calmer s’il a faim. Tout dépend également de l’heure de sa dernière tétée ou de son dernier biberon. Pour différencier le besoin de succion du besoin de manger, observez la réaction du bébé quand il mange : s'il tète de manière rythmée et avale régulièrement, il a faim.

Il est important de noter que la sucette ne peut être la seule réponse aux pleurs d’un bébé. Il faut penser à lui proposer un certain nombre de réponses pour qu’il nous donne son vrai besoin. Et réciproquement, quand on a tout essayé, il ne faut pas culpabiliser de donner une tétine si cela répond au besoin du bébé.

Sucette et allaitement sont-ils compatibles ?

Les études menées à ce sujet donnent des réponses contradictoires, mais il est conseillé, lors des premières semaines, de favoriser la mise en place de l’allaitement en proposant beaucoup le sein, le temps pour le bébé de trouver ses marques et à la lactation de se mettre en route. Un nouveau-né qui n’est pas encore organisé en termes de rythme alimentaire pourra donc réclamer le sein de façon anarchique au début, pour s’apaiser ou pour manger, c’est une bonne chose pour l’allaitement. Ensuite, lorsque l’allaitement est installé, c’est une décision maternelle d’utiliser son sein comme un réconfort ou de le préserver pour la nutrition. Là encore, chaque bébé a son propre rythme : certains bébés sauront rapidement distinguer tétine et sein maternel, moments de repas et moments de bien-être, en particulier ceux qui ont un grand besoin de succion, pour d’autres, l’allaitement sera plus long à mettre en place et on tâchera de ne pas envoyer trop de messages différents.

Cependant, si votre bébé cherche souvent à téter, et que les tétées sont longues et fréquentes, la tétine peut être une solution pour l’apaiser, l'aider à se réguler et à s'endormir sans avoir systématiquement recours au sein. L’utilisation de la tétine peut, dans certains cas, interférer avec l’allaitement, mais les avis restent très partagés. La question peut se poser chez les bébés à faible poids de naissance qui se fatiguent rapidement lors de la tétée. Dans ce cas, il est préférable d’attendre que l’allaitement soit bien établi, c'est-à-dire lorsque la montée de lait est bien en place, que le bébé tète efficacement et prenne du poids correctement.

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Les inconvénients potentiels de la tétine

La tétine ne doit pas être utilisée de façon systématique. En effet, elle ne doit pas limiter la communication en empêchant le babillage et les vocalises de l’enfant.

Dès les premiers pleurs du bébé, on cède à la facilité. La fatigue et le stress font tomber les résolutions. C’est vrai que lorsque le petit se met à la téter, il s’apaise et finit par s’endormir.

« Les parents devraient plutôt se demander pourquoi leur enfant pleure, essayer d’analyser les raisons de ses cris, chercher à comprendre ses besoins », conseille la pédiatre. En collectivité aussi, la tétine est trop systématiquement donnée aux tout-petits, dans le but de limiter les cris et les pleurs. Quant à son usage la nuit, le bébé peut pleurer chaque fois qu’il la perd, réveillant ainsi ses parents et les obligeant à se lever.

De plus, la sucette, surtout chez les femmes dont c’est le premier enfant, peut compromettre l’allaitement. Il faut plusieurs jours en effet pour mettre en place celui-ci. Plus le nourrisson va téter, plus il va stimuler la lactation. Si, dès ses premiers jours, il suce sa tétine plutôt que le sein de sa mère, la production de lait ne va pas être lancée correctement.

La tétine pose aussi des problèmes d’hygiène. En transmettant leurs bactéries, ils peuvent, certes, améliorer l’immunité du bébé, mais le risque est grand de le mettre en contact avec des virus. Bien qu’une étude suédoise (publiée dans la revue Pediatrics en 2013) montre que les parents coutumiers de cet usage préserveraient leur enfant de maladies allergiques comme l’asthme ou l’eczéma, le docteur Gelbert les met en garde :« Le parent peut être un porteur sain et contaminer son enfant. Dans le cas de l’herpès, par exemple, cela peut être vraiment dangereux. L’herpès peut tuer un nouveau-né !

Pour certains, la tétine maintient leur enfant dans un statut de bébé. Tant qu’il garde cet objet dans la bouche, il ne grandit pas. Or l’enfant doit être préparé de manière progressive au sevrage, dès l’âge de 5 ou 6 mois. Si la résistance est très forte et que l’enfant ne veut rien entendre, il ne faut pas hésiter à consulter : la parole du pédiatre a plus de poids, et une seule consultation suffit souvent pour venir à bout du problème.

Certains enfants gardent très souvent la tétine en bouche durant la journée. Les professionnels, de leur côté, ne savent pas toujours comment réagir : faut-il lui laisser à disposition ou au contraire l’encourager à la poser ? Comment expliquer qu’un enfant garde autant sa tétine en bouche ?

Les raisons qui poussent les enfants à garder leur tétine en bouche sur de longues périodes sont multiples.

  • Une réponse à un trop-plein de stress continu. Pour certains, dont la succion de la tétine est particulièrement vive, il s’agit d’un moyen d’autoréguler leur niveau de stress. L’activité de succion entraîne la libération d’endorphines qui favorisent le bien-être, ce qui permet aux enfants de se détendre face à un trop-plein de stress.
  • Un objet de transition. Pour d’autres, la tétine est un objet de transition, un genre de doudou qu’ils transportent de la maison au lieu d’accueil et du lieu d’accueil à la maison, et qu’ils conservent en bouche un peu par habitude. Leur succion n’est pas très active. Leur tétine reste parfois coincée dans un coin de leur bouche pendant qu’ils font leur petite vie ! D’ailleurs, il arrive que ce soit les parents eux-mêmes qui, le matin à la séparation, mettent la tétine dans la bouche de l’enfant alors qu’il ne pleure même pas !

Quelle que soit la raison de cet usage excessif de la tétine, il est important de le limiter, et ce pour différentes raisons.

  • La succion est une activité autorégulatrice, pas un vrai besoin. Pour mieux nous vendre ses tétines et fidéliser les parents, l’industrie de la puériculture nous fait croire que tout enfant est pourvu d’un besoin de succion. Ce qui est faux. En réalité, le tout petit humain en début de vie est animé d’un réflexe de succion afin de lui permettre de téter le sein de sa maman. Pour les plus grands enfants, à défaut d’être un besoin, la succion est une activité d’autorégulation qui apparaît en réponse à une situation de stress. Si elle peut être réconfortante, la succion n’est pas indispensable au jeune enfant (il existe d’autres manières, bien plus efficaces et bien traitantes, d’apaiser un enfant !).
  • La tétine habitue l’enfant à réprimer ses émotions. Depuis les années 1900, l’usage de la tétine est controversé au point qu’en 1910, déjà, une loi a été votée à l’Assemblée Nationale pour interdire la vente et la fabrication de tétines2! Pourquoi une telle controverse ? Les raisons sont nombreuses. Tout d’abord, la tétine vient traiter le symptôme émotionnel de l’enfant [à savoir ses pleurs ou ses cris] et non l’origine de son émotion [c’est-à-dire la raison pour laquelle il s’est mis à pleurer ou à crier]. Le problème en soi n’est donc pas résolu. C’est un peu comme si on mettait un couvercle sur une casserole de lait bouillante !
  • La tétine peut devenir leur unique objet de consolation. Certains enfants ayant été conditionnés à s’apaiser au contact d’une tétine réclameront la tétine à chaque montée de stress. Au point que chez certains enfants, la tétine devient leur unique ressource de consolation… Un cercle vicieux qu’il est important de ne pas alimenter. Rappelons que la tétine demeure un objet (tout comme le doudou, d’ailleurs) qui n’éprouve ni empathie, ni bienveillance, ni émotion. Celle-ci apporte à l’enfant une réponse tout à fait artificielle et inadaptée à son émotion. Des théoriciens s’interrogent d’ailleurs sur le devenir de ces enfants qui, à chaque montée de stress, trouvent ressource dans un objet. Comment réagir ont-ils à l’âge adulte lorsqu’ils seront stressés ? Dans la continuité, ne risquent-ils pas de trouver ressource dans le matériel, la cigarette, l’alimentation, l’addiction lorsqu’ils sont en proie à une émotion, au lieu de se tourner vers l’humain ? La question reste ouverte…
  • Elle freine l’intelligence émotionnelle des enfants, en particulier celle des garçons. Une recherche de 20123 conclut que l’usage de la tétine en excès, en dehors des phases où l’enfant dort, tend à diminuer l’empathie des enfants mais aussi leur capacité à identifier et à comprendre les émotions de leurs interlocuteurs. Pourquoi ? Car avoir une tétine en bouche freine la mobilité des muscles de leur visage et de leurs lèvres, et altère par conséquent ce mimétisme facial si précieux au développement de leurs compétences émotionnelles.
  • A haute dose, elle nuit au développement du langage. Une recherche britannique 20154 a quant à elle souligné la difficulté de l’enfant, lorsqu’il a la tétine en bouche, à bien entendre et à bien différencier les sons qu’on lui adresse. Tout simplement car sa langue est freinée dans sa mobilité. De même, la tétine peut gêner l’enfant dans sa production de phonèmes et nuire à sa bonne élocution (certains phonèmes - tels que f, s, ch… - sont très difficiles à réaliser en cas de tétine en bouche).
  • Elle risque de déformer la dentition et d’augmenter les infections ORL. Selon une recherche datant de 1992 publiée dans Pediatric Dentistry5, 35% des enfants qui ont régulièrement une tétine en bouche auront une dentition déformée, même si la tétine en question est vendue à ses parents comme « orthodontique ». D’autres recherches ont souligné son implication dans certaines infections ORL. La forte succion imposée par la tétine favorise tous ces effets néfastes.

Comment réagir face à un usage excessif de la tétine ?

  • Distinguer la tétine « habitude » de la tétine « autorégulatrice ». En premier lieu, il convient de vous demander si cet enfant suce cette tétine par habitude ou davantage pour s’autoréguler, en réponse à un stress continu. Pour le savoir, la vivacité de la succion est un bon indicateur. En fonction, vous n’apporterez pas la même réponse.
  • Encourager l’enfant à la poser de lui-même. S’il s’agit d’une tétine « habitude », encouragez l’enfant à la poser dès son arrivée sur le lieu d’accueil, de manière ritualisée. Touchez-en un mot à ses parents. Après leur avoir expliqué les effets possibles de la tétine sur leur enfant, proposez-leur d’en limiter, ensemble, son usage. Il ne faudrait pas, par exemple, que les parents mettent la tétine dans la bouche de leur enfant lors de la séparation du matin et que vous, quelques minutes plus tard, fassiez tout l’inverse ! Une cohérence entre la maison et le lieu d’accueil est essentielle.
  • Proposez à l’enfant de quitter sa tétine quand vous lui parlez et quand vous lui lisez une histoire. Comme nous l’avons vu, l’usage de la tétine est particulièrement nocif quand l’enfant est en interaction avec un interlocuteur car celle-ci vient bloquer les mouvements de sa langue et freiner le mimétisme. Les phases sensibles d’interactions sont à préserver. Invitez-le systématiquement à retirer sa tétine lorsqu’il vous parle. Afin de faciliter sa production correcte de phonème et son élocution, il est important que l’enfant parle sans aucun objet dans la bouche.
  • Lui laisser la tétine pour s’endormir, s’il la réclame. L’usage de la tétine lors des phases de sommeil est beaucoup moins pénalisant que lorsque l’enfant est éveillé, d’autant plus qu’il s’agit d’une activité autorégulatrice qui peut favoriser l’endormissement. Sans oublier que de nombreuses recherches ont confirmé que l’usage de la tétine pendant le sommeil diminuait de 90% environ le risque de mort subite chez le bébé ! Pour autant, lorsque l’enfant grandit, il est préférable de l’habituer à s’endormir sans tétine…
  • De plus en plus souvent, en cas de stress ou d’émotion forte, prenez-le dans vos bras et rassurez-le … sans lui donner la tétine. L’idée étant de réapprendre à l’enfant à trouver la ressource dans l’humain et dans cet objet. Lorsqu’un enfant est en proie à une émotion, veillez à bien décrypter le besoin réel de son cerveau. Ce n’est pas de la tétine dont son cerveau a besoin à cet instant T (même si c’est que l’enfant vous réclame) mais bel et bien de s’apaiser ! Pour ce faire, prenez l’enfant dans vos bras et caressez sa peau avec tendresse tout en lui expliquant que vous restez à ses côtés. L’ocytocine, l’hormone de l’attachement qui est sécrétée lors des rapports humains chaleureux, est l’antidote du cortisol et le carburant de son petit cerveau. Ainsi, pas à pas, vous allez reconditionner l’enfant à trouver ressource dans le rapport humain en cas de montée de stress, ce pourquoi son cerveau est d’ailleurs programmé…

Le sevrage de la tétine

Le sevrage doit se faire progressivement, en douceur, et l’enfant doit être acteur de cette transition, afin de l’accepter sereinement.

La plupart des enfants perdent leurs habitudes de succion à leur propre rythme, d’autres ont besoin de l’aide de leurs parents et d’un dentiste pédiatrique. En règle générale, l’idéal est de déshabituer l’enfant de la sucette doucement et progressivement. Rappelez-vous que les enfants établissent une grande affinité avec cette forme d’apaisement immédiat. Il est également très important d’être cohérent dès que vous avez décidé de commencer le « sevrage ». Faites avant tout preuve de patience et de soutien. Vous pouvez sentir quand votre enfant est prêt à arrêter la succion non nutritive. En étant attentifs, vous saurez quand le moment sera venu. Apportez à votre enfant un soutien affectueux pendant la courte période dont il aura besoin pour vaincre cette habitude.

La tétine est souvent associée à un doudou. Proposer à l’enfant de fabriquer un lit pour le doudou et une petite boîte pour la sucette.

Il est conseillé de limiter son usage aux pleurs et au sommeil. On pourra par exemple laisser la tétine dans le lit pour la reserver à la sieste et au coucher. Ce sont des situations pendant lesquelles le besoin de succion est maximal. Durant le plus jeune âge, certains parents proposent systématiquement la tétée à leur enfant pour l'apaiser lors des pleurs.

Quand arrêter la tétine ?

Certains spécialises critiquent un usage systématique et parfois abusif de la tétine. L’enfant doit grandir et ne pas devenir dépendant de ce refuge ou substitut affectif. Par ailleurs une utilisation tardive peut conduire à des déformations gênantes du palais, de la mâchoire ou des dents*. Une majoration des troubles ORL (otites) est également notée chez ces enfants. Les spécialistes concernés sont unanimes : sans tarder et avant que cela devienne problématique. Deux ans est un bon objectif, 4 ans un âge conseillé à ne pas dépasser. Bien sûr il n’y a pas de date obligatoire ! Cependant l’acquisition correcte du langage ou le contact avec les autres, ne doivent pas être compromis.

La plupart du temps, les enfants se désintéressent progressivement de leurs tétines. Ce phénomène coïncide souvent avec l’entrée à la crèche ou à l’école : bébé se sociabilise et a désormais d’autres centres d’intérêt. L’école pose également ses propres règles et la tétine doit souvent rester à la maison.

Quand bébé commence à parler, ne le laissez pas avec le pouce ou la tétine dans la bouche lorsqu'il émet ses premiers mots. Soyez intransigeant : la succion simultanée pourrait troubler le développement du langage.

Passé l’âge de 3 ans, si bébé reste très attaché à sa sucette, ne le brusquez pas pour autant : il est possible qu’il ait besoin d’attention.

Comment sevrer son enfant de la tétine ?

La manière douce est de rigueur ! Si l’enfant semble prêt, le plus simple est d’en parler avec lui. Un essai est alors proposé. De nombreux évènements peuvent être propices : fête ou anniversaire, entrée à l’école, vacances ou déplacement, autre enfant invité à la maison, venue de la famille, suite de maladie (si la sucette a dû être abandonnée), visite chez le dentiste… Ne pas oublier de se débarrasser des exemplaires de rechange. Des prétextes sont parfois utiles : offrir la sucette au Père Noël ou la laisser à un petit animal dans la forêt… Quel que soit le scenario adopté, il est toujours bon d’échanger sereinement : le partage d’un livre sur le sujet aide à comprendre et verbaliser (les héros aussi, laissent leur sucette !).

Tout va dépendre de l’enfant et de sa famille. Si un sevrage progressif satisfait de nombreux petits, attention au brutal « demain tu arrêtes » qui pourrait produire l’effet inverse. La décision finale appartient à l’intéressé ; il est cependant conseillé de ne pas faire marche arrière. L’enfant doit être encouragé et vivement félicité de ses efforts.

Un enfant très entouré (bercement, chanson, câlin, jeu…), accepte plus facilement de quitter sa sucette. Bon sens, confiance, imagination et méthode vont avoir raison de cet intrus bientôt devenu ‘souvenir’…juste pour rire ! A vous, ensemble de tourner la page.

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