Cet article explore le thème de l'invasion du domicile (Home Invasion) au cinéma, en se concentrant sur trois films clés : La Dernière Maison sur la Gauche (version originale et remake) et La Maison au fond du Parc. Nous examinerons comment ces films abordent ce thème angoissant, en mettant en lumière leurs forces, leurs faiblesses et leurs spécificités.

La Dernière Maison sur la Gauche (1972) : Un Jalon Controversé de Wes Craven

La Dernière Maison sur la Gauche de Wes Craven est considéré par certains comme un chef-d'œuvre de l'horreur, mais il a également suscité la controverse en raison de sa violence graphique et de son traitement du viol. Le film suit le quotidien d'une famille américaine typique dont la vie bascule lorsque leur fille adolescente et son amie sont kidnappées et torturées par un groupe de criminels en fuite.

Forces et Faiblesses de l'Original

Le film de Craven a marqué les esprits à sa sortie en salle, mais il a mal vieilli avec le temps. Bien que le film ait posé un jalon dans le genre de l'horreur, l'amateurisme de certains acteurs et les incohérences du scénario entament l'aura sulfureuse du projet. Le film peine un peu à insuffler du rythme à son histoire, confondant scène d’exposition et scènes de dialogues insipides où les personnages jouent en mode cliché. Les criminels, qui jouent assez approximativement, ont l’air d’improviser leurs dialogues sans savoir ce qu’ils doivent mettre en valeur. La récurrence très agaçante des musiques country parsème différents moments du film sans vraiment parvenir à planter une notion de décalage. De plus, le jeu un peu trop figé des actrices n'est pas particulièrement convaincant.

Scènes Clés et Fautes de Goût

Si au moins, le film commence à devenir un peu violent quand nos deux amies tombent aux mains des assassins que nous suivons, leur jeu un peu trop figé n’est pas particulièrement convaincant. Il faut attendre la forêt pour que les choses s’accélèrent. Là, on suit donc nos bourreaux qui se livrent à quelques jeux sadiques sur nos victimes avant que celles-ci ne tentent de prendre la poudre d’escampette. Les scènes, plutôt efficaces, collectionnent cependant quelques fautes de goût (les filles sont rhabillées quand elles tentent de s’enfuir, alors qu’elles étaient nues et humiliées quelques instants auparavant, le bras en plastique, certaines expressions un peu exagérées des bourreaux…).

L'arrivée des malfrats chez les parents arrive d’un coup, ces parents étant décidément particulièrement accueillants avec les étrangers, eux qui prodiguaient encore la veille des conseils de sécurité à leur fille. La situation s’éternise, nos méchants profitant décidément de l’hospitalité de ces hôtes, manifestement amusés par la situation (ils ont vu direct les photos de famille et rient de la coïncidence, détail intéressant mais témoignant d’un manque de prudence assez étrange de nos bandits, surtout lorsque les choses vont commencer à déraper. Il est notamment un peu étrange de les voir continuer à feindre l’innocence quand leur quatrième compère hurle à la mort ses regrets pour le viol et le meurtre des adolescentes, mais qu’ils tentent de faire passer ça pour du délire.

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Un Dénouement qui a Mal Vieilli

Le dénouement du film, pensé pour être politiquement incorrect et sulfureux, a particulièrement mal vieilli. Si le combat entre femmes est le seul qui tente de rester sobre, la confrontation des hommes tourne carrément au ridicule, le père poursuivant pendant 10 minutes dans la même pièce le personnage avec une tronçonneuse, et découpant pratiquement tous les meubles de la pièce avant de parvenir à le coincer. Et là, la Police débarque pour faire la morale, morale qui ne sera finalement pas vraiment respectée, les parents accomplissant leur vengeance.

La Dernière Maison sur la Gauche (2009) : Un Remake Plus Efficace

Le remake de La Dernière Maison sur la Gauche, réalisé en 2009, a été salué pour sa violence sèche, sa photographie contrastée et son approche plus réaliste du thème de l'invasion du domicile. Les scénaristes ont eu la présence d’esprit de lisser un peu les imperfections du film de Craven, et surtout, le tournage a pu se faire avec un budget conséquent qui a donc pu utiliser des acteurs compétents. Le résultat fait en effet grandement du bien, annonçant déjà la couleur en zigouillant d’entrée de jeu les deux marshalls qui nous avaient tellement fait chier pendant le premier film (surtout qu’ils étaient complètement inutiles).

Une Approche Plus Sobriété et Réaliste

Le remake cultive un certain goût pour la sobriété. Evitant par exemple de démembrer un cadavre comme dans la version originale, il opte pour une violence sèche, sans cesse dramatique et réaliste, qui parvient à retrouver l’impact de celle de l’originale (rappelant la scène du cimetière) en évitant les fautes de goût déplacées. La thématique de Craven est désormais au centre du film, qui ne tente maintenant plus de prendre des détours pour rallonger l’action. Cette dernière est fluide, épurée, au fil directeur limpide.

Des Acteurs Plus Convaincants

La qualité des acteurs change ici vraiment la donne. La mère est par exemple excellente, parvenant à parfaitement retranscrire les sentiments d’une mère en face de sa progéniture au bord de la mort, sans pour autant la réduire à un rôle purement sentimental (elle est encore la première à passer à l’action, en évitant ici la scène too much de fellation castratrice et en parvenant à faire toujours ressentir son malaise pendant sa parade de séduction en face d’un des meurtriers. Le père passe quant à lui à l’action assez rapidement (sans aller perdre son temps à installer des pièges), nous offrant un premier meurtre parental gratiné (le film insistant sur des détails vicieux, comme pour le nez brisé ou le siphon-broyeur) qui annonce le carnage qui va suivre.

Un Épilogue Inattendu et Sordide

Sobre jusqu’au bout, le film conclut posément son histoire… avant d’offrir un épilogue pour le moins inattendu, qui s’aventure sur les traces du gore actuel avec une scène de vengeance carrément sadique (et dont le gore sale a l’air de chercher vers le jubilatoire) qui vient enfoncer le clou sur la cruauté engendrée par la violence, ici dénuée de toute notion de légitime défense.

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La Maison au fond du Parc : Une Repompe Vulgaire et Sans But

Avec ce film, Ruggero Deodatto propose une sorte de remake de La dernière maison sur la gauche, puisqu’il en reprend peu ou proue les mêmes éléments, à commencer par l’acteur de Krug dans la version Craven, qui vient jouer ici le rôle d’un garagiste verreux qui donne dans le viol et le meurtre. C’est simple, l’introduction lui est consacrée, montrant le personnage violer une blonde après l’avoir forcée à s’arrêter sur la route, le tout sur une douce et belle musique à la mode Cannibal Holocaust.

Un Scénario Prévisible et Sans Tension

Le scénario est sans aucune surprise : nos deux méchants de services finissent par voir rouge et décident de prendre en otage tout le monde, en tabassant les hommes et en violant les femmes en mode Home Invasion tout ce qu’il y a de putassier. Si encore c’était violent et poisseux, ça pourrait peut être faire scandale, mais même pas. A vrai dire, on s’ennuie un peu devant l’introduction (la fête, vu qu’on n’y est pas, on se fout de voir nos méchants danser avec leurs futures victimes, surtout si ils se déshabillent devant elles…). Et puis, une fois que la violence arrive, il n’y aura pour ainsi dire aucune tension. Ils poursuivent leur partie de poker avec pour simple détail le fait qu’ils exhibent maintenant des armes blanches (les autres joueurs n’ont vraiment pas l’air impressionné ou stressé).

Un Jeu d'Acteurs Théâtral et Peu Convaincant

Le jeu des actrices est si théâtral qu’on croirait presque qu’elles s’amusent à exciter nos violeurs qui grimacent comme des malpropres, à rendre jaloux notre sbire de chez Jack le tueur de géants. Et nos autres victimes regardent ça platement, sans qu’aucune émotion ne passe au travers de tout ça. C’est à se demander ce que Deodatto a voulu prouver en faisant ce film, qui cherche visiblement qu’à faire souffrir un peu ses protagonistes à tour de rôle avant d’en finir pour certains.

Une Morale Mastoc et Incohérente

La maison au fond du parc est une repompée assez vulgaire, sans aucun but et atrocement mal joué de La dernière maison sur la gauche. Deodatto a voulu faire de la provoque en nous mettant du point de vue des criminels et en nous offrant des scènes de viol où les victimes sont quasiment d’accord. Mais en opérant ce choix, on se demande pourquoi alors le réal retourne vers une morale mastoc pendant ses dix dernières minutes.

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