Introduction
La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui offre une solution précieuse pour de nombreux couples confrontés à l'infertilité. Le transfert d'embryons est une étape cruciale de ce processus. Cependant, la question du nombre d'embryons à transférer suscite un débat constant, notamment en ce qui concerne les statistiques de succès et les risques associés, en particulier les grossesses multiples. Cet article explore en profondeur les enjeux liés au transfert de deux embryons, en analysant les statistiques de succès, les risques pour la mère et l'enfant, et les stratégies visant à optimiser les chances de grossesse tout en minimisant les complications.
Le Débat Autour du Nombre d'Embryons Transférés
L'épisode récent d'une américaine ayant donné naissance à des octuplés a ravivé le débat sur les grossesses multiples survenues après une fécondation in vitro (FIV). La difficulté à identifier les embryons ayant le meilleur potentiel à s’implanter incite souvent les centres à transférer, en moyenne, deux embryons tôt dans la prise en charge. Pourtant, le nombre d'embryons transférés reste un sujet de préoccupation, car il influe directement sur le taux de grossesses multiples.
Alors que la moyenne nationale se situe autour de 2 embryons transférés, certains centres, comme le centre de FIV de Tours, affichent une approche plus prudente. Ce centre transfère en moyenne 1,4 embryon, un choix qui n’empêche pas le service d’afficher un taux moyen de grossesses cliniques par ponction supérieur au score national : 29 % à Tours contre 25% en France. Cette orientation limite de fait le taux de grossesses multiples tourangelles à 12 % contre 20% au niveau national.
Depuis de nombreuses années, les pays du nord de l’Europe proposent de transférer un seul embryon au moins pour la première tentative de FIV. La tendance s’amorce en France mais sa mise en place est plus lente car le risque de voir chuter les résultats du centre tempère cette ardeur ; seuls des couples de « bon pronostic » voient cette stratégie leur être éventuellement proposée. Le centre de FIV du CHRU de Tours s’est inscrit progressivement mais durablement dans cette démarche dès le début des années 2000. Depuis 2 ans, le centre réalise majoritairement des transferts embryonnaires uniques (55%) tout en maintenant un taux de grossesse au dessus de la moyenne nationale (CHRU de Tours : taux moyen de 29 % de grossesse par ponction en 2007-2008).
Risques Associés aux Grossesses Multiples
Les grossesses multiples, bien que parfois perçues comme un "heureux événement", comportent des risques significatifs pour la santé de la mère et des enfants. Le centre FIV de Tours limite ainsi les risques qui peuvent peser sur la santé de la mère et de l’enfant. En effet une grossesse multiple expose d’une part la mère à des risques morbides au cours de sa grossesse (fréquence accrue de certaines pathologies et des temps d’hospitalisation) et d’autre part les enfants à naître à des séquelles plus ou moins importants liés à la prématurité.
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Or cette réalité est occultée par de nombreux couples infertiles pris en charge en FIV qui ne retiennent que le côté positif d’une grossesse multiple (comprenant des jumeaux voire des triplés) : réalisation du projet parental en une seule tentative évitant de réitérer des traitements relativement pénibles, « image d’Epinal » de bambins de même âge gambadant autour d’eux.
Les équipes de FIV doivent donc trouver un compromis face à un couple impatient de réaliser son projet parental : être suffisamment efficace pour permettre le début d’une grossesse tout en évitant une grossesse multiple.
Amélioration de la Sélection Embryonnaire
Cette démarche est l’aboutissement de plusieurs années de maîtrise de la culture in vitro qui permet le développement embryonnaire jusqu’à un stade appelé « blastocyste » qui se situe juste avant l’implantation dans l’utérus. Ainsi cette culture prolongée permet à l’équipe biologique de mieux sélectionner l’embryon avec les meilleures chances d’implantation. La culture d'embryons permet de choisir l'embryon à transférer.
Parcours de PMA : Espoirs, Épreuves et Ténacité
Chaque parcours en PMA est unique, jalonné d’espoirs, d’épreuves et parfois de longues attentes. À la question « Combien de FIV avez-vous faites avant d’obtenir un test positif ? », des dizaines de fivettes ont pris la parole avec pas moins de 276 réponses. Derrière les chiffres, ce sont des histoires d’endurance, de choix médicaux, de changements de centres, de voyages parfois, et surtout… d’amour immense.
De nombreuses femmes ont eu un résultat positif dès leur première FIV, souvent au premier ou deuxième transfert, comme Caroline :« 1ère FIV, 1er transfert, nous avons mis 2 embryons qui ont tous les deux tenus. Même situation pour Emmanuelle :« FIV 1 - transfert d’un J5. Notre fille aura bientôt 3 ans et elle est merveilleuse ! Ce sont sans doute les cas les plus représentés.
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Le nombre de FIV n’est parfois pas représentatif de la réalité des essais. Jennifer : « 5 protocoles de FIV DPI et 5 transferts. 1 seul J5 qui s’est battu comme un lion et s’est accroché très fort à sa maman. Il va avoir 3 ans, c’est mon plus beau cadeau et l’amour de ma vie. Ne baissez jamais les bras avant d’avoir tout tenté. Vaness : « Après 6 FIV ICSI et 2 transferts… Un magnifique petit garçon qui a 3 ans et demi maintenant. Projet BB2 en cours : 3 FIV et 2 transferts pour l’instant pas de grossesse mais on garde espoir. Alice : « 4 IAD et 10 FIV ICSI … 3 positifs aux Fiv 7/8/9 mais 3 fausses couches. Notre fille est née après tout ça. Emilie : « Après 4 FIV et 8 protocoles en France, nous avons fait une demande de don d’ovocytes en Espagne. Notre 1er transfert a eu 2 ans et c’est une sacrée chipie. En tout, 10 ans de combat. Delphine : « Après 6 IAC, une chirurgie, 3 FIV et 8 transferts, 6 ans de galère, ma petite Lyana va avoir un an. Julie : « FIV 5 j’ai eu mon fils ❤️ 12e embryon transféré. Lucile : « Au 3e transfert pour bébé 1 et surprise bébé couette pour bébé 2 après 4 transferts. Sandra : « FIV 1 - 2e transfert après une FC au premier. Ma fille a maintenant 7 ans. Aurélie : « 3e FIV, 1er transfert, mon fils est né. 3 ans plus tard, transfert du dernier embryon congelé de la même FIV : des jumeaux. L’embryon s’est divisé. Daphné : « J’ai 41 ans, 7 ans de parcours, 3 IAC, 5 FIV, 21 embryons transférés. Je suis enceinte de 15 SA.
Ce post met en lumière la diversité des vécus et la ténacité des fivettes. Que le + arrive au bout de la 1ère ou de la 6ème FIV, chaque grossesse est une victoire sur l’attente, le doute et parfois la douleur. Cela montre que 97 % des femmes ayant persévéré jusqu’à la FIV 6 ou plus ont obtenu un test positif.
Facteurs Influant sur le Succès de la FIV
La probabilité de grossesse grâce à la FIV est déterminée par de nombreux facteurs, y compris le nombre de cycles réalisés. En premier lieu, il est important de préciser que la probabilité de grossesse grâce à la FIV est déterminée par de nombreux facteurs, y compris le nombre de cycles réalisés. Traditionnellement, lors d’une FIV, les ovaires sont stimulés pour faire mûrir un maximum d’ovules. Les médicaments hormonaux font en sorte que les follicules se développent, ce qui augmente le niveau hormonal d’œstrogènes (œstradiol) qui, à son tour, favorise le développement du revêtement utérin en vue de l’implantation de l’embryon.
Si la quantité d’ovules prélevés est élevée et que l’on génère davantage d’embryons que ceux qui seront transférés, il est possible de les cryoconserver pour les utiliser plus tard, lors d’une seconde tentative, ou pour une grossesse ultérieure. Lorsque l’on parle de FIV avec vos ovules, il est important de considérer que l’âge de la femme joue un rôle important au niveau de la probabilité de grossesse. En fonction de ce facteur, la situation sera étudiée avec la patiente et, en tenant compte des résultats et de sa planification, les décisions les plus adéquates seront prises au cas par cas. Chez Eugin, la majorité des traitements de fécondation in vitro (FIV) sont réalisés par le bais de la technique ICSI, qui améliore le taux de fécondation de manière substantielle.
Le nombre de tentatives dépendra du nombre de blastocystes obtenus lors du premier cycle. Au plus le nombre d’ovules viables est élevé lors du cycle de traitement de FIV, au plus il y a de probabilités d’obtenir davantage d’embryons normaux du point de vue chromosomique aptes pour le transfert. Lors d’une FIV avec don d’ovules, on sélectionne des jeunes femmes en bonne santé, dont les ovules ont passé de nombreux examens médicaux et génétiques. Par conséquent, le facteur âge de la femme qui sera fécondée n’est plus déterminant pour la probabilité de grossesse.
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Statistiques de Succès par Cycle de FIV
Comme indiqué auparavant, l’âge exerce une influence sur la possibilité d’être enceinte lors d’un premier cycle de FIV avec vos ovules. Dans le cas d’une FIV chez des femmes de moins de 35 ans, la probabilité de réussite après le premier transfert est de 56 %, et après le transfert de tous les embryons générés lors du même cycle (taux cumulé), de 71 %. Lors d’un deuxième cycle de FIV, nous avons l’avantage de pouvoir tenir compte de toute l’information recueillie lors du premier cycle. Par exemple, on peut ajuster les prescriptions de stimulation ovarienne, prescrire une hystéroscopie, on peut même envisager de réaliser une laparoscopie, qui peut nous aider à diagnostiquer l’existence d’une pathologie occulte comme l’endométriose, et même envisager le don de gamète (ovules ou spermatozoïdes).
Comme nous l’expliquions au début de cet article, le taux cumulé du 2e et du 3e cycle est une estimation de la probabilité de grossesse que l’on obtiendrait en réalisant trois cycles consécutifs. En résumé, la FIV est un traitement très effectif qui a permis à de nombreuses femmes de réaliser leur rêve d’avoir un bébé. En comprenant les différents types de FIV disponibles, les femmes peuvent augmenter leurs possibilités de réussite et réduire ainsi la quantité de cycles nécessaires. En disposant de ces connaissances, les patientes peuvent être confiantes et espérer obtenir un résultat positif. Si vous avez besoin de l’aide d’un spécialiste, n’hésitez pas à prendre rendez-vous.
Transfert d'Embryon Unique vs. Transfert de Deux Embryons
La pratique habituelle, qui consiste à transférer un seul embryon, est surtout utilisée pour réduire la possibilité d’avoir une grossesse multiple (qui est toujours une grossesse à risque), mais aussi car on a observé que l’implantation de deux embryons peut réduire de plus d’un quart la possibilité d’être enceinte. Les études relatives à la culture d’embryons montrent que, dans ces cas-là, le corps a tendance à se centrer sur l’embryon de moindre qualité et à rejeter la grossesse.
Par ailleurs, lors des études réalisées, la probabilité de grossesse pour une FIV avec 2 embryons congelés de bonne qualité fait augmenter faiblement le taux de gestation par rapport au transfert d’1 seul embryon (en aucun cas, la probabilité ne double) alors qu’elle fait augmenter fortement le taux de grossesse multiple, qu’il faut toujours éviter, surtout pour les patientes de plus de 35 ans. C’est pourquoi, actuellement, la tendance consiste à congeler les embryons obtenus pour des transferts ultérieurs. Un après l’autre si le premier a échoué. Le fait de congeler des embryons peut donc être une option beaucoup plus envisageable que de placer 2 embryons dans l’utérus lors d’un seul transfert. En effet, la probabilité d’être enceinte augmente avec le nombre de transferts plus qu’avec le nombre d’embryons.
Le Transfert d'Embryons en Détail
Un transfert d’embryons est l’étape finale d’une fécondation in vitro (FIV). Lors d’un cycle de FIV, il est habituel qu’en stimulant les ovaires on obtienne plusieurs ovules et que ceux-ci, en les unissant aux spermatozoïdes, soient fécondés, donnant lieu ainsi aux embryons. Le transfert d’embryons consiste à placer l’embryon-que l’on a fertilisé en dehors de l’utérus- dans l’utérus. À présent, il ne s’agit plus d’un simple ovule, mais bien d’un embryon, d’un futur bébé. Cet embryon est chargé dans un cathéter que l’on passe à travers le vagin et le col de l’utérus jusqu’à la matrice, où il est déposé. Au vu de tout ce qui a été expliqué, la pratique actuelle consiste à transférer un seul embryon dans l’utérus de la femme. Il s’agit d’un processus réalisé dans un cabinet médical adjacent au laboratoire. Même s’il ne requiert presque jamais d’anesthésie, on peut avoir recours à la sédation dans certains cas pour détendre la patiente et les muscles lisses de l’utérus.
Comme nous l’avons mentionné auparavant, il n’y a aucun avantage à transférer plus d’un embryon, sauf pour réduire ce que l’on appelle «la fatigue de la patiente » (qui devrait se soumettre à un autre transfert si le premier échouait). Pour cela, nous devons choisir l’embryon le plus adéquat (cela signifie que, dans certains cas, il faut réaliser des tests génétiques sur les embryons afin de ne retenir que le plus adéquat). Malgré tout, il y a des situations très concrètes où l’on choisit deux embryons tout en étant conscients des risques qu’ils courent, surtout dans les cas où il y a eu des échecs préalables. C’est pourquoi, lorsque l’on dispose de nombreux embryons de très bonne qualité à transférer, il est habituel que la patiente se demande ce qu’il convient de faire. Doit-on tenter le transfert d’un embryon ou le transfert de deux embryons ?
La probabilité de positif lors du transfert d’1 embryon peut tourner autour de 60 %, même si l’intervalle dépendra de l’âge de la patiente. Si l’on tient compte de la probabilité cumulée de grossesse, celle-ci tournerait autour de 85 %, pouvant atteindre 98 % après trois tentatives de transferts disponibles ou cycles consécutifs. Comme indiqué auparavant, le transfert de deux embryons de très bonne qualité peut fortement augmenter les probabilités de grossesse multiple, mais peu les probabilités de grossesse.
L'Âge de la Femme et la Décision du Nombre d'Embryons
L’âge de la femme est une variable importante au moment de calculer la probabilité d’une grossesse naturelle. Ce n’est pas la même chose de vouloir être enceinte à 40 ans qu’à 23 ans, par exemple. Dans ce sens, la décision de transférer 1 ou 2 embryons à 40 ans peut dépendre de bien d’autres facteurs que celui des taux de réussite. Dans ces cas-là, avoir recours à des traitements comme la fécondation in vitro peut aider à augmenter ces probabilités. Pour une femme de moins de 35 ans, avec prélèvement de ses propres ovules, le taux de réussite de la FIV est de 55 % environ. Pour une femme de plus de 40 ans, le taux baisse à 27 % avec ses ovules, mais ce taux augmente lorsque l’on a recours aux ovules d’une donneuse.
Réduction du Risque de Grossesses Multiples
En choisissant de transférer 1 embryon au lieu de 2, on cherche à réduire le risque de grossesse multiple ainsi que les possibilités d’avoir des jumeaux avec une fécondation in vitro. Avoir une grossesse gémellaire après le transfert d’un embryon oscille entre 1 et 2 %, alors que le taux de grossesse multiple en transférant 2 embryons d’une patiente jeune peut osciller entre 25 et 30 %. Chez Eugin, nous sommes parvenus à réduire la probabilité de grossesse multiple pour les traitements de fécondation in vitro à 1 sur 100, et le transfert d’un seul embryon avec le soutien de la technologie time lapse est particulièrement conseillé pour des patientes ayant un bon pronostic.
Interprétation des Statistiques de Réussite de la FIV
En règle générale, ces statistiques indiquent un taux de réussite moyen compris entre 30 et 50 %. Dans la majorité des cliniques, les statistiques sont présentées pour différents groupes d’âge de la patiente, auquel cas les différences de taux de réussite en fonction de l’âge seront très importantes. En règle générale, plus la femme est jeune, plus les chances de réussite du traitement sont statistiquement élevées. À première vue, tout semble clair, mais si nous analysons les données présentées, il s’avère que les statistiques présentées n’incluent pas les cycles de FIV pour lesquels le transfert d’embryons n’a pas eu lieu pour diverses raisons.
Du point de vue de la patiente, les taux de réussite de la FIV devraient signifier la probabilité que votre traitement de FIV réussisse, c’est-à-dire qu’il aboutisse à une naissance vivante, ce qui est l’objectif du traitement. La plupart des cliniques européennes présentent les taux de réussite de la FIV sous la forme d’un pourcentage de patientes qui tombent enceintes. Toutes les patientes commençant le cycle de FIV n’auront pas d’embryons disponibles - c’est pourquoi les statistiques calculées sur le cycle de FIV commencé (incluant les cycles où aucun embryon n’a été obtenu) seront beaucoup plus faibles. De plus, les données présentées se concentrent généralement sur les chances statistiques de grossesse et non sur la naissance d’un enfant. C’est un autre élément qui réduira considérablement les statistiques - une moyenne de 10 % - après tout, la grossesse peut se terminer par une fausse couche. Du point de vue de la clinique de fertilité, les taux de réussite de la FIV signifient le plus souvent que la patiente est tombée enceinte, ce que l’on appelle les taux de grossesse car c’est l’objectif de la méthode de FIV. Cette approche est-elle éthique du point de vue du patient ? Cette façon de présenter les statistiques n’est-elle pas destinée à vendre de « faux espoirs » aux patients ?
Impact de l'Âge sur les Taux de Réussite
Le graphique ci-dessous (Graphique 1) montre que les indicateurs de performance changent significativement avec l’âge de la femme. Pour les femmes de moins de 35 ans, la probabilité de tomber enceinte (comptée par transfert d’embryon) est d’environ 54 %, mais déjà à 45 ans, elle n’est que d’environ 6 %. Si l’on tient compte des statistiques de naissances vivantes, elles seront d’environ 46% pour les moins de 35 ans et d’environ 2% pour les plus de 44 ans. Comme vous pouvez le voir, les différences statistiques entre grossesse et accouchement peuvent être importantes.
La situation est très différente lorsque l’on considère les taux de réussite du traitement par cycle commencé (Graphique 2) et non par transfert d’embryons. Dans ce cas, la probabilité de grossesse pour une femme de moins de 35 ans est d’env. 38% avec un taux de naissances vivantes de 33% alors que ces chiffres sont d’environ 3% et 1% respectivement pour une femme de plus de 44 ans. Ces valeurs sont bien inférieures aux taux de réussite de la FIV calculés par transfert d’embryon. Statistiquement, il existe un groupe de femmes d’âges divers dont les ovocytes ne sont pas prélevés dans le cadre de programmes in vitro et un autre groupe chez qui, malgré le prélèvement d’ovocytes, le transfert d’embryons n’a pas lieu. Ces groupes ne sont généralement pas inclus dans les statistiques présentées par les cliniques de FIV. Nous présentons ci-dessous une comparaison des taux de réussite de la FIV - grossesses par transfert d’embryon et par cycle de FIV entamé, qui illustre exactement la différence dans le taux de réussite du traitement (graphique 3).
Comme vous pouvez le voir, les différences de taux de réussite selon l’âge de la femme sont énormes. En moyenne, le pourcentage de programmes de FIV dans lesquels le transfert d’embryons n’a pas lieu pour diverses raisons est d’environ 10 à 30 % selon l’âge de la femme. Lors du calcul des taux de réussite de FIV basés sur les transferts d’embryons, les programmes de FIV qui se sont terminés plus tôt, et donc avant le transfert d’embryons, ne sont pas inclus dans ces statistiques. Voyons de quels chiffres il s’agit pour des intervalles d’âge spécifiques de la patiente. Bien entendu, il s’agit de statistiques moyennes sur la FIV pour tous les patients dont les causes d’infertilité ont été diagnostiquées. L’analyse a été préparée sur la base des données des CDC (Centers for Disease Control and Prevention) de 2015 et a impliqué plus de 90,000 cycles de FIV, répartis selon l’âge des femmes aux États-Unis.
Importance de la Présentation des Statistiques par Âge
En particulier, vous devez savoir comment les statistiques ont été calculées. Les taux de réussite de la FIV avec vos propres ovocytes doivent être présentés par âge de la femme. Habituellement, l’âge est divisé dans les tranches suivantes : <35, 35-37, 38-40, 41-42, 43-44 et plus de 44 ans. Pourquoi est-ce si important ? L’âge de la femme a un impact décisif sur le taux de réussite de la FIV. L’âge et le taux de réussite sont diamétralement opposés. L’âge d’une femme est beaucoup moins important dans le cas d’un programme de FIV utilisant les ovocytes d’une donneuse.
Les Étapes Clés du Processus de FIV
La partie la plus difficile du programme de FIV est le processus de stimulation et de fécondation des ovocytes et le développement de l’embryon. Pourquoi les cliniques omettent-elles généralement cette partie dans les statistiques relatives au taux de réussite du traitement ? Dans leur quête de taux de réussite élevés à présenter sur les sites web, les cliniques essaient d’afficher les valeurs les plus élevées possibles. C’est très difficile, surtout si les patients basent leurs calculs sur les statistiques que les cliniques présentent le plus souvent, à savoir les grossesses par transfert d’embryons. Ce sera un peu plus facile si nous basons les calculs sur les statistiques des naissances vivantes. Ce sera encore plus facile si les statistiques sont calculées à partir des naissances vivantes mais en tenant compte des cycles de FIV entamés pour un groupe d’âge spécifique.
Les étapes clés du processus de FIV sont :
- Qualification, préparation au programme de FIV, début de la prise de médicaments contraceptifs.
- Qualification, tests hormonaux et génétiques, analyse du sperme du partenaire.
- Début de la stimulation hormonale.
- Déduction du plan de stimulation pour récupérer le nombre d’ovocytes approprié.
- Ponction des ovocytes. Le plus souvent environ 2-3 jours après la fin du processus de stimulation.
- Évaluation de la qualité des ovocytes et fécondation des ovocytes avec le sperme d’un partenaire ou d’un donneur.
- Développement des embryons jusqu’à 3 ou 5 jours.
Taux de Réussite Cumulés et Limites du Nombre de Tentatives
Nous avons rédigé un article séparé sur les taux de réussite cumulés, que vous trouverez ici. Cependant, il est très difficile d’estimer le coût total du traitement. Même en connaissant la valeur cumulée du succès pour les 3 cycles de FIV, qui est par exemple de 82 %, la situation individuelle du patient a trop d’impact pour qu’un tel calcul puisse être effectué. Que signifie 82 % dans ce cas ? Cela signifie que sur 100 patientes, 82 donneront naissance à un enfant vivant. Malheureusement, personne ne connaît aujourd’hui la réponse à cette question.
La meilleure solution serait de vérifier le taux de réussite du traitement attendu de manière individuelle en tenant compte de votre âge, de la cause de l’infertilité et d’autres paramètres importants. Les cliniques n’offrent pas de telles options mais des calculateurs de FIV en ligne sont disponibles, qui peuvent prendre en compte ces paramètres. Nous avons vérifié le fonctionnement de ces calculatrices et les avons comparées avec l’article “Calculateurs de FIV - une comparaison complète”. Cela semble être une bonne solution pour les personnes qui souhaitent vérifier le taux de réussite attendu d’un traitement auprès d’une source indépendante.
De nombreux facteurs influencent le taux de réussite d’un programme in vitro utilisant les propres ovocytes de la patiente. Il s’agit, par exemple, de l’âge de la femme, de la situation médicale individuelle, des antécédents de traitement, de facteurs génétiques et autres. Rappelons que la qualité des ovocytes diminue avec l’âge de la femme : plus la patiente est âgée, moins bonne est la qualité de ses ovocytes.
Dans les cas où la cause d’échec paraît hors de portée de la FIV ou de l’ICSI (très mauvais sperme, très mauvaise réponse ovarienne) le nombre de tentatives doit être limité à 1 ou 2. Dans tous les autres cas, quand la cause de l’échec est difficile à préciser exactement, il faut garder espoir !
Surveillance et Normes de Qualité
La plupart des pays ont des organisations qui surveillent les cliniques en termes de normes de qualité et de taux de réussite du traitement de FIV. Une organisation américaine qui fournit des statistiques de FIV très précises aux États-Unis. L’agence relève du ministère de la Santé des États-Unis.
• à la 1ère FIV, sur 100 couples, 25 obtiennent une grossesse.
• il en revient 75 pour une 2ème tentative ; le taux de succès est de 21%, donc 16 ont une grossesse.
• il en revient 59 (100-41) pour une 3ème FIV dont le taux de succès est de 19% : donc 10 ont une grossesse. Et ainsi de suite ; on peut donc dire que sur 100 couples inclus dans un programme FIV, 51% obtiendront une grossesse au bout de 3 tentatives.Le taux cumulé thérorique de grossesse clinique est de 65% à la 5ème FIV (au bout de 2 ans de traitement environ) et de 82% à la 10ème FIV (au bout de 4 ans de traitement environ).Comme il y a beaucoup d'arrêt du développement embryonnaire (fausse-couche), il est préférable de tenir compte du taux cumulé d'accouchement.
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