L'approche du terme de la grossesse est souvent synonyme d'impatience et de nombreuses questions. La date prévue d’accouchement (DPA), annoncée lors de la première échographie, marque le début du compte à rebours, mais il est important de se rappeler que très peu de bébés naissent exactement à cette date. Alors, que nous disent les statistiques sur les accouchements à 38 semaines de grossesse (SA) en France ? Cet article se propose d'examiner les données disponibles, les facteurs influençant le terme de l'accouchement, et les éléments à considérer lorsque l'on approche de cette étape cruciale.

La date d'accouchement: une estimation

La date d’accouchement reste une estimation. La DPA se base sur un cycle théorique de 28 jours avec ovulation à J+14. Or, chaque femme est différente, et cette méthode laisse une marge d’erreur de 5 à 7 jours, même à l’échographie. C’est pourquoi les sages-femmes insistent sur le fait que cette date doit être vue comme un repère, non une échéance fixe.

En réalité, moins de 5 % des bébés naissent le jour exact de la DPA. Environ 70 % des femmes accouchent dans les 10 jours qui suivent la DPA. Environ 90 % accouchent entre 38 et 42 SA. Autrement dit : vous avez plus de chances de gagner au loto que d’accoucher à la date qu’on vous a donnée.

Statistiques générales sur le terme de l'accouchement

Les statistiques montrent une grande variabilité dans le terme d’accouchement. La moitié des femmes accouchent pendant la période optimale, entre 39 et 40 SA. Un quart des naissances surviennent un peu plus tôt, entre 37 et 38 SA, ce qui reste parfaitement normal. Le terme dépassé, après 41 SA, concerne environ 20% des grossesses.

Voici la répartition détaillée :

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  • Avant 37 SA (prématuré) : 7% des accouchements
  • 37-38 SA (terme précoce) : 23% des accouchements
  • 39-40 SA (terme) : 50% des accouchements
  • 41 SA (terme tardif) : 15% des accouchements
  • 42 SA et plus (post-terme) : 5% des accouchements

Il est important de noter que la grossesse est considérée à terme entre 37 et 42 SA. Environ 60 % des accouchements ont lieu dans la semaine autour de la DPA. Environ 15 % des grossesses vont au-delà de 41 SA et environ 1 % dépassent même 42 SA, nécessitant souvent un déclenchement.

Que se passe-t-il à 38 SA ?

Avec la 38e SA, vous vous trouvez dans la deuxième semaine du dixième mois. Lors de la 38e SA, votre bébé a encore pris un centimètre et mesure à présent 49 cm. Avec un poids estimé à 3 kg 100, il a déjà dépassé la barre des 3 kilos. La tête de bébé continue de se développer et présente une circonférence d'environ 32 cm. Jusqu'à la naissance, les poumons de l'enfant se préparent au moment décisif du premier souffle. Le surfactant pulmonaire, déjà formé, permet aux poumons de se déplier entièrement lors du premier souffle et de ne pas rester collés.

Au cours de la 38e SA, il est probable que vous ne perceviez pas beaucoup votre enfant bouger. À ce stade, l'enfant préfère se reposer et se préparer à la naissance imminente, sans oublier qu'il n'a plus beaucoup de place à disposition. Avec les petites contractions qui font descendre l'utérus, il s'est enfoncé dans le petit bassin et a déjà adopté sa position de naissance.

Lors des dernières visites qui précèdent la naissance, le médecin peut déterminer à l'aide d'une échographie, le cas échéant, si le placenta remplit toujours intégralement sa fonction. Cela permet de s'assurer que votre bébé reçoit toujours tout ce dont il a besoin. Si un dysfonctionnement du placenta est observé, le médecin peut décider de déclencher l'accouchement, après avoir minutieusement analysé la situation et pesé le pour et le contre d'une telle décision.

Facteurs influençant la date d'accouchement

Plusieurs facteurs peuvent influencer le terme de l'accouchement :

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  • La parité: Les primipares (premier bébé) accouchent souvent plus tard que les multipares (déjà mères). Pour un premier enfant, l’accouchement survient en moyenne trois jours après la DPA.

  • Les grossesses multiples: En cas de jumeaux ou triplés, l’accouchement intervient généralement plus tôt, souvent entre 36 et 38 SA.

  • Les antécédents: Si vous avez déjà accouché, votre prochain accouchement surviendra probablement à un terme similaire.

  • L’état de santé: Certaines pathologies de grossesse nécessitent parfois un déclenchement avant terme.

Dépassement de terme: faut-il s'inquiéter?

Non. Tant que vous êtes sous surveillance médicale, tout est sous contrôle. À partir de 41 SA, un suivi renforcé commence : monitoring, contrôle du liquide amniotique, et date de déclenchement possible si bébé ne se décide pas.

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Le dépassement de terme arrive quand même dans 15% des grossesses en France. Soit 15 futures mamans sur 100 accouchent après 41 SA Et 1% des futures mamans accouchent après 42SA. Le dépassement de terme implique donc un suivi médical renforcé. Vous aurez un suivi à la maternité tous les deux jours. Avec monitoring de contrôle pour s’assurer que bébé va bien et contrôle aussi de la quantité du liquide amniotique.

Préparer l'arrivée de bébé

L’attente peut sembler interminable. Tout d’abord, pourquoi vous dit-on que cela peut arriver un peu n’importe au 9ème mois de grossesse ? Cela est dû au fait que les niveaux de progestérone commencent à baisser. Or la progestérone a notamment pour rôle d’éviter à votre utérus de contracter. Toutefois, ce 9ème mois de grossesse n’a rien de superflu ! En particulier, le fœtus augmente son poids en développant des stocks de graisse. Bref, pour Bébé, l’idéal est qu’il reste bien au chaud pour finaliser sa préparation avant de venir au monde. Il suffit parfois d’une idée, une astuce pour changer la donne. C’est Bébé qui décidera quand il sera prêt à venir au monde. Il ne vous reste donc qu’une chose à faire : choisir comment vous occuper d’ici là.

Personnellement, j’aime m’occuper la tête au maximum pour ne pas m’impatienter. Evidemment, si vous en avez l’énergie, profitez-en pour fignoler vos derniers préparatifs. Vous pouvez aussi vous renseigner sur ce qui vous attend. La suite est difficile à appréhender, surtout la première fois. Cela peut s’avérer difficile d’atterrir après la naissance. la contraception que vous souhaitez après la naissance. Enfin, vous pouvez décider de vous reposer. Les jours juste après la naissance sont en fait plus fatigants que ceux juste avant. Dans tous les cas, vous êtes dans la dernière ligne droite.

Enquête Nationale Périnatale: un aperçu de la situation en France

L’Enquête Nationale Périnatale (ENP) est une source précieuse d’informations sur la santé des femmes enceintes et des nouveau-nés en France. Réalisée à intervalles réguliers, elle permet de suivre les évolutions des pratiques médicales et des indicateurs de santé périnatale.

Par exemple, l'ENP 2016 a mis en évidence des progrès dans la prise en charge de l'accouchement, avec une diminution des interventions médicales et un plus grand respect du déroulement physiologique. L'enquête révèle également des tendances concernant l'âge maternel, le poids des femmes enceintes, la consommation de tabac et d'alcool, ainsi que le recours à l'allaitement maternel.

L'ENP 2021 (publiée en octobre 2022 et mise à jour en juin 2023) fournit des données sur l'âge gestationnel et le poids de naissance en France métropolitaine, basées sur un échantillon de 12 235 naissances vivantes de femmes majeures. Ces données permettent de mieux comprendre les variations du terme de l'accouchement et les facteurs qui y sont associés.

Accouchement physiologique et interventions médicales

Il est important de souligner que la France a la plus forte fécondité d’Europe. Les femmes accouchent davantage dans des grosses maternités et dans des services de type 3. L’utilisation de l’oxytocine pendant le travail spontané a nettement diminué (58% à 44%) ainsi que l’épisiotomie (de 27% à 20%).

En 2016, près de 60 % des naissances sont réalisées par une sage-femme, soit une nette augmentation depuis 2010, où les sages-femmes ne réalisaient que 53,8 % des naissances. Parmi les femmes ayant accouché par voie basse, près de 89 % étaient allongées ou semi-allongées au début des efforts expulsifs, 95,5% étaient sur le dos.

Au sujet de la prise en charge de la douleur, les auteurs précisent : « En 2016, plus de 35 % des femmes ont rapporté avoir utilisé une méthode non médicamenteuse pour gérer la douleur durant le travail, seule ou en association avec une analgésie médicamenteuse. Ce pourcentage était de 14,3 % en 2010. Les méthodes utilisées ainsi que leur efficacité prouvée sont très variées (marche, postures, hypnose, acupuncture etc.).

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