L'âge moyen des femmes accouchant en France a connu une évolution significative au fil des décennies. Selon les données de l'Insee datant de 2023, les femmes accouchent en moyenne à 31 ans. Cette tendance à l'augmentation de l'âge de la maternité a débuté au milieu des années 1970, alors que l'âge moyen se situait autour de 26 ans et demi.
Évolution de l'âge à la maternité : un aperçu historique
Au début du XXe siècle, l'âge moyen à l'accouchement était de 29 ans et demi. À cette époque, les couples se formaient plus tardivement et avaient un nombre d'enfants plus élevé. Les naissances étaient plus fréquentes jusqu'à la fin de la période de fertilité des femmes, ce qui expliquait une moyenne d'âge plus élevée à l'accouchement. Le baby-boom des années 1950 et 1960 n'a pas modifié cette tendance. L'âge à l'accouchement a continué à diminuer avec la réduction de la proportion de familles très nombreuses. Par exemple, 14 % des femmes nées dans les années 1920 ont eu cinq enfants ou plus, une proportion qui a considérablement diminué pour les générations nées dans les années 1930.
La fin des années 1970 marque un tournant. L'âge de formation des couples augmente, et la scolarisation des jeunes filles progresse dès les années 1950. Elles intègrent massivement le marché du travail à partir des années 1970. Dans les années 1980, la montée du chômage et de la précarité rend l'intégration sur le marché du travail plus difficile. Le temps nécessaire pour obtenir une situation stable s'allonge. Le coût du logement augmente, compliquant davantage l'installation durable en couple. Cette période de vie plus longue entre le foyer parental et la formation d'une nouvelle famille reflète également un besoin d'autonomie des individus avant de s'engager dans des choix durables. Ce décalage explique en partie la baisse de l'indice conjoncturel de fécondité, qui suscite de nombreux commentaires. Cet indice, qui est une moyenne des taux de fécondité tous âges confondus, diminue mécaniquement lorsque les naissances sont reportées dans le temps.
Facteurs influençant l'âge à la maternité
Plusieurs facteurs contribuent à cette évolution de l'âge à la maternité :
- Facteurs sociaux et économiques : L'augmentation de la scolarisation des femmes, leur intégration sur le marché du travail, la précarité de l'emploi et le coût du logement sont autant de facteurs qui incitent les femmes à retarder leur projet de maternité.
- Évolution des normes sociales : La perception de l'âge "normal" pour avoir des enfants évolue, et il est de plus en plus accepté d'avoir des enfants après 40 ans.
- Besoins d'autonomie : La période entre le départ du foyer parental et la formation d'une nouvelle famille est souvent perçue comme un moment privilégié pour l'épanouissement personnel et la construction d'une identité propre avant de s'engager dans une relation durable et la maternité.
Le plafond biologique et les perspectives d'avenir
Gilles Pison, démographe à l'Ined, souligne que les couples pourraient se heurter à un plafond biologique : « Il n’est pas exclu que l’âge moyen de la maternité atteigne 32 ans, comme c’est déjà presque le cas en Espagne (31,9 ans en 2015). Mais il est peu probable qu’il augmente jusqu’à 35 ou 40 ans. La raison en est d’abord biologique. À trop attendre pour devenir mères, les femmes risquent de ne plus pouvoir enfanter quand elles le décident. Le risque moyen de ne pas avoir d’enfant croît vite avec l’âge : 4 % à 20 ans, 14 % à 35 ans, 35 % à 40 ans et près de 80 % à 45 ans ».
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Les avancées de la médecine pourraient-elles permettre de repousser ce plafond ? Pour l'instant, il n'y a aucun signe de ralentissement de cette tendance. La capacité physique à avoir des enfants n'est pas le seul facteur en jeu : il faut également que les normes sociales évoluent et qu'il soit considéré comme "normal" d'avoir des enfants après 40 ans, ce qui n'est pas encore tout à fait le cas, même si la situation est en train de changer. L'évolution de l'âge à la maternité dépendra en partie de facteurs économiques : une baisse durable du chômage et une modération des coûts du logement faciliteraient l'installation des jeunes couples et pourraient limiter la progression de l'âge de la maternité. Sans parler d'autres facteurs comme la situation internationale.
Statistiques détaillées sur le terme de l'accouchement
Pour les futures mamans, la date d'accouchement représente une préoccupation majeure dans le suivi de leur grossesse. La majorité des femmes accouchent entre 39 et 41 semaines d'aménorrhée (SA), avec une moyenne située précisément à 40 SA, soit environ 9 mois de grossesse. Les statistiques montrent une grande variabilité dans le terme d’accouchement. La moitié des femmes accouchent pendant la période optimale, entre 39 et 40 SA. Un quart des naissances surviennent un peu plus tôt, entre 37 et 38 SA, ce qui reste parfaitement normal. Le terme dépassé, après 41 SA, concerne environ 20% des grossesses.
Voici la répartition détaillée :
- Avant 37 SA (prématuré) : 7% des accouchements
- 37-38 SA (terme précoce) : 23% des accouchements
- 39-40 SA (terme) : 50% des accouchements
- 41 SA (terme tardif) : 15% des accouchements
- 42 SA et plus (post-terme) : 5% des accouchements
Fiabilité de la date prévue d'accouchement (DPA)
La date prévue d'accouchement (DPA) reste une estimation, calculée à partir de la date des dernières règles ou de l'échographie du premier trimestre. Cette date représente un repère, mais l'accouchement survient rarement exactement à ce moment. Nous observons une marge naturelle de deux semaines avant ou après la DPA.
Plusieurs facteurs influencent le terme de l’accouchement :
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- La parité : Les primipares (premier bébé) accouchent souvent plus tard que les multipares (déjà mères). Pour un premier enfant, l’accouchement survient en moyenne trois jours après la DPA.
- Les grossesses multiples : En cas de jumeaux ou triplés, l’accouchement intervient généralement plus tôt, souvent entre 36 et 38 SA.
- Les antécédents : Si vous avez déjà accouché, votre prochain accouchement surviendra probablement à un terme similaire.
- L’état de santé : Certaines pathologies de grossesse nécessitent parfois un déclenchement avant terme.
Primipare : Définition et spécificités
Primipare, voilà un mot du vocabulaire français que l'on découvre rarement avant d'être soi-même enceinte. C'est le terme employé pour désigner une femme qui n'a jamais accouché, ou début de grossesse. Une fois qu’une femme devient enceinte pour la première fois, elle est considérée comme primigeste, soit dans sa première grossesse quelle que soit la finalité de cette grossesse. c'est le terme qui convient pour une femme lors de sa première gestation. Il existe un défaut de langage sur le terme primipare qui, dans le langage populaire, évoque la première grossesse d'une femme. Or, Mylène Tortajada l’explique, dans les termes employés "il y a une différence entre grossesse et acte d’accouchement, même si nous les appelons les "primi" dans notre quotidien", confirme la sage-femme. Ainsi, la femme qui attend son premier enfant est bien primigeste et ne devient primipare qu'en salle de travail, quand elle a accouché effectivement de ce premier enfant. "On devient multipare, une fois qu’on a accouché de son deuxième enfant", poursuit Mylène Tortajada. Et ce terme prend également en compte les grossesses qui ont connu une interruption au-delà de 24 semaines de grossesse, puisqu'elles demandent un accouchement par voie basse.
Accompagnement et déroulement de la première grossesse
Une première grossesse est toujours une révolution dans la vie de parents. Les suivantes, selon le vécu, seront un peu différentes, les parents lâchent généralement un peu plus de lest sur les questionnements. "Bien évidemment cela dépend également du tempérament de la future maman, certaines sont plus angoissées, d'autres prennent les choses comme elles viennent. Sur le plan médical il n'y a aucune nécessité de programmer plus d'examens ou une surveillance accrue d'une femme enceinte, parce qu'il s’agit d'une première grossesse. Côté accompagnement, c'est un peu différent. Le besoin d'accompagnement est évalué pour et avec chaque femme, chaque couple, indépendamment des grossesses. « Une consultation spécifique, l'entretien prénatal précoce, est proposé à toutes les femmes enceintes, que ce soit une première grossesse, une seconde, une troisième… afin d'évaluer leurs besoins et leurs attentes, en terme d'accompagnement, de préparation à la naissance", rappelle la sage-femme. “C’est un accompagnement personnalisé. Il est fort probable que les femmes primigestes soient davantage en demande de préparation à la naissance, ce qui sera peut-être moins le cas pour une troisième grossesse. Néanmoins, la demande dans ce cas sera basée sur d'autres besoins.
Croyances populaires et réalité du premier accouchement
"Un premier bébé arrive toujours en avance", "Le premier va souvent jusqu'au terme »… Les croyances sur le sujet d'un premier accouchement se partagent généralement sans réelle confirmation. "Chaque femme est différente, et a un terme un peu prédéfini : certaines vont avoir tendance à accoucher 3 semaines avant la date prévue, d’autres dépasseront toujours leur terme… c'est un peu constitutionnel" reconnaît Mylène Tortajada. Le rang de la grossesse n'a donc que peu d'incidence sur la date du terme.
Un premier accouchement est-il forcément plus long ou plus pénible que les suivants ? Mylène Tortajada préfère rassurer les patientes : "En règle générale, oui un premier accouchement est souvent plus long car le corps doit s'adapter à cette première. Par ailleurs, la durée est un facteur individuel : pour certaines femmes, le travail sera rapide, pour d'autres plus long, plus laborieux… Mais la femme n'est pas responsable du déroulement de son accouchement. Et de rappeler que le corps de la femme est apte, naturellement préparé à accoucher, même s'il ne l'a jamais fait. "Notre travail de professionnel de santé revient surtout à intervenir si l'accouchement sort des lignes de la normalité. Mais un premier accouchement ne nécessite pas forcément notre intervention “technique”. Pour autant, la sage-femme présente et les autres professionnel.le.s exerçant en salle de naissance soutiennent et accompagnent autant que possible les futures mères”, conclut la sage-femme.
Focus sur la maternité Port Royal
En 2024, 11 % des patientes de la maternité Port Royal étaient âgées de 40 ans et plus contre 5 % en France (chiffre de l’ENP 2021, Enquête Nationale Périnatale 2021). La proportion de nullipares (femme n’ayant jamais accouché) était beaucoup plus élevée à Port-Royal qu’en France : 52 % vs 41 %. La proportion de femmes multipares (ayant déjà accouché) avec antécédent de césarienne était également plus élevée à Port-Royal qu’en France : 26 % vs 21 %.
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Depuis 2014, au sein de notre service de consultation, une sage-femme est dédiée à l’externalisation des patientes à bas risque (SFAO). Ce dispositif offre la possibilité d’un suivi de grossesse en dehors de la maternité. Ces patientes ont ainsi le choix en début de grossesse de se faire suivre à Port Royal ou en ville par une sage-femme, un médecin généraliste ou un gynécologue de leur choix. Dans ce cas, sauf urgence ou complications de la grossesse, elles ne sont revues à la maternité Port Royal qu’à 36 SA (fin du 8ème mois). Une étroite collaboration existe entre la maternité et le réseau ville-hôpital. Depuis le 1er mai 2014 la maternité Port Royal dispose d’une « salle nature » dédiée aux accouchements physiologiques. Cette salle est réservée aux patientes qui font le choix d’un accouchement sans péridurale et qui présentent des critères médicaux de bas risque bien définis.
Nous constatons un taux d’épisiotomie plus bas à Port Royal que dans la population générale en France aussi bien chez les nullipares (1er accouchement) que chez les multipares (patientes qui ont déjà accouché au moins une fois). En 2024, 11.7% de nos nullipares ont une épisiotomie, contre près de 16.5% au niveau national. Ce faible taux témoigne des efforts de nos équipes pour limiter le recours à ce geste, conformément aux recommandations sanitaires. Le recours à une analgésie loco-régionale (péridurale ou rachianesthésie) est plus élevé à Port Royal que dans la population générale en France. Le taux d’allaitement maternel exclusif à la sortie de la maternité est plus élevé par rapport à ce qui est observé en France : 65% contre 52%.
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