Staphylococcus epidermidis est une bactérieGram positive qui se trouve couramment sur la peau humaine. Bien qu'elle soit généralement considérée comme un commensal inoffensif, elle peut devenir pathogène dans certaines circonstances, en particulier chez les personnes immunodéprimées ou porteuses de dispositifs médicaux implantés. Pendant la grossesse, les changements physiologiques rendent les femmes plus sensibles aux infections, il est donc important de comprendre les risques potentiels associés à Staphylococcus epidermidis.
Infections urinaires pendant la grossesse et le rôle potentiel de Staphylococcus epidermidis
Les infections urinaires (IU) sont fréquentes pendant la grossesse, en raison de changements hormonaux et mécaniques qui favorisent la stase urinaire. Bien que Escherichia coli soit la bactérie la plus fréquemment impliquée dans les IU, d'autres bactéries, notamment Staphylococcus saprophyticus , Proteus mirabilis et Klebsiella pneumoniae, peuvent également être en cause. Plus rarement, des germes responsables d'urétrites, comme ceux retrouvés dans les infections sexuellement transmissibles (IST) (chlamydia, gonocoque), peuvent être impliqués.
Dans certains cas, Staphylococcus epidermidis peut être identifié comme l'agent causal d'une IU pendant la grossesse. Cependant, il est important de noter que Staphylococcus epidermidis est souvent considéré comme un contaminant dans les cultures d'urine, il est donc essentiel de distinguer une véritable infection d'une simple colonisation.
Risques associés aux infections urinaires non traitées pendant la grossesse
Les infections urinaires pendant la grossesse sont le plus souvent bénignes. Mais, si elles ne sont pas traitées, elles peuvent s'accompagner de complications. Une cystite mal soignée peut s'aggraver et remonter dans le rein, provoquant une pyélonéphrite caractérisée par de la fièvre et des douleurs lombaires et abdominales. Le passage des germes dans le sang peut être responsable de septicémies. Il y a alors un risque d'accouchement prématuré, de retard de croissance intra-utérin voire d'infection de l'enfant.
Dépistage et traitement des infections urinaires pendant la grossesse
Le dépistage de l'infection urinaire se fait par des tests urinaires répétés par des bandelettes, qui peuvent être proposés régulièrement durant la grossesse. Les tests par bandelette urinaire sont faciles à faire en particulier par la patiente elle-même. Ils dépistent la présence d'une augmentation dans les urines de globules blancs et de nitrites, témoin de la présence d'une infection urinaire.
Lire aussi: Traitements contre l'infection à staphylocoque de l'œil
Le traitement des cystites pendant la grossesse est le même que celui qui est proposée en dehors de la grossesse. Il repose sur la prise d'un traitement antibiotique. Le plus souvent, on met en place un traitement monodose sur un seul jour voire sur 3 à 5 jours. Le traitement est mis en place rapidement après la pratique d'un examen bactériologique des urines (ECBU) sans attendre les résultats de celui-ci. En fonction des résultats de cet examen, l'antibiotique peut-être secondairement modifié, si il ne correspond pas à la sensibilité du germe retrouvé (antibiogramme.) En cas de pyélonéphrite, une hospitalisation est en revanche nécessaire avec mise en place d'un traitement antibiotique par voie parentérale (intraveineux).
Il faut boire abondamment soit environ 2 litres de liquide par jour en particulier de l'eau. Il faut éviter les boissons agressives pour l'appareil urinaire comme des grandes quantités de thé ou de café. On peut augmenter le pouvoir bactériostatique des urines en acidifiant celles-ci par exemple par de l'eau citronnée. Le jus de cranberries est aussi indiqué.
Il faut penser à s'essuyer après les selles d'avant vers l'arrière. Il faut aussi aller uriner après les rapports. La stase urinaire peut aussi être évitée en allant fréquemment uriner. Il faut aussi éviter les traitements agressifs pour la flore vaginale comme des toilettes vaginales avec des savons trop agressifs. Une flore vaginale normale évite la prolifération de germes opportunistes qui pourraient remonter du vagin dans la vessie du fait d'un urètre court chez la femme et de la proximité de l'anus, du vagin et de l'orifice urétral.
Staphylococcus epidermidis et infections néonatales
Staphylococcus epidermidis est une cause fréquente d'infections nosocomiales chez les nouveau-nés, en particulier chez les prématurés. Ces infections peuvent être graves et entraîner une morbidité et une mortalité importantes. La transmission de Staphylococcus epidermidis au nouveau-né peut se produire par différentes voies, notamment :
- Transmission verticale : La bactérie peut être transmise de la mère au nouveau-né pendant la grossesse ou l'accouchement.
- Transmission horizontale : La bactérie peut être transmise par le personnel soignant, le matériel médical contaminé ou l'environnement hospitalier.
Facteurs de risque d'infection néonatale à Staphylococcus epidermidis
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque d'infection néonatale à Staphylococcus epidermidis, notamment :
Lire aussi: Traitement du staphylocoque infantile
- Prématurité : Les prématurés ont un système immunitaire immature et sont plus susceptibles de développer une infection.
- Faible poids à la naissance : Les nourrissons de faible poids à la naissance ont également un système immunitaire plus faible.
- Cathéters intraveineux : L'utilisation de cathéters intraveineux augmente le risque d'infection sanguine à Staphylococcus epidermidis.
- Ventilation mécanique : Les nourrissons sous ventilation mécanique sont plus susceptibles de développer une pneumonie à Staphylococcus epidermidis.
Diagnostic et traitement des infections néonatales à Staphylococcus epidermidis
Le diagnostic d'une infection néonatale à Staphylococcus epidermidis repose sur l'isolement de la bactérie à partir d'un échantillon clinique, tel que le sang, l'urine ou le liquide céphalo-rachidien. Le traitement consiste généralement en l'administration d'antibiotiques, tels que la vancomycine.
La vancomycine est un antibiotique glycopeptide tricyclique qui inhibe la synthèse de la paroi cellulaire des bactéries sensibles en se liant avec forte affinité à la terminaison D-alanyl-D-alanine des précurseurs de la paroi cellulaire. Le médicament est bactéricide sur les micro-organismes en division. La vancomycine présente une activité non dépendante de la concentration, avec le rapport de l'aire sous la courbe (ASC) de concentration divisée par la concentration minimale inhibitrice (CMI) de la bactérie cible comme principal paramètre prédictif d'efficacité. Sur base de données in vitro, de données chez l'animal et de données limitées chez l'homme, un rapport ASC/CMI de 400 a été établi comme étant la valeur cible PK/PD de l'efficacité clinique de la vancomycine.
La résistance acquise aux glycopeptides est plus fréquente chez les entérocoques et est basée sur l'acquisition de plusieurs complexes de gènes van qui modifient la cible D-alanyl-D-alanine en D-alanyl-D-lactate ou D-alanyl-D-sérine qui se lie faiblement à la vancomycine. Les gènes van ont été rarement retrouvés chez Staphylococcus aureus, où les modifications de la paroi cellulaire induisent une sensibilité "intermédiaire", qui est le plus souvent hétérogène. Aussi, des souches de Staphylococcus résistantes à la méticilline (SARM) avec sensibilité diminuée à la vancomycine ont été rapportées. La sensibilité diminuée ou la résistance à la vancomycine pour Staphylococcus n'est pas encore bien élucidée. Il n'existe pas de résistance croisée entre la vancomycine et d'autres antibiotiques mais il existe des résistances croisées avec d'autres antibiotiques glycopeptidiques tels que la téicoplanine.
La combinaison de vancomycine et d'un antibiotique de type aminoglycoside a un effet synergique contre de nombreuses souches de Staphylococcus aureus, de streptocoques du groupe D non-entérocoques, d'entérocoques et de streptocoques du groupe Viridans. La vancomycine est active contre de bactéries à Gram positif, tels que staphylocoques, streptocoques, entérocoques, pneumocoques et clostridies.
Prévention des infections néonatales à Staphylococcus epidermidis
Plusieurs mesures peuvent être prises pour prévenir les infections néonatales à Staphylococcus epidermidis, notamment :
Lire aussi: Traitement du staphylocoque doré après l'accouchement
- Hygiène des mains : Le personnel soignant doit se laver les mains fréquemment avec du savon et de l'eau ou utiliser un gel hydroalcoolique.
- Prévention des infections associées aux cathéters : Les cathéters intraveineux doivent être insérés et entretenus de manière aseptique.
- Utilisation judicieuse des antibiotiques : L'utilisation excessive d'antibiotiques peut favoriser l'émergence de souches résistantes de Staphylococcus epidermidis.
Vancomycine et grossesse
L'expérience concernant la sécurité de la vancomycine pendant la grossesse chez l'être humain est insuffisante. Cependant, la vancomycine traverse le placenta et l'on ne peut pas exclure un risque potentiel d'ototoxicité et de néphrotoxicité chez l'embryon ou le nouveau-né. Par conséquent, la vancomycine ne doit être prescrite chez la femme enceinte qu'en cas de nécessité absolue et les concentrations sanguines doivent être surveillées attentivement afin de minimiser le risque de toxicité pour le fœtus.
Dans une étude clinique contrôlée, les effets ototoxiques et néphrotoxiques potentiels du chlorhydrate de vancomycine sur les nourrissons ont été évalués lorsque le médicament a été administré à des femmes enceintes pour traiter des infections staphylococciques graves compliquant l'abus de médicaments par voie intraveineuse. Du chlorhydrate de vancomycine a été trouvé dans le sang du cordon ombilical. Aucune perte auditive neurosensorielle ou néphrotoxicité attribuable à la vancomycine n'a été observée. Un nouveau-né dont la mère avait reçu de la vancomycine au cours du troisième trimestre de grossesse a eu une perte d'audition conductive mais aucune relation de cause à effet n'a été établie.
VANCOMYCINE HIKMA est excrété dans le lait maternel humain et doit par conséquent n'être utilisé durant la période d'allaitement que si les autres antibiotiques se sont révélés défaillants.
Amniocentèse et risque d'infection
L'amniocentèse est une procédure invasive qui consiste à prélever du liquide amniotique pour analyse. Bien qu'elle soit généralement considérée comme sûre, elle comporte un faible risque de complications, notamment :
- Fausse couche : L'amniocentèse augmente légèrement le risque de fausse couche.
- Infection : L'introduction de bactéries dans la cavité amniotique peut entraîner une infection.
- Rupture des membranes : L'amniocentèse peut provoquer une rupture prématurée des membranes.
Dans le cas de Mme D…, une amniocentèse a été réalisée en raison de résultats d'échographie anormaux. Malheureusement, elle a subi une fausse couche peu de temps après. Bien que M. et Mme D… aient soutenu que la mort fœtale était due à une contamination par Staphylococcus epidermidis, l'expert a constaté que les germes étaient déjà présents dans l'organisme de Mme D… avant son hospitalisation.
tags: #staphylocoque #epidermis #placenta #risques
