Les parents sont toujours fascinés par les changements et les nouvelles compétences que leur enfant acquiert au fil du temps. Au début, avec seulement quelques réflexes et capacités vitales, le nourrisson apprend à un rythme étonnant. Cet article explore en détail les différentes étapes du développement du nourrisson, de la naissance à l'acquisition de l'autonomie.
Réflexes archaïques : les fondations du développement
Les réflexes archaïques sont des réactions involontaires présentes chez le nouveau-né, essentiels à sa survie et à son développement initial. Parmi les plus importants, on retrouve :
- Le réflexe de Moro ou d'embrassement : Lorsqu'il est brusquement mis sur le dos ou surpris, le nouveau-né écarte les bras et les doigts. Ce réflexe est crucial pour la première inspiration et favorise l'ouverture de la trachée.
- Le réflexe d'agrippement (grasping) : Hérité de nos ancêtres, ce réflexe permet au bébé de saisir fermement tout objet (ou un doigt) placé dans sa paume. Il disparaîtra progressivement pour laisser place à la préhension volontaire.
Ces réflexes disparaissent progressivement au cours des premiers mois, permettant le développement de mouvements volontaires et coordonnés.
Développement sensoriel : l'éveil au monde
Les sens du nourrisson jouent un rôle essentiel dans sa découverte du monde et son interaction avec son environnement.
La vue
À la naissance, les yeux sont entièrement développés, mais les zones cérébrales responsables du traitement des images ne le sont pas encore. Le nouveau-né ne voit donc clairement que les visages et les objets situés à une distance de 20 à 25 cm. Il est sensible à la lumière et à l'obscurité et tourne la tête vers les sources lumineuses.
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Entre 3 et 5 mois, l'enfant apprend à reconnaître les expressions faciales (joie, tristesse, étonnement). La vision binoculaire et la vision précise de loin se développent également. Il est important de stimuler la vision de l'enfant en lui présentant des objets colorés et en variant les distances.
L'ouïe
L'ouïe est bien développée dès la naissance. Les nouveau-nés entendent les sons presque aussi bien que les adultes, mais de manière un peu plus étouffée. Ils reconnaissent déjà les voix de leurs parents et de leurs frères et sœurs depuis la grossesse.
Vers 2 mois, l'enfant commence à tourner la tête vers les bruits intéressants. Il est fasciné par les sons aigus et aime écouter les voix familières de sa famille. Il est important de parler et de chanter à l'enfant pour stimuler son développement auditif et linguistique.
L'odorat et le goût
Très développé dès le départ, l'odorat aide le bébé à trouver le sein pour la première tétée. Les bébés sont capables de distinguer l'odeur de leur mère de celle des autres personnes. Leur nez est encore largement « vierge », il est donc préférable d'éviter les parfums forts au début.
Le goût est également présent dès la naissance, mais il se développe progressivement. Les bébés préfèrent naturellement les saveurs sucrées, mais ils apprennent rapidement à apprécier d'autres goûts.
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Le toucher
Le toucher est un sens essentiel pour le nourrisson. Il lui permet de découvrir son corps et son environnement, de se sentir en sécurité et de développer des liens affectifs avec ses parents. Les câlins, les massages et les jeux de contact sont importants pour le développement du bébé.
Développement moteur : l'acquisition de la mobilité
Le développement moteur du nourrisson est un processus progressif qui se déroule selon un schéma prévisible.
Les premiers mois
Au cours des 6 premiers mois, le bébé passe de la position fléchie à la position étendue. Au début, il fléchit encore beaucoup ses bras et ses jambes. Plus tard, les extrémités et le corps se déploient pour adopter une position plus droite.
Vers 2 mois, couché sur le ventre, le bébé doit pouvoir maintenir sa tête dans le prolongement du dos. Le contrôle de la tête est une étape importante du développement moteur, car il permet au bébé d'explorer son environnement et d'interagir avec les autres.
La tenue de tête évolue progressivement : inexistante à la naissance, on note un contrôle en position verticale à 2 mois et dans toutes les positions à 3 mois. En décubitus ventral, l’enfant arrive à soulever sa tête très précocement et peut la changer de côté à 1 mois. À 4 mois, la tenue de la tête doit être acquise.
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L'acquisition de la position assise
L'acquisition de la station assise est progressive. À 1 mois, tenu, le nourrisson a le dos rond. On note un début de tenue assise vers 4 mois avec support ; à 5 mois, la station assise est présente avec appui des mains vers l’avant. À 8-9 mois, la station assise autonome, sans support, est parfaite.
La marche
Se tenir debout n'est au début qu'un réflexe : le nourrisson tend ses jambes et semble se tenir debout, mais ce n'est que de courte durée. Vers 6 mois, le bébé amorce sa transition pour pouvoir se tenir debout tout seul et porter son propre poids lorsqu'on le met sur ses pieds.
L'acquisition de la marche se fait généralement entre 9 et 18 mois. La plupart des enfants marchent à quatre pattes ou rampent avant de se mettre debout. Certains enfants ont un mode de locomotion très particulier : ils se déplacent sur les fesses avec fréquemment une jambe repliée.
La motricité fine
La motricité fine doit d'abord se développer elle aussi. Au début, le bébé serre tout le temps les poings. Il ne peut pas encore tenir d'objets. Le fait qu'il saisisse par exemple les doigts est seulement dû au réflexe d'agrippement. Tout d'abord, il tient les objets à deux mains et avec toute la main.
Vers 4-5 mois, le nourrisson tend la main vers l’objet (préhension volontaire). Il existe un empaumement cubital vers l’objet. À 6 mois, il porte à la bouche, on note un empaumement médian. À 6 mois, il passe d’une main à l’autre et, à 9 mois, il manipule avec ses deux mains. Il existe une pince fine avec opposition pouce-index à partir de 9 mois.
Tableau récapitulatif du développement moteur
| Âge | Motricité |
|---|---|
| 1 mois | Réflexe de la marche automatique quand il est tenu debout |
| 2 mois | Soulève la tête à 45° |
| 3 mois | Allongé sur le ventre, le bébé s'appuie sur ses avant-bras. |
| 4 mois | Tient sa tête assis. Essaie d'atteindre les objets avec les mains. |
| 5 mois | Essaie de se retourner ventre-dos |
| 6 mois | Saisit ses pieds. Amorcer la transition pour pouvoir se tenir debout tout seul et porter son propre poids lorsqu'on le met sur ses pieds. |
| 7 mois | Tient le poids du corps sur une main pour saisir. |
| 8 mois | Tient seul assis. |
| 9 mois | Pivote sur ses fesses. |
| 10 mois | Se met debout. |
| 11-12 mois | Premiers pas. |
| 15 mois | Marche seul. |
Développement cognitif : l'émergence de la pensée
Le développement cognitif du nourrisson est un processus complexe qui implique l'acquisition de connaissances, de compétences et de capacités mentales.
Coordination oculo-manuelle
La coordination oculo-manuelle, ou coordination œil-main, est la capacité à coordonner le mouvement de la main avec la vision pour attraper ou lancer un objet. Elle se développe progressivement au cours de la première année de vie.
Compréhension
La compréhension est la capacité à établir des déductions par la répétition ou le raisonnement. Elle se développe également progressivement au cours de la première année de vie.
Expériences sensorimotrices
Les expériences sensorimotrices ont un rôle clé en apportant de nouvelles influences sur les processus cognitifs utilisés dans la résolution de tâches précises.
Attention partagée et conjointe
L’attention partagée est la capacité de l’enfant à regarder un objet que tient son parent et doit être acquise à 6 mois. L’attention conjointe est très importante à évaluer et doit être acquise à 9 mois : l’enfant regarde un objet que lui montre son parent.
Jeu symbolique
À 16 mois, l’enfant commence à jouer à « faire semblant » : il manipule les jouets selon des scénarios de plus en plus complexes. À 2 ans, il a des jeux symboliques comme jouer à la poupée et aux voitures en se racontant des histoires.
Développement affectif et social : l'établissement des relations
Le développement affectif et social du nourrisson est un processus essentiel qui lui permet de développer des liens avec les autres, d'exprimer ses émotions et de comprendre celles des autres.
Affectivité et sociabilité
L'affectivité et la sociabilité regroupent la capacité à réagir et interagir en fonction d'une émotion perçue. Elles se développent progressivement au cours de la première année de vie.
Le sourire social
Vers l’âge de trois mois, votre bébé vous offre son premier véritable sourire. Cette étape est un signe que votre bébé commence à se socialiser et à répondre à votre affection. Les sourires et les rires qui suivent sont les premières étapes vers la construction d’une communication émotionnelle entre vous et votre enfant.
Réactions négatives et angoisses
Vers 8 mois, le bébé peut manifester des réactions négatives et des angoisses, notamment l'angoisse de la séparation. Il s'agit d'une étape normale du développement, qui témoigne de l'attachement du bébé à ses parents.
Communication
Un sourire-réponse est présent dès 2 mois. Les premières vocalises apparaissent vers 2 mois (gazouillis) ; le nourrisson rit aux éclats vers 4 mois. La qualité du contact et l’intérêt du regard sont les premiers indices de capacités de communication. À 9 mois, le nourrisson réagit à son prénom. Il apprécie jouer à « coucou le voilà ». Le pointage du doigt pour montrer un objet ou pour le réclamer apparaît dès 9 mois et doit être acquis à 16 mois. À 1 an, l’enfant utilise les gestes sociaux comme « au revoir », « coucou ».
Développement du langage : les premiers mots
Le développement du langage est un processus progressif qui commence dès la naissance. Les bébés communiquent d'abord par des pleurs, des gestes et des expressions faciales. Puis, ils commencent à gazouiller, à babiller et à prononcer leurs premiers mots.
Les premières vocalises
Au cours du 2ème mois, votre bébé commence à émettre quelques vocalises (aaa, eee…) exprimant son plaisir : ce sont ses toutes premières expressions langagières.
Babillage
À mesure que votre bébé interagit plus fréquemment avec les autres, il commence à comprendre et à réagir aux expressions émotionnelles. Cette intelligence émotionnelle est cruciale pour le développement des relations. Votre bébé commence à babiller activement, expérimentant avec des sons et parfois même en formant des syllabes qui ressemblent à de véritables mots.
Compréhension des premiers mots
La compréhension des premiers mots survient entre 8 et 10 mois. L’enfant comprend un ordre simple en contexte vers 15 mois et hors contexte vers 30 mois.
Premiers mots
Sur le versant expressif, le babillage notamment canonique (redoublement des syllabes qui apparaît entre 6 et 7 mois) a valeur de langage et précède l’apparition des premiers mots entre 10 et 12 mois. L’augmentation du nombre de mots est variable d’un enfant à l’autre. En moyenne, l’enfant à 15 mois possède dix mots ; entre 18 à 24 mois, l’enfant arrive à une masse critique de cinquante mots, il est alors capable d’apprendre entre quatre et dix mots nouveaux par jour.
Rythme de sommeil
Chez le nouveau-né, il dort beaucoup, environ 16 heures par jour. Les périodes d’éveil s’effectuent sous forme d’état de veille agitée. Il n’y a pas de différence jour-nuit. Entre 1 et 6 mois, c’est la période où le sommeil évolue le plus rapidement avec apparition d’une périodicité jour-nuit, d’une maturation EEG des ondes de sommeil et apparition de rythmes circadiens de la température, du pouls, de la respiration et des sécrétions hormonales. À 3 mois, la durée moyenne de sommeil est de 15 heures dont 9 heures de sommeil nocturne. De 4 à 12 ans, on note une réduction du temps total de sommeil ; le sommeil devient uniquement nocturne avec augmentation du sommeil lent profond en début de nuit.
Acquisition de la propreté
Chez le nouveau-né, la miction est un acte réflexe. Le contrôle volontaire ne débute pas avant 15 à 18 mois. L’acquisition de la propreté est dépendante de l’âge d’initiation de l’éducation à la propreté : il faut tenir compte de ce facteur clé pour juger de l’âge d’acquisition de la propreté. L’enfant peut prévenir et utiliser un pot à 18 mois. À 2 ans, il est propre le jour avec des accidents occasionnels et commence à être propre la nuit. Cependant, l’âge de la propreté nocturne est variable.
Comment accompagner le développement de son enfant ?
- Stimuler les sens de l'enfant : Parler, chanter, lire des histoires, proposer des jeux de textures et de couleurs.
- Encourager la motricité libre : Laisser l'enfant explorer son corps et son environnement à son propre rythme, sans le forcer à adopter des positions qu'il n'est pas encore prêt à maîtriser.
- Répondre aux besoins de l'enfant : Être attentif à ses signaux de faim, de fatigue, de besoin de réconfort.
- Créer un environnement sécurisant et stimulant : Offrir à l'enfant un espace où il peut se sentir en sécurité et explorer le monde qui l'entoure.
- Favoriser les interactions sociales : Encourager l'enfant à interagir avec d'autres enfants et adultes.
- Être patient et bienveillant : Chaque enfant se développe à son propre rythme. Il est important de ne pas comparer son enfant aux autres et de l'encourager à progresser à son propre rythme.
Quand s'inquiéter ?
Il est légitime de se demander si son enfant se développe normalement. Chaque enfant avance à son rythme et il est bien souvent inutile de s’inquiéter. D’ailleurs, il est assez courant que des enfants soient en avance sur certaines aptitudes comme le langage par exemple, tandis qu’ils présentent quelques retards sur d’autres facultés comme la motricité ou la propreté. Il est donc important d’envisager globalement les stades de développement pour notamment déceler un retard qui peut devenir problématique.
Cependant, certains signes peuvent alerter et nécessiter une consultation médicale :
- Absence de sourire social après 3 mois.
- Difficultés à tenir la tête à 4 mois.
- Absence de réaction aux sons à 6 mois.
- Absence de babillage à 9 mois.
- Absence de marche à 18 mois.
- Absence de mots à 2 ans.
- Régression des acquisitions.
Troubles du développement
Dans certains cas, des troubles du développement peuvent être diagnostiqués. Il convient toutefois de préciser que le terme de « retard » est un terme trompeur qui laisse supposer un rattrapage ; or, le plus souvent, les difficultés seront persistantes.
Parmi les troubles du développement les plus fréquents, on retrouve :
- Déficience intellectuelle : Le déficit des fonctions intellectuelles concerne plusieurs domaines comme le raisonnement, la résolution de problème, la planification, la pensée abstraite, le jugement.
- Troubles du spectre autistique (TSA) : L’autisme au sens générique du terme est considéré aujourd’hui comme un trouble d’origine neurodéveloppementale dont les signes psychopathologiques principaux se manifestent par des perturbations dans l’interaction et la communication sociale accompagnées également de comportements répétitifs et stéréotypés (DSM-5). Il faut éliminer une exposition du nourrisson aux écrans (télévision, tablette…) qui est susceptible d’entraîner des troubles du comportement (intolérance à la frustration) et une pauvreté des interactions sociales.
- Troubles spécifiques des apprentissages (TSA) : Ce sont des troubles neurodéveloppementaux qui entraînent des anomalies cognitives perturbant les acquisitions (langage, motricité, apprentissage de la lecture, des mathématiques ou de l’écriture) en l’absence de déficience intellectuelle (diagnostic différentiel), en l’absence de trouble sensoriel ou neurologique, chez un enfant normalement socialisé et scolarisé. Leur étiologie est actuellement considérée comme complexe, plurifactorielle avec des facteurs génétiques et environnementaux.
- Troubles spécifiques du langage oral (TSLO) : Le retard de langage est un motif de consultation fréquent à l’âge préscolaire et est le signe d’appel le plus fréquent des TSLO. Il évolue favorablement avec une rééducation orthophonique bien conduite permettant l’acquisition d’un langage bien structuré et efficient.
- Trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) : Le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité est un trouble neurodéveloppemental caractérisé par un niveau inapproprié d’attention, d’impulsivité et d’hyperactivité motrice.
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