L'infertilité masculine est une préoccupation croissante, et l'analyse du sperme, ou spermogramme, est un examen clé pour évaluer la fertilité masculine. Ce test évalue divers paramètres du sperme, notamment le nombre de spermatozoïdes par millilitre (ml), leur mobilité, leur morphologie et d'autres caractéristiques importantes. L'abstinence sexuelle avant le spermogramme joue également un rôle crucial dans la précision des résultats. Cet article explore en détail la relation entre le nombre de spermatozoïdes par ml, les jours d'abstinence et leur impact sur la fertilité masculine.
Le spermogramme : un examen essentiel de la fertilité masculine
Le spermogramme est l'examen de base réalisé chez l'homme en cas d'infertilité du couple. Il est systématiquement prescrit dans le cadre d'un bilan d'infertilité, généralement après 12 mois de rapports sexuels réguliers non protégés sans conception. Cet examen permet de déterminer si la cause de l'infertilité est masculine ou non.
Comment se déroule un spermogramme ?
L'examen suit plusieurs étapes :
- Questionnaire préalable : Un questionnaire est rempli avant le recueil pour aider à l’interprétation des résultats, en tenant compte de l’environnement professionnel, de la prise de médicaments, de la consommation de tabac, etc.
- Recueil du sperme : Le prélèvement s’effectue par masturbation dans une salle dédiée du laboratoire, après une toilette intime appropriée. La présence de la conjointe est possible, mais celle-ci devra respecter les consignes d’hygiène préconisées.
- Analyse macroscopique : Observation des caractéristiques physiques du sperme, telles que le volume, la viscosité et le pH. Le sperme coagulé doit se liquéfier à température ambiante pour permettre l'étude.
- Analyse microscopique : L’analyse microscopique évalue plusieurs paramètres essentiels :
- Concentration des spermatozoïdes : Un spermogramme normal contient ≥ 16 millions de spermatozoïdes/ml et ≥ 39 millions par éjaculat (OMS 2021). Une concentration faible (oligospermie) ou une absence totale de spermatozoïde(s) (azoospermie) peut indiquer un trouble de la fertilité.
- Mobilité des spermatozoïdes : Trois types de mobilité sont analysés :
- Progressive : spermatozoïdes qui avancent en ligne droite.
- Non progressive : spermatozoïdes qui bougent, mais sans déplacement efficace.
- Immobiles : spermatozoïdes sans mouvement. La mobilité progressive doit être ≥ 32 % pour être considérée comme normale.
- Morphologie des spermatozoïdes : Analyse de la forme des spermatozoïdes sous microscope après coloration. Selon les critères OMS 2021, ≥ 4 % des spermatozoïdes doivent être normaux. Une anomalie morphologique importante (tératozoospermie) peut impacter la fécondation naturelle.
- Vitalité des spermatozoïdes : Permet d’évaluer la proportion de spermatozoïdes vivants. Une valeur normale est ≥ 54 % de spermatozoïdes vivants. Une nécrozoospermie (trop de spermatozoïdes morts) peut nécessiter un examen complémentaire (spermoculture).
- Présence de cellules anormales ou de germes : Détection d’éventuels globules blancs en excès, signe d’une inflammation. Présence de cellules immatures pouvant indiquer un problème de maturation. Si une infection bactérienne est suspectée, une spermoculture sera demandée.
- Interprétation des résultats : Les résultats sont généralement disponibles sous 7 jours. Un deuxième spermogramme peut être prescrit après 3 mois pour confirmer les résultats. Si des anomalies sont détectées, le médecin peut demander d’autres examens (bilan hormonal, test génétique, échographie testiculaire…).
Préparation au spermogramme
Pour garantir la fiabilité des résultats, il est essentiel de respecter certaines consignes avant le spermogramme :
- Abstinence sexuelle : Un délai d’abstinence sexuelle de 2 à 7 jours est recommandé.
- Hygiène : Le patient doit uriner avant de procéder au recueil afin d’éliminer tous les germes présents dans le canal de l’urètre. Il est également demandé de bien se laver les mains et la verge avec des compresses stériles et une solution désinfectante.
- Éviter les bains chauds : Il est conseillé de ne pas prendre de bain chaud pendant les jours qui précèdent le recueil.
Nombre de spermatozoïdes par ml : un indicateur clé de la fertilité
La concentration de spermatozoïdes, mesurée en millions par millilitre (ml), est un paramètre fondamental du spermogramme. La valeur normale est de 15 millions de spermatozoïdes pour chaque millilitre de volume d’éjaculat ou de 39 millions pour l’ensemble de l’échantillon. Un nombre de spermatozoïdes inférieur à ces seuils peut indiquer une oligospermie, qui peut être classée en différents niveaux de gravité :
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- Oligospermie extrême ou cryptospermie : < 100 000/ml
- Oligospermie sévère : < 5 millions/ml
- Oligospermie : < 15 millions/ml
L'azoospermie, quant à elle, est l'absence totale de spermatozoïdes dans l'éjaculat.
Facteurs affectant le nombre de spermatozoïdes
Plusieurs facteurs peuvent influencer le nombre de spermatozoïdes, notamment :
- L'abstinence sexuelle : La durée de l'abstinence sexuelle avant le spermogramme a un impact direct sur le nombre de spermatozoïdes. Une abstinence trop courte peut entraîner un nombre de spermatozoïdes plus faible, tandis qu'une abstinence trop longue peut augmenter le volume de l'éjaculat mais potentiellement diminuer la mobilité des spermatozoïdes.
- Les infections : Une infection des voies génitales peut affecter la production et la qualité des spermatozoïdes.
- Les troubles hormonaux : Des déséquilibres hormonaux peuvent perturber la spermatogenèse, le processus de production des spermatozoïdes.
- Les facteurs environnementaux : L'exposition à des toxines environnementales, à la chaleur excessive ou à des radiations peut nuire à la production de spermatozoïdes.
- Le style de vie : Le tabagisme, la consommation excessive d'alcool, l'obésité et le stress peuvent avoir un impact négatif sur la fertilité masculine.
- Les anomalies génétiques : Des anomalies chromosomiques peuvent affecter la production de spermatozoïdes.
- Le varicocèle : La présence d'un varicocèle, une dilatation des veines du cordon spermatique, peut entraîner une augmentation de la température testiculaire et nuire à la spermatogenèse.
Impact des jours d'abstinence sur les résultats du spermogramme
La durée d'abstinence sexuelle avant le spermogramme est un facteur important à prendre en compte pour obtenir des résultats fiables. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande une abstinence de 2 à 7 jours.
Pourquoi l'abstinence est-elle importante ?
L'abstinence permet d'accumuler un nombre suffisant de spermatozoïdes dans l'éjaculat, ce qui permet une évaluation plus précise de la concentration. Cependant, une abstinence trop longue peut entraîner une augmentation du volume de l'éjaculat, mais aussi une diminution de la mobilité des spermatozoïdes.
Recommandations concernant l'abstinence
Il est essentiel de suivre les recommandations du laboratoire concernant la durée d'abstinence. Un délai d’abstinence sexuelle de 2 à 7 jours est recommandé pour garantir la fiabilité des résultats.
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Autres paramètres importants du spermogramme
Outre le nombre de spermatozoïdes, d'autres paramètres sont essentiels pour évaluer la fertilité masculine :
- Mobilité : La mobilité des spermatozoïdes, c'est-à-dire leur capacité à se déplacer de manière progressive, est cruciale pour atteindre et féconder l'ovule. La mobilité progressive doit être ≥ 32% pour être considérée comme normale.
- Morphologie : La morphologie des spermatozoïdes, c'est-à-dire leur forme, est également importante. Selon les critères OMS 2021, ≥ 4% des spermatozoïdes doivent être normaux.
- Vitalité : La vitalité des spermatozoïdes, c'est-à-dire la proportion de spermatozoïdes vivants, doit être de 58% minimum. Si on a moins de 30% de spermatozoïdes vivants, on parle de nécrospermie.
- Volume de l'éjaculat : Le volume de l’éjaculat doit normalement être compris entre 1,5 et 6 ml. Un volume trop faible ou trop élevé témoigne d’un dysfonctionnement de la prostate et des vésicules séminales. Un volume inférieur à 1,5 ml est en lui-même source de problème, essentiellement à cause d’un mauvais contact glaire/sperme. D’autre part, le sperme possède un pouvoir tampon, c’est-à-dire qu’il a pour rôle de neutraliser l’acidité vaginale (pH 3). Les petits volumes auraient en plus un pouvoir tampon diminué qui participerait également à l’infertilité. Une augmentation du volume de l’éjaculat doit faire rechercher une infection des glandes annexes (vésicules séminales, prostate). Elle peut aussi être due à une abstinence trop longue.
- pH : Il est généralement compris entre 7,2 et 8 et dépend de la sécrétion des glandes annexes. Un résultat anormal provient généralement d’une atteinte au niveau de ces glandes.
- Présence d'anticorps anti-spermatozoïdes : La présence de spermatozoïdes agglutinés (en paquets) dans le sperme doit faire rechercher des anticorps antispermatozoïdes. On estime que 3 à 15% des hommes infertiles en sont porteurs. Leur origine est mystérieuse. Elle est parfois due à une infection chronique des voies génitales, des séquelles d’intervention chirurgicale sur les voies génitales, un traumatisme à l’occasion d’un sport (football, rugby), le vélo peut être aussi être en cause, mais la plupart du temps, il n’y a aucune explication. La production d’anticorps anti-spermatozoïdes durera aussi longtemps que celle des spermatozoïdes eux-mêmes. Aucun traitement n’est connu à ce jour.
- Présence de leucocytes : Le taux de leucocytes dans le sperme doit être inférieur à 1 millions/ml ; dans le cas contraire on parle de leucospermie qui est fréquemment un marqueur d’infection.
Examens complémentaires
Si le spermogramme révèle des anomalies, d'autres examens peuvent être prescrits pour approfondir l'évaluation de la fertilité masculine :
- Test de migration survie (TMS) ou test de capacitation : Le TMS est prescrit avant une prise en charge en Assistance Médicale à la Procréation (AMP). Il permet d’évaluer la capacité des spermatozoïdes à survivre et se déplacer dans des conditions similaires à celles du tractus génital féminin et d'orienter le couple vers la technique d’AMP la plus adaptée.
- Spermoculture : La spermoculture est un examen bactériologique recherchant d’éventuelles infections du sperme.
- Bilan hormonal : Le médecin peut demander un dosage de la FSH (stimulation des cellules de Sertoli qui produisent les spermatozoïdes), de la testostérone, parfois complété d'une inhibine b.
- Caryotype : Le caryotype correspond à l’étude des chromosomes de l’homme.
- Test de fragmentation de l'ADN spermatique : Ce test évalue l'intégrité de l'ADN des spermatozoïdes. Un ADN fragmenté peut affecter la fertilité et augmenter le risque de fausse couche.
- Échographie testiculaire : L'échographie testiculaire permet de visualiser les testicules et de détecter d'éventuelles anomalies, telles qu'un varicocèle.
Améliorer la qualité du sperme
Plusieurs mesures peuvent être prises pour améliorer la qualité du sperme :
- Adopter un mode de vie sain : Arrêter de fumer, limiter la consommation d'alcool, maintenir un poids santé et gérer le stress peuvent avoir un impact positif sur la fertilité masculine.
- Adopter une alimentation équilibrée : Une alimentation riche en antioxydants, en vitamines et en minéraux peut favoriser la production de spermatozoïdes sains.
- Éviter l'exposition à la chaleur excessive : Éviter les bains chauds, les saunas et les vêtements trop serrés peut aider à maintenir une température testiculaire optimale.
- Traiter les infections : Si une infection des voies génitales est détectée, un traitement antibiotique peut être prescrit.
- Consulter un spécialiste : Si des problèmes de fertilité persistent, il est important de consulter un andrologue, le médecin spécialiste des pathologies de l’appareil génital de l’homme, afin de déterminer la cause du problème et de mettre en place un traitement adapté.
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