La masturbation, souvent entourée de tabous et de mythes, est une pratique sexuelle solitaire qui suscite de nombreuses questions. Cet article explore en profondeur la relation entre la masturbation et les spermatozoïdes, en s'appuyant sur des études scientifiques et des avis d'experts.

La masturbation : une pratique naturelle et répandue

La masturbation est une pratique répandue chez les humains et les animaux. Une étude de la docteure Matilda Brindle analyse les comportements masturbatoires de nos plus proches cousins, les primates. La masturbation, souvent taboue, est en réalité une pratique naturelle et commune à quasi tous les mammifères. Selon Le Robert, « la masturbation est une pratique qui consiste à provoquer (sur soi-même ou sur un, une partenaire) le plaisir sexuel par des contacts manuels [ou à l’aide d’objets divers] ».

L'histoire évolutive de la masturbation

Le premier élément de recherche de la docteure Matilda Brindle est la datation de la masturbation. Si répandue, la pratique ne fait pour autant que très peu objet d’analyse (qu’elle soit animale ou humaine). Pour autant, l’étude des pratiques sexuelles est essentielle pour penser l’évolution humaine. S’intéressant ainsi aux similitudes manifestement fortes entre l’Homme et le Singe, l’équipe de recherche a ainsi découvert un ancêtre commun à l’origine de la masturbation. « Aucun individu des deux espèces ne s’est réveillé un jour et s’est mis à se masturber », nous dit Matilda Brindle, « c’est une habitude très ancienne qui s’est installée et transmise progressivement au cours de l’évolution ». Pratiquée dès l’ère de l’Eocène, la masturbation était un moyen efficace pour permettre une reproduction plus rapide. Nos ancêtres utilisaient ainsi la masturbation avant l’accouplement pour pouvoir rapidement rendre la femelle féconde et ainsi éviter, pour les mâles de rangs inférieurs, de se faire interrompre par des mâles plus dominants.

L'impact de la masturbation sur la qualité du sperme

Ces études ont permis de comprendre que la masturbation permettait également de « garder les spermatozoïdes en forme ». L’homme tout comme le singe, après masturbation, détiendrait une semence de meilleure qualité, qui permettrait ainsi d’établir une augmentation du succès reproductif masculin. Pour les hommes, la masturbation permet d’améliorer la qualité du sperme. En effet, des scientifiques ont remarqué grâce à une étude, que jouer avec soi-même avant un rapport sexuel entraînait une baisse de la quantité de sperme produite, mais les spermatozoïdes avaient plus de chance de féconder l’ovule. Karine Artaud explique que si les épisodes de masturbation sont très rapprochés, "le sperme peut ne pas être complètement de qualité. Dans ce cas, le sperme est plus clair, plus fluide et contient moins de spermatozoïdes mais ça ne veut pas dire qu'il n'y en a pas. Quand il est plus laiteux, là il y a une quantité prononcée de spermatozoïdes."

Masturbation et santé masculine

Une autre équipe de chercheurs a découvert un lien entre la masturbation et le cancer de la prostate. En effet, un homme ayant une fréquence de masturbation élevée aurait un plus faible risque de développer un cancer de la prostate, car l’éjaculation permettrait d’évacuer des composantes cancérogènes.

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Les bienfaits de la masturbation

Que l’on soit un homme ou une femme, se faire plaisir soi-même peut faire énormément de bien à notre organisme, rapporte le site Gentside. La vidéo présentée ci-dessous montre que la masturbation est bien meilleure pour la santé que ce que l’on peut imaginer. En effet, en plus d’être une activité très agréable, c’est un bon moyen de connaître son propre corps. De plus, lors d’un orgasme, le cerveau humain libère des hormones qui sont bénéfiques. La dopamine, responsable de la sensation de bien-être, mais aussi les endorphines qui diminuent les sensations douloureuses et le stress. La masturbation peut avoir de nombreux bienfaits sur le plan physique et psychologique : elle permet de mieux comprendre son corps, ses désirs et ses limites, pour mieux guider ses partenaires ; elle booste l’estime de soi et permet d'avoir un regard plus positif sur son corps ; elle améliore l'humeur générale et soulage les tensions sexuelles ; elle favorise l'endormissement et améliore la qualité du sommeil ; elle permet de réduire le stress et l'anxiété ; elle soulage certaines douleurs, notamment menstruelles ; elle renforce le système immunitaire ;etc.

Les risques de la masturbation excessive

Si la masturbation est généralement considérée comme saine, une pratique excessive peut entraîner des problèmes. "Si vous ne parvenez pas à vous empêcher de vous masturber et / ou que vous ne ressentez plus de plaisir lorsque vous passez à l'acte, il faut s'interroger", note l'experte Charlotte Methorst. La masturbation excessive comporte en effet des risques non-négligeables : une irritation temporaire des parties génitales, voire des douleurs ; des thromboses superficielles au niveau du pénis (thrombose de Mondor) ; un risque plus important de blessures lié à l'utilisation très régulière de jouets comme des anneaux péniens, des pompes à pénis ou encore des godes ; un stress plus important et une certaine irritabilité, voire un manque de concentration ; une baisse de l'estime de soi et un isolement social ; des disputes de couple, "car l'excès de masturbation peut dérégler notre seuil d'excitabilité et impacter notre capacité à prendre du plaisir avec un(e) partenaire", souligne Charlotte Methorst ;etc.

Masturbation à sec

On ne le sait pas toujours mais la masturbation ne mène pas toujours à l'éjaculation. "On peut avoir des masturbations à sec avec très peu d'érection, nous confie la psycho-sexologue. L'homme a alors du plaisir, un orgasme même, mais sans éjaculation." Ce phénomène n'est néanmoins pas très fréquent.

Absence d'éjaculation lors de la masturbation : quand s'inquiéter ?

Kabin, 15 ans, demande : "Quand je me masturbe, je n'arrive pas à éjaculer. Est-ce normal ?" La réponse de l'expert, Catherine Solano, médecin, sexologue et andrologue, est que cela dépend de plusieurs éléments :

  • L'âge: Si vous êtes très jeune et que votre puberté n'est pas suffisamment avancée, il est normal de ne pas éjaculer. Le corps a besoin d'un certain degré de maturité physique pour que cela se produise.
  • Les traitements médicamenteux: Certains médicaments, en particulier les antidépresseurs, ont tendance à bloquer l'éjaculation.
  • La santé: Certaines maladies neurologiques, y compris le diabète, peuvent entraîner des anomalies de fonctionnement dans le réflexe éjaculatoire.
  • La chirurgie: Une opération du petit bassin peut entraîner des difficultés d'éjaculation par la suite. Par exemple, une opération pour cancer de la prostate entraîne une impossibilité à éjaculer.
  • Le psychisme: Certains hommes ont un blocage psychique pour éjaculer, simplement parce qu'ils ne se laissent pas aller au plaisir.

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