Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un trouble hormonal courant qui touche de nombreuses femmes en âge de procréer. Ce syndrome peut avoir un impact significatif sur la fertilité et la capacité à concevoir un enfant. Cet article explore le SOPK, ses symptômes, son impact sur la grossesse, et partage des témoignages poignants de femmes qui ont vécu cette expérience.

Qu'est-ce que le SOPK ?

Première cause d'infertilité féminine, le SOPK est une maladie gynécologique due à un dérèglement hormonal. L'organisme sécrète trop d' hormones androgènes, la testostérone, habituellement produites à dose infime chez la femme. Les symptômes sont variés d’une femme à l’autre, tout comme ses impacts.

Symptômes du SOPK

Les symptômes du SOPK se manifestent souvent à la puberté. Voici quelques signes courants :

  • Cycles irréguliers : Les règles surviennent à des intervalles irréguliers (longs de plus de 35 à 40 jours) ou sont complètement absentes (aménorrhée).
  • Hirsutisme : Une pilosité excessive sur le visage, le dos, les bras et les jambes.
  • Acné : Problèmes de peau persistants.
  • Infertilité : Difficulté à concevoir en raison de troubles de l'ovulation.

Impact du SOPK sur la Fertilité et la Grossesse

Le SOPK est souvent associé à des problèmes de fertilité. Les femmes atteintes de SOPK peuvent rencontrer des difficultés à tomber enceinte en raison de l'anovulation (absence d'ovulation) ou de l'ovulation irrégulière.

Infertilité

  • Infertilité primaire chez la moitié des femmes.
  • Infertilité secondaire chez un quart des femmes.

Entre 25 et 30 ans, c’est surtout pour des questions d’infertilité que les femmes atteintes de SOPK consultent leur médecin. Parce qu'elles ovulent peu ou pas, les femmes atteintes du Syndrome des Ovaires Polykystiques ont parfois davantage de difficultés que les autres à tomber enceinte.

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Traitements pour la Fertilité

Plusieurs options de traitement sont disponibles pour aider les femmes atteintes de SOPK à concevoir :

  • Stimulation ovarienne : C'est le traitement de première intention en cas d’infertilité due à un SOPK. On utilise du citrate de clomifène en première intention ou des gonadotrophines en seconde intention.
  • Chirurgie ovarienne par drilling : Si la stimulation ovarienne n’a pas mené à une grossesse, il existe la chirurgie dite “par drilling”. Près de 50 % des femmes retrouvent des ovulations naturelles grâce à la chirurgie ovarienne par drilling, et tombent enceintes. Plus la femme est jeune, plus la chirurgie ovarienne par drilling est efficace.
  • FIV (Fécondation In Vitro) : La FIV est la prise en charge de l’infertilité proposée en dernier lieu aux femmes atteintes de SOPK, autrement dit lorsque ni la stimulation de l’ovulation, ni la chirurgie ovarienne par drilling, n’a abouti à une grossesse.

Il est important que les partenaires soient conscients que les grossesses gémellaires (jumeaux) sont plus fréquentes en cas de FIV.

Témoignages de Femmes Atteintes de SOPK

Les témoignages suivants offrent un aperçu des défis et des espoirs des femmes confrontées au SOPK et à la grossesse.

Le Parcours d'Émilie

Émilie, 34 ans, raconte son parcours face au SOPK et à l’infertilité. Tout commence avec l’arrêt de la pilule dans le cadre d’un projet bébé. L’absence de retour des règles, malgré l’attente, l’incite à consulter. Bien qu’aucun autre symptôme ne soit présent, son diagnostic est rapide : en un mois et après plusieurs examens, le SOPK est confirmé. Déjà diagnostiquée pour de l’endométriose, dans son parcours, Émilie demande un deuxième avis pour obtenir un compte rendu écrit pour se sentir “légitime”.

Avec son compagnon, ils entament un long parcours de PMA pour surmonter l’infertilité liée au SOPK. Les premières étapes consistent en des stimulations ovariennes simples, avec cachets, injections et rapports dirigés. Malgré leurs efforts, ces tentatives n’aboutissent pas. Le couple se tourne alors vers la fécondation in vitro (FIV), une démarche plus lourde, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Ce processus, bien qu’exigeant, finit par porter ses fruits après plus d’un an et demi de démarches : Émilie est aujourd’hui enceinte, et leur bébé est attendu pour début 2025.

Lire aussi: SOPK, Endométriose et Fertilité

Dans ce podcast, Émilie revient avec authenticité sur les défis, les épreuves, mais aussi les espoirs qui ont rythmé leur parcours.

L'Histoire de Cynthia

Bienvenue sur le blog de Cynthia. Elle partage son parcours de PMA et de maternité.

Le Combat de Laura

Laura est de celles qui ont besoin de suivre le protocole d’une stimulation ovarienne pour être enceinte. Des traitements à répétition, des déceptions, des examens réguliers et l’espoir d’y arriver, enfin… Mais le jour où ça fonctionne, son si beau projet de famille va virer au cauchemar.

Comme elle souffre du SOPK, elle a un peu de mal à tomber enceinte. Pour sa première grossesse, elle a une stimulation ovarienne qui marche dès le deuxième cycle. Quelques mois après le début de la stimulation, elle se rend compte que ça ne marche pas super bien. Elle ovule à peine… Et puis un beau jour, elle fait un test, comme tous les mois et Ô joie, il affiche "enceinte 1-2 semaines". Malheureusement, elle découvre deux jours plus tard qu'elle fait une fausse couche.

Le parcours PMA lui pend au nez et elle redoute cette option car elle est déjà à bout avec le protocole de stimulation, ses contraintes et ses effets secondaires comme les bouffées de chaleur horribles, les sautes d'humeur, l’extrême fatiguée et les symptômes de grossesse (nausées, ballonnements, seins sensibles, etc.), et tout ça sans réussir à tomber enceinte.

Lire aussi: Symptômes et Solutions pour la Douleur Ovulatoire et le SOPK

La stimulation ovarienne est une sacrée charge mentale : prendre tel traitement de tel jour à tel jour du cycle, un autre traitement à un autre moment du cycle, sans compter les prises de sang et les échographies à des moments bien précis. Le protocole, c’est aussi avoir des rapports programmés, de telle date à telle date, à une certaine fréquence. À la fin, on ne fait plus l’amour par envie mais parce que c'est le moment.

Avec les mois qui passent sans résultat, elle a de plus en plus l'impression de subir tout ça pour rien. Alors elle n'ose pas imaginer son état si elle doit aller en PMA. Elle a peur de sombrer, peur de l'état dans lequel ça pourrait la plonger physiquement et psychologiquement. Alors il faut qu'elle tombe enceinte !

Seul souci, l’échographie qu'elle fait à chaque cycle pour connaître le nombre de follicules* mâtures après stimulation (et donc d’ovules potentiellement fécondables) tombe pendant les vacances de Noël. Une période durant laquelle ni sa gynécologue ni elle-même ne sont disponibles. Puisque son suivi ne peut pas être assuré, elle lui demande de suspendre la stimulation et les rapports sexuels non protégés pour éviter de courir le risque d’une ovulation multiple et donc d’une grossesse qui le serait aussi. Elle acquiesce devant elle mais elle sait déjà qu'elle va continuer malgré tout. Après tout, qu'est-ce qu'elle risque ? Une grossesse multiple ? Impossible, depuis des mois, malgré le traitement, elle a à peine un follicule mâture quand ce n’est pas zéro… Alors elle se dit qu'elle ne court pas de grand risque en se passant de l'échographie cette fois-ci… et puis…

Elle poursuit donc son traitement malgré l'avertissement. Ils font tout pour que ça marche… et ça marche ! Une semaine après le nouvel an, elle fait un test, puis deux, puis trois… ils affichent TOUS, une légère barre qui est confirmée par une prise de sang : elle est bien enceinte avec un taux bêta-HCG plutôt pas mal ! La première échographie arrive rapidement et, à force d’en faire dans le cadre de son suivi, elle commence à savoir décrypter les images et l'ambiance a toujours été au bavardage avec sa gynécologue. Mais pas cette fois… Elle discerne tout de suite trois ronds noirs sur l'écran. Sa gynécologue reste silencieuse alors elle dit sans y croire : "- Ne me dites pas qu'il y en a trois ? - Non, il y en a quatre !" Silence. Dans sa tête ça va très vite. Elle s'écroule intérieurement. Elle se dit qu'elle va devoir avorter car elle ne peut pas avoir des quadruplés, ce n'est pas possible ! Elle ne sait pas combien de temps le silence dure mais elle se souvient que sa gynécologue prononce rapidement le terme "réduction embryonnaire". Elle leur explique qu'il s'agit d'une intervention médicale qui permet de mettre fin au développement de l'un des embryons tout en conservant les autres. Avec son conjoint, ils sont dévastés. Comment un si beau projet peut-il se transformer en cauchemar ? Au fond d'eux, ils savent qu'ils vont accepter cette option. Après cette nouvelle, sa gynécologue les accompagne énormément, elle est d'un soutien très précieux.

Le premier trimestre, on la voit tous les 15 jours pour une échographie de contrôle qui nous permet de surveiller le développement des quatre embryons. Et c’est un mois après la découverte de la grossesse multiple que nous apprenons que l'un des quatre embryons a cessé spontanément de se développer, les trois restants, eux, sont en parfaite santé. Environ deux semaines avant la réduction embryonnaire, ils rencontrent l'équipe de la maternité qui se chargera de l'intervention. Tout leur est expliqué dans les moindres détails : l'intervention, les risques (de la faire ou de garder les trois bébés), la suite. Le jour de la réduction embryonnaire, elle est assez anxieuse. Au bloc, elle a une sédation (ce n'est pas le cas dans toutes les maternités), ce qui lui permet de rester consciente tout en étant détendue. Son compagnon reste à ses côtés pendant toute l’intervention. C'est une injection qui est faite à travers le ventre jusqu'au cœur du bébé (ce n'est pas douloureux, c’est pourquoi on n'est pas anesthésiée). Il faut rester parfaitement immobile et attendre que les bébés le soient aussi. Ça se fait sous échographie pour que le geste soit très précis. C'est plutôt rapide.

Pour le choix de l'embryon, c'est le médecin en charge de l'intervention qui prend la décision après avoir fait tout un tas de contrôles, d’échographies, de prises de sang et de dépistages (comme celui de la trisomie 21) pendant le premier trimestre (c'est une des raisons pour lesquelles la réduction a lieu “si tard” dans la grossesse). Si une maladie, une malformation ou un trouble du développement mental est détecté chez l'un des embryons, ce sera lui. Si tous se développent bien alors on choisit le plus accessible pour minimiser les risques liés à l'intervention en elle-même.

Après l’intervention, elle a une grossesse assez surveillée, car dans le cas d’une réduction embryonnaire, les risques d’un décollement placentaire ou d’une fissuration de la poche des eaux sont plus élevés (car l'aiguille peut éventuellement avoir endommagé/fragilisé la grossesse). Malgré tout, on peut continuer sa vie et même travailler si le job est "tranquille", physiquement. Pour sa part, elle fissure la poche des eaux vers la moitié de sa grossesse, ce qui lui vaut d’être alitée jusqu'à la fin.

Malgré ça, psychologiquement, la réduction embryonnaire reste compliquée à gérer, notamment parce que le bébé qui a subi l'injection reste dans le ventre jusqu'à l'accouchement. Elle appréhende beaucoup cette réalité qu'elle finit par intégrer en se disant qu’il n’existe pas de meilleur endroit que le ventre d’une mère pour que son bébé repose en paix. Et puis arrive l’accouchement et c’est là qu'elle vit mal la séparation, notamment parce que légalement ils n'ont pas le droit de faire incinérer l’embryon qui, au stade où il en était lors de la réduction embryonnaire, est considéré comme un "déchet organique". En disant ça, elle a l’impression qu’on ne le respecte pas, qu’on ne le considère pas et qu’on ne lui donne pas la possibilité de partir dignement. Et ça, elle ne l‘accepte pas. Elle s'inquiète aussi de l'impact que peut avoir la réduction embryonnaire sur les autres bébés qui se développent auprès de leur autre, sans vie. Est-ce qu'ils auront un genre de traumatisme ? Elle a pris le parti de raconter toute leur histoire à ses enfants, dès le début. Elle a beaucoup parlé aux bébés quand elle était enceinte et elle continue de le faire aujourd'hui. Elle pense qu’à force d'entendre leur histoire, le jour où ils comprendront le sens de ses mots, ce ne sera plus une surprise. Ils ne veulent pas que cette épreuve soit prise comme une révélation et qu’ils le vivent comme un choc. Pour son aîné, ils lui ont dit que, dans son ventre, il y avait un petit ange qui s'est envolé quand les bébés sont nés. Cette version a eu l'air de lui suffire, il n'en parle jamais. C'est même plutôt elle qui lui en parle quand il voit qu'elle est triste. Elle lui dit alors que leur petit ange lui manque.

Avec son compagnon, ils ont pris cette décision pour permettre à leur famille d'exister dans les meilleures conditions, ce qui ne l’empêche pas de porter en elle le poids de ce choix, à chaque instant. Lorsqu'on choisit une réduction embryonnaire, on vit avec la culpabilité de ce geste et le fantôme de cet "enfant". Qu'aurait été leur vie si ils avaient fait autrement ? C'est un sujet qui déclenche les jugements et les avis : "vous avez bien fait, j'aurais fait pareil", "mais quelle horreur, vous êtes des monstres !". Alors si vous aussi vous êtes confrontés à cela, protégez-vous et rapprochez-vous de gens qui ont aussi vécu cela mais si elle sait que les témoignages sont rares car personne n'en parle.

Le Récit d'une Femme SOPK Tombée Enceinte Naturellement

Mme Mim, après avoir témoigné de sa fausse-couche, a partagé une heureuse nouvelle : elle est de nouveau enceinte ! Et sans aucun traitement ou PMA malgré son syndrome OPK. Un heureux événement qu’elle a tenu à partager avec toutes les lectrices du blog.

L'Expérience d'une Femme Diagnostiquée à 16 Ans

A 16 ans, les médecins ont détecté à Julie le Syndrome des Ovaires Polykystiques. Elle a souhaité témoigner pour nous raconter ses difficultés pour trouver une pilule contraceptive qui lui convienne.

Conseils et Soutien

Si vous êtes atteinte de SOPK et que vous essayez de concevoir, voici quelques conseils :

  • Consultez un spécialiste : Un gynécologue spécialisé dans les problèmes de fertilité peut vous aider à établir un plan de traitement adapté à votre situation.
  • Adoptez un mode de vie sain : Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière peuvent améliorer votre santé globale et votre fertilité.
  • Rejoignez un groupe de soutien : Partager votre expérience avec d'autres femmes atteintes de SOPK peut vous apporter un soutien émotionnel précieux.

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