La reproduction assistée a pris une place prépondérante dans le domaine canin au cours des dernières décennies. L'insémination artificielle (IA) est devenue une technique courante, utilisée pour diverses raisons, allant de la gestion de l'infertilité à la nécessité d'utiliser de la semence réfrigérée ou congelée provenant d'animaux éloignés géographiquement. En Norvège, l'IA canine est soumise à des réglementations spécifiques, notamment l'interdiction de l'insémination chirurgicale pour des raisons éthiques. Cet article explore les différentes techniques d'IA canine, les méthodes de diagnostic de gestation, et les considérations spécifiques à la Norvège.

Importance du Suivi des Chaleurs et de la Qualité de la Semence

Pour optimiser les chances de succès d'une fécondation, un suivi rigoureux des chaleurs est indispensable afin de déterminer le jour optimal d'accouplement ou d'insémination artificielle. Les principaux examens utilisés pendant le suivi de chaleurs sont le frottis vaginal, la vaginoscopie, le dosage de la progestérone sanguine et l'échographie ovarienne.

Les inséminations intravaginales restent la méthode d’insémination la plus fréquente et donnent de bons résultats lorsqu’un suivi de chaleurs rigoureux a été réalisé et que la semence est de bonne qualité. Avant de réaliser l’insémination, le praticien doit s’assurer que les deux chiens sont en bonne santé et ne présentent aucun signe de maladie sexuellement transmissible. En outre, il est indispensable de vérifier l’identification du mâle ainsi que la position de ses deux testicules, qui doivent se trouver en position scrotale. Un certificat vétérinaire attestant de l’état de santé et de l’identification du mâle doit impérativement accompagner les semences réfrigérées et congelées.

La réalisation d’un spermogramme permet d’évaluer la qualité de la semence et peut orienter vers la technique d’insémination à privilégier. Ainsi, une mobilité inférieure à 70 %, un pourcentage d’anomalies morphologiques dépassant 30 % ou une numération inférieure à la normale pour la race motiveront la réalisation d’une insémination intra-utérine. La dose minimale inséminante rapportée dans les publications est de 150 à 200 millions de spermatozoïdes normaux et mobiles.

Techniques d'Insémination Artificielle Canine

Différentes techniques d'insémination artificielle sont utilisées pour diverses raisons, notamment à la demande de l'éleveur, lors de l'impossibilité de réaliser l'accouplement (refus de la saillie par la femelle, agressivité, malformations, manque d'expérience), ou en raison de l'utilisation de semence fraîche, réfrigérée, congelée (animaux éloignés géographiquement).

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1. Insémination Intravaginale

L’insémination intravaginale est réservée aux semences fraîches et aux reproducteurs qui présentent une fertilité normale. La semence est déposée dans la partie antérieure du vagin. Différents types de sondes sont commercialisés. La sonde utérine bovine, en plastique rigide, ne présente pas de dispositif antirefoulement.

Lors d’une insémination intravaginale, la sonde est introduite dans le vagin au niveau de la commissure vulvaire dorsale en observant un angle de 45° avec l’axe vertical. La chienne ne doit pas montrer de signe de douleur pendant l’ensemble de la procédure. Si c’est le cas, en raison d’un mauvais positionnement de la sonde par exemple, il convient de la retirer et de la réintroduire en prenant soin d’éviter la fosse clitoridienne ou le méat urinaire. Une fois en place, le dispositif antirefoulement, s’il existe, peut être gonflé à l’aide d’une seringue sèche. La semence est ensuite injectée lentement dans la lumière de la sonde. Le volume doit être d’environ 5 ml pour les races de petite taille et jusqu’à 10 ml pour celles de grand gabarit. Après l’insémination, il est recommandé d’élever les membres postérieurs de la chienne et de masser le plafond du vagin pour favoriser les contractions pendant une dizaine de minutes.

2. Insémination Intra-utérine

Le col de l’utérus jouant un rôle de “filtre naturel” pour la semence, l’insémination intra-utérine permet d’augmenter le nombre de spermatozoïdes susceptibles de féconder un ovocyte par rapport à une saillie naturelle ou à une insémination intravaginale. Cela est notamment utile si la semence est de mauvaise qualité ou réfrigérée, et devient absolument indispensable pour la semence congelée dont la survie n’est que de quelques heures après la décongélation. Le volume de semence devant être limité afin de réduire le reflux au minimum (de 1 ml pour les petits chiens à 3 ml pour les grands), il est particulièrement important de séparer les phases lors de la récolte de semence.

a) Technique Scandinave (Sonde Norvégienne)

La technique scandinave, mise au point en 1975, utilise une sonde norvégienne métallique associée à une gaine en plastique. Une palpation transabdominale est effectuée d’une main afin de localiser le col de l’utérus pendant que la gaine est introduite dans le vagin de l’autre main. La sonde norvégienne est ensuite insérée dans la gaine et avancée dans le vagin. Son extrémité est dotée d’une bille qui peut être localisée par palpation. La sonde est ainsi amenée jusqu’au col et insérée au travers. La semence est ensuite injectée lentement à travers la sonde. Cette méthode est rapide et ne nécessite ni sédation, ni matériel coûteux.

b) Insémination par Vaginoscopie (TCI)

L’insémination par vaginoscopie, plus communément appelée TCI pour transcervical insemination, est décrite depuis 1993. Un endoscope rigide est introduit verticalement dans le vagin afin d’éviter de toucher la fosse clitoridienne ou le méat urinaire, avant d’être dirigé à l’horizontale. Une insufflation est parfois utile pour dilater légèrement le vagin et faciliter la visualisation des différentes structures anatomiques. La procédure est rapide, non douloureuse. Une inspection du vagin caudal est alors effectuée, puis l’optique est avancée dans le vagin cranial en suivant le repli dorsal du vagin. Le col de l’utérus est visualisé au fond du vagin cranial, attaché au plafond du vagin. Il peut alors être cathétérisé à l’aide d’une sonde à usage unique passée dans le canal opérateur de l’optique. Dans certains cas, il est nécessaire de manipuler légèrement le col avec l’extrémité de l’optique afin de corriger sa position et de faciliter le passage de la sonde. La semence est ensuite injectée progressivement, puis la sonde est retirée. Différentes optiques peuvent être utilisées, comme des cystoscopes ou des urétéroscopes.

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3. Insémination Chirurgicale

L’insémination chirurgicale est très répandue dans certaines régions du monde (Amérique du Nord, Europe de l’Est) en raison de sa simplicité de mise en œuvre et de l’absence de matériel spécifique. Cependant, elle reste rare en Europe de l’Ouest, et est même interdite pour des raisons éthiques en Norvège et en Suède notamment.

Une laparotomie par la ligne blanche est réalisée afin d’externaliser les cornes utérines. La semence est injectée lentement dans les cornes à l’aide d’une aiguille ou d’un cathéter, en occluant l’utérus en amont du col avec les doigts. L’utérus est massé afin de répartir la semence dans les cornes pour remédier à l’absence de motilité utérine sous anesthésie. Le cathéter est retiré et une compression est effectuée si un saignement est observé. La plaie de laparotomie est refermée de manière classique. Les inséminations chirurgicales ont longtemps été associées à de meilleurs résultats, notamment avec de la semence congelée, mais des publications récentes démontrent le contraire.

Diagnostic de Gestation chez la Chienne

Le diagnostic de gestation chez la chienne est souvent demandé précocement par des propriétaires ou éleveurs désireux de savoir si la chienne est prise après une saillie, mais aussi elle peut être demandé par le propriétaire de chienne qui s’est faite saillie malencontreusement lors de sa période de chaleur. L’intérêt d’un diagnostic précoce réside dans la confirmation d’une gestation, permettant de se préparer pour la mise bas ou de proposer l’avortement, l'estimation du nombre de chiots par échographie, et l'évaluation de la croissance des chiots.

La gestation d’une chienne dure à peu près deux mois (de 57 - 70 jours, 60 à 62 jours est la moyenne).

A) Le Premier Mois

Durant le premier mois, il n’est pas aisé de diagnostiquer si une chienne est gestante. Parfois on constate un changement dans le comportement de la chienne : elle devient plus calme et on peut aussi constater une augmentation de l’appétit. La palpation abdominale durant les 3 premières semaines est très hasardeuse et souvent source d’erreurs ! A partir de 21 jours, on peut palper les ampoules fœtales. Cette palpation doit être faite avec beaucoup de souplesse sous peine de provoquer un avortement.

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Si vous désirez un diagnostic précoce précis, il faudra attendre 3 semaines (21 jours- 25 jours ) et vous rendre chez un vétérinaire équipé d’un échographe. Un vétérinaire expérimenté peut, par échographie, déceler des ampoules fœtales et ce à partir du 21″ jours ! L’échographie permet de vérifier la vitalité des chiots.

Un autre examen peut être réalisé dans la dernière semaine du premier mois de gestation (le 28e jour est l’idéal) : c’est un test sanguin (dosage de la relaxine). La relaxine est l’hormone typique de la chienne gestante. Cette hormone est secrétée par le placenta à partir de la 3e semaine et a pour rôle d’assouplir les muscles et les ligaments de ceinture pelvienne. De plus en plus ce test sanguin est proposé par les vétérinaires en remplacement de l’échographie. Il vaut mieux attendre le 25è jour après la saillie pour faire ce test chez votre vétérinaire. Avant 21 jours, il est difficile de faire un diagnostic précis de gestation chez la chienne.

B) Le Deuxième Mois de Gestation

Bien sûr il y a toujours l’échographie (intéressante pour suivre l’évolution de la croissance des chiots). Le test sanguin (Relaxine) peut être réalisé jusqu’au 45 é jours après la saillie (moins fiable cependant), ensuite le taux plasmatique de la relaxine diminue.

La radiographie peut être pratiquée a partir du 45 è jours, en effet il faut attendre l’ossification des fœtus pour pouvoir utiliser la radiographie comme moyen de diagnostic de gestation chez la chienne. Le squelette et le crâne des chiots sont bien visibles ! Le grand avantage de la radiographie réside dans le fait que l’on peut déterminer exactement le nombre de chiots. Le désavantage de la radiographie : on ne peut pas employer cet examen avant le 45 è jours ! C’est pour cela qu’en pratique, la radiographie n’est utilisée que dans les 10 derniers jours de gestation pour déterminer le nombre de chiots. Il faut préciser que la radiographie et l’échographie ne sont pas nuisibles pour les chiots !

Changements morphologiques lors du deuxième mois :

1) Augmentation du volume de l’abdomen à partir de la 5 è semaine.2) Modification de l’aspect des glandes mammaires : augmentation de la mamelle3) Écoulement glaireux au niveau de la vulve

Réglementations et Restrictions

  1. Les semences en provenance d’un pays hors de l’Union européenne doivent être accompagnées d’un certificat sanitaire, signé par un vétérinaire officiel du pays d’origine dans les dix jours précédant l’arrivée, et d’une sérologie négative pour la brucellose, obtenue dans les trente jours précédant la collecte.
  2. Depuis le 21 avril 2021, les mouvements de semences entre les États membres de l’Union européenne font également l’objet de restrictions. Le vétérinaire expéditeur et le vétérinaire destinataire doivent tous deux faire l’objet d’un enregistrement auprès des services vétérinaires nationaux. Ainsi, le premier produit un certificat électronique via le système Traces qui doit être validé par un vétérinaire officiel avant l’envoi de la semence. Les services vétérinaires du pays de destination en sont également informés.

Conclusion

L'insémination artificielle canine est une technique de reproduction assistée largement utilisée, avec des approches variées allant de l'insémination intravaginale à l'insémination intra-utérine. En Norvège, l'insémination chirurgicale est interdite pour des raisons éthiques, ce qui met en évidence l'importance des techniques alternatives telles que la vaginoscopie et la méthode scandinave. La réussite de l'IA dépend d'un suivi rigoureux des chaleurs, de l'évaluation de la qualité de la semence, et du respect des réglementations en vigueur. Le diagnostic de gestation, qu'il soit réalisé par échographie ou par dosage de la relaxine, permet de confirmer la gestation et de suivre le développement des chiots, contribuant ainsi à une gestion optimale de la reproduction canine.

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