Introduction

La sécurité industrielle est un enjeu majeur pour les entreprises, visant à protéger les employés des risques liés à leurs activités et à réduire l'accidentologie. L'Institut pour une Culture de Sécurité Industrielle (ICSI) joue un rôle central dans la promotion et le développement de cette culture. Cet article explore la définition de la sécurité industrielle selon l'ICSI, les étapes pour créer une culture de sécurité efficace et les défis associés à cette démarche.

Qu'est-ce que l'ICSI ?

Créé en 2003, l’Institut pour une culture de sécurité industrielle (Icsi) est une association qui fédère entreprises, établissements de formation, organismes de recherche, collectivités territoriales, associations et organisations syndicales. Il agit au travers d’actions telles que l’organisation de groupes d’échanges, de formations, conférences, accompagnements, la coordination d’études, ou encore la publication de documents. Son originalité repose sur la participation de l’ensemble des acteurs de sécurité industrielle pour améliorer la sécurité dans les entreprises et favoriser un débat ouvert entre les entreprises à risque et la société civile.

Définition de la Culture de Sécurité selon l'ICSI

Selon la définition donnée par l’ICSI, la culture sécurité est « un ensemble de manières de faire et d’agir, partagé au sein d’une organisation et qui permet de maîtriser les risques les plus importants de l’activité. » La culture sécurité serait donc la mise en œuvre effective des règles de prévention par les salariés d’une entreprise.

Au-delà des moyens, des règles, des procédures, la culture sécurité définit avant tout un état d’esprit, des valeurs partagées. Ce qui signifie que dans une entreprise possédant une culture sécurité forte, les salariés sont informés sur les risques, formés à la prévention, et convaincus de la nécessité de toujours respecter les règles de prévention. Ils ne subissent plus la sécurité mais, au contraire, en sont les défenseurs, les acteurs essentiels. Ils ne perçoivent plus la sécurité comme une contrainte mais en comprennent l’intérêt pour leur santé et pour celle de leurs collègues.

Evaluer, mesurer la culture de sécurité, les pratiques et les perceptions, en identifier les principales caractéristiques, les forces et les faiblesses… Où en êtes vous aujourd'hui ? Quelle sécurité pour demain ? Il convient à présent de décliner vos ambitions sécurité en actions concrètes, en embarquant les différents acteurs concernés. C'est pourquoi, nous accordons une importante particulière à la mobilisation de tous les acteurs dans l'ensemble des projets culture de sécurité que nous accompagnons. Nous avons coutume de dire que "personne ne détient seul les clés de la sécurité". C'est une conviction forte, mais aussi une déontologie d’intervention. Dans l’entreprise, chacun est concerné, du plus haut niveau jusqu’à l’opérateur terrain, sans oublier les représentants du personnel.

Lire aussi: Réglementation incendie applicable aux crèches

Pourquoi s'intéresser à la culture de sécurité ?

Attribuer les comportements en sécurité observés uniquement aux individus trouve rapidement ses limites en matière de prévention. Plusieurs facteurs entrent en jeu dans la pérennité d’une entreprise : la qualité, le marché, les finances, les choix techniques… La sécurité, bien sûr, en fait partie, mais ne doit pas être une « bulle » séparée des autres enjeux.

Les Piliers de la Sécurité Industrielle

Ce sont les 3 piliers de la sécurité : la fiabilité technique, les systèmes de management de la sécurité, les facteurs organisationnels et humains. Certaines cultures sont plus favorables que d'autres à la prise en compte de la sécurité dans les arbitrages. La bonne nouvelle, c'est qu'on connaît leurs caractéristiques : un excellent point d'entrée pour savoir sur quoi porter les efforts de changement !

Les Étapes Clés pour Créer une Culture de Sécurité Efficace

Comme le dit l’ICSI, « la culture sécurité ne se décrète pas, mais se construit et s’éprouve au quotidien dans les discours et les actes. » La culture sécurité est, en effet, le résultat d’une construction progressive. Pour A Capella, la création d’une culture sécurité passe par 4 étapes.

Étape 1 : Fixer le Cadre à Travers une Communication Descendante

La mise en œuvre d’une politique sécurité passe d’abord par une phase d’information formelle. La direction déclare sa volonté de protéger les salariés des risques d’accidents et énonce les règles que les salariés doivent respecter.

La communication repose donc sur un mode impératif : « Il est interdit de… », « Il est obligatoire de… ». C’est une communication descendante par essence. Ainsi, elle pose le cadre de la politique sécurité, présente les règles, énonce les risques, informe sur les sanctions possibles en cas de non-respect des règles sécurité.

Lire aussi: Tout savoir sur le remboursement de la FIV

Bien sûr, à ce stade, la sécurité est perçue comme une contrainte par les salariés. Et nombre d’entre eux peuvent se montrer réticents à changer de comportements. Le passage à l’étape 2 doit donc être rapide.

Étape 2 : Sensibiliser et Former

La seconde étape consiste à amener les salariés à comprendre le bien-fondé de la politique sécurité. A travers différentes actions, tels que la formation ou la création d’outils de communication sécurité comme les affiches de prévention ou les vidéos sécurité, les entreprises tentent d’amener leurs salariés à s’intéresser à la sécurité sous un angle positif, à en comprendre les enjeux. Les messages insistent sur l’intérêt de la démarche de prévention, sur ses bienfaits pour les salariés. Elle leur donne également les moyens d’agir en les formant. La formation peut, à certaines conditions, permettre de sensibiliser les salariés à la sécurité.

De nombreuses entreprises en restent au stade 1 ou 2 ou entre les deux parce que passer à l’étape 3 réclame un engagement plus fort, des moyens plus importants. Également parce que l’étape 3 réclame des compétences spécifiques en communication. En effet, pour y parvenir, il est essentiel que les salariés se réapproprient la démarche, en deviennent les acteurs essentiels. Et cela passe par une démarche d’implication effective.

Étape 3 : Impliquer les Salariés dans la Démarche

Pour que les valeurs sécurité soient partagés par tous les salariés, il est essentiel de les amener à participer à la démarche. Ce qui signifie dépasser la communication descendante pour créer une communication ascendante.

A cette fin, les salariés doivent être sollicités, impliqués. Il est essentiel de les amener à s’exprimer à travers une démarche participative. De nombreuses actions le permettent : créer des quarts d’heures sécurité participatifs, des formations participatives, des safety day durant lesquels les salariés pourront s’exprimer, agir. Dans une situation idéale, les salariés doivent participer à la construction de la démarche en donnant leurs avis, en faisant des suggestions. Notre agence a ainsi pu créer des actions en ce sens. Par exemple, à travers la diffusion d’un questionnaire sécurité sollicitant l’avis des salariés ou, encore, en impliquant les salariés dans la définition des règles d’or de la sécurité.

Lire aussi: Solutions sécurité fenêtre enfant

Si les stades 1 et 2 plaçaient la direction dans le rôle de « sachant » et les salariés dans le rôle « d’apprenants », l’étape 3, en faisant appel au bon sens des salariés, en tenant compte de leurs avis, permet de créer une relation de respect, de considération, de responsabilisation, fondement de toute dynamique humaine efficace.

Cependant, parvenir à développer un culture sécurité n’est pas une fin en soi car il faut désormais la préserver, l’entretenir.

Étape 4 : Entretenir la Dynamique

Dès lors que la culture sécurité est effective au sein d’une entreprise, il est essentiel de créer les conditions de sa pérennité. A cette fin, il est important de tenir compte de principes essentiels.

Le premier principe est de continuer à agir de manière concrète et soutenue. Les rituels sont importants pour entretenir les valeurs liées à la sécurité. Quart d’heure sécurité, causerie, safety day, diffusions de vidéos sécurité… les salariés doivent percevoir dans ces actions récurrentes la volonté de la direction de continuer à progresser en matière de prévention.

Le second principe est de créer de temps en temps des approches différentes pour éviter la routine. Ces moments doivent être centrés sur des sujets précis. Par exemple : un jeu interactif sécurité permettra aux équipes de s’affronter sur un mode ludique tout en révisant les règles de prévention (l’émulation est toujours un bon levier) ; une analyse d’accident (REX) survenu dans l’entreprise mobilisera les salariés, la création d’un poster participatif valorisera les salariés et les amènera à s’engager.

Le troisième principe est de créer une relation responsable sur le long terme en valorisant les bons résultats, les bons comportements, les initiatives afin d’établir des modèles référents et d’inciter tout le personnel à les suivre.

D’autres approches peuvent être envisagées en fonction de la situation et de la culture sécurité de chaque entreprise.

Les Défis et Pièges à Éviter

Une organisation peut être amenée pour diverses raisons - résultats de sécurité qui stagnent, survenue d'un accident, changements organisationnels, pression des autorités de contrôle - à s'interroger sur sa culture de sécurité. Faire évoluer la culture de sécurité dans son organisation n'est pas une mince affaire ! Par quel bout commencer ?

La prévention est avant tout focalisée sur les barrières techniques. Les performances de sécurité s’améliorent : on constate une réduction du nombre d’accidents, jusqu’à atteindre un palier où les résultats de sécurité peinent à s’améliorer davantage. Un plus grand formalisme s’installe dans les industries à risque avec la mise en place des systèmes de management de la sécurité : politiques d’entreprise, règles et procédures, pilotage par indicateurs, reportings, techniques d’analyses de risque et d’analyse d’évènement, etc. La sécurité est alors portée par les experts. Une deuxième vague de réduction de l’accidentologie est constatée, mais elle aussi atteint un palier. Pourquoi ? Le système de management de la sécurité produit parfois des effets pervers. Par exemple, le sous-reporting de certains incidents permet de faire baisser artificiellement le taux de fréquence. L’introduction des facteurs organisationnels et humains (FOH) marque le début d’une nouvelle baisse de l’accidentologie industrielle. Encore aujourd'hui, les facteurs organisationnels et humains sont bien souvent une source de progrès en matière de sécurité dans les organisations. Plusieurs points de vigilance sont à préciser afin d’agir efficacement dans les entreprises.

tags: #securite #industrielle #icsi #definition

Articles populaires: