L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est un droit fondamental pour toutes les femmes en France, qu'elles soient majeures ou mineures. La loi française autorise l'IVG jusqu'à 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée (absence de règles). Cet article détaille les conditions et les étapes à suivre pour les femmes majeures souhaitant recourir à l'IVG en France.
Accès à l'IVG : Où et Comment ?
Lorsqu'une femme majeure souhaite recourir à un avortement, elle doit prendre rendez-vous avec un professionnel de santé (médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme). Ces professionnels peuvent exercer dans différents lieux :
- Un établissement de santé (hôpital ou clinique)
- Un cabinet de ville
- Un centre de santé
- Un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification et d’éducation familiale) ayant signé une convention avec un établissement de santé.
Il est possible de demander un rendez-vous en consultation en présentiel, ou à distance si votre professionnel de santé le propose.
Si le médecin ou la sage-femme consulté ne pratique pas les IVG, il ou elle doit vous en informer immédiatement et vous communiquer le nom de professionnels réalisant les avortements. C’est une obligation légale.
Les Étapes Préalables à l'IVG
La demande d’IVG se déroule en deux temps : une consultation d'information et le recueil du consentement écrit. Il n'y a plus de délai de réflexion minimal obligatoire entre ces deux étapes pour les majeures, elles peuvent avoir lieu lors d'une seule et même consultation.
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1. Consultation d'Information
Lors de cette première consultation, la femme exprime sa demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme. Le professionnel de santé doit alors fournir des informations complètes sur :
- Les différentes méthodes d'IVG : médicamenteuse et instrumentale.
- Les lieux de réalisation de l'IVG, laissant le choix à la patiente.
- Les risques et les effets secondaires potentiels de chaque méthode.
Un guide reprenant l’ensemble de ces informations est remis à la patiente pour consultation ultérieure. Le médecin ou la sage-femme proposera également un entretien psycho-social. Si vous êtes majeure vous pouvez choisir de le réaliser ou non.
À la fin du rendez-vous, le médecin ou la sage-femme délivre une attestation de consultation médicale, certifiant que cette première consultation a bien eu lieu.
2. Recueil du Consentement Écrit
La deuxième étape consiste en la remise du consentement écrit de demande d’avortement au médecin ou à la sage-femme. La patiente prend le temps de réflexion qu'elle juge nécessaire pour sa décision, en tenant compte du délai légal pour la réalisation de l’IVG (14 semaines de grossesse). Ces deux temps peuvent avoir lieu au cours d'une seule et même consultation si vous êtes majeure.
Lors de cette consultation, la patiente choisit sa méthode d'IVG et son lieu de réalisation. C'est également un moment privilégié pour discuter de la contraception post-IVG et pour réaliser, si elle le souhaite, un dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST), dont l’infection par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’utérus.
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La Consultation Psycho-Sociale
La consultation psycho-sociale est systématiquement proposée et obligatoire pour les femmes mineures. Si vous êtes majeure et n’avez pas souhaité le réaliser à cette étape de la procédure vous avez la possibilité de le réaliser par la suite à n’importe quelle étape de la procédure d’IVG. Au cours de cette consultation, il est proposé un accompagnement social et psychologique (en présentiel ou à distance).
Elle se déroule avec un professionnel qualifié en conseil conjugal et familial, au choix : dans un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification ou d’éducation familiale), dans un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), dans un service social ou autre organisme agréé.
Les Méthodes d'IVG
Il existe deux méthodes principales pour interrompre une grossesse :
- IVG médicamenteuse : Elle consiste en la prise de médicaments pour arrêter la grossesse et provoquer l'expulsion de l'œuf.
- IVG instrumentale (ou chirurgicale) : Elle implique une intervention médicale pour aspirer le contenu de l'utérus.
Jusqu’à la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles, vous avez le choix entre les deux méthodes. Au-delà et jusqu’à la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles, la méthode instrumentale est privilégiée.
Si l’avancement de la grossesse vous permet de choisir entre les deux méthodes, cette décision est prise en concertation avec le médecin ou la sage-femme qui réalisera l’IVG. Vous avez également la possibilité d’en parler avec tout professionnel de santé (médecin généraliste, gynécologue, sage-femme, infirmière …) ou encore avec une conseillère conjugale.
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IVG Médicamenteuse
L’IVG médicamenteuse : possible jusqu’à 7 semaines de grossesse. Vous prenez deux médicaments qui arrêtent la grossesse et expulsent l’. Ces deux médicaments peuvent être pris à domicile ou dans un environnement médical, selon votre choix. Le second médicament doit être pris dans un délai de 24 à 48 heures après le premier. Cette méthode est possible jusqu’à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines depuis les dernières règles).
L’IVG médicamenteuse peut être réalisée dans : un cabinet de ville (avec un médecin ou une sage-femme ayant signé une convention avec un établissement de santé) ; un centre de santé ou un ayant également conclu une convention avec un établissement de santé ; un établissement de santé : hôpital, clinique ; Si cela vous est proposé, il est possible de réaliser l'ensemble ou une partie des différentes étapes de la procédure d'IVG en téléconsultation avec un médecin ou une sage-femme.
Les avantages principaux de cette méthode sont qu’elle évite l'intervention chirurgicale, et qu'elle peut être réalisée à votre domicile si vous le souhaitez. Les inconvénients sont des douleurs liées aux contractions de l'utérus et des saignements qui peuvent durer plusieurs jours.
1er médicament : Mifépristone. Cette première molécule bloque l'action de l'hormone nécessaire au maintient de la grossesse. Le 1er médicament est remis lors de la 2ème consultation par le/la professionnel·le de santé. 2ème médicament : Misoprosol. Symptômes ressentis : Des douleurs pelviennes (type règles) sont ressenties et accompagnées de saignements.
IVG Instrumentale
L’IVG instrumentale (ou chirurgicale) : possible jusqu’à 14 semaines de grossesse. Après une anesthésie locale ou générale, le médecin ou la sage-femme aspire le contenu de l’utérus après dilatation du col. L’IVG instrumentale est possible jusqu’à 14 semaines de grossesse (soit 16 semaines depuis les dernières règles). Elle a lieu dans un établissement de santé : hôpital ou clinique et dans certains centres de santé. L’hospitalisation pour une IVG instrumentale est dite ambulatoire, car elle a lieu sur une seule journée. Une surveillance de quelques heures suffit, même après une anesthésie générale. L’opération en elle-même ne dure qu’une dizaine de minutes. Il est toutefois recommandé de se faire accompagner par une personne de son choix.
Les avantages de cette méthode sont qu’elle est rapide et réalisée sous anesthésie. L'inconvénient est qu’elle nécessite une brève hospitalisation.
Et la douleur ? ► Une anesthésie est nécessaire :● Soit générale : le plus souvent sans intubation. Une consultation en anesthésie est alors obligatoire. ● Soit locale : anesthésie du col de l’utérus. Une dilatation du col est parfois nécessaire pour permettre l’introduction de la canule. Elle peut se faire par prise médicamenteuse au préalable et/ou mécaniquement après l’anesthésie grâce à des petits instruments de différents diamètres introduits successivement dans le col de l’utérus pour permettre son ouverture progressive.
Après l'IVG
Après l'IVG, la consultation de contrôle est indispensable pour vérifier que la grossesse est bien interrompue. Le professionnel de santé s'assure également que vous ne présentez aucune complication. Cette visite doit être effectuée entre le 14e et le 21e jour suivant l’intervention (qu’elle ait été médicamenteuse ou instrumentale).
Il est tout à fait normal de ressentir de la fatigue. Des douleurs pelviennes modérées et des saignements (types règles) peuvent durer quelques jours. Un soutien psychologique est toujours possible tout au long de la procédure et après.
Confidentialité et Prise en Charge Financière
L'IVG est toujours confidentielle. Tous les professionnels de santé sont tenus par le secret professionnel. Aucun acte de la procédure n’apparaîtra sur votre relevé de sécurité sociale. Sur demande, l'IVG peut également être réalisée de manière anonyme.
L’IVG est prise en charge à 100 % dans le cadre d’un tarif forfaitaire avec dispense totale d’avance de frais pour toutes les femmes assurées sociales, les mineures qui sont ayant-droit d'un assuré social ou d'une assurée sociale, les femmes bénéficiaires de l'aide médicale de l'État (AME).
Accompagnement
Si vous êtes majeur·e, il est recommandé d’être accompagné·e également. Si vous êtes mineur·e, vous devez obligatoirement être accompagné·e d’une personne majeure de votre choix. Cette personne ne doit pas chercher à vous influencer, mais, au contraire, à vous soutenir et respecter votre choix.
L'IVG : Un Droit Fondamental
L’IVG est un droit pour toutes, majeures ou mineures. La légalisation de l'avortement en France date de 1975. Il est important de souligner que l’IVG est un droit ouvert à toutes les femmes, majeures et mineures, jusqu’à 14 semaines de grossesse ou 16 semaines d’aménorrhées. Seule la femme concernée peut en faire la demande. Qu’elle soit majeure ou mineure, toute femme enceinte ne souhaitant pas poursuivre une grossesse peut demander à un médecin ou une sage-femme l’interruption de celle-ci.
Il n'y a pas de nombre légal d'avortement maximum à ne pas dépasser. Il est possible d’avoir plusieurs fois recours à l’interruption volontaire de grossesse au cours de sa vie. L’IVG, même répétée, n’augmente pas le risque d’infertilité ultérieure ni de complications lors d’une grossesse future.
Contre-indications
Le professionnel de santé que vous consultez pour l’IVG évaluera si vous présentez des contre-indications lors de la première consultation pour vous proposer la méthode d’IVG adaptée à votre situation. La méthode médicamenteuse est contre-indiquée si on a diagnostiqué une grossesse extra-utérine (situation dans laquelle la grossesse se développe en dehors de l’utérus, par exemple dans une trompe). D’autres situations peuvent contre-indiquer cette méthode : les femmes présentant une allergie à l’un des deux médicaments utilisés, les femmes souffrant d’insuffisance rénale chronique ou de porphyrie héréditaire. Il n’existe pas de contre-indication à l’IVG instrumentale en tant que telle, seule l’allergie aux produits d’anesthésie peut constituer une contre-indication.
Si une GEU est diagnostiquée, la prise en charge n’est pas la même qu’une IVG. Le traitement repose soit sur un médicament spécifique, soit sur une intervention chirurgicale. L’objectif est de traiter cette situation à risque tout en préservant vos chances de grossesse dans le futur.
Conclusion
L'accès à l'IVG est un droit essentiel pour les femmes majeures en France. En connaissant les conditions, les étapes et les options disponibles, les femmes peuvent prendre des décisions éclairées concernant leur santé reproductive. Il est crucial de se rappeler que l'IVG est une décision personnelle qui doit être prise sans pression ni jugement. Un soutien psychologique est disponible à toutes les étapes de la procédure, si nécessaire.
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