Les pays développés et riches, majoritairement situés dans l'hémisphère Nord, sont souvent désignés comme les « pays du Nord », contrairement aux « pays du Sud », caractérisés par un développement plus lent et des niveaux de richesse inférieurs. Cet article se propose d'analyser les critères de comparaison du niveau de richesse et de développement entre ces nations, en tenant compte des conditions de vie de leurs populations, et d'examiner les causes de ces écarts considérables.
I. Mesurer le niveau de développement d'un pays
Pour évaluer le développement d'un pays, plusieurs indicateurs sont utilisés, chacun offrant une perspective différente sur la situation économique et sociale.
A. Le Produit National Brut (PNB) et le Produit Intérieur Brut (PIB)
Le produit national brut (PNB) indique la valeur moyenne de tout ce qu'un pays produit en un an. Cet indicateur permet de mesurer le développement économique d'un État et de le comparer aux autres pays. Le produit intérieur brut (PIB) mesure la production d'un pays au cours d'une année. Il permet à la fois d'établir un classement des économies du monde et de déterminer la croissance économique des pays d'une année sur l'autre. On le calcule de plus en plus souvent en Parité de Pouvoir d'Achat (PPA), car avec 10$ on n'achète pas la même quantité de biens en France ou en Inde, par exemple. Cependant, le PIB ne reflète pas les inégalités sociales ou régionales : on peut être riche dans un pays pauvre, et inversement. Le Revenu national brut (RNB), lorsqu'il est rapporté à la population, mesure les salaires et les revenus financiers des habitants. Il offre l'avantage de pouvoir comparer les pays en tenant compte de leur poids démographique. La population chinoise, qui vit dans la deuxième économie mondiale en termes de PIB, a un niveau de vie nettement plus faible que la population japonaise pourtant classée troisième économie mondiale. Chine et Japon : puissance économique et développement.
B. L'Indice de Développement Humain (IDH)
Pour étudier plus précisément les conditions de vie des populations, on utilise aujourd'hui l'indice de développement humain (IDH) : cette mesure prend bien sûr en compte la richesse produite, mais aussi l'espérance de vie et le taux d'alphabétisation. L'IDH se mesure sur une échelle qui va de 0 à 1 (par exemple : 0,768). L'Indice de développement humain (IDH) est compris entre 0 et 1 et permet de classer les pays selon leur niveau de développement en quatre groupes : faible, moyen, élevé et très élevé. Il est calculé à partir de trois indicateurs : l'espérance de vie, la durée de scolarisation et le revenu par habitant. Il donne donc des informations en matière de richesse, de santé et d'éducation. Les inégalités de développement des populations exprimées par l'IDH sont importantes : les pays industrialisés ont l'indice le plus élevé (plus de 0,900), suivis par les pays en développement (entre 0,600 et 0,800). L'IDH des pays d'Afrique noire, la région la moins développée de la planète, dépasse rarement 0,540. En 1990, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a adopté l'indicateur inventé par Amartya Sen, l'Indice de développement humain (IDH) qui combine trois dimensions : le niveau de vie, la santé et l'éducation. Depuis cette date, l'IDH a progressé dans le monde, passant de 0,598 en 1990 à 0,728 en 2017. La progression a été particulièrement forte en Asie du Sud.
C. Pauvreté : Notion et Mesure
Initialement, la pauvreté désigne le manque de ressources économiques qui entraîne des privations et empêche de satisfaire des besoins. On parle d'extrême pauvreté lorsque le revenu est inférieur à 1,90 dollar par jour et par habitant. Cette situation concerne surtout les pays en développement. La pauvreté se concentre en Asie du Sud et surtout en Afrique subsaharienne où des taux record sont observés. À Madagascar, 78 % de la population vit dans l'extrême pauvreté. La pauvreté est liée aux ressources économiques d'une personne et se calcule sur son revenu. Le seuil de pauvreté se calcule en fonction du revenu médian d'une population. On prend également en compte le niveau de développement et le niveau de vie des populations. Cela permet de définir une pauvreté relative : ainsi, une personne pauvre en France n'a pas le même niveau de vie qu'une personne pauvre au Niger. Revenu médian Le revenu médian est le revenu qui divise une population en deux groupes numériquement identiques. Une moitié de la population a des revenus supérieurs, l'autre moitié a des revenus inférieurs.
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Depuis les années 1990, la notion de pauvreté s'est élargie à d'autres domaines pour mieux analyser les difficultés des populations démunies en matière d'alimentation, de conditions sanitaires, de niveau d'éducation, etc. En 2010, des chercheurs de l'université d'Oxford ont mis au point un Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) qui mesure la pauvreté dans trois domaines : niveau de vie, santé et éducation. Il est calculé à partir de 10 indicateurs comme l'accès à l'eau, l'accès à l'électricité, l'accès à des toilettes, la nutrition, la mortalité infantile, les années de scolarisation, etc. D'après cet indicateur, le Niger est le pays qui a l'indice de pauvreté le plus élevé (0,605 en 2014). 89 % des Nigériens sont concernés par la pauvreté. Les facteurs expliquant la pauvreté dans les pays en développement sont : Une économie peu diversifiée : souvent c'est une agriculture peu performante qui domine. Le manque d'infrastructures qui empêche de satisfaire les besoins essentiels des populations : réseaux d'eau et d'énergie, écoles, établissements de santé, etc. La mauvaise gouvernance et la corruption : les richesses sont mal redistribuées pour permettre à la majorité de la population de sortir de la pauvreté.
D. La progression du développement
Le développement est en progression un peu partout sur la planète. À l'échelle mondiale, on remarque un net recul de l'extrême pauvreté. Toutefois, la sortie de la pauvreté dépend de la stabilité économique et politique. Des conflits dans le monde ralentissent ainsi le développement de certains pays. De nombreux indicateurs montrent que, depuis 1990, la pauvreté absolue a régressé. Entre 2000 et 2018, le nombre d'humains en situation d'extrême pauvreté est passé de 1,7 milliard à 660 millions, alors que dans le même temps la population mondiale a augmenté. Le taux de pauvreté est ainsi passé de 37 % en 1990 à 9 % en 2018. On note des progrès dans l'accès à l'eau, à la santé, à l'éducation. Dans les pays en développement, les écoles primaires accueillaient 80 % des enfants en 2017, contre 52 % en 1990. L'enseignement secondaire reste quant à lui difficile d'accès pour la majorité des populations. Toutefois, la sortie de la pauvreté n'est pas irréversible. Les progrès enregistrés dans certains pays peuvent être remis en cause en cas de crise économique ou politique. Le Brésil a connu un début de siècle fleurissant sur le plan économique, ce qui lui a permis de diviser la pauvreté par trois en dix ans grâce à la politique de redistribution de la Bolsa familia. À partir de 2014, le pays a connu trois années de grave récession économique, faisant remonter le taux de pauvreté et la suppression de ce programme. Concrètement, cela s'est traduit par l'augmentation des populations sans logement, des activités informelles et illicites et de l'insécurité. La progression de développement peut être totalement enrayée en cas de conflit. Au Yémen, en Libye et en Syrie, l'IDH a fortement diminué sous l'effet des guerres civiles à cause de la désorganisation des activités économiques, les destructions de terres agricoles et des infrastructures (réseaux d'eau et d'électricité, hôpitaux, écoles). Recul de développement dans les pays en guerre.
II. Les pays développés : opulence et disparités
A. Une opulence manifeste
Les pays industrialisés produisent beaucoup et parviennent à satisfaire globalement les besoins de leur population (alimentation, habillement, habitat, éducation, loisirs, etc.), même si certains, comme les chômeurs, les SDF (sans domicile fixe), les immigrés clandestins, n'ont pas toujours accès à ces richesses.
B. Les États les plus riches
Les dix pays les plus riches, classés selon leur PIB (pas le PIB PPA) étaient en 2009 : les États-Unis (14 256 milliards de dollars), le Japon (5 068, dépassé par la Chine en 2010), la Chine (4 908), l'Allemagne (3 352), la France (2 675), le Royaume-Uni (2 183), l'Italie (2 118 milliards), le Bresil (1 574), l'Espagne (1 464)et le Canada (1 336, qui sera dépassé en 2010 par l'Inde). Il subsiste entre ces États d'importants contrastes : un tout petit nombre d'entre deux produit l'essentiel des richesses mondiales (ainsi, les États-Unis, la nation la plus riche au monde, fournissent à eux seuls un quart de ces richesses).
C. Groupes et pays émergents
Les sept pays les plus industrialisés se rencontrent régulièrement pour discuter des problèmes économiques de la planète. Depuis 1994, ce groupe, appelé le G 7, associe la Russie à ses réunions (constituant ainsi ce qu'on appelle le G8). Si la Chine et le Brésil ne sont pas suffisamment industrialisés pour y participer, ils figurent néanmoins parmi les pays émergents, en développement rapide, comme le sont l'Inde, le Mexique, l'Afrique du sud ou la Turquie. Tous réunis forment le G20, véritable directoire des affaires mondiales. Comme leur nom l'indique, les NPI ou nouveaux pays industriels ont connu un développement récent. Parmi eux, les « dragons » d'Asie (Corée du Sud, Hong Kong, Taiwan, Singapour…) se distinguent par leur maîtrise technologique et une économie centrée sur les exportations. Leur réussite conduit à ne plus les classer parmi les pays en voie de développement. L'expression "pays émergents" naît dans les années 1990 et est rapidement reprise par la Banque mondiale. Ce terme désigne des pays autrefois en voie de développement disposant d’un fort potentiel économique et/ou financier, en dépit de fortes disparités sectorielles et/ou sociales persistantes. Malgré leur croissance économique, ils ne sont pas considérés comme des pays développés, notamment en raison d'un PIB par habitant insuffisant. Les contours exacts de cette notion sont encore controversés. L'appellation BRICS+ désigne un groupe d'États émergents, de puissances régionales, de puissances pétrolières ou d'États moins développés mais à forte croissance économique.
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III. Les pays moins développés : une situation contrastée
A. Diversité des situations
Que de termes pour désigner l'inégal niveau de développement des pays les moins riches ! Pays du tiers-monde, pays en développement (PED), pays en voie de développement (PVD), pays les moins avancés (PMA) : toutes ces appellations expriment la diversité des situations. En bas de l'échelle, les PMA se trouvent dans une situation critique. Situés pour la plupart en Afrique, leur PNB moyen par habitant n'est que de 250 dollars par an (soit 0,6 dollar par jour). Le PIB par habitant du Burundi, le pays le plus pauvre, était de 138 $ en 2008. Il est plus délicat de classer la Chine ou le Brésill'Argentine ou l'Afrique du sud, l'Inde ou la Turquie : ces pays sont devenus de grandes puissances économiques mais leur population, très nombreuse, reste encore pauvre. Ce sont des sociétés duales où la plus grande richesse côtoie l'extrême pauvreté. Leur développement rapide permet cependant de les définir comme des pays émergents. Quant aux États pétroliers, ils se sont enrichis grâce à l'exploitation de leur sous-sol : les petits royaumes comme Brunei, en Asie, ou les monarchies du golfe Arabo-Persique ont le niveau de vie le plus élevé de la Terre mais leurs économies présentent de réels déséquilibres.
B. Les indices du sous-développement
Les pays pauvres ont en commun un développement économique insuffisant (le PIB est inférieur à 4 ou 5 000 dollars), un taux de mortalité infantile très élevé (supérieur à 50 pour 1 000 contre 3,3 en France, la moyenne mondiale étant à 44) et une espérance de vie restreinte (d'environ 50 ans en Afrique noire, contre 80 ans en Europe occidentale). Dans ces pays, l'alimentation est souvent insuffisante : la plupart des peuples d'Afrique noire souffrent de malnutrition (ils absorbent moins de 2 300 calories par jour).
C. Les Pays les Moins Avancés (PMA)
Les pays les moins avancés, expression forgée en 1971 par le Conseil Économique et Social de l’ONU (CESNU, ECOSOC en anglais) sont une liste de 44 pays en « difficulté ». 33 de ces pays sont situés en Afrique, 8 en Asie, 3 en Océanie et un dans les Antilles. Désavantagés dans leur processus de développement, ces États peinent à s’extirper de la pauvreté. C’est dans ce cadre qu’ils nécessitent un appui particulier de la part de la communauté internationale. L'inscription sur la liste proposée par l'ONU est acceptée ou non par les gouvernements. Cela peut expliquer que des pays tels que le Zimbabwe, la Bolivie ou la Corée du Nord n’en fassent pas partie. Huit pays ont pu s’extraire de cette catégorie : le Botswana (1994), le Cap-Vert (2007), les Maldives (2011), les Samoa (2014), la Guinée Équatoriale (2017), le Vanuatu (2020), le Bhoutan (2023) et São Tomé-et-Principe (2024). Le Soudan du Sud l’a intégrée en 2011. Plusieurs pays en attente de sortie sont finalement prolongés, notamment en raison de la pandémie de covid-19. Parmi eux, l'Angola, le Bangladesh, le Laos, le Népal et les Îles Salomon. Les pays les moins avancés (PMA) correspondent aux États les plus pauvres de la communauté internationale et les plus vulnérables aux aléas économiques, environnementaux, humains et épidémiques. L'Organisation des Nations unies (ONU) les détermine en fonction de trois critères cumulatifs : un revenu national brut (RNB) par habitant inférieur à un certain niveau ; un indice du capital humain (ICH) faible, composé d'un sous-indice de santé (taux de mortalité, retards de croissance) et d'un sous-indice d'éducation (scolarisation dans l'enseignement secondaire - et parité entre les sexes en la matière -, taux d'alphabétisation des adultes) ; un indice de vulnérabilité économique et environnementale (IVE) élevé, calculé en fonction de plusieurs éléments : part du secteur agricole dans le produit intérieur brut (PIB), diversité des produits exportés, instabilité de la balance commerciale, densité de la population, proportion de la population victime de catastrophes naturelles… Une liste des PMA est établie en fonction de ces critères par le comité des politiques de développement, groupe d'experts indépendant rattaché aux Nations Unies. Elle est revue tous les trois ans.
IV. Les flux migratoires : une conséquence des inégalités
Dans les pays développés, la population s'accroît assez lentement et a tendance à vieillir. En effet, les femmes ont peu d'enfants alors que l'espérance de vie augmente grâce aux progrès de la médecine ! Pour soutenir leur développement, ces nations ont accueilli de nombreux immigrés. De 1965 à 2009, le nombre de personnes vivant hors de leur pays d'origine est passé de 65 à 195 millions. Les États-Unis et l'Europe sont les principales terres d'accueil de ces migrants. Elles ont absorbé 80 % d'entre eux. D'une façon générale, les pays riches du Nord attirent de plus en plus les populations des pays du Sud, qui viennent y travailler. Ces migrations sont facilitées par le développement des moyens de communication.
V. Inégalités à toutes les échelles
Le monde est divisé entre les pays du Nord et les pays du Sud. On observe différentes inégalités dans le monde : des inégalités territoriales, des inégalités socio-économiques et des inégalités entre hommes et femmes. Ces inégalités sont également observables aux échelles régionales et locales, à l'intérieur des pays.
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A. Inégalités entre les pays du Nord et du Sud
Au début des années 1980, un rapport de l'ONU consacré aux problèmes de développement fait apparaître une opposition Nord-Sud pour différencier les pays dits « développés » des pays dits « en développement » à partir de critères économiques. Cette limite Nord-Sud a été adoptée car elle permet de se représenter rapidement les écarts de richesses à l'échelle mondiale. Si les pays du Nord sont considérés comme développés, il y a toutefois des écarts de développement. On peut distinguer les pays les plus avancés comme le Canada, les États-Unis, les pays d'Europe de l'Ouest, Israël, le Japon, l'Australie, les « dragons asiatiques » comme la Corée du Sud ou Singapour. Les pays d'Europe centrale et orientale ainsi que la Russie sont classés au Nord mais ils souffrent de fragilités en matière de développement. Autrefois communistes, leur transition vers l'économie de marché s'est accompagnée d'un creusement des inégalités. Certains indicateurs de développement restent médiocres. La Russie a vu son IDH progresser depuis le début du siècle, mais l'évolution de son espérance de vie a été irrégulière, notamment dans la population masculine. Ainsi, un Russe a une espérance de vie de 63 ans contre 77 ans dans la plupart des pays européens. Cette différence s'explique par plusieurs facteurs. Le mauvais état des équipements productifs (usines) et des réseaux routiers est à l'origine de nombreux accidents. La consommation d'alcool, bien qu'en baisse, reste élevée surtout dans un contexte de difficultés économiques et d'augmentation de la pauvreté.
Parmi les pays du Sud, la situation est très contrastée. Certains pays sont émergents, d'autres sont des pays pétroliers. Ces pays s'en sortent mieux sur le plan économique. Certains pays en situation intermédiaire restent fragiles, tandis que les Pays les moins avancés (PMA) souffrent particulièrement de la pauvreté. Il existe une vingtaine de pays émergents. On qualifie d'émergent un pays qui, grâce à une croissance économique très soutenue sur plusieurs années, s'intègre au commerce mondial. Un pays en développement se caractérise par une population nombreuse et/ou dynamique, au sein de laquelle les classes moyennes s'agrandissent et consomment davantage. Il est marqué par une hausse des inégalités socio-économiques avec une partie de la population qui reste à l'écart du développement, dans les bidonvilles ou les zones rurales. Le développement des pays pétroliers à hauts revenus est basé sur l'exportation d'hydrocarbures : Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Iran, Venezuela. Leur niveau de richesse est élevé, leur dépendance au pétrole est un handicap à court terme en raison de la fluctuation des prix du baril et à long terme en raison de l'épuisement programmé des réserves. Les pays en situation intermédiaire au développement fragile. S'ils sont sortis de l'extrême pauvreté, leur niveau de richesse et de développement reste moyen et leur situation est réversible en cas de crise économique ou de conflit.
B. Inégalités Territoriales
Les territoires parmi les plus riches profitent de la croissance économique mondiale : métropoles, façades littorales, etc. D'autres territoires restent en marge : anciennes villes industrielles, espaces ruraux. Les territoires les plus riches sont : les métropoles dynamiques, tournées vers l'innovation (technopôle) et les services (quartier d'affaires) ; les espaces de production énergétique ; les espaces agro-industriels spécialisés dans l'exportation (Mato-Grosso au Brésil) ; les façades littorales dynamisées par le commerce mondial (littoral chinois). Les territoires en marge sont : les anciennes villes industrielles en crise où le chômage et la pauvreté sont élevés ; les zones enclavées mal desservies par les flux de transports ; certains des espaces ruraux dans lesquels l'agriculture locale ne peut rivaliser avec la concurrence internationale.
C. Inégalités Socio-économiques
Les inégalités socio-économiques sont observables dans tous les pays du monde. On estime qu'à l'échelle mondiale, 10 % des habitants les plus riches possèdent 40 % du revenu mondial. Les inégalités socio-économiques s'accentuent à l'échelle mondiale, y compris dans les pays les plus avancés. L'indice de Gini permet de mesurer les écarts de revenus au sein des populations et donc de comparer les pays en matière d'inégalités. La concentration de richesses entre les mains d'un petit nombre d'individus augmente : le nombre de milliardaires a été multiplié par 5 depuis l'an 2000. Les écarts de revenus sont très élevés en Afrique australe (Afrique du Sud) et en Amérique latine (Brésil), importants en Asie et aux États-Unis, plus modérés en Europe.
D. Inégalités entre les Hommes et les Femmes
Les inégalités de genre, entre hommes et femmes, s'observent dans toutes les régions du monde. Les femmes ont des salaires plus faibles. Dans les pays en développement elles ont un niveau d'instruction plus faible car elles ne peuvent pas toujours accéder à l'éducation.
E. Risques et Inégalités
Les risques sont de remarquables révélateurs des inégalités sociales et des discontinuités spatiales. Le clivage est marqué dans beaucoup de villes entre la périphérie, lieu de l'urbanisation sauvage où les risques sont nombreux et les quartiers centraux en général mieux équipés, situés sur des espaces souvent moins sensibles à l'aléa. La comparaison entre le séisme de 2010 à Haïti, un des Pays les Moins Avancés (PMA), et celui de 2011 à Fukushima au Japon (pays développé) est éclairante. Si la pauvreté accroît la vulnérabilité, les catastrophes aggravent la pauvreté et peuvent donner naissance à de nouveaux risques. Ainsi, à Haïti, le séisme a détruit le réseau d'adduction d'eau et d'évacuation des déchets ; la dégradation de l'hygiène a en retour provoqué une épidémie de choléra qui a fait plusieurs milliers de morts.
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