En France, la césarienne est un acte chirurgical courant, mais important, pratiqué lors de l'accouchement. Selon l'enquête nationale périnatale de 2021, 20,7 % des naissances ont eu lieu par césarienne. Cet article vise à démystifier la procédure, à expliquer les différentes étapes et à donner des conseils sur les soins post-opératoires.

Qu'est-ce qu'une césarienne ?

La césarienne est un acte chirurgical qui permet la naissance du bébé par une incision dans l'abdomen et l'utérus de la mère. Elle est réalisée au bloc opératoire sous anesthésie, généralement péridurale. La césarienne peut être programmée à l'avance ou pratiquée en urgence, selon les circonstances.

Quand la césarienne est-elle nécessaire ?

La césarienne est souvent recommandée dans des situations spécifiques, telles que :

  • Placenta praevia (lorsque le placenta recouvre le col de l'utérus)
  • Retard de croissance du fœtus
  • Grossesses multiples
  • Présentation du bébé en siège
  • Échec de la progression du travail
  • Souffrance fœtale

Les échographies et les examens prénataux permettent d'évaluer la nécessité d'une césarienne et de préparer la future maman à cette éventualité.

Les étapes de la césarienne

Que la césarienne soit programmée ou en urgence, la procédure se déroule généralement en plusieurs étapes :

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  1. Préparation : La future maman est installée dans une salle d'opération. Certaines maternités autorisent la présence du père, si les conditions le permettent. La peau de l'abdomen est nettoyée avec un produit antiseptique, du bas des cuisses jusqu'à la poitrine, en insistant sur le nombril. Une sonde urinaire est ensuite posée pour vider la vessie en continu.
  2. Anesthésie : L'anesthésie est réalisée, généralement par péridurale ou rachianesthésie. Dans certains cas d'urgence, une anesthésie générale peut être nécessaire.
  3. Incision : L'obstétricien pratique une incision sur la paroi abdominale. Autrefois, l'incision était médiane sous-ombilicale verticale, mais aujourd'hui, l'incision est généralement transversale, dite de Pfannenstiel. Cette technique assure plus de solidité et est réalisée à 2-3 cm au-dessus du pubis. La largeur classique conseillée est de 12 à 14 cm.
  4. Ouverture : Après avoir incisé la peau, l'obstétricien coupe la graisse puis l'aponévrose (tissu qui enveloppe les muscles). La technique de la césarienne a évolué ces dernières années sous l’influence des professeurs Joël-Cohen et Michael Stark. La graisse puis les muscles sont écartés aux doigts. La cavité abdominale contient différents organes comme l'estomac, le côlon ou la vessie. Cette méthode est plus rapide. Il faut compter entre 1 et 3 minutes pour atteindre la cavité péritonéale lors d’une première césarienne. Le médecin accède ensuite à l’utérus.
  5. Hystérotomie : L'hystérotomie est réalisée au niveau du segment inférieur de l'utérus, à l'endroit où les tissus sont les plus fins. C'est une zone qui saigne peu en l'absence de pathologie surajoutée. De plus, la cicatrice utérine est plus solide qu’une suture du corps de l’uterus lors de la grossesse suivante. Un prochain accouchement par les voies naturelles est ainsi possible. Une fois que l’utérus est incisé, le gynécologue élargit l’incision aux doigts et rompt la poche des eaux.
  6. Extraction du bébé : L'obstétricien extrait l'enfant par la tête ou par les pieds, en fonction de la présentation. Le bébé est posé en peau à peau avec la maman pendant quelques minutes.
  7. Délivrance : Après la naissance, l'obstétricien retire le placenta. C'est la délivrance. Puis, il vérifie que la cavité utérine est bien vide.
  8. Suture : L'utérus est ensuite refermé. Le chirurgien peut décider de l’extérioriser pour le suturer plus facilement ou bien le laisser dans la cavité abdominale. En règle générale, le péritoine viscéral qui recouvre l’utérus et la vessie n'est pas refermé. L’aponévrose est refermée. La peau de votre ventre est, quant à elle, suturée selon les praticiens, au fil résorbable ou non, ou avec des agrafes.

Les différents types d'incisions

Il existe plusieurs techniques opératoires pour la césarienne :

  • Incision de Pfannenstiel : C'est la technique la plus fréquemment pratiquée ces dernières années. L'incision est horizontale, située à environ deux doigts au-dessus de l'os pubien.
  • Césarienne extra-péritonéale : Cette technique consiste à contourner le péritoine en repoussant la vessie, ce qui permet d'accéder à l'utérus sans inciser le péritoine. Bien qu'elle permette une meilleure récupération après l'opération (moins de risques d'infection, et reprise du transit intestinal quasiment dans la journée), elle est rarement pratiquée du fait d'une technique opératoire un peu plus compliquée à maîtriser.
  • Incision verticale : Cette incision est rarement pratiquée, sauf en cas d'obésité ou de césarienne en urgence absolue. L'ouverture est située un tiers au dessus du nombril, deux tiers au dessous.

Suites de césarienne et soins post-opératoires

Les premiers jours suivant une césarienne sont souvent difficiles. La réhabilitation précoce, incluant l'injection d'ocytociques, permet une récupération plus rapide. La maman peut boire, manger et se lever plus rapidement.

Il est essentiel de prendre soin de la cicatrice de césarienne pendant quelques jours. Les fils et les agrafes seront enlevés entre 5 et 10 jours après l'intervention. Pour faciliter et accélérer la cicatrisation, vous pouvez réaliser des applications locales de teinture mère de Calendula 2 ou 3 fois par jour. Concernant la toilette, utilisez de l'eau et du savon au moins une fois par jour.

Suivi de la cicatrice

Il est important de surveiller l'évolution de la cicatrice et de consulter un spécialiste si elle ne se déroule pas correctement. Voici quelques signes d'alerte :

  • Rougeur
  • Douleur
  • Gonflement
  • Écoulement
  • Dureté
  • Démangeaisons

Différents traitements sont possibles en fonction de l'état de la cicatrice (chéloïde, hypertrophique, blanche…).

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Douleurs post-opératoires

La césarienne peut provoquer des douleurs post-opératoires. Elles sont généralement normales, mais il est important de savoir quand s'inquiéter. Les saignements sont-ils les mêmes qu'après un accouchement par voie basse ?

Reprise de l'activité

Il est important de respecter les recommandations médicales concernant la reprise de l'activité physique et sexuelle après une césarienne.

Grossesse suivante

Si vous avez accouché par césarienne et que vous envisagez une prochaine grossesse, il est important de discuter avec votre médecin des options qui s'offrent à vous : devrez-vous à nouveau accoucher par césarienne ? Combien de mois attendre avant de retomber enceinte, après une césarienne ?

Aspects psychologiques de la césarienne

Alors que de nombreuses mamans s'imaginent accoucher par voie basse, accoucher par césarienne peut devenir une véritable source d'angoisse. En effet, certaines d'entre elles ont peur de ne pas vivre pleinement leur accouchement par césarienne, de passer à côté de la naissance de leur enfant, tout particulièrement si celle-ci a eu lieu sous anesthésie générale. Aussi il est important de bien en parler avec l'équipe médicale en amont du terme, mais aussi avec d'autres mamans passées par là, afin d'être rassurée.

La césarienne reste encore trop souvent minimisée, voire dévalorisée. Pourtant, qu'elle soit programmée ou en urgence, elle donne bien naissance à un enfant et donc à une mère. L'accouchement par césarienne reste encore entouré de clichés, de jugements et de remarques maladroites qui blessent profondément les femmes qui l'ont vécue.

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Il est important de se rappeler que chaque maman vit la naissance de son enfant de manière unique. Il en est de même pour les naissances par césarienne. Peur, soulagement, angoisse ou bonheur ultime… Alors que certaines femmes décident d'accoucher par césarienne, d'autres la subissent et la vivent mal.

Si vous avez vécu une césarienne difficile, n'hésitez pas à en parler avec une sage-femme, un psychologue ou d'autres mamans.

La pelvimétrie : un outil de prédiction ?

La pelvimétrie est une mesure des dimensions du bassin. Elle était autrefois utilisée pour prédire la réussite d'un accouchement par voie basse. Cependant, son intérêt est aujourd'hui limité.

Qu'est-ce que la pelvimétrie ?

La pelvimétrie tente de mesurer les passages les plus étroits du bassin. Le PRP (promonto-rétro-pubien) correspond à l'espace disponible entre la symphyse pubienne et la colonne vertébrale.

Comment la mesure-t-on ?

Il existe différentes techniques : radio, scanner ou IRM, par ordre de fiabilité (et de prix…) croissants.

La pelvimétrie est-elle fiable ?

La fiabilité de la pelvimétrie est remise en question. Des études ont montré que les mesures peuvent varier en fonction de l'opérateur et de la position de la mère.

La pelvimétrie est-elle utile ?

La pelvimétrie a un intérêt limité pour prédire la réussite d'un accouchement par voie basse. De nombreuses femmes avec un bassin considéré comme inadéquat ont accouché par voie basse, tandis que d'autres avec un bassin normal ont eu une césarienne.

L'impact des changements hormonaux, qui détendent les ligaments et augmentent donc la mobilité du bassin n'est, là non plus, pas évalué.

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