L'allaitement maternel est une expérience naturelle et bénéfique tant pour la mère que pour l'enfant. Cependant, de nombreuses questions se posent quant à l'alimentation et aux boissons à privilégier ou à éviter durant cette période cruciale. Parmi les plantes souvent évoquées, la sauge suscite un intérêt particulier en raison de ses propriétés potentiellement contradictoires : certaines sources la présentent comme un allié pour soulager divers maux, tandis que d'autres la déconseillent en raison de son impact possible sur la production de lait. Cet article vise à démystifier l'utilisation de la sauge pendant l'allaitement, en explorant ses bienfaits potentiels, les risques associés à sa consommation, et les précautions à prendre pour une utilisation sécuritaire.
L'Allaitement Maternel : Un Cadeau Précieux
L'allaitement est une manière naturelle et merveilleuse de nourrir votre bébé. Ce moment magique et si précieux à partager avec votre nourrisson est cependant parfois difficile à mettre en œuvre. L’allaitement est l’acte naturel de nourrir un nourrisson au sein par le lait produit par la mère. Ce lien biologique entre la mère et l’enfant existe depuis l’aube de l’humanité : dans toutes les cultures, l’allaitement a longtemps été la principale manière de nourrir les nouveau-nés. Dans l'Antiquité, il était considéré à la fois comme un devoir maternel et un acte sacré. Aujourd’hui, l’allaitement est reconnu pour ses nombreux bienfaits, autant pour le bébé que pour la mère. Il fournit une nutrition parfaitement adaptée, riche en anticorps, qui soutient le système immunitaire du nourrisson. Il renforce aussi le lien affectif grâce au contact peau à peau et aux échanges hormonaux. Si l’allaitement est un geste naturel, il demande souvent un apprentissage, autant pour la mère que pour le bébé.
Le lait maternel est un aliment complet et parfaitement adapté aux besoins du nourrisson. Sa composition évolue au fil du temps pour répondre aux besoins spécifiques de l'enfant en pleine croissance. Il est totalement adapté aux besoins de votre tout-petit. Le lait maternel contient 87 % d’eau, nécessaires à une bonne hydratation du bébé. protéines : entre 8 et 12 g / litre, correspondant à l’un des taux les plus bas de protéines parmi les laits de tous les mammifères. En effet, cela correspond à la croissance staturale plus lente chez le nourrisson par rapport aux petits des autres mammifères. Par ailleurs, on trouve de la lactoferrine dans le lait maternel dont les propriétés sont bactéricides, anti-inflammatoires et anti-virales. Elle est intéressante pour la santé du bébé car elle joue un rôle clé pour le microbiote du bébé. lipides : le lait maternel contient 150 acides gras, qui apportent 35 g de lipides par litre. Leur fabrication est seulement possible par le corps humain et leur reproduction est très difficile. Saviez-vous que la teneur en lipides du lait de la maman varie en fonction de l’alimentation de celle-ci et augmente avec la durée de l’allaitement ? Les lipides sont concentrés en fin de tétée. glucides : présents à hauteur de 75 g par litre.
Le lait maternel présente des avantages tant pour le bébé que pour la maman. En effet, il renforce le système immunitaire du tout-petit, le protège des allergies, infections gastro-intestinales et respiratoires, ainsi que des maladies inflammatoires. Allaiter le protège également du syndrome de la mort subite du nourrisson. Le lait maternel répond entièrement aux besoins du bébé et sa bonne croissance et diminue les risques d’obésité. De plus, il participe à la création du lien d’attachement si précieux entre bébé et maman, notamment grâce au contact peau à peau. Par ailleurs, pour la maman, allaiter permet une meilleure rétraction de l’utérus et facilite l’expulsion du placenta au moment de l’accouchement. Il rend les suites de couche plus facile, permet de retrouver plus facilement le poids d’avant grossesse et retarde le retour des menstruations. Il contribue à réduire le stress et produit de l’ocytocine, à l’effet antidépresseur notamment.
La Sauge : Une Plante aux Multiples Facettes
Depuis l’Antiquité, la sauge est considérée comme la plante médicinale par excellence. « Qui a de la sauge dans son jardin n’a pas besoin de médecin », disent les Provençaux. Le nom “sauge” vient du latin “salvus” qui signifie “bonne santé”, qui découle du verbe “salvare” qui veut dire “sauver”. La sauge officinale (Salvia officinalis) est une plante commune dans les pays du pourtour méditerranéen, dont les feuilles sont utilisées à la fois en cuisine et en médecine. Son nom latin, Salvia, signifie « celle qui sauve ». En phytothérapie, deux autres espèces de sauge sont également employées : la sauge sclarée (Salvia sclarea) et la sauge d’Espagne (Salvia lavandulifolia).
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La sauge officinale contient de nombreuses substances actives : des flavonoïdes, des diterpènes (picrosalvine, rosmanol, etc.), des triterpènes (par exemple les acides ursolique et oléanique), des acides phénoliques (acide chlorogénique, acide rosmarinique, etc.) et des essences dont le camphre et les thuyones. Les effets de la sauge officinale sur les maux de ventre et les digestions difficiles seraient dus aux flavonoïdes et aux essences. Son action anti-inflammatoire et antiseptique pourrait être liée à la présence d’acides phénoliques.
L’Agence européenne du médicament considère comme « traditionnel » l’usage de la sauge officinale dans « le traitement symptomatique des petits problèmes digestifs (brûlures d’estomac, ballonnements), ainsi que dans celui de la transpiration excessive et, en application locale, dans celui des inflammations de la bouche, de la gorge et de la peau ». La Coordination scientifique européenne en phytothérapie reconnaît l’usage de la sauge officinale dans le traitement « des inflammations et des infections de la bouche et de la gorge telles que les stomatites (inflammations de la bouche), les gingivites ou les pharyngites, et pour soulager la transpiration excessive, en traitement de deux à quatre semaines.
Sauge et Allaitement : Une Relation Complexe
La sauge a été utilisée (sans preuves scientifiques) pour diminuer la production lactée (Eglash 2014, Amir 2011). La sauge réduit prétendument la lactation et a été utilisée pour aider au sevrage ou à une surabondance de lait. Cependant, aucune étude scientifique n'a pu évaluer l'effet de la sauge sur la lactation. En effet, la sauge est déconseillée, tout simplement parce qu’elle a une activité “œstrogènes like” et que, de ce fait, elle diminuerait drastiquement la production de lait.
Certaines plantes peuvent-elles faire baisser la production de lait au cours de l’allaitement ou au contraire la stimuler ? On parle très souvent de plantes qui favorisent la lactation mais il existe des plantes dites « anti-laiteuses » qui diminuent ou tarissent la sécrétion lactée. Ces plantes sont à éviter si vous souhaitez continuer à allaiter votre bébé. Par contre, elles peuvent être consommées si vous souhaitez arrêter votre allaitement en douceur, sans prise de médicaments.
Risques Potentiels de la Sauge pendant l'Allaitement
Bien que la sauge présente des bienfaits potentiels, il est important de considérer les risques associés à sa consommation pendant l'allaitement. La feuille de sauge (Salvia officinalis) contient des tanins (salviatannine), des huiles essentielles (y compris l'alpha-thujone, bêta-thujone, 1,8 cinéole et camphre), des flavones, des acides phénoliques, des glycosides phénylpropanoïdes, des triterpénoïdes et des diterpènes. La sauge espagnole (Salvia lavandulaefolia) est une espèce apparentée avec des composants similaires, bien que sa teneur en thuyone soit plus faible.
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La thuyone est un composé qui peut devenir toxique lorsqu’il est consommé en excès. La thuyone est connue pour ses effets neurotoxiques, et en quantités élevées (au-delà de 3 à 5 mg par jour), elle pourrait entraîner des convulsions ou des troubles du système nerveux. Les risques potentiels incluent des effets indésirables tels que des nausées, des vomissements, des bouffées de chaleur, une accélération du rythme cardiaque, des vertiges et des convulsions. Il est donc très important de ne pas abuser des tisanes de sauge.
Précautions à Prendre
Aucune donnée n'existe sur la sécurité de la sauge chez les mères allaitantes ou les nourrissons. Il conviendrait de choisir des plantes à faible teneur en thuyone et en camphre. Si vous choisissez de consommer de la sauge pendant l'allaitement, il est essentiel de respecter certaines précautions :
- Modération : Limitez votre consommation à de petites quantités et évitez une utilisation prolongée. En général, la consommer sur une courte période et à des doses raisonnables ne présente pas de danger pour la plupart des gens. Par contre, si vous commencez à en boire plusieurs tasses par jour sur une longue durée, vous pourriez vous exposer à des risques pour la santé.
- Types de sauge : Privilégiez les variétés de sauge à faible teneur en thuyone, comme la sauge sclarée.
- Avis médical : Consultez un professionnel de santé avant de consommer de la sauge, surtout si vous avez des problèmes de santé préexistants ou si vous prenez d'autres médicaments.
- Surveillance : Soyez attentive aux réactions de votre bébé. Si vous remarquez des changements dans son comportement ou sa santé, cessez immédiatement la consommation de sauge.
Alternatives et Plantes Galactogènes
Si vous souhaitez soutenir votre lactation, il existe d'autres plantes considérées comme galactogènes, c'est-à-dire favorisant la production de lait maternel. Certaines plantes sont reconnues pour stimuler naturellement la lactation. Citons notamment le fenugrec, le galéga et le chardon béni, ainsi que le fenouil et l’anis vert dans une moindre mesure.
De nombreuses marques proposent les mélanges de plantes, composés très souvent de plusieurs plantes citées ci-dessus : graines de fenouil, anis, fenugrec … En plus d’être galactogène, le basilic possède des propriétés calmantes. Les principes actifs de ces plantes passent dans le lait et bébé en profite aussi.
Conseils Alimentaires Généraux pendant l'Allaitement
Pendant l’allaitement, on garde les bonnes habitudes alimentaires prises pendant la grossesse, afin de s’assurer qu’on produit un lait qui répond aux besoins de notre nourrisson ! Bonne nouvelle : l’alimentation idéale pendant l’allaitement est plus permissive que pendant la grossesse. La question serait plutôt “Y a-t-il vraiment des aliments interdits quand on allaite ?” Car contrairement à la grossesse, où nombre d’aliments sont interdits pour des raisons bactériologiques (pour éviter toxoplasmose, listériose, salmonellose…), l’allaitement est beaucoup plus permissif.
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En plus des tisanes proposées, il est vraiment très important de boire beaucoup d’eau durant l’allaitement. Si cela peut vous aider, munissez-vous d’une gourde de 1 litre et dites-vous que, chaque jour, vous devez en avoir bu au moins deux dans la journée. Misez sur les huiles riches en oméga-3 comme celles de noix, de chanvre, de lin, de colza, de caméline, à raison de trois cuillères à soupe par jour. En revanche, évitez le thé et le café ainsi que les sucres raffinés et les préparations sucrées du commerce. L’alcool et le tabac passent dans le lait maternel, il convient donc de les supprimer.
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