Le destin de Sarah Biasini, fille de la légendaire Romy Schneider, est intimement lié à l'héritage de sa mère, une figure emblématique du cinéma. Son parcours, marqué par l'absence précoce de sa mère et une relation complexe avec son image publique, a façonné sa vie personnelle et professionnelle. De son enfance protégée par son père, Daniel Biasini, à sa carrière de comédienne et d'écrivaine, Sarah Biasini s'est construite en naviguant entre le poids du passé et la quête de sa propre identité.

Une enfance marquée par l'absence

Sarah Biasini n'avait que 4 ans et demi lorsque sa mère, Romy Schneider, est décédée à son domicile parisien le 29 mai 1982. Cet événement tragique a profondément marqué son enfance, la privant d'une présence maternelle et la confrontant très tôt à la notoriété de sa mère. Son père, Daniel Biasini, a joué un rôle crucial dans sa protection contre l'attention médiatique et dans la construction d'une vie aussi normale que possible.

Dès lors, Sarah a vécu avec son père, qui n'a cessé de la protéger des médias. Il négociait avec la presse pour faire quelques reportages régulièrement sur le devenir de Sarah pour éviter que les médias s'emparent d'elle à leur insu.

Elle a été élevée par ses grands-parents paternels après la mort de sa mère. Elle évoque sa famille avec tendresse, soulignant leur unité et leur soutien indéfectible. Elle est proche de son père, Daniel Biasini, et admire le courage, la dignité et le sens de l'humour de sa famille.

Le poids de l'héritage

Grandir dans l'ombre d'une icône comme Romy Schneider n'a pas été sans défis. Sarah Biasini a dû apprendre à composer avec l'image publique de sa mère, souvent idéalisée ou réduite à des clichés. Elle a également ressenti une certaine dépossession face à l'appropriation de sa mère par le public.

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"A chaque fois qu'on me parlait d'elle, ce que j'entendais c'était surtout qu'elle était morte. Et on n'a pas envie d'y penser tout le temps parce qu'on n'a pas envie d'avoir du chagrin tout le temps. Donc, par instinct de survie, je ne m'appesantissais pas."

Pourtant, elle reconnaît l'importance de cet héritage et assume son rôle de fille de Romy Schneider. Elle comprend l'attachement du public à sa mère et s'efforce de partager des souvenirs authentiques et personnels.

Une carrière entre théâtre et écriture

Sarah Biasini a suivi les traces de sa mère en devenant comédienne. Elle a fait ses preuves dans de nombreux téléfilms, mais voue une véritable passion au théâtre. Elle a notamment joué dans L'Antichambre et Qu'est-ce qu'on attend, et a interprété La Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig.

"Je ne suis pas détendue devant une caméra. Peut-être que je ne devrais pas le dire, mais c’est la vérité : je ne me sens pas très libre, je me regarde faire, je m’écoute… J’ai une part de responsabilité, je ne montre pas énormément d’envie, enfin je ne vais pas chercher les projets. Je questionne d’ailleurs beaucoup mon propre désir de jouer. Encore aujourd’hui… Ce qui est sûr, c’est que je suis beaucoup plus à l’aise sur les planches."

En parallèle de sa carrière de comédienne, Sarah Biasini s'est lancée dans l'écriture. En 2021, elle a publié son premier livre, La beauté du ciel, un récit intime et poignant sur sa relation avec sa mère, la maternité et le deuil.

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"La beauté du ciel" : un livre cathartique

La beauté du ciel est un ouvrage écrit à la suite de la profanation de la tombe de Romy Schneider en 2017, suivie de près par sa grossesse à 40 ans. Dans ce livre, elle explore les thèmes de la perte, du souvenir, de la maternité et de la famille. Elle y raconte son expérience de devenir mère tout en ayant perdu la sienne, et la manière dont elle a intégré l'absence de sa mère dans sa vie.

"Lorsque j’ai appris que j’étais enceinte, j’ai compris qu’il était là mon sujet : comment devenir mère quand on a soi-même perdu sa mère et quel genre de mère on devient quand on a connu la mort ? Tout l’intérêt a été non pas de romancer parce que tout est vrai, mais de trouver une façon littéraire de le raconter."

Elle y décrit sa manière de redouter sans arrêt l’accident, la mort de sa fille comme la sienne, par peur que tout se reproduise. Ce livre est aussi une façon de laisser un témoignage de son amour "au cas où".

La maternité : un nouveau chapitre

Devenir mère a été une expérience transformative pour Sarah Biasini. Elle a donné naissance à une fille, Anna, en 2018. La maternité lui a permis de renouer avec son propre statut de petite fille et de mieux comprendre sa relation avec sa mère.

"Le fait de devenir mère, d’avoir ma fille sous les yeux, c’est comme si soudain j’étais renvoyée à mon statut de petite fille. Par moments, je ne savais plus si j’étais la mère de ma fille, si ma fille était ma mère, c’était assez troublant."

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Elle a choisi de donner à sa fille le prénom de Rosalie, en hommage au film César et Rosalie, l'un de ses films préférés de sa mère. Elle montre des photos de sa mère à sa fille et lui dit : "Voilà, c’est mamie, c’est la maman de maman."

Sarah Biasini et le film "3 jours à Quiberon"

Sarah Biasini a été scandalisée par le film 3 jours à Quiberon, sorti en 2018, qui relate une interview de Romy Schneider en 1981. Elle a critiqué le film pour avoir présenté une image déformée de sa mère, la montrant comme une femme vulnérable et au bord de la folie.

"Le monde extérieur me renvoie l’image d’une icône au destin brisé, vouée au malheur. C’est le décalage entre l’image qu’ont les autres et la femme que vous avez connue qui est dérangeant ? Oui, il y a le respect des morts aussi. Il faut faire attention."

Elle a rappelé que le film était une fiction et non un biopic fidèle à la réalité. Elle a souligné l'importance de se souvenir de sa mère comme d'une personne pleine de vie et de joie, et non seulement comme une figure tragique.

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