La rupture d'un Pacte Civil de Solidarité (PACS) ou la séparation de parents non mariés soulèvent des questions importantes concernant l'autorité parentale, la garde des enfants et la reconnaissance de paternité. Cet article vise à explorer ces aspects, en mettant en lumière les droits et les obligations des parents, ainsi que les procédures à suivre en cas de désaccord.
Autorité Parentale : Maintien des Droits et Obligations
La séparation des parents, qu'ils soient mariés, pacsés ou en concubinage, n'affecte pas l'exercice de l'autorité parentale. L'article souligne que chacun des parents doit maintenir des relations personnelles avec l'enfant et respecter les liens de celui-ci avec l'autre parent. Chacun des parents a les mêmes droits et les mêmes obligations à l'égard de l'enfant.
Dans la mesure du possible et dans l'intérêt de l'enfant, les parents doivent communiquer entre eux et prendre ensemble les décisions concernant leur enfant. Cela inclut des décisions importantes telles que le lieu d'habitation de l'enfant, les modalités d'exercice du droit de visite et/ou d'hébergement, et le versement d'une pension alimentaire. Un parent peut toutefois faire seul un acte usuel. En revanche, les actes non usuels nécessitent l'accord des 2 parents.
Actes Usuels et Non Usuels
Lorsqu’il fait un acte usuel, le parent est présumé avoir l’accord de l’autre lorsqu'il agit auprès d'un tiers (par exemple auprès d'un médecin ou d'un établissement scolaire). Le tiers n'a pas à s'assurer de l'accord de l'autre parent, c'est au parent qui fait l'acte usuel de s'assurer que l'autre parent est d'accord. Il doit donc l'informer par tous moyens (courrier, appel téléphonique, courriel…). Cette information permet au parent qui s'y oppose d'agir en justice.
Le parent qui n'est pas d'accord avec l'acte usuel réalisé par l'autre parent peut informer le tiers de son désaccord (une école par exemple). Dans ce cas, le tiers doit respecter la volonté du parent qui s’oppose à la passation d’un acte.
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Les juges ont considérés comme des actes usuels les actes suivants :
- Administratifs: demande de CNI ou de passeport, délivrance de diplômes, sortie du territoire national lorsqu’un juge ne l’a pas interdit…
- Éducation: radiation ou inscription dans un établissement scolaire public, justifications des absences scolaires ponctuelles de l’enfant, sorties scolaires à la journée
- Santé: soins obligatoires (par exemple, vaccinations imposées par la loi), soins courants (blessures superficielles, infections bénignes, soins dentaires de routine, traitement des maladies infantiles ordinaires), poursuite d’un traitement de maladie récurrente, circoncision relevant de la nécessité médicale, accès au dossier médical du mineur pour le suivi médical courant de l’enfant, séances ponctuelles avec un psychologue…
- Droit à l'image: diffusion d'une photo de l'enfant à un cercle restreint de personne composés de ses proches.
Si un parent est en désaccord avec l'autre sur la réalisation d'un acte (usuel ou non usuel), il peut saisir le juge aux affaires familiales (Jaf).
Pendant son temps de garde, le parent est libre d'organiser la vie de son enfant comme il l'entend : sorties, vacances, réunion familiale, activités comme par exemple l'inscrire dans un centre aéré, en colonie de vacances, à un stage sportif ou linguistique. il peut aussi partir à l'étranger. Il est utile de prévenir l'autre parent du lieu où se trouve l'enfant. En cas d'urgence, cela permet à l'autre parent de venir chercher l'enfant sur le lieu de vacances (par exemple, en cas d'hospitalisation du parent après un accident).
Modalités de Garde et Contribution à l'Entretien
Lors d'un divorce, les modalités de garde de l'enfant et la contribution à son entretien sont fixés soit dans le jugement, soit dans la convention de divorce dans le cas d'un divorce par consentement mutuel. Quand des parents non mariés (concubins, partenaires de Pacs) se séparent, la garde de l'enfant et la contribution à son entretien peuvent être établies à l'amiable dans une convention. Si les parents sont en désaccord, ils peuvent passer par une médiation ou par le juge. C'est également le cas de parents mariés lors d'une séparation de fait.
Convention Parentale
Si les 2 parents sont d'accord sur la façon d'organiser la vie de leur enfant après leur séparation, ils peuvent établir une convention parentale. Pour donner à cette convention force exécutoire, ils doivent la faire homologuer par un Jaf. Cela permet d'en demander l'exécution (par exemple, pour recouvrer la pension alimentaire impayée…).
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Le tribunal judiciaire compétent est en cas de demande conjointe, selon le choix des parents, celui du lieu où réside l'un ou l'autre d’entre eux. L'avocat n'est pas obligatoire.
Si les parents fixent la résidence de l'enfant chez l'un d'entre eux, ils peuvent utiliser le modèle de convention suivant : Modèle de convention parentale - Résidence et droit de visite et d'hébergement. S'ils choisissent la résidence alternée pour leur enfant, ils peuvent utiliser ce modèle de convention : Modèle de convention parentale - Résidence alternée.
Quand la convention parentale est établie, les parents demandent son homologation au Jaf avec le formulaire suivant : Requête conjointe aux fins d'homologation d'une convention parentale.
Médiation Familiale
Si les parents ont des désaccords, l'intervention d'un médiateur familial peut les aider. Quand la convention parentale est établie avec le médiateur familial, ils peuvent demander son homologation au Jaf avec le formulaire suivant : Requête conjointe aux fins d'homologation d'une convention parentale.
Le tribunal judiciaire compétent est en cas de demande conjointe, selon le choix des parents, celui du lieu où réside l'un ou l'autre d’entre eux. L'avocat n'est pas obligatoire.
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Juge aux Affaires Familiales (JAF)
En cas de désaccord sur la façon dont doit s'exercer l'autorité parentale, les parents peuvent saisir le Jaf. Le tribunal judiciaire compétent est celui dont dépend la résidence de l'enfant. L'avocat n'est pas obligatoire pour cette procédure. La demande se fait à l'aide du formulaire suivant : Demande au juge aux affaires familiales (autorité parentale, droit de visite, pension alimentaire…).
Les démarches à entreprendre dépendent du type de désaccord rencontré :
- Il peut y avoir un désaccord ponctuel : un parent prend une décision sans concertation et contre la volonté de l'autre parent. Par exemple, il décide seul, sans en parler à l'autre parent, de faire tatouer l'enfant.
- Il peut y avoir des désaccords profonds : un parent ne respecte pas la place de l'autre dans la vie d'enfant ou ne respecte pas la décision de justice ou la convention parentale.
- Un parent est défaillant, il ne s'investit pas dans la vie de l'enfant
- Un parent ne remet pas l'enfant à l'autre parent.
Le parent qui estime que la décision prise ne respecte pas les intérêts de l'enfant doit informer l'autre parent de son désaccord par tous moyens. Il peut saisir un médiateur familial pour tenter de trouver un accord. Sinon, il doit saisir le Jaf. Quand l'atteinte à l'autorité parentale est une infraction (par exemple en cas de non représentation), le parent peut également porter plainte.
Saisir un médiateur familial
L'intervention d'un médiateur familial peut vous aider à rétablir la communication et à résoudre le conflit avec l'autre parent. Les 2 parents doivent être d'accord sur le principe de la médiation et y participer. Le médiateur familial peut rappeler les règles de l'exercice conjoint de l'autorité parentale et d'une communication entre parents dans l'intérêt de l'enfant.
La liste des médiateurs familiaux est fournie par le tribunal judiciaire dont dépend la résidence de l'enfant. La Caf peut aussi vous donner cette liste. La médiation familiale n'est pas possible si des violences ont été commises au sein du couple ou sur l'enfant.
Saisir le juge aux affaires familiales
En cas de désaccord avec l'autre parent, vous pouvez engager une procédure devant le Jaf. La demande se fait à l'aide du formulaire suivant : Demande au juge aux affaires familiales (autorité parentale, droit de visite, pension alimentaire…).
Le tribunal judiciaire compétent est celui dont dépend la résidence de l'enfant. L'avocat n'est pas obligatoire pour cette procédure. En cas d'urgence (par exemple un changement d'école), le Jaf peut être saisi rapidement par la procédure en référé. Le juge peut décider si le changement peut avoir lieu.
Le juge peut notamment prendre les décisions suivantes :
- Trancher le désaccord ponctuel entre vous (désaccord sur une décision médicale, une inscription dans une école…).
- Modifier la garde de l'enfant, en réduisant le droit de visite et d'hébergement
- Fixer ou modifier le montant de la pension alimentaire due pour l'entretien et l'éducation de l'enfant
- Confier l'exercice de l'autorité parentale à un seul parent. C'est le cas quand un parent se désintéresse de l'enfant ou fait obstacle à l'exercice de l'autorité parentale par l'autre parent. Le parent qui exerce unilatéralement l'autorité parentale prend alors seul toutes les décisions concernant la personne de l'enfant.
PACS et Reconnaissance de Paternité
Mariage et Pacs sont deux contrats différents qui n’engagent pas de la même manière les partenaires quand ils accueillent un enfant. Quelles règles s’appliquent dans le cas du Pacs ? Quels sont les droits des deux parents ?
Les parents doivent anticiper les choses en organisant la reconnaissance de leur enfant car les dispositions du Pacs ne prévoient pas de présomption de paternité. Plusieurs choix s’offrent aux parents, sous certaines conditions. Ils peuvent établir une déclaration conjointe de choix, avant ou après la déclaration de naissance.
Si la reconnaissance est faite par le père avant la naissance, l’enfant portera son nom. En revanche, si la reconnaissance a lieu après la déclaration de naissance, le nouveau-né portera le nom maternel. Si la filiation est établie par les deux parents en même temps, l’enfant portera alors également le nom de son père.
La procréation médicalement assistée est une technique médicale ouverte à ce jour aux couples hétérosexuels, qu’ils soient en union libre, pacsés ou mariés. La seconde condition qui s’impose est d’ordre médical.
Quels sont les droits des deux parents ? Les règles sont les mêmes. En cas de conflit, pour la garde des enfants ou le montant de la pension alimentaire notamment, un juge aux affaires familiales pourra intervenir pour régler les différends entre les deux parents.
Un enfant dont les parents sont pacsés hérite normalement. « Le Pacs ne permet pas l’adoption conjointe. Seul l’un des partenaires peut devenir le parent adoptif. En conséquence, l’enfant adopté ne sera affilié qu’à un seul des partenaires. L’’autre ne bénéficiant pas de l’autorité parentale, sauf exception. Il faut aussi savoir qu’une personne pacsée ne peut adopter, même sous la forme simple, l’enfant de son partenaire. Cette faculté n’est ouverte qu’aux couples mariés.
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