Élue à une large majorité à la présidence du Parlement européen, Roberta Metsola, conservatrice maltaise, a suscité des réactions contrastées en raison de ses positions personnelles sur l'avortement. Cette divergence entre ses convictions personnelles et les positions officielles de l'institution européenne a soulevé des questions quant à sa capacité à représenter fidèlement les vues du Parlement sur les droits des femmes.

Un Parcours Européen

Roberta Metsola, avocate de formation, a fait ses premiers pas en politique au sein du parti nationaliste maltais. Son parcours est étroitement lié à l'histoire de l'intégration européenne de son pays. Elle a milité pour l'adhésion de Malte à l'UE en 2003 et a tenté de se faire élire au Parlement européen dès 2004. Après plusieurs tentatives infructueuses, elle est finalement élue en 2013 et devient la première vice-présidente du Parlement en 2020.

Une Opposition Personnelle à l'Avortement

Roberta Metsola est connue pour son opposition à l'avortement, une opinion largement répandue à Malte, le seul pays de l'UE où l'IVG reste totalement illégale. Elle a voté contre des résolutions condamnant l'interdiction de l'IVG en Pologne et au Texas, et s'est abstenue sur une résolution visant à criminaliser les violences faites aux femmes.

Ces positions ont suscité de vives critiques de la part de certains élus, notamment de la gauche et des écologistes. Pour Karima Delli, eurodéputée écologiste française, l'élection de Roberta Metsola représente "40 ans de retour en arrière". Clément Beaune, secrétaire d'État français chargé des questions européennes, s'est dit "gêné par le symbole de son élection".

L'Engagement à Représenter la Position du Parlement

Consciente des réserves suscitées par ses convictions personnelles, Roberta Metsola a assuré qu'en cas d'élection, son "devoir sera de représenter la position du Parlement", y compris sur les droits sexuels et reproductifs. Elle a déclaré que sa position sur ce sujet est celle du Parlement européen, qui a appelé à maintes reprises à ce que les droits sexuels et reproductifs soient mieux protégés.

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Elle a également exprimé son intention d'"aller plus loin pour plus d'égalité hommes-femmes" et "pour garantir et défendre les droits des femmes".

Une Élection Stratégique

L'élection de Roberta Metsola respecte la tradition d'alternance entre gauche et droite à la présidence du Parlement. Elle a bénéficié d'un accord entre sa famille politique (PPE), les socialistes (S&D) et les libéraux (Renew).

Signe de l'extrême vigilance à l'égard de son positionnement sur l'avortement, la feuille de route conclue entre ces trois groupes mentionne comme priorité principale "l'alignement par le haut des droits des femmes en Europe", y compris sur la "santé sexuelle et reproductive".

Au-Delà de l'Avortement : Une Conservatrice Progressiste ?

Malgré ses positions anti-IVG, Roberta Metsola est considérée par certains comme une "conservatrice progressiste", engagée pour les droits des personnes LGBT+, en lutte contre la corruption et le clientélisme à Malte, et défenseuse du droit d'asile et de l'état de droit.

Elle a également eu des positions plus modérées que d'autres à droite sur l'accueil des réfugiés.

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Les Défis d'une Présidence Contradictoire

La présidence de Roberta Metsola s'annonce comme un défi, compte tenu de la contradiction entre ses convictions personnelles et les positions du Parlement sur l'avortement. Elle devra trouver un équilibre entre ses valeurs et son rôle de représentante de l'institution européenne.

Son mandat sera également marqué par d'autres priorités, telles que le maintien de l'état de droit, la mise en place d'un "pacte de sécurité" contre les "menaces hybrides", l'adoption d'un nouveau cadre "fiscal européen" et l'entrée en vigueur d'une directive sur le salaire minimum.

Un Héritage à Assumer

Roberta Metsola succède à David Sassoli, décédé le 11 janvier. Elle a rendu hommage à son prédécesseur et s'est engagée à honorer sa mémoire.

Elle est seulement la troisième femme à accéder à la présidence du Parlement européen, après Simone Veil et Nicole Fontaine. Elle a déclaré espérer ne pas attendre "deux décennies pour qu'une femme" parvienne de nouveau à ce poste.

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