Faut-il encore présenter Ric Hochet, le plus fameux journaliste-détective du monde de la BD ? Depuis ses débuts en 1955 dans le magazine Tintin, ce personnage atypique a su captiver des générations de lecteurs avec ses aventures mêlant investigations classiques, récits d'anticipation et histoires fantastiques. Avec plus de 78 albums, la série explore les dangers auxquels Ric Hochet est confronté, mettant en avant sa résistance et sa sagacité.
Les Débuts d'un Journaliste-Détective
Ric Hochet, journaliste au quotidien « La Rafale », se retrouve malgré lui entraîné dans le monde de la détection. Coopération avec les autorités de police, mystères à élucider, aventures palpitantes : Ric Hochet devient peu à peu détective, naviguant entre le réel et le fantastique. Ces aventures prennent un certain côté fantastique qui donne scène à de nombreuses histoires toujours incroyables et uniques.
Les Enquêtes Improbables et les Pièges Dangereux
Au fil des albums, Ric Hochet est confronté à des situations de plus en plus improbables. Dans l'une de ces aventures, il est embauché comme acteur de théâtre, jouant son propre rôle dans un vaudeville policier. La pièce met en scène un hôpital, où un faux médecin achève une patiente et prend en otage Nadine, une autre actrice. Lors de la première représentation, un pistolet chargé avec de vraies balles manque de tuer un comédien, plaçant Ric Hochet sur la défensive. En outre, il apprend par Ledru, récemment nommé à la tête d’une cellule antiterroriste, que le « Bourreau », ennemi intime de Ric, est de retour sur le territoire français, avec en tête des actions terroristes à l’encontre du journaliste. Ça ne manque pas : dès le lendemain, Ric trouve un téléphone portable dans sa voiture. Il décroche et tombe sur le bourreau, qui lui donne un rendez-vous suspect, sur la scène du théâtre où il se produit. Intrigué, Ric s’y rend seul.
Critique d'un Album Récent : Entre Automatismes et Incohérences
Si Ric Hochet a su séduire les lecteurs pendant des décennies, certains albums récents suscitent des critiques. Un de ces albums, le 73e opus, est décrit comme une enquête improbable, une soupe bien rance faite de coups de théâtres vaseux, de faux suspens archi-téléphonés et de décorums grandguignolesques. Le dessinateur Tibet (avec Franck-Brichaud pour les décors) réitère ses automatismes, avec des personnages immuables et des planches sans arrière-plan. Le scénario est qualifié de méli-mélo navrant, avec des incohérences flagrantes : Ledru devient directeur d’une cellule antiterroriste, Nadine montre ses seins, Ric Hochet apprend que sa mère n’est peut-être finalement pas morte, et le Bourreau fait son re-re-re-re-re-comeback. En un mot : inepte. Même le plus fanatique des collectionneurs de la série ne peut se satisfaire d’un tel gloubiboulga.
Les Thèmes Récurrents et les Personnages Clés
Malgré les critiques, la série Ric Hochet aborde des thèmes récurrents qui plaisent aux lecteurs. Les enquêtes mettent souvent en scène des mystères complexes, des complots machiavéliques et des ennemis redoutables. Outre Ric Hochet lui-même, d'autres personnages clés reviennent régulièrement, tels que le commissaire Bourdon, Nadine, le professeur Hermelin et l'inspecteur Ledru.
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L'Héritage d'André-Paul Duchâteau et Tibet
La série Ric Hochet est le fruit de la collaboration entre le scénariste André-Paul Duchâteau et le dessinateur Tibet. Ensemble, ils ont créé un univers unique, mêlant suspense, action et humour. Après la disparition de Tibet en 2010, les éditions du Lombard ont décidé de relancer la série, avec l'autorisation de Nicole, la femme de Tibet, et d'André-Paul Duchâteau. Ric Hochet est une série à succès (plus de 15 millions d’albums vendus pour 78 titres et 10 hors-série) dès son apparition. Le héros est journaliste au quotidien La Rafale et aide fréquemment la police judiciaire. Les deux auteurs, Tibet et Duchâteau, s’étaient librement inspirés de Rouletabille mais aussi Valhardi pour créer leur personnage principal. Les enquêtes de la série tournent fréquemment autour du fantastique et la première apparition de Ric et du Commissaire Bourdon le sera dans Signé Caméléon mais ne sera pas tout de suite publiée en album. Après sa dernière enquête Alias Ric Hochet, le journaliste rentre chez lui et découvre son double, un pistolet à la main. Il reconnaît tout de suite son meilleur ennemi l’ex-inspecteur Manière, alias Philippe Volcan, alias le Caméléon. Ce dernier a bénéficié d’une chirurgie esthétique révolutionnaire pour prendre la place de Ric. Cette histoire se déroule en 1968, entre les albums Alias Ric Hochet et Les cinq revenants.
La Reprise de la Série : Un Hommage Vintage
La reprise de la série a été confiée à Zidrou et Simon Van Liemt. Zidrou avait choisi d’imaginer un album one-shot dans la veine de la collection Spirou par… Ayant changé d’avis, il se lance dans la reprise du personnage et confie d’ailleurs : « […] tenter de garder cette évidence qui s’impose lorsqu’on lit les albums de Tibet et Duchâteau : ils essayaient tout le temps de surprendre le lecteur, sur un rythme effréné, qui était celui de la publication en magazine. Et même si les rythmes ont changé, il faut garder ce plaisir du retournement, de la surprise. Très vintage dans son approche, l’album plaira aux lecteurs les plus anciens (pas sûr que les plus jeunes s’y retrouvent) puisqu’il met en scène tous les acteurs principaux de la série. Ainsi, on retrouve : le commissaire Bourdon, Nadine la nièce de ce dernier et compagne de Ric Hochet, le professeur Hermelin, l’inspecteur Ledru, le journaliste Drumont… Les dialogues sont recherchés et les hommages nombreux à la série originale voire aux films des années 60. Pour accompagner Zidrou dans ce nouvel opus à l’intrigue assez classique, il a choisit Simon Van Liemt, qui s’en sort avec les honneurs en ce qui concerne la partie graphique. C’est d’ailleurs le gros point fort de l’album, puisque le récit ne nous a pas enchanté plus que cela. Les deux hommes qui souhaitaient depuis de nombreuses années travailler ensemble, se retrouvent donc sur ce beau projet. Le dessinateur de Poker (Le Lombard) souligne ainsi : « On a voulu tout de suite prendre nos distances avec le Ric classique, aller un peu plus loin qu’un simple James Bond avec un nouvel acteur, mais sans trop s’en écarter non plus. Jouer avec ses codes, très précis, mais se garder une marge de liberté. Un choix volontairement hybride. Ce n’est pas un 79e tome, j’espère que cela sera compris, juste une version plus moderne bien que vintage du personnage ».
Enquêtes Spécifiques et Analyses
Plusieurs albums de Ric Hochet méritent une attention particulière en raison de leur intrigue originale ou de leur atmosphère particulière.
- Enquête dans le passé : Un personnage ressemblant comme deux gouttes deau à Ric Hochet arrive à Arestat, un village normand et se retrouve mêlé à une affaire de meurtre. 1974 (de nos jours, pour le lecteur de lépoque), Ric Hochet et son père reviennent à Arestat. Parce que le Ric Hochet de 1938, évidemment cétait Richard, le père du héros. Et les voilà rappelés par un des protagonistes parce que laffaire, nétait pas si réglé que ça tout compte fait. Ric et son père entrent en concurrence et chacun essai de damner le pion à lautre pour comprendre le fin mot de lhistoire et plutôt que de sassocier, ils saffrontent (très amicalement, bien sûr !). Leurs talents, pourtant complémentaires, est au service de leur égo, plutôt que de la recherche de la vérité. Celle-ci finira bien par se dévoiler au bout des 44 planches réglementaires. Lintrigue est plutôt pas mal ficelé et ressemblerait à un polar digne de certains romans policiers populaires. Lintroduction dans les années 30 est excellente, mais jai trouvé que celle des années 70 avait un petit coup de mou au démarrage avant de se terminer sur les chapeaux de roue pour notre plus grand plaisir. Les dessins de Tibet sont encore une fois excellents. Même si on sait que lui même ne réalisait surtout que les personnages et laissait à son équipe, Mittéï en tête, la réalisation des décors. Ces décors sont ici de petits chefs duvre (pour lépoque). Dès la première case de la première planche et cette voiture de sport qui descend vers Arestat, une nuit de tempête, on est dans une ambiance qui nous donne un petit frisson à lancienne. Toute la première planche est excellemment cadrée, colorisée. Lors des 12 premières planches en 1938, chaque case qui se passe en extérieur est un vrai plaisir des yeux, le bois, le village, les bâtiments anciens, les automobiles, le manoir. Et puis ces scènes au bord de la falaise et cet épouvantail avec sa faux. En 1974, latmosphère est plus lumineuse, mais fait, pour le coup, un peu descendre la tension. Le jour remplace la nuit, les bâtiments modernes et propres semblent un peu plus aseptisés. Pourtant 10 planches plus tard, vers la 22e, la tension revient avec la nuit et les virées nocturnes des personnages. Le rythme avance par à coup mais retombe un peu aussi. Jusquau final. 10 dernières planches superbes avec cette vue en plongée sur lépouvantail et sa faux, la falaise, un sentiment étrange de répétition. Au final, un sentiment un peu mitigé.
- Le monstre de Noireville : Dans un village lugubre de la campagne ardennaise, le bien nommé Noireville, un crime sest produit. Un étranger est mort de peur alors quil se promenait dans les ruines de lancien château médiéval. Ric et Bourdon sont arrivés sur place et font semblant de ne pas se connaître. Mais Ric est vite la victime dun esprit ou dune bête maléfique qui semble rôder certaines nuits dans la tour sombre et dans la forêt environnante. Et puis, un deuxième étranger, et un troisième, toujours la pleine Lune, toujours un étranger. Pourtant la population du village reste plutôt stoïque et seul Bourdon et Ric Hochet ont lair de rechercher activement le responsable des meurtres. Mais peut-on arrêter un Loup-Garou ? Lintrigue est vraiment très agréable à suivre, avec des rebondissements et une atmosphère de série B hollywoodienne ou de films (très populaire à cette époque) de la Hammer : les momies, vampires et autres loups-garous, justement. Les dessins de Tibet et de ses aides rendent particulièrement bien ces clairs-obscurs, ces heures entre chien et loups (décidément!), ces ombres inquiétantes de la tour en ruine, des arbres aux branches torturées, ces nuages noirs qui viennent du nord et qui colorent la Terre, les lacs, les rivières … Un bel album de Ric Hochet, une histoire qui fonctionne plutôt bien et des dessins particulièrement efficace.
- Série de 78 tomes: Après lassassinat dAnne-Elisabeth Van Burg et alors que la famille continue à se déchirer à propos de l'héritage, Ric et le commissaire Brébant cherchent à identifier le commanditaire du meurtre. Les suscpects sont malheureusement très nombreux et les fausses pistes s'enchaînent aussi vite que les événements tragiques. Fin du diptyque sur la famille Van Burg et lhéritage que tout le monde semble convoiter. Beaucoup daction, des décors variés, un enchaînement de situations critiques et un mystère qui sépaissit à chaque page. Franchement cest bien mené, on se laisse balader jusquà la révélation finale avec un plaisir non dissimulé.
- Album évidemment hommage aux films de « slashers »: Jimmy, un personnage de films dhorreur, sort de lécran pour venir perpétrer des crimes dans la vraie vie. Celui (ou celle) qui endosse les habits du personnage sattaque uniquement à des professionnels de la justice ou des forces de lordre et les fait, au sens propre, mourir de peur. Un album évidemment hommage aux films de « slashers » en général et à Freddy Krueger en particulier. Le scénario est truffé dincohérences mais pour une fois les femmes y jouent un rôle fondamental. Elles nont dailleurs jamais été aussi nombreuses dans une aventure de Ric Hochet, un Ric pas toujours dune grande finesse dans ses rapports avec la gente féminine. Cette dernière semble de son côté avoir une multitude de griefs à légard des hommes, quelles cherchent à la fois à concurrencer et à punir. Une aventure qui se laisse lire et qui sinscrit dans la moyenne pas folichonne des précédentes. À réserver aux amateurs de la BD franco-belge « à lancienne ».
- 18e album des enquêtes de Ric Hochet: Une intrigue de bonne facture. Sorti en librairie en 1974, le scénario concocté par André-Paul Duchâteau nous replonge 36 ans dans le passé, soit en 1938.
L'Impact Culturel de Ric Hochet
Ric Hochet a marqué la bande dessinée franco-belge et continue d'inspirer de nouveaux auteurs. La série a su évoluer avec son temps, tout en conservant les éléments qui ont fait son succès. Le personnage de Ric Hochet est devenu une figure emblématique du journalisme d'investigation et de la détection, un modèle pour de nombreux lecteurs.
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