L'album Ric Hochet face au serpent, publié en 1969, est le huitième de la série mettant en scène le journaliste-détective. Cet opus se distingue par son orientation plus thriller que policier, plongeant Ric Hochet dans une intrigue où il doit déjouer une organisation criminelle faisant du chantage auprès de grandes entreprises.

Intrigue et Scénario

L'histoire débute sur les chapeaux de roues avec un incendie criminel, signalant les activités d'une organisation qui exige des actions en échange de l'arrêt de sabotages. Un consortium de patrons néerlandais fait appel à Ric Hochet pour démasquer ces criminels.

Après un début explosif où le reporter se livre à des cascades dignes de Belmondo, l'intrigue prend une tournure plus originale. Ric Hochet se retrouve aux mains de l'ennemi, et le suspense monte d'un cran alors qu'il semble mettre son intelligence au service des criminels. Cette situation complique la tâche des forces de l'ordre, en particulier du commissaire Bourdon, qui a du mal à croire à la trahison de son ami.

Le scénario, signé André-Paul Duchâteau, est rythmé et fait la part belle aux poursuites : à pied, en voiture, en canot et même en téléphérique. Ces scènes d'action contribuent à créer un suspense haletant, notamment dans les planches 35 à 38, qui présentent des plongées, contre-plongées et cadrages dynamiques.

Certains lecteurs ont cependant émis des réserves quant à l'originalité de l'intrigue, la jugeant un peu en dessous des deux précédentes aventures. L'histoire de chantage et les enchaînements parfois peu crédibles, notamment lorsque Ric agit sous l'emprise de la drogue, peuvent sembler un peu forcés. Néanmoins, le charme suranné et les expressions datées replongent le lecteur dans la France des Trente Glorieuses, suscitant une certaine nostalgie.

Lire aussi: Développement de bébé grâce au hochet

Dessin et Ambiance

Le dessin de Tibet atteint dans cet album un niveau technique élevé qu'il conservera pendant une quinzaine d'années. Son style "ligne claire" offre un travail de qualité, avec des décors soignés et réalistes.

L'album se déroule principalement à Amsterdam, et les canaux de la ville offrent de jolies scènes. Le mode de vie des années 1960, avec ses voitures, ses vêtements et son architecture, est également une source de nostalgie. Le dessinateur représente avec brio les éléments marins, et ses représentations d’icebergs géants dans la brume sont impressionnantes.

Certains détails, comme la fameuse veste blanche à mèches noires de Ric Hochet, sont devenus emblématiques de la série. On apprend d'ailleurs dans cet album que le reporter possède au moins deux exemplaires de cette veste, au cas où l'une d'elles serait endommagée lors d'une bagarre.

Personnages

Ric Hochet est fidèle à lui-même : un journaliste-détective courageux, intelligent et toujours prêt à se lancer dans l'action. Son physique, avec sa coupe de cheveux soignée, son bronzage et sa mâchoire carrée, rappelle les héros de films d'espionnage comme James Bond.

Le commissaire Bourdon, ami et collaborateur de Ric Hochet, est également présent dans cet album. Il incarne la figure du policier honnête et dévoué, mais parfois un peu dépassé par les événements.

Lire aussi: Outil Essentiel pour Bébé : Hochets Noirs et Blancs

L'antagoniste principal, connu sous le nom de "Serpent", est un chef d'organisation criminelle mystérieux dont le visage est bandé. Son identité reste inconnue jusqu'à la fin de l'album, ce qui contribue à maintenir le suspense. Certains lecteurs ont trouvé ce méchant pas très crédible, le comparant à des figures comme Fantomas.

Un personnage secondaire qui se démarque est "Western", un cow-boy d'Amsterdam au Stetson toujours de traviole. Son humour vache et ses passes d'armes avec Ric Hochet apportent une touche de légèreté à l'intrigue.

Thèmes Abordés

  • Le chantage et la criminalité économique : L'album dénonce les pratiques de certaines organisations qui n'hésitent pas à recourir au chantage et à la violence pour s'enrichir.
  • La corruption : L'idée que Ric Hochet puisse être corrompu et travailler pour les criminels est un élément central de l'intrigue, qui remet en question la confiance du lecteur dans le héros.
  • L'amitié et la loyauté : La relation entre Ric Hochet et le commissaire Bourdon est mise à l'épreuve, mais leur amitié finit par triompher.
  • L'action et l'aventure : L'album est avant tout un récit d'action, avec de nombreuses poursuites, bagarres et cascades.

Analyse et Réception

Ric Hochet face au serpent est un album qui divise les opinions. Certains lecteurs apprécient son rythme trépidant, ses scènes d'action et son ambiance nostalgique des années 1960. D'autres, en revanche, trouvent l'intrigue un peu conventionnelle et les personnages moins attachants que dans d'autres albums de la série.

Malgré ses défauts, cet opus reste un bon exemple de la bande dessinée d'action des années 1960-70. Il se déguste comme un film d'action "made in France" de cette époque, avec un certain plaisir nostalgique.

L'album "Ric Hochet face au serpent" est un témoignage d'une époque et d'un style de bande dessinée qui ont marqué des générations de lecteurs. Son mélange d'action, de suspense et de nostalgie en fait une lecture agréable, même si elle n'est pas exempte de défauts.

Lire aussi: "Ric Hochet : Main basse sur le plutonium" : Résumé et interprétation

tags: #ric #hochet #face #au #serpent #1969

Articles populaires: