Les infections virales sont fréquentes chez les nourrissons et les jeunes enfants, en particulier celles causées par les rhinovirus et les entérovirus. Bien que la plupart de ces infections soient bénignes, il est important de reconnaître les symptômes et de savoir comment les gérer. Cet article aborde en détail les entérovirus, leurs modes de transmission, leurs symptômes, les traitements et les mesures préventives.

Introduction aux Entérovirus

Les entérovirus (EV) constituent une vaste famille de virus à ARN qui colonisent naturellement le tractus gastro-intestinal humain. Ces micro-organismes tirent leur nom de leur capacité à se développer dans l'intestin (entéron signifie intestin en grec). Répandus à travers le monde, les entérovirus désignent des virus capables d’infecter les voies digestives et de se disséminer ailleurs dans l’organisme.

Dans les zones tempérées telles que la France, on observe tous les ans, en été et automne, une augmentation des infections à entérovirus. Un pic estival est habituellement observé en juin / juillet et un second pic de moindre ampleur au cours de l’automne. Si la plupart des infections à EV engendrent peu ou pas de symptômes, certaines infections peuvent s’accompagner d’atteintes sévères principalement à type de méningites, en fonction de l’âge, du système immunitaire (déficit de l’immunité humorale) ou du type d’EV.

Épidémiologie des Entérovirus

Les infections à entérovirus s’observent généralement tous les ans dans les zones tempérées comme la France. Les entérovirus sévissent en été avec un pic épidémique en juin/juillet et à l’automne.

La faible circulation des entérovirus (EV) observée depuis 2020 en France, en lien avec les mesures barrières anti-COVID-19, s’est maintenue jusqu’en 2022 avec des niveaux d’infections à EV très en deçà des pics observés entre 2016 et 2019. Elle a entraîné la constitution d’un plus grand nombre d’enfants plus réceptifs aux infections à EV, ce qui peut expliquer en partie l’augmentation de la proportion d’infections néonatales observée en 2022 (25,7% des infections à EV contre 12,8% sur la période 2016-2021).

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En 2023, tandis que le nombre de cas d’infections à EV déclarés au Réseau de surveillance des entérovirus (RSE) reste, à la date de ce bilan, bien inférieur à celui observé avant 2020, une recrudescence des infections à EV au 5 juillet 2023 semble s’amorcer depuis la semaine S26 (26 juin au 2 juillet). Le nombre de passage aux urgences et d’hospitalisation pour méningite virale observé dans le réseau OSCOUR apparaît en effet en augmentation depuis la semaine S23 et atteint depuis des niveaux comparables à ceux de 2018, ce qui pourrait indiquer un pic estival attendu dans les prochaines semaines.

Transmission des Entérovirus

Les entérovirus sont très contagieux. Ils se transmettent à travers la salive (voies respiratoires) ou au contact des matières fécales de personnes infectées (transmission orale-fécale). La transmission suit plusieurs voies principales qu'il est essentiel de connaître pour mieux s'en protéger.

La transmission oro-fécale représente un autre mécanisme important, particulièrement chez les jeunes enfants. Le virus peut survivre plusieurs semaines dans les selles, expliquant pourquoi l'hygiène lors du change des couches est cruciale. La période de contagiosité s'étend généralement de quelques jours avant l'apparition des symptômes jusqu'à plusieurs semaines après leur disparition.

Symptômes des Infections à Entérovirus

Le spectre clinique des infections à entérovirus est particulièrement large. Dans 90% des cas, l'infection demeure asymptomatique, passant totalement inaperçue.

Les symptômes peuvent varier considérablement, allant de légers symptômes respiratoires à des complications plus graves. Il s'agit presque toujours d'infection des voies respiratoires (rhume, pharyngite, herpangine) parfois accompagnées d'éruptions cutanées (par exemple la fameuse maladie pied-main-bouche) et le système gastro-intestinal (gastro-entérite). Très rarement, et suivant son sérotype (ou sérovar), le virus peut affecter le système nerveux central (méningite, encéphalite, atteinte de la moelle épinière) ou le cœur (myocardite).

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Les formes respiratoires incluent le syndrome grip­pal avec fièvre, maux de tête, courbatures, ainsi que les atteintes ORL comme l'angine ou la pharyngite. Le syndrome pieds-mains-bouche représente l'une des manifestations les plus reconnaissables des infections à entérovirus. Cette éruption vésiculaire touche spécifiquement les paumes, les plantes des pieds et la cavité buccale, créant des lésions caractéristiques qui facilitent le diagnostic.

Infections Néonatales Sévères à Echovirus-11

Les autorités alertent par ailleurs sur l’augmentation inhabituelle d’infections sévères associées à un nouveau variant d’echovirus-11 chez les nouveau-nés. Détecté en juin 2022, ce nouveau variant n’avait jamais été identifié par le passé.

Entre juillet 2022 et mars 2023, 9 nouveau-nés de moins de 7 jours (dont 4 paires de jumeaux) ont été infectés par cet E11, parmi lesquels sept sont décédés (dont 3 paires de jumeaux). Suite à l’alerte, plusieurs cas d’infections néonatales sévères à E11 de formes cliniques similaires ont été rapportés dans d’autres pays européens et un cas supplémentaire a été déclaré en France en juillet.

Si ces infections s’avèrent préoccupantes, c’est parce qu’elles peuvent entraîner une aggravation rapide et brutale de l’état de l’enfant avec de graves complications (défaillances hépatiques ou multi-viscérales), et conduire au décès dans un grand nombre de cas. L’excès de mortalité constaté en 2022-2023 pourrait s’expliquer par une circulation accrue de l’echovirus 11 mais aussi par les caractéristiques de ce nouveau variant qui sont en cours d’investigation. D’autres facteurs de risque de mortalité comme l’acquisition de l’infection dans les 7 premiers jours de la vie, la prématurité et le petit poids de naissance peuvent aussi jouer un rôle. La survenue d’un cas début juillet sur le territoire confirme la circulation encore active de cet echovirus 11 et nécessite de maintenir la vigilance durant l’été.

Diagnostic des Infections à Entérovirus

La présence d'EV-D68 peut être confirmée seulement au moyen d'analyses de laboratoire précises effectuées sur des échantillons prélevés dans le nez ou la gorge. Après le prélèvement, l'échantillon est envoyé à un laboratoire afin d’établir le diagnostic.

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Traitement des Infections à Entérovirus

Il n'existe pas de traitement curatif spécifique pour les infections à entérovirus. Dans chaque cas, on adopte le traitement symptomatique requis pour le patient. La prise en charge repose essentiellement sur le traitement symptomatique.

L'hydratation représente un élément fondamental, particulièrement lorsque les lésions buccales rendent l'alimentation difficile. Pour les formes cutanées, des antiseptiques locaux peuvent être appliqués sur les vésicules pour prévenir les surinfections bactériennes. De faire preuve d’une vigilance toute particulière face à des tableaux cliniques sévères ou toute infection sévère chez un nouveau-né.

Pour rappel, le traitement d’une infection à entérovirus se limite au traitement symptomatique. De ce fait, il est inutile de recourir à un traitement antibiotique.

Prévention des Infections à Entérovirus

Les mesures préventives permettent d'éviter le contact avec la salive et les matières fécales des personnes infectées. De porter une attention toute particulière à l'hygiène des objets que vous touchez régulièrement : jouets, poignées de portes, etc.

Comme pour toute autre affection respiratoire, la prévention constitue le meilleur moyen d'éviter l'infection.

Rhinovirus et Rhinopharyngite

La rhinopharyngite est définie comme une inflammation de la muqueuse de l’étage supérieure du pharynx, appelée rhinopharynx ou cavum où sont localisées les végétations adénoïdes. Elle est une affection typique de l’enfant, se rencontrant dès l’âge de 2 ans pour atteindre son pic de fréquence à l’âge scolaire. Elles sont une étape obligatoire de l’acquisition par le jeune enfant de son immunité. On parle de "maladie d’adaptation".

Complications Possibles

Dues à la diffusion initiale de l’infection virale ou à la surinfection bactérienne, elles sont d’ordre local, régional et général.

  • Les bronchiolites apparaissent au cours d’épidémies hivernales à VRS. La toux est sèche, incessante, la polypnée est rapide et superficielle, les signes de lutte respiratoire sont nets (battements des ailes du nez, tirage, cyanose des extrémités).
  • Les complications ganglionnaires cervicales, sous-mandibulaires en particulier, peuvent évoluer vers les adénites et les adénophlegmons. Le tableau est celui d'une tuméfaction cervicale d'apparition progressive, très algique et fébrile.

Les formes récidivantes se définissent par la répétition d’épisodes aigus (à partir de 6 épisodes annuels). Cliniquement, elles sont souvent moins bien tolérées que les formes aiguës. L'enfant reste subfébrile et asthénique, il est continuellement enrhumé, ronfle la nuit et dort mal.

Adénoïdectomie

L’adénoïdectomie qui consiste en l’ablation des ¾ des végétations adénoïdes a un double but: mécanique pour restaurer la perméabilité nasale et biologique en retirant un tissu altéré inflammatoire pouvant abriter un foyer infectieux chronique. Son indication est indiscutable en cas d’obstruction ventilatoire. Dans les otites moyennes aiguës récidivantes et l’otite séromuqueuse elle est plus efficace associée aux aérateurs transtympaniques.

Entérovirus D68 (EV-D68)

L'entérovirus D68, ou EV-D68, appartient à un vaste groupe de virus appelés entérovirus. Ce groupe englobe plus de 100 types différents d'entérovirus qui, ensemble, infectent des millions de personnes partout au monde. Les entérovirus touchent généralement les voies digestives et causent la grippe intestinale et la diarrhée. Cependant, EV-D68 est principalement associé aux maladies respiratoires et, par conséquent, ressemble davantage au rhinovirus humain (un type de virus qui atteint les voies respiratoires).

EV-D68 a été identifié pour la première fois en Californie, en 1962, chez 4 enfants atteints de pneumonie et de bronchiolite (un type d'infection des voies respiratoires). Les infections par l'entérovirus D68 se produisent le plus souvent en été et en automne.

Comme EV-D68 cause une affection respiratoire, le virus se trouve dans les sécrétions des voies respiratoires de la personne infectée. Cela signifie que le virus peut se transmettre d’une personne à l’autre dans la salive ou les mucosités.

Symptômes et Traitement de l'EV-D68

L'entérovirus D68 peut causer des symptômes allant de légers à graves, selon les facteurs de risque de la personne infectée, par exemple le fait d'avoir un système immunitaire affaibli. Ces symptômes respiratoires peuvent entraîner d'autres complications comme la pneumonie et même l'insuffisance respiratoire.

Il n'existe actuellement aucun traitement précis pour les personnes atteintes d'une infection respiratoire causée par EV-D68. En outre, il n'y a aucun médicament antiviral pour les personnes infectées par EV-D68, ni aucun vaccin pour empêcher l’infection par ce virus. Le traitement de l'infection est donc dirigé contre les symptômes. Les symptômes légers peuvent se soigner au moyen de médicaments en vente libre, par exemple l'acétaminophène, pour atténuer la fièvre ou la douleur éventuelles. En cas de respiration sifflante ou de difficulté à respirer, il faut consulter un médecin. L'administration d'oxygène ou de certains médicaments peut aider à soulager ces symptômes.

Recommandations de Santé Publique France

Devant la dynamique de circulation actuelle des entérovirus et une recrudescence possible des infections à entérovirus cet été, en particulier chez les jeunes enfants, Santé publique France et le CNR des entérovirus et parechovirus sensibilisent les professionnels de santé à une vigilance particulière devant des tableaux cliniques sévères, en particulier neurologique et devant toute infection néonatale sévère pour lesquels une infection à EV doit être évoquée et recherchée.

Ils rappellent l’importance de réaliser des prélèvements adaptés à la recherche du génome des EV (sang, échantillons nasopharyngés, selles) devant tout tableau clinique sévère.

Questions Fréquentes

  1. L'entérovirus est-il dangereux pour mon enfant ?

Dans la très grande majorité des cas, l'entérovirus provoque des infections bénignes qui guérissent spontanément en quelques jours.

  1. Combien de temps mon enfant reste-t-il contagieux ?

La période de contagiosité débute quelques jours avant l'apparition des symptômes et peut se prolonger plusieurs semaines après leur disparition, particulièrement par la voie oro-fécale.

  1. Mon enfant peut-il attraper plusieurs fois l'entérovirus ?

Oui, car il existe plus de 100 souches différentes d'entérovirus. L'immunité acquise après une infection ne protège que contre la souche spécifique responsable de cette infection.

  1. Comment différencier l'entérovirus d'autres maladies infantiles ?

Certaines manifestations comme le syndrome pieds-mains-bouche sont très caractéristiques. Cependant, de nombreux symptômes (fièvre, maux de gorge, éruptions) peuvent ressembler à d'autres infections virales.

  1. Dois-je éviter les lieux publics pendant une épidémie ?

Il n'est pas nécessaire d'éviter complètement les lieux publics, mais il convient de renforcer les mesures d'hygiène.

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