La pandémie de COVID-19 a eu un impact significatif sur de nombreux aspects de la vie quotidienne, y compris les traitements médicaux non urgents tels que la procréation médicalement assistée (PMA). En France, comme dans de nombreux autres pays, les centres de PMA ont dû interrompre leurs activités au début de la crise sanitaire, laissant de nombreux couples dans l'incertitude quant à leur projet parental. Cet article explore les protocoles mis en place pour la reprise de la PMA après le déconfinement, ainsi que les enjeux et les défis auxquels sont confrontés les couples et les professionnels de la santé.

L'arrêt brutal de la PMA pendant le confinement

Dès le déclenchement du plan blanc en mars, la PMA a été considérée comme un service médical « non urgent ». Sur recommandation de l'Agence de la biomédecine (ABM), les centres de PMA ont dû fermer, d'abord dans la région Grand Est, puis dans le reste de la France. Cette décision a été un choc pour de nombreux couples engagés dans un parcours de PMA, qui ont vu leurs traitements interrompus du jour au lendemain.

Olivier Pirrello, chef de service de gynécologie-obstétrique du CHU de Strasbourg, a souligné que cette interruption était nécessaire, car une partie du personnel médical a été réquisitionnée, notamment les infirmières et les anesthésistes réanimateurs. Cependant, cette situation a créé une grande détresse chez les couples, qui ont dû faire face à l'incertitude et à l'attente.

Les conséquences de l'arrêt de la PMA

L'interruption des traitements de PMA a eu des conséquences importantes pour les couples concernés. Tout d'abord, elle a entraîné un allongement des délais de prise en charge, rendant difficile pour les professionnels d'accéder rapidement à toutes les demandes. Si certaines personnes ont pu reprendre leur parcours sans encombre après le premier confinement, d'autres ont vu leurs rendez-vous médicaux programmés puis déprogrammés à plusieurs reprises, sans jamais pouvoir (re)commencer leur tentative de PMA.

De plus, l'arrêt de la PMA a eu un impact psychologique important sur les couples. Comme le souligne Virginie Rio du collectif BAMP, les couples ayant recours à la PMA sont déjà confrontés à des parcours longs et chaotiques, à l'issue incertaine. L'interruption des traitements a ajouté un stress supplémentaire à cette situation déjà difficile.

Lire aussi: Options de retour au travail

Enfin, l'arrêt de la PMA a soulevé des questions d'inégalité. Nadège, une responsable marketing de 43 ans, craint que le confinement ne l'empêche de devenir maman une deuxième fois. En effet, passé 40 ans, les FIV ne fonctionnent que dans 20% des cas pour chaque embryon transféré, contre environ 35% pour les femmes de 30 ans et moins. De plus, en France, les FIV ne sont remboursées que jusqu'à 43 ans par la Sécurité sociale. Si les centres de PMA ne rouvrent que dans plusieurs mois, les femmes qui sont dans leur 42e année risquent de devoir payer plein pot.

La reprise progressive de la PMA : protocoles et priorisation

Après le premier confinement, les centres de PMA ont pu rouvrir progressivement, en mettant en place des protocoles sanitaires stricts. L'ABM a publié des recommandations pour une reprise « progressive, raisonnée et sécurisée », avec une « nécessaire priorisation des prises en charge ».

La priorisation devait être établie en fonction de trois situations principales :

  • Une préservation de la fertilité urgente ;
  • Une réserve ovarienne très diminuée ;
  • Une annulation en cours de stimulation en mars 2020.

La réouverture impliquait également la mise en place d'un ensemble de nouvelles pratiques diminuant fortement les capacités d'accueil : respect des gestes barrières, distanciation physique, dépistages à différents moments de la prise en charge, téléconsultations lorsque cela était possible et décontaminations régulières des surfaces des laboratoires.

Ces mesures ont permis une reprise progressive de la PMA, mais ont également entraîné des difficultés. Les professionnel·les ont dû sélectionner, parmi les personnes dont le parcours a été arrêté lors du premier confinement, celles qui pouvaient revenir au centre tout en gardant un lien avec les personnes écartées provisoirement du fait de leur état de santé. Certaines patientes ont exprimé la sensation d'avoir été oubliées, renforcée par le manque d'information concernant les conditions qui permettent de recommencer les parcours.

Lire aussi: Yoga et récupération post-natale

De plus, les recommandations de priorisation ont soulevé des questions d'inégalité. Charlotte, 33 ans, a été exclue de la PMA en raison de son indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30. Elle a dénoncé cette situation, estimant qu'il s'agissait d'un moyen de faire du tri et qu'elle était victime de discrimination.

Les défis et les perspectives de la PMA après le déconfinement

La crise sanitaire a mis en évidence les défis auxquels est confrontée la PMA en France. Tout d'abord, elle a révélé la fragilité de l'accès à ces traitements, qui peuvent être interrompus en cas de crise sanitaire. De plus, elle a soulevé des questions d'inégalité, notamment en ce qui concerne l'âge, l'IMC et les comorbidités.

Pour l'avenir, il est important de réfléchir à des solutions pour garantir un accès plus équitable et plus stable à la PMA. Cela pourrait passer par une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des couples, une simplification des protocoles et une augmentation des moyens alloués à ces traitements.

De plus, il est essentiel de renforcer le soutien psychologique aux couples engagés dans un parcours de PMA. La crise sanitaire a montré à quel point l'incertitude et l'attente peuvent être difficiles à vivre. Il est donc important de mettre en place des dispositifs d'accompagnement adaptés, afin d'aider les couples à surmonter les difficultés et à maintenir l'espoir.

Enfin, il est important de poursuivre la recherche sur les liens entre la grossesse et le COVID-19. Les premières études sont plutôt rassurantes, mais il est nécessaire de continuer à surveiller l'évolution de la situation et d'adapter les protocoles en fonction des nouvelles données scientifiques.

Lire aussi: Conditions générales du service de reprise Easy Cash

Témoignages et espoirs

Malgré les difficultés rencontrées, de nombreux couples ont réussi à mener à bien leur projet parental grâce à la PMA. Leurs témoignages sont une source d'espoir pour ceux qui sont encore en parcours.

Sissi, par exemple, a partagé son histoire après l'échec de sa première FIV. Elle a encouragé les autres femmes à ne pas perdre espoir et à reprendre les traitements si durs à encaisser pour le corps d'une femme.

D'autres couples ont témoigné de la douceur et du pragmatisme des médecins, de l'importance du soutien psychologique et de la joie immense d'avoir enfin un enfant après un long parcours.

Ces témoignages montrent que, malgré les obstacles, il est possible de réaliser son rêve de devenir parent grâce à la PMA.

tags: #reprise #pma #après #déconfinement #protocole

Articles populaires: