L'interruption des activités d'Assistance Médicale à la Procréation (AMP) en raison de la crise sanitaire a engendré des complications et des inégalités d'accès pour les couples. La reprise progressive des PMA, bien qu'encadrée par de nouvelles règles sanitaires, soulève des questions importantes quant aux conditions et aux défis rencontrés.
Contexte et Recommandations
Depuis le 12 mars, toutes les activités des centres d'AMP ont été interrompues suite aux interdictions des Agences Régionales de Santé (ARS). Cette décision d'urgence a entraîné un arrêt immédiat des nouvelles tentatives d’AMP, impactant les couples infertiles et les professionnels de la santé.
La Dre Silvia Alvarez, experte en AMP, participe aux réunions de travail de l’Agence de Biomédecine, qui émet des recommandations nationales pour la réouverture des centres d’AMP. Malgré ces recommandations, l'ouverture des centres dépend des établissements de santé et des ARS, créant des inégalités territoriales. Selon que vous soyez en zone verte ou rouge, vous pourrez donc, ou pas, commencer ou continuer votre parcours de FIV.
L'Agence de Biomédecine a publié des recommandations le 15 mai, prônant un retour encadré des pratiques de médecine reproductive. La Dre Alvarez se félicite de ces recommandations, qui vont dans le sens d’une réouverture progressive de tous les centres. Elle espère que les ARS prendront acte de ces recommandations pour permettre aux centres d’accueillir leurs patients dans les plus brefs délais.
Défis et Inégalités
La reprise des activités de PMA n'a pas été uniforme sur le territoire français. Virginie Rio, présidente du collectif Bamp, souligne que certains centres n’ont recommencé que début juin et en mode dégradé, avec moins de dossiers qu'habituellement. Cette situation crée des inégalités d'accès pour les couples, aggravées par les critères d'éligibilité stricts mis en place pour la reprise.
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Certaines patientes sont exclues de la PMA en raison de facteurs de comorbidité tels que l'hypertension artérielle importante, des antécédents de chirurgie cardiaque, une insuffisance rénale chronique ou encore de l'obésité. Charlotte, par exemple, s'est vu refuser la reprise de son protocole en raison de son IMC. Elle dénonce un tri injuste et culpabilisant.
Les centres de PMA sont également contraints d'établir des priorités, notamment pour les femmes les plus âgées ou celles qui souffrent d'insuffisance ovarienne précoce. Toutes les autres femmes ont vu leur protocole décalé, parfois jusqu'à la fin de l'année. Margaux, qui devait débuter sa première tentative de fécondation in vitro en mars, a vu son processus reporté jusqu'à nouvel ordre.
Le collectif BAMP reçoit dix fois plus de demandes depuis le confinement, témoignant de la détresse des couples. Virginie Rio insiste sur l'urgence de revoir les recommandations sanitaires pour permettre à un plus grand nombre de femmes de reprendre leur protocole. Elle suggère de cibler les recommandations spécifiques aux cas de Covid avéré ou de suspicion de Covid, et de revenir aux pratiques antérieures pour les autres.
Adaptation et Solutions
Face à l'interruption des activités de PMA, les professionnels de santé ont dû s'adapter. La téléconsultation a été mise en place pour répondre aux questions, aux inquiétudes et adresser des ordonnances. Le Dr Jaffré souligne que cela permet aussi d'effectuer des bilans d'infertilité à distance.
Cependant, la téléconsultation exacerbe la fracture sociale, car les personnes étrangères, précaires ou isolées ont des difficultés à se connecter. Les équipes médicales accompagnent au maximum ces personnes pour faciliter leur accès aux soins.
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L'Agence de la biomédecine a mis en place un groupe de travail pour préparer la reprise des activités d’AMP. Elle recommande aux couples de rester en contact avec leur centre d’AMP. Pour les cas les plus urgents, la préservation de la fertilité est maintenue, notamment pour les personnes atteintes de cancer.
La Société Européenne ESHRE préconise l’ouverture de l’AMP et donne des recommandations. Certains pays comme le Danemark ont déjà commencé la prise en charge. La France ne doit pas être le dernier pays à autoriser l’ouverture des centres, car les professionnels de la médecine de la reproduction sont en capacité d’assurer la mise en route des techniques d’AMP.
Impact Psychologique et Soutien
L'interruption des parcours de PMA a un impact psychologique important sur les couples. L’espoir qui naît et qui s’éloigne, l’attente, la déception sont autant d'épreuves auxquelles ils sont confrontés. Le stress lié à la crise sanitaire s'ajoute au stress inhérent à la PMA.
Les patientes expriment des sentiments d'anéantissement, de choc, de frustration et d'injustice. Elles craignent de voir leurs chances de devenir mères diminuées, notamment en raison de leur âge ou de la limite de prise en charge par l'assurance maladie.
Il est essentiel de maintenir le contact avec les patientes et de leur offrir un soutien psychologique. Le Pr Ayoubi souligne l'importance de la téléconsultation pour ne pas qu’elles se sentent abandonnées, qu’elles gardent espoir et soient assurées d’être prises en charge en priorité à la réouverture.
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Perspectives d'Avenir
La reprise progressive des activités de PMA est encadrée par des règles sanitaires strictes. Les centres de PMA s'assurent que les patientes ne présentent aucun symptôme du coronavirus et privilégient la téléconsultation. Des mesures de distanciation sociale sont mises en place pour limiter les contacts.
L'Agence de Biomédecine a chargé les agences régionales de santé (ARS) d’autoriser ou non la reprise des activités médicales selon les conditions locales de circulation du virus. La situation est donc en constante évolution.
Le Dr Jaffré souligne que la reprise normale de l'activité ne pourra se faire qu'à la mi-juin, le temps que les gens reviennent en consultation et que les cycles menstruels de chaque femme permettent de planifier les transferts. Il insiste sur la nécessité d'une vigilance accrue quant aux risques de contamination.
Un système de veille, l’AMP Vigie Covid-19, va être mis en place pour faire remonter tous les cas d’infections au Covid-19 survenues chez les femmes prises en charge en PMA depuis le mois de mars. Des interrogations persistent quant à la nécessité de tester systématiquement les femmes avant chaque début de prise en charge et à la gestion des contaminations en cours de parcours.
Réarmement Démographique et PMA
Emmanuel Macron a évoqué un « réarmement démographique » dans un objectif de « relancer la natalité » en France. Plusieurs mesures sont sur la table, notamment la réduction des délais pour recourir à une PMA.
Aujourd’hui, les délais pour accéder à une procréation médicalement assistée sont compris entre 16 et 24 mois. Emmanuel Macron souhaite rendre la notion de consentement "claire, pleinement objectivable et respectueuse de nos principes" dans la loi.
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