Introduction

La formation des infirmières puéricultrices (IPDE) est à un tournant décisif. N'ayant pas connu de réforme depuis 1983, elle doit impérativement évoluer pour répondre aux défis contemporains de la santé de l'enfant. Cette refonte est d'autant plus cruciale qu'elle doit tenir compte des évolutions réglementaires et des besoins spécifiques des populations.

Constat et Nécessité d'une Réforme

Le constat est clair : la formation actuelle des infirmières puéricultrices, datant de 1983, est obsolète et ne répond plus aux exigences du terrain. Elle manque d'harmonisation nationale et ne permet pas une reconnaissance de master pour les diplômées. Les infirmières puéricultrices conjuguent un absentéisme plus élevé et un taux de rotation rapide, ce qui peut être interprété comme un signal d’alerte.

Évolutions réglementaires et besoins spécifiques

De nombreuses évolutions réglementaires autour de la santé de l’enfant (ex : protection de l’enfance, accueil inclusif, ratios en service de soins critiques) sont apparues. La réforme doit répondre aux attentes de la profession et des populations. Il est impératif que la formation prenne en compte ces évolutions pour former des professionnelles compétentes et adaptées aux réalités du terrain.

Le Rôle Clé du CIP dans la Réflexion

Le Collège des Infirmiers Puéricultrices (CIP) joue un rôle central dans la réflexion et la proposition de solutions pour la réingénierie de la formation. Il a réalisé un travail d’analyse des besoins en termes d’offre de soins et d’évolution de la formation en y associant l’ensemble des associations et syndicats représentant la spécialité de puéricultrice.

Propositions du CIP

Le CIP propose une réingénierie de la formation en MASTER 2 universitaire centrée sur les 2 missions de l’IPDE. La réflexion et la proposition du CIP permettent d’apporter une réponse au contexte sanitaire et social actuel et futur notamment en ambulatoire. L’IPDE sera positionnée pleinement dans l’expertise des besoins de santé de l’enfant, et dans l’amélioration de la qualité des soins à la fois dans le secteur hospitalier et médico-social.

Lire aussi: Comment justifier une absence en maternelle : Le guide

Les Enjeux de la Réingénierie pour la Profession

La réingénierie de la formation est une nécessité pour plusieurs raisons :

  • Amélioration de la qualité des soins : Une formation actualisée permettra aux infirmières puéricultrices de dispenser des soins de qualité, basés sur les dernières connaissances scientifiques et les meilleures pratiques.
  • Reconnaissance de la profession : L'obtention d'un Master 2 permettra de reconnaître la spécificité et la technicité du métier d'infirmière puéricultrice.
  • Attractivité de la profession : Une formation valorisante et reconnue permettra d'attirer de nouveaux talents et de fidéliser les professionnels en poste.
  • Adaptation aux évolutions du système de santé : La formation doit permettre aux infirmières puéricultrices de s'adapter aux nouvelles organisations de soins et aux évolutions des besoins de la population.

Les inquiétudes de l'ANPDE

Pour Charles Eury, président de l’ANPDE, le combat continue. Il se dit préoccupé que, conformément au décret périnatalité, les infirmiers évoluant en réanimation ou néonatologie n’aient actuellement pas obligation d’avoir suivi une spécialisation d’IPDE.

La Position des Acteurs Politiques

Les acteurs politiques sont de plus en plus conscients de l'importance de la réingénierie de la formation des infirmières puéricultrices.

Soutien parlementaire

Ainsi, il se dit ravi de l’intérêt de la députée Sophie Auconie (Indre-et-Loire), qui a sollicité une question écrite Agnès Buzyn sur la formation et le rôle prépondérant des infirmières puéricultrices diplômées d’Etat (IPDE). Cette dernière « a bien compris les enjeux de la prévention précoce », estime Charles Eury.

Interpellation du gouvernement

Mme Perrine Goulet attire l'attention de M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins, sur les infirmières puéricultrices et plus précisément sur la nécessaire finalisation de la réingénierie de la formation.

Lire aussi: École maternelle privée : est-ce le bon choix ?

Les Obstacles et les Défis à Surmonter

Malgré une prise de conscience générale, la réingénierie de la formation se heurte à des obstacles et des défis :

  • Lenteur administrative : « nous sommes au point mort concernant la question de la réingénierie de la formation. Du coté du gouvernement, c’est le silence radio, le dernier contact remontant à l’été 2018 », déplore Charles Eury.
  • Manque de moyens : La mise en place d'une formation de Master 2 nécessite des moyens financiers importants, tant pour les écoles que pour les étudiants. Les Etablissements de santé devront payer les formations de 2 ans avec pour la fph ,t l engagement de servir de 4 ans ! … les puers ?
  • Complexité de la réforme : La réingénierie de la formation doit prendre en compte de nombreux paramètres, tels que les compétences à acquérir, les modalités d'évaluation, les stages, etc.
  • Résistances au changement : La réforme peut susciter des résistances de la part de certains acteurs, attachés à leurs habitudes et à leurs pratiques.

Difficultés rencontrées

Tout est en stand-by depuis mai 2017 « Rien n’est acté, rien n’est prévu, on e sait rien, on ne nous dit rien » regrette Françoise Camguilhem, présidente de l’Association Nationale des Auxiliaires de Puériculture (ANAP).

Les Perspectives d'Avenir

Malgré ces obstacles, les perspectives d'avenir pour la réingénierie de la formation des infirmières puéricultrices sont encourageantes.

Universitarisation de la formation

Une universitarisation, annoncée pour septembre 2027, est attendue depuis longtemps. Ainsi, la création d'une nomenclature des actes professionnels (NGAP) est essentiel de reconnaître des actes spécifiques tels que la consultation de puéricultrice et le bilan de santé, notamment en école maternelle, afin de limiter les inégalités sociales de santé. Cet élément est, par essence, une nécessité en matière d'égalité des changes.

Collaboration avec les autres professionnels de santé

Selon les cinq organisations, “Olivier Véran souhaite une installation des puéricultrices dans l’offre de soins de ville“, afin “d’apporter une réponse à la désertification médicale et garantir une offre de service complémentaire en matière de santé sur les territoires“. Le ministre souhaite que les médecins et les pédiatres de ville s’appuient sur des IPDE dans le cadre d’un exercice coordonné, rapportent les organisations. Le travail sur la nomenclature d’actes est prévu dès 2022 en collaboration avec la Haute autorité de santé (HAS) et l’Assurance maladie.

Lire aussi: L'École Maternelle Pasteur : un patrimoine fontenaisien

Rôle des auxiliaires de puériculture

L’avancée majeure concerne l’apparition explicite du travail en collaboration avec la puéricultrice, ce qui est une excellente chose. Il est important, notamment pour la politique des 1 000 premiers jours, de mettre en avant et faire vivre concrètement ce travail d’équipe dans l’intérêt supérieur de l’enfant et de sa famille.

tags: #réingénierie #école #de #puériculture

Articles populaires: