L'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) est un examen d'imagerie médicale qui utilise un champ magnétique pour observer en coupe et en 2 ou 3 dimensions certains organes comme le cerveau, le cœur, les muscles ou la moelle épinière. Pour les enfants, cet examen peut nécessiter une préparation spécifique afin de garantir sa réussite et le bien-être de l'enfant. Cet article vise à fournir aux parents un guide complet pour préparer au mieux leur enfant à une IRM pédiatrique.
Comprendre l'IRM
L’IRM est une machine qui utilise un champ magnétique. L’appareil d'IRM se compose d’un lit mobile qui coulisse dans un tunnel étroit à l’intérieur duquel se trouve un puissant électro-aimant. Elle permet d’étudier toutes les régions du corps. Le patient est allongé sur un lit au centre d’un tunnel qui est un aimant puissant. L’examen n’est pas douloureux, mais est bruyant. Puisqu’il s’agit d’un aimant, aucun objet métallique ou ferro-magnétique ne doit pénétrer dans la salle. Les personnes porteuses de pace-maker (pile cardiaque) ne peuvent bénéficier de cet examen. Une injection de produit (non iodé) par voie veineuse est parfois nécessaire pour préciser les images, il s’agit de sels de Gadolinium.
L'IRM est sans aucun danger.
Pourquoi une préparation spécifique est-elle nécessaire ?
Les examens tels que l’IRM ou le scanner nécessitent que les enfants soient immobiles, de l’ordre de quelques minutes pour le scanner, et de 15 à 30 minutes pour l’IRM. Il est difficile pour un enfant de ne pas bouger pendant de longues minutes, même quand on l’a bien installé. Avant 5 ou 6 ans, l’enfant est trop jeune pour comprendre le déroulement de l’examen et rester immobile. Le moindre mouvement va rendre floues les images, qui seront alors ininterprétables.
Les étapes de la préparation
1. Information et explication à l'enfant
Informer votre enfant est très important : s’il a bien compris la nécessité et le déroulement de l’examen, il coopère plus facilement. Parlez ensemble de ce qui vient de se passer ; expliquez une fois de plus pourquoi l‘examen était nécessaire. Expliquez à votre enfant que cet examen n'est pas douloureux, vous pouvez rassurer votre enfant.
Lire aussi: Accès aux Soins de Kinésithérapie Pédiatrique à Dijon
Pour préparer au mieux les enfants à cet examen, plusieurs services d’imagerie médicale d’hôpitaux pédiatriques (d'abord à Lyon, puis à Robert Debré à Paris, à Nice…) ont mis en place des maquettes de l’appareil IRM pour expliquer à l’enfant son déroulement : l’enfant peut s’allonger, écouter les différents bruits de la machine, s’entraîner à ne pas bouger en étant filmé et voir ensuite sur un écran s’il a réussi à rester immobile ou non.
Vous pouvez aussi “jouer à l’IRM” avec lui (grâce à des figurines par exemple) et l’entraîner à faire la « statue ». Nous disposons d’une IRM en Jeu, véritable simulateur d’IRM qui permet de reproduire les 3 contraintes de l’IRM à savoir : la position allongée dans un endroit étroit, l’immobilité et le bruit. L’enfant se familiarise avec cette machine ludique en jouant puis ira plus facilement dans la « vraie » IRM. L’IRM en Jeu est proposée à tous les enfants de 3 ans à 8 ans systématiquement, et réalisée ½ heure avant son examen.
Afin qu'il comprenne ce qui va se passer, voici comment se déroule l'examen: votre enfant sera confortablement installé sur un lit mobile qui glissera doucement dans un tunnel et qui se stabilisera pour l'examen. L'appareil d'IRM est ouvert à l'avant et à l'arrière; votre enfant ne sera donc pas enfermé, mais l'introduction dans l'appareil peut le surprendre. Il n'aura pas peur si vous le prévenez; un bruit rythmé comme un "tam-tam" se fait entendre lorsque l'examen commence. Il est important que votre enfant reste parfaitement immobile sinon les images risquent d'être floues et il faudra recommencer. Un casque ou des bouchons d'oreille sont disponibles si votre enfant le souhaite. Après quelques minutes, le bruit s'arrête; l'appareil montre alors les images au radiologue qui se trouve derrière la vitre. Le radiologue analyse les images puis l'appareil reprend des photos et le bruit recommence.
2. Préparation physique
Pour le confort de votre enfant, mettez-lui des vêtements faciles à enlever. Lors de votre arrivée, il vous sera demandé de retirer tout objet métallique (montre, bijoux, lunettes…) à votre enfant. Pour certains examens, une préparation spécifique est nécessaire (être à jeun, arriver à l’avance…).
Lorsqu’une sédation est prévue chez l’enfant de moins de 5 ans, il doit être à jeun durant les quatre heures précédant l’examen (ni boire ni manger). Pour les nourrissons de moins de 6 mois, l’examen sera réalisé sans sédation médicamenteuse, l’enfant doit être à jeun depuis son dernier repas.
Lire aussi: Guide Dentiste Pédiatrique
il est indispensable qu’ils soient fatigués lors de leur venue (réveil précoce, jeux physiques, stimulation pendant le transport) pour qu’ils aient envie de dormir pendant l’examen.
3. Techniques de relaxation et de distraction
Il est important de garder un contact par la parole avec l’enfant tout au long de l’examen pour le distraire ou le rassurer. Le.la manipulateur.trice montre à votre enfant les solutions pour communiquer pendant tout l’examen : un micro, des hauts-parleurs et une sonnette, tenue en main par l’enfant, qu’il peut actionner en cas de problème. Grâce au haut-parleur, le.la manipulateur.trice prévient votre enfant chaque fois que l’appareil IRM va faire une image et donc faire du bruit : c’est ce qu’on appelle le lancement des séquences. Cela dure entre une et quatre minutes.
Pour limiter ces désagréments et distraire votre enfant, le.la manipulateur.trice peut proposer un casque pour écouter de la musique ou des histoires. On peut aussi lui proposer de respirer un mélange gazeux (le MÉOPA) dans un masque pour le détendre et le soulager.
4. La sédation ou l'anesthésie
Avant 5 ou 6 ans, l’enfant est trop jeune pour comprendre le déroulement de l’examen et rester immobile. soit d’une sédation (appelée aussi prémédication), c’est à dire qu’il est un peu “endormi” grâce à un médicament (donné en sirop, en suppositoire ou par une piqûre) dans le but de le calmer ou de faciliter son endormissement. soit d’une anesthésie générale.
En fonction de l'âge et de l'indication, le médecin radiologue décidera des conditions de l'examen, qui pourront être soit: simplement venir avec un biberon; une prémédication peut être prescrite; une hospitalisation de jour; une anesthésie générale et dans ce cas une visite avec l'anesthésiste sera alors programmée.
Lire aussi: Excellence en radiologie pédiatrique
Selon l’âge de l’enfant, l’examen sera réalisé après endormissement spontané après prise du biberon (chez les tout petits), ou après prise d’un sirop avant l’examen (Atarax, qui sera donné par les parents 2h avant l’examen). En cas d’échec avec ces techniques simples, l’examen pourra alors être programmé ultérieurement sous anesthésie générale, qui sera effectuée par un médecin anesthésiste.
5. L'injection de produit de contraste
Pour examiner certains organes (le foie ou les reins par exemple), il est parfois nécessaire d’utiliser un produit de contraste. Ce liquide est injecté lors de l'examen et nécessite la pose d'un cathéter, le plus souvent au pli du coude ou sur le dos de la main. Dans certains cas, une injection de produit de contraste peut-être utile pour mieux voir certains organes. La mise en place de la perfusion n’est pas plus douloureuse qu’une simple prise de sang.
Pour prévenir la douleur, des patchs d’Emla sont posés avant une ponction veineuse, on peut aussi utiliser le gaz Méopa pour effectuer une ponction veineuse.
6. Le déroulement de l'examen
Dans la salle, le.la manipulateur.trice installe votre enfant sur le lit mobile, dans la bonne position pour faire l’IRM : allongé le plus souvent, calé éventuellement avec des coussins pour être plus confortable.
Lors d’une IRM cérébrale, la tête est maintenue dans une sorte de casque.
Le lit sur lequel est installé votre enfant se déplace dans un tunnel assez étroit, ce qui peut être angoissant. De plus, au moment de la prise des images, le bruit très fort est désagréable.
Chaque séquence est marquée par une série de bruits sourds qui ne doivent pas inquiéter.
7. Après l'examen
Le médecin radiologue vous donne oralement les premiers résultats, parfois en vous les expliquant sur l’écran.
Mais si on compte le trajet, le temps d’accueil, l’attente et une éventuelle injection de produit de contraste… il faut souvent prévoir quelques heures.
Informations complémentaires
Il fait frais dans la salle d’examen (pour le bon fonctionnement des appareils).
Des moyens de contention peuvent être utilisés pour réaliser l'examen dans de bonnes conditions.
Signaler à l’équipe médicale toutes les allergies connues. N'oubliez pas de prévenir si votre enfant est allergique ou claustrophobe.
Les mêmes contre-indication s’appliquent à la personne qui va accompagner l’enfant dans la machine avec une attention particulière pour les mamans concernant le risque de grossesse. Une allergie au produit injecté. L’intolérance au produit injecté reste rare. Les risques liés à la sédation sont également faibles. Ralentissement respiratoire passager. Réveil tardif car la susceptibilité aux sédatifs utilisés est variable d’un sujet à l’autre.
N'oubliez pas d'apporter avec vous les différents examens précédents.
tags: #rdv #irm #pediatrique #preparation
