En France, environ un couple sur huit consulte en raison de difficultés à concevoir un enfant. L'infertilité, définie comme l'absence de grossesse après une période de douze mois de rapports sexuels réguliers non protégés, est une source d'inquiétude pour de nombreux couples. Cet article vise à explorer les causes potentielles de l'infertilité, tant féminines que masculines, et à fournir des informations sur le moment opportun pour consulter un spécialiste, ainsi que sur les solutions disponibles.
Probabilité de Conception et Facteurs Temporels
La probabilité qu’une grossesse survienne au cours d’un cycle menstruel, chez un couple n’utilisant pas de contraception, est de l’ordre de 20 à 25 %. Cependant, cette probabilité diminue avec le temps. À 25 ans, la probabilité de conception est d'environ 25 %, mais elle diminue à 16 % après deux ans sans grossesse et chute à 4 % après cinq ans. Il est donc essentiel de comprendre que la fécondabilité diminue naturellement avec l'âge.
Causes d'Infertilité Féminine
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'infertilité chez les femmes.
Troubles de l'Ovulation
Les troubles de l’ovulation sont à l’origine de la plupart des cas d’infertilité féminine. Soit il n’y a pas du tout d’ovulation (anovulation), soit la qualité de l’ovulation est mauvaise (dysovulation). Un déséquilibre hormonal peut perturber l'ovulation, ce qui rend la fécondation plus compliquée à prévoir.
Endométriose
L’endométriose se caractérise par la prolifération anormale de tissu endométrial en dehors de la cavité utérine. Selon l’INSERM, plus de 10 % des femmes en sont atteintes. Cette pathologie gynécologique se manifeste par des douleurs pelviennes, parfois très aiguës, notamment au moment des règles. Les lésions étant sensibles aux hormones féminines et se comportant comme du tissu utérin, elles prolifèrent, saignent et laissent des cicatrices fibreuses à chaque cycle menstruel. Il arrive aussi que la maladie soit asymptomatique et qu’elle soit découverte de façon fortuite lors d’un bilan d’infertilité. L'endométriose affecte près de 10% des femmes et peut significativement réduire la fertilité.
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Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK)
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) se traduit par un dérèglement hormonal associé à un excès de production de testostérone par les ovaires. Il se manifeste par des cycles menstruels irréguliers (de 35 à 40 jours), voire une absence de règles (aménorrhée), une hyperpilosité et de l’acné. Ce syndrome touche environ 10 % des femmes. Les patientes ayant un syndrome des ovaires polykystiques et qui sont enceintes ont un risque plus important de développer des complications pendant leur grossesse : diabète gestationnel, menace d’accouchement prématuré, pré-éclampsie. Il se caractérise par un déséquilibre hormonal qui perturbe l’ovulation.
Anomalies des Trompes de Fallope
Pour qu’il y ait fécondation, il faut une rencontre entre l’ovocyte et les spermatozoïdes. Or, lorsque les trompes de Fallope sont altérées ou bouchées, celle-ci peut être fortement compromise. La salpingite, une infection des trompes causée par une infection sexuellement transmissible (IST) - chlamydiae, gonocoques, etc. Les trompes de Fallope peuvent être obstruées suite à des infections, notamment les infections sexuellement transmissibles comme les Chlamydia, ou après une intervention chirurgicale. Chez certaines femmes, les problèmes de fertilité peuvent être causés par une obstruction des trompes de Fallope, organe qui accueille le fœtus. L’obstruction empêche donc le bon développement du fœtus. Ce problème peut notamment être causé par : L’endométriose Des maladies sexuellement transmissibles (IST) comme la Chlamydia La maladie inflammatoire pelvienne Des fibromes utérins Une grosses extra-utérine Des complications liées à une césarienne, une fausse couche, un avortement… Il existe des moyens chirurgicaux pour débloquer les trompes de Fallope.
Facteurs Utérins
Une absence d’utérus (syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser), des malformations ou encore certains types de fibromes utérins peuvent également entraîner une infertilité. Certaines femmes naissent avec des anomalies de la forme de l’utérus qui peuvent compliquer la nidation de l’embryon ou le développement de la grossesse. Les fibromes sont des tumeurs bénignes qui se développent dans l’utérus.
Anomalies Chromosomiques
Anomalie chromosomique rare, le syndrome de Turner touche près d’une femme sur 2500 en France. Cette affection se caractérise par une petite taille, un défaut de fonctionnement des ovaires et peut également entraîner des malformations cardiaques ou rénales.
Insuffisance Ovarienne Prématurée
Elle se caractérise par un arrêt prématuré du fonctionnement des ovaires avant 40 ans.
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Hyperprolactinémie
L’excès de prolactine dans le sang peut perturber le cycle menstruel et l’ovulation.
Autres causes féminines
La glaire cervicale joue un rôle très important dans la fécondité : dans les jours qui précèdent l’ovulation, elle favorise le passage des spermatozoïdes et leur permet d’atteindre plus facilement l’ovule. Les dysfonctionnements de la thyroïde, qu’il s’agisse d’hypothyroïdie ou d’hyperthyroïdie, peuvent perturber l’ovulation et la fertilité.
Facteurs d'Infertilité Masculine
L’infertilité peut toucher l’homme comme la femme.
Oligospermie
L’oligospermie correspond à une concentration insuffisante en spermatozoïdes dans le sperme (moins de 15 millions par millilitre).
Azoospermie
L’absence totale de spermatozoïdes dans le sperme caractérise l’azoospermie.
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Varicocèle
Cette dilatation anormale des veines du cordon spermatique peut augmenter la température testiculaire et altérer la production de spermatozoïdes.
Cryptorchidie
Cette anomalie correspond à la non-descente d’un ou des deux testicules dans le scrotum pendant l’enfance.
Anomalies Génétiques
Certaines anomalies génétiques peuvent affecter la production ou la qualité des spermatozoïdes.
Éjaculation Rétrograde
Dans cette situation, le sperme remonte vers la vessie au lieu d’être éjaculé vers l’extérieur.
Influence de l'Âge
Enfin, l’âge est également un facteur déterminant. « Plus la femme est âgée, plus le risque d’infertilité est élevé, rappellent les auteurs du Grand livre de ma grossesse. Une étude de l’INED en 2008 (Institut national d’études démographiques) a montré que sur 100 femmes désirant un enfant à 30 ans, 94 y parviendront, mais 6 resteront sans enfants. “La fertilité diminue naturellement à partir de 30 ans chez la femme et de 40 ans chez l’homme, ce qui augmente le risque d’infertilité avec l’âge. Les problématiques croissantes d’infertilité sont aussi liées au décalage de l’âge maternel et paternel d’arrivée du premier enfant en France. En 2023, les femmes étaient en moyenne âgée de 31 ans lors de la naissance de leur enfant, et depuis les années 1990 ce nombre ne cesse d’augmenter.
Quand Consulter un Spécialiste ?
Il n’y a pas de règle pour consulter. « Avant, on disait qu’il fallait commencer à s’inquiéter si la grossesse ne survenait pas après deux ans de rapports sexuels réguliers. Néanmoins, 80 % des grossesses survenant dans les six premiers mois, les médecins conseillent désormais de consulter dès un an de rapports sexuels réguliers sans contraception, confirme le Pr. Bernard Hedon. Un conseil à moduler toutefois en fonction de l’âge de la femme. Dès que l’on ressent le besoin de contacter un spécialiste pour se renseigner sur ses problèmes de fertilité, on peut naturellement se tourner vers un professionnel. Vous avez un doute sur votre fertilité ? Parlez-en à votre médecin traitant ou à votre gynécologue. Ces derniers vous orienteront si nécessaire vers un spécialiste ou un centre de prise en charge de l’infertilité.
Examens et Bilan d'Infertilité
Tout comme il existe de nombreuses causes compromettant le fait de tomber enceinte, il existe un grand nombre d’examens à réaliser pour diagnostiquer un éventuel problème de fertilité. En premier lieu, vous pourrez réaliser avec votre gynécologue un interrogatoire médical (pour savoir s’il y a des symptômes) et un examen gynécologique (pour vérifier qu’il n’y ait pas de problème apparent). Vous pourrez être amené(e) à faire une échographie gynécologique, technique non invasive pour vérifier s’il y a des anomalies au niveau des organes reproducteurs. L’IRM peut parfois être utilisé pour examiner les tissus (en cas d’endométriose par exemple). Une radio de l’utérus (ou hystérographie) peut être effectuée pour vérifier s’il y a une malformation utérine.
Dans certains cas, lorsque l’on ne comprend pas d’où vient le problème, il est demandé aux deux partenaires de faire un bilan d’infertilité :
- Chez la femme, cela consiste en un bilan de la réserve ovarienne, une échographie pelvienne, une exploration de la cavité utérine et des trompes de Fallope, une pelviscopie ainsi qu’une hystéroscopie.
- Chez l’homme, cela consiste en un spermogramme pour évaluer la vitalité et le nombre de spermatozoïdes.
Solutions et Traitements
« Des médicaments peuvent être prescrits pour corriger une ovulation défaillante et une intervention chirurgicale envisagée lorsque les trompes sont obstruées », confirme le Pr. Selon la cause et la gravité du problème sous-jacent à la difficulté de tomber enceinte, il existe différentes solutions.
Traitements Médicamenteux et Chirurgicaux
Il existe des traitements médicamenteux et chirurgicaux pour traiter les problèmes de fécondité et de fertilité. En premier lieu, le traitement hormonal peut être réalisé pour lutter contre les troubles de l’ovulation, en cas de production insuffisante d’ovocytes. Dans certains cas, la chirurgie peut être une solution pour tomber enceinte. C’est le cas pour débloquer les trompes de Fallope, résoudre l’endométriose ou encore pour lutter contre les malformations et les tumeurs bénignes.
Techniques de Procréation Médicale Assistée (PMA)
Les techniques de procréation médicale assistée - insémination intra-utérine, fécondation in vitro et micro-injection (ISCI) - maximisent aujourd’hui les chances pour les couples rencontrant des difficultés de conception d’avoir un enfant. La FIV est une technique qui permet la rencontre des gamètes en laboratoire.
- L’insémination artificielle : il s’agit d’introduire des spermatozoïdes dans l’utérus avec un cathéter.
- La fécondation in vitro (FIV) : cette technique de PMA (Procréation Médicalement Assistée) consiste en la mise en contact d’un ovocyte et d’un spermatozoïde in vitro, en laboratoire, avant d’être transplanté dans l’utérus.
« En revanche, il faut bien garder en tête que les traitements sont éprouvants. Les stimulations ovariennes sont assez lourdes à supporter avec des piqûres qui font partie du quotidien. Les progrès dans le domaine PMA sont majeurs, depuis le premier bébé éprouvette en France en 1982 jusqu’aux avancées médicales de nos jours.
Importance de l'Hygiène de Vie
Il est indispensable d’avoir une bonne hygiène alimentaire. Il faut donc éradiquer l’alcool et la cigarette, mais il faut aussi éviter les aliments interdits en période de grossesse. On évitera donc la caféine, les laitages au lait cru, les poissons crus… Il faut également avoir une bonne hygiène de vie. Il est donc nécessaire d’entretenir sa condition physique, de dormir suffisamment, de se dépenser et surtout : d’éviter le stress. Il est important de ne pas trop se concentrer sur le fait de tomber enceinte. Même si cela peut sembler compliqué, penser obsessionnellement au fait de tomber enceinte peut avoir des conséquences négatives telles que des blocages psychologiques et psychosomatiques.
Connaître ses Jours Fertiles
Tomber enceinte peut être une simple histoire de calcul. En effet, lorsque l’on a un rythme régulier, il est important de calculer les jours où l’on est le plus fertile. Les femmes ne sont fécondes que 6 jours par mois seulement. Il s’agit des 5 jours précédant l’ovulation + le jour de l’ovulation. L’ovulation se produit au milieu de cycle, environ 5 jours après la fin des règles.
Difficulté à Tomber Enceinte : Quand s'Inquiéter ?
À moins d’être une femme très fertile et d’avoir un compagnon qui ne présente aucun problème pour concevoir des enfants, on ne tombe pas enceinte du jour au lendemain et ce, même si l’on a des rapports sexuels fréquents. Pourquoi je ne tombe pas enceinte du premier coup ? Tout d’abord, la fécondité de la femme évolue. Elle atteint son pic dans la vingtaine. Entre 25 et 30 ans, la fécondité est généralement optimale - surtout si a des rapports sexuels réguliers. Cependant, il est tout à fait normal de ne pas tomber enceinte immédiatement. Il y a plusieurs raisons à cela : En premier lieu, chaque cycle d’ovulation ne présente que 20 % de chances d’aboutir à une grossesse. Il est donc normal de ne pas tomber enceinte rapidement. Après l’arrêt de la pilule, il faut attendre un certain temps avant que l’ovulation ne soit de nouveau optimale. Si certaines femmes tombent enceintes facilement après l’arrêt de la pilule, d’autres mettent plus de temps. En moyenne, on tombe enceinte 7 mois après l’arrêt d’une contraception hormonale. Une mauvaise hygiène de vie peut favoriser les difficultés à tomber enceinte. Le tabagisme, une alimentation peu équilibrée ou encore le stress peuvent impacter votre projet de grossesse. L’obésité est également un facteur de risque. On peut avoir des blocages psychologiques qui entrainent des répercussions psychosomatiques. On peut avoir un cycle d’ovulation irrégulier, ce qui rend la fécondation plus compliquée à prévoir. Il existe donc de nombreuses raisons qui empêchent de tomber enceinte. Et pourtant, elles ne sont pas à interpréter comme des signes de problèmes de fertilité ou de fécondité. Je ne tombe pas enceinte depuis 1 an Si cela fait plusieurs années que l’on ne parvient pas à tomber enceinte, il peut y avoir des causes plus complexes et plus compliquées à traiter. Si c’est votre cas, vous pouvez dans un premier temps prendre rendez-vous avec un gynécologue en téléconsultation pour vous renseigner et obtenir des conseils. Partager vos problèmes auprès de nos gynécologues qui pourronnt vous aiguiller.
Infertilité vs. Stérilité
L’infertilité se distingue de la stérilité. L’infertilité correspond à une difficulté temporaire à concevoir, qui peut souvent être traitée. La stérilité, elle, représente une impossibilité définitive d’avoir des enfants.
La Fausse Couche
Bien qu’il s’agisse d’un événement traumatisant, la fausse-couche concerne 20 % des grossesses. Elles sont très fréquentes lors d’une première grossesse. Pourtant, la fausse-couche n’est pas nécessairement un symptôme d’infertilité : elle est le plus souvent due à une anomalie chromosomique. Une mauvaise hygiène de vie corrélée à l’ingestion d’aliments proscrits durant la grossesse peut engendrer une fausse-couche.
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