Introduction

Ce rapport, coordonné par D. Denis et E. d’Ercole, offre un aperçu détaillé de l'ophtalmologie pédiatrique, abordant des questions courantes et des pathologies spécifiques à l'enfant. Il vise à fournir aux professionnels de la santé, ainsi qu'aux parents, une information claire et structurée sur la santé visuelle de l'enfant, depuis le dépistage néonatal jusqu'à la prise en charge des troubles visuels complexes.

Que faire devant un larmoiement du nourrisson ?

La prise en charge d'un larmoiement chez le nourrisson nécessite une approche méthodique pour en déterminer la cause. B. Fayet et E. Racy soulignent l'importance de rechercher des signes associés tels que photophobie, rougeur oculaire, exophtalmie, asymétrie de la fente palpébrale ou fièvre, qui peuvent indiquer une pathologie sous-jacente. La suppression de la stimulation trigéminale peut parfois suffire à résoudre le larmoiement.

Dans la majorité des cas, les larmoiements se résolvent spontanément. Cependant, en cas de doutes, un examen approfondi est nécessaire, incluant une anesthésie pour garantir la qualité de l'évaluation. Le bilan peut être complété par une imagerie ou un avis spécialisé. La dacryocystocèle congénitale se manifeste par une distension de la région du sac lacrymal, avec un apex situé sous le tendon canthal médial. La palpation révèle une masse rénitente sans reflux de mucus par les canalicules. En cas d'infection, la zone peut devenir rouge.

Plusieurs facteurs doivent être pris en compte dans la décision thérapeutique, notamment le contexte général et les souhaits des parents.

Que devraient voir et ne pas voir les enfants ?

E. Lupo met en lumière l'importance de cette question, particulièrement à l'ère des écrans omniprésents tels que tablettes et consoles de jeux. Les yeux des enfants sont fragiles et sensibles à la toxicité de la stimulation lumineuse, notamment la lumière bleue.

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Lumière et spectre électromagnétique

La lumière est une forme d'énergie électromagnétique caractérisée par sa longueur d'onde. Le spectre électromagnétique englobe toutes les longueurs d'onde possibles. La lumière visible se situe entre 400 et 700 nm. Les rayonnements ultraviolets (UV) sont divisés en UV-B (200-300 nm) et UV-A (300-400 nm). Au-delà de 700 nm, on entre dans le domaine des infrarouges. La lumière bleue, avec une longueur d'onde comprise entre 400 et 500 nm, est considérée comme ayant une énergie élevée.

Impact de la lumière bleue

La lumière bleue, émise par les écrans, peut perturber le rythme circadien en inhibant la sécrétion de mélatonine, une hormone essentielle à la régulation du sommeil. L'exposition à la lumière bleue le soir peut donc entraîner des troubles du sommeil. Le cristallin, avec l'âge, jaunit et filtre de moins en moins cette lumière bleue.

Recommandations

Il est donc important de limiter l'exposition des enfants à la lumière bleue, en particulier le soir.

Examen Ophtalmologique en Pédiatrie

P. Wary et D. Bremond-Gignac soulignent que l'examen ophtalmologique en pédiatrie nécessite une adaptation de la pratique clinique habituelle. La relation médecin-enfant-parents est essentielle. L'examen doit être adapté à l'âge de l'enfant, qu'il soit verbal ou non.

Démarche Clinique

La démarche clinique est similaire à celle de l'adulte : évaluer une fonction et analyser un organe sur les plans clinique et paraclinique. Cependant, l'enfant ne verbalise pas spontanément ses symptômes. L'examen est donc souvent orienté par les observations des parents, du corps enseignant ou du pédiatre. Il est crucial d'écouter attentivement les parents et de retranscrire leurs observations sans interprétation.

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Anamnèse

L'anamnèse doit inclure l'âge de la naissance (prématurité), le poids de naissance et le périmètre crânien. Il est important de rechercher les facteurs de risque de strabisme précoce, tels que les lésions neurologiques pré- ou néonatales, la prématurité (surtout si associée à une hémorragie intraventriculaire) et le petit poids de naissance.

Mise en Confiance

Pour favoriser un lien privilégié avec l'enfant, il faut limiter le nombre de personnes présentes et créer une atmosphère accueillante. L'examen doit être présenté comme un jeu. Il est important de mettre l'enfant en confiance en l'appelant par son prénom, en lui parlant d'une voix calme et en conservant une distance respectable.

Examen du Nouveau-Né

À la naissance, l'examen ophtalmologique fait partie de l'examen pédiatrique systématique. Le pédiatre s'assure de la normalité du développement oculo-orbito-facial. Les réflexes photomoteurs sont présents dès la naissance, mais peuvent être lents. L'observation initiale évalue l'ouverture spontanée des yeux et élimine les signes de malvoyance profonde. Les premiers tests psychovisuels évaluent la capacité de l'enfant à suivre une cible.

Examen du Nourrisson et de l'Enfant

La mesure de la réfraction est effectuée à l'aide d'un autoréfractomètre portable sous cycloplégie. L'examen anatomique est réalisé avec une lampe à fente en utilisant la technique de l'avion ou flying baby. L'usage d'un blépharostat adapté à l'âge peut être nécessaire. L'examen biomicroscopique du segment postérieur est réalisé après dilatation irienne. L'ophtalmoscopie indirecte au casque permet une meilleure visualisation du fond d'œil.

Évaluation de la Motricité Oculaire

L'étude de la position des axes visuels permet de détecter une déviation. Le cover-test permet de différencier une hétérophorie d'une tropie. La manœuvre de l'écran alterné permet de déceler les cas limites. L'étude des versions et des vergences évalue la motricité oculaire. Le test de Lang évalue le sens stéréoscopique.

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Évaluation de la Fonction Visuelle

Le nystagmus optocinétique (NOC) évalue la fonction visuelle. La technique du regard préférentiel évalue l'acuité visuelle chez le nourrisson.

Cycloplégie et Réfraction

La cycloplégie est essentielle pour mesurer la réfraction chez l'enfant. Elle est obtenue par des substances qui bloquent les réponses aux stimulations cholinergiques. La mesure réfractive se fait par réfractométrie automatisée portable.

Examen de l'Enfant plus Grand

Dès que l'enfant est plus grand, l'examen devient plus facile. L'examen du globe vérifie l'aspect des paupières, de la cornée et des milieux transparents. L'examen du segment antérieur et postérieur est réalisé avec une lampe à fente classique ou l'ophtalmoscopie indirecte. Après l'âge de 2 ans et demi, l'acuité visuelle fovéale est fiable et l'enfant est capable de répondre aux optotypes.

Réfraction en Ophtalmopédiatrie

Selon A. Audren et P. Dureau, l'examen de la réfraction est la pierre angulaire de tout examen ophtalmopédiatrique. La cycloplégie est systématique en raison des capacités accommodatives importantes de l'enfant.

Cycloplégie

La question de la cycloplégie est fréquente en ophtalmopédiatrie. Les protocoles d'usage des cycloplégiques diffèrent selon les experts. L'efficacité de l'homatropine et du tropicamide est insuffisante. L'atropine est légèrement plus efficace que le cyclopentolate. L'efficacité d'une molécule dépend de la capacité du patient à l'inactiver. La dégradation des molécules cycloplégiques est assurée par les cellules pigmentaires de l'iris. Il existe un lien entre la pigmentation de l'iris et l'efficacité de la cycloplégie.

Protocoles

Le Vidal doit être consulté pour les précautions d'emploi. Pour l'atropine, les deux variables sont l'âge et la pigmentation. L'atropine 1 % est réservée à l'adolescent et à l'adulte. Les formes 0,3 % et 0,5 % sont adaptées à l'enfant de moins de 12 ans. Le cyclopentolate est commercialisé sous le nom de Skiacol®. Le protocole recommandé est une goutte, une autre goutte 5 minutes après et une autre goutte 10 minutes après, avec une mesure à 45 minutes après la première instillation.

Réfraction Subjective

La réfraction emmétropisante est la réfraction qui permet d'obtenir la meilleure acuité visuelle, l'œil du patient étant au repos (cycloplégié et en mydriase). L'accommodation est la principale source d'incertitude de toute réfraction subjective. La profondeur de champ entraîne une incertitude dioptrique dans la réponse du patient.

Acuité Visuelle

L'acuité visuelle maximum est pratiquement toujours supérieure à 10/10 dès 7 à 8 ans et atteint souvent 20/10 chez le grand enfant et l'adolescent. Toute amblyopie entraîne une incertitude de réponse.

Méthodes de Réfraction Objective

Les réfractomètres automatiques sur table et les réfractomètres portables sont utilisés. Bien maniés, les réfractomètres portables sont d'une excellente précision.

Prescription

La réfraction emmétropisante est la valeur de l'anomalie réfractive sur laquelle va se fonder la prescription. La ligne thérapeutique est simple : corriger totalement l'amétropie.

Troubles Fonctionnels

Les troubles fonctionnels liés à une anomalie réfractive non corrigée sont divers : asthénopie, fatigue visuelle, défaut d'attention, instabilité, hyperactivité, mauvais résultats scolaires, etc.

Amétropie Maladie

L'amétropie maladie est une valeur de la réfraction qui entraîne ou entraînera un trouble fonctionnel.

Difficultés Rencontrées

Plusieurs facteurs peuvent rendre difficile la prescription de la correction optique : le non-port des lunettes, la non-adhésion des parents, etc.

Lentilles de Contact en Pédiatrie

M.-N. Georges et F. Malet abordent l'utilisation des lentilles de contact chez les enfants, en soulignant l'importance d'une adaptation rigoureuse et d'un suivi régulier.

Indications

Les lentilles de contact peuvent être indiquées chez les très jeunes patients, notamment en cas d'aphaquie congénitale ou de forte amétropie. Elles peuvent favoriser l'épanouissement et améliorer la qualité de vie de l'enfant.

Adaptation

L'adaptation des lentilles de contact chez l'enfant est particulièrement exigeante. Elle nécessite une évaluation précise de la surface oculaire et une surveillance régulière pour prévenir les complications.

Types de Lentilles

Différents types de lentilles peuvent être utilisés chez l'enfant, notamment les lentilles souples et les lentilles rigides perméables à l'oxygène. Le choix du matériau et du design de la lentille dépend des besoins spécifiques de chaque patient.

Surveillance

La surveillance est essentielle pour prévenir les complications telles que les infections cornéennes et les réactions allergiques.

Potentiels Évoqués Visuels (PEV) et Électrorétinogramme (ERG)

S. Dufourq présente les techniques d'exploration de la fonction visuelle, notamment les potentiels évoqués visuels (PEV) et l'électrorétinogramme (ERG).

Potentiels Évoqués Visuels (PEV)

Les PEV permettent d'évaluer l'intégrité des voies visuelles, depuis la rétine jusqu'au cortex visuel. L'examen est réalisé en stimulant l'œil avec un damier ou des flashs lumineux et en enregistrant l'activité électrique du cortex visuel.

Électrorétinogramme (ERG)

L'ERG permet d'évaluer la fonction des cellules rétiniennes (photorécepteurs et cellules bipolaires). L'examen est réalisé en enregistrant l'activité électrique de la rétine en réponse à des stimulations lumineuses.

Dyschromatopsie

G. Soubrane aborde la dyschromatopsie, ou trouble de la vision des couleurs.

Types de Dyschromatopsie

Il existe différents types de dyschromatopsie, les plus fréquentes étant le daltonisme (difficulté à distinguer le rouge et le vert) et la tritanopie (difficulté à distinguer le bleu et le jaune).

Diagnostic

La dyschromatopsie peut être détectée à l'aide de tests spécifiques, tels que le test d'Ishihara.

Conséquences

La dyschromatopsie peut avoir des répercussions sur la vie quotidienne, notamment dans certains métiers.

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