L'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) médicamenteuse est une option pour les femmes qui souhaitent interrompre une grossesse non désirée. En France, l'IVG est un droit acquis depuis 1975, et l'IVG médicamenteuse représente une part importante des IVG réalisées. Cet article vise à fournir des informations complètes et précises sur le déroulement de l'IVG médicamenteuse, ses étapes, les examens médicaux nécessaires, les complications possibles, et les aspects psychologiques.
Qu'est-ce que l'IVG médicamenteuse ?
L'IVG médicamenteuse est une méthode d'avortement qui consiste à utiliser des médicaments pour interrompre une grossesse. Elle est possible jusqu'à la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines d'aménorrhée (SA). Cette méthode repose sur la prise de deux médicaments à différents intervalles, qui provoquent une fausse couche en quelques heures ou jours.
Où réaliser une IVG médicamenteuse ?
L'IVG médicamenteuse peut être réalisée dans différents lieux :
- En établissement de santé : hôpital ou clinique.
- En cabinet de ville : par un médecin généraliste, gynécologue ou une sage-femme.
- En centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification ou d'éducation familiale).
- En centre de santé.
- À domicile : sous certaines conditions et avec un suivi médical approprié.
Il est possible de réaliser une IVG médicamenteuse via une téléconsultation.
Les étapes préalables à l'IVG
Avant de procéder à une IVG médicamenteuse, plusieurs étapes sont nécessaires :
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1. La consultation d'information
Ce premier temps préalable à la réalisation de l'IVG a lieu avec votre médecin ou dans un cabinet de ville, en centre de santé, en établissement de santé, dans un (ancien centre de planification et d'éducation familial) et peut être réalisé à distance (téléconsultation).
Au cours de ce premier temps, votre médecin ou sage-femme :
- Vous informe sur les deux méthodes d’IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide.
- Vous propose de réaliser un entretien psychosocial (uniquement obligatoire pour les mineures).
- Doit vous orienter vers un autre professionel de santé s’il ne pratique pas lui-même l’IVG. Dans ce cas, il vous remet une attestation prouvant que vous vous êtes conformée aux étapes préalables à une IVG.
2. Le recueil du consentement
Lors de ce second temps, vous choisissez la méthode d’IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit.
Il s’agit également d’un moment privilégié avec votre médecin ou sage-femme :
- Pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG si nécessaire.
- Pour vous faire prescrire, si tel est votre choix, un des infections sexuellement transmissibles, dont l’ par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’ (à partir de 25 ans).
Il n’existe plus de délai de réflexion minimal entre le premier et le deuxième temps. Ils peuvent avoir lieu au cours d'une seule et même consultation. Vous prenez le temps de réflexion que vous jugez nécessaire pour votre décision, en tenant compte du délai légal pour la réalisation de l’IVG (14 semaines de grossesse).
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La consultation psycho-sociale
La consultation psycho-sociale est systématiquement proposée et obligatoirement réalisée pour les femmes mineures. Elle se déroule entre les deux temps préalables à l’IVG. Si vous êtes majeure et n’avez pas souhaité le réaliser à cette étape de la procédure vous avez la possibilité de le réaliser par la suite à n’importe quelle étape de la procédure d’IVG. Au cours de cette consultation, il vous sera proposé un accompagnement social et psychologique. Vous pouvez demander un rendez-vous en présentiel, ou à distance (si cela vous est proposé) pour cette consultation. Elle a lieu avec un professionnel qualifié, au choix : dans un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification ou d’éducation familiale), dans un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), dans un service social ou autre organisme agréé.
Le déroulement de l'IVG médicamenteuse
L'IVG médicamenteuse se déroule en deux étapes principales :
1. La prise du premier médicament : la mifépristone
Ce médicament débute l’interruption de la grossesse. Il est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation. Il bloque l’action de l’ nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. Dès cette première étape, vous pouvez avoir des saignements et des douleurs plus ou moins importants, mais la plupart du temps les commencent après la prise du 2e médicament.
Les saignements ne sont pas le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable de prendre le 2e médicament. Le premier comprimé bloque l’action de l’hormone (la progestérone) et arrête la grossesse ; favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin ; provoque des saignements plus ou moins importants.
2. La prise du second médicament : le misoprostol
Elle a lieu dans un délai de 24 à 48 heures après la prise du premier médicament. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’IVG. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des , parfois plus fortes (douleurs pelviennes), mais qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’anti-douleurs. Les saignements souvent assez abondants qui accompagnent l’interruption de la grossesse arrivent parfois très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tard.
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Si votre groupe sanguin est rhésus négatif, vous recevrez une injection de gamma-globulines anti-D au plus tard dans les 72 h suivant le début du saignement pour éviter toute lors d’une prochaine grossesse. Le second comprimé augmente les contractions ; déclenche l’expulsion de l’œuf ; provoque des contractions utérines plus ou moins douloureuses qui ressemblent à celles des règles ou plus intenses. Ces douleurs sont atténuées par un antalgique ; peut occasionner certains effets secondaires : nausées, vomissements, diarrhées ; entraîne des saignements, quelques heures après ou plus tardivement. Ces saignements durent généralement une dizaine de jours, ils s’arrêtent d’eux-mêmes. Ils sont très importants le jour de la prise du comprimé mais diminuent ensuite.
L’expulsion de l’œuf se fait dans les 4 heures suivant la prise du deuxième comprimé dans 60 % des cas. Dans 40 % des cas, l'expulsion a lieu dans les 24 à 72 heures.
Après avoir pris 2 comprimés de Misoprostol, vous n’êtes pas obligée de rester allongée. Nous vous conseillons de prévoir de quoi vous occuper pendant ces quelques heures d’attente. Le plus souvent, l’avortement (l’expulsion de l’œuf) se produit dans les 2 à 4 heures après la prise des comprimés. Cela se traduit par des saignements, des caillots, et des douleurs variables.
Si vous êtes hospitalisée, l’infirmière vous donnera des médicaments anti douleurs. Si vous êtes à la maison, le médecin vous aura donné une prescription de médicaments lors de la consultation. N’hésitez pas à les prendre, ils n’empêchent pas le déroulement de l’avortement.
Examens médicaux avant et après l'IVG
Plusieurs examens médicaux sont réalisés avant et après l'IVG pour assurer la sécurité et l'efficacité de la procédure :
Avant l'IVG
- Confirmation de la grossesse et détermination de l'âge gestationnel : par interrogatoire, examen clinique, échographie ou prise de sang pour doser les β-hCG.
- Détermination du groupe sanguin : pour prévenir les complications lors d'une future grossesse en cas de rhésus négatif.
- Examens sanguins : pour permettre la réalisation d'une anesthésie générale en cas d'IVG instrumentale.
- Dépistage du VIH et des autres IST : si vous le souhaitez.
- Examen de dépistage du cancer du col de l'utérus : si vous n'êtes pas à jour de celui-ci.
Après l'IVG
- Examen clinique : si la consultation est en présentiel.
- Prise de sang pour doser les β-hCG : pour vérifier que la grossesse est bien interrompue.
- Échographie : pour vérifier l'absence de complications et que la grossesse est bien interrompue.
Complications possibles de l'IVG médicamenteuse
Bien que l'IVG médicamenteuse soit généralement sûre, certaines complications peuvent survenir :
- Douleurs pelviennes : fréquentes et généralement gérables avec des antalgiques.
- Saignements : souvent abondants et peuvent durer plusieurs jours.
- Troubles digestifs : nausées, vomissements, diarrhée.
- Infection : rare, mais nécessite une consultation médicale rapide en cas de fièvre, douleurs abdominales intenses ou pertes vaginales anormales.
- Hémorragie : rare, mais nécessite une consultation médicale rapide en cas de saignements très abondants.
- Échec de l'IVG : dans 5% des cas, une IVG instrumentale peut être nécessaire.
- Grossesse Extra Utérine (GEU) : est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse.
Si vous présentez de la fièvre (température supérieure à 38°C), d’importantes pertes de sang, de fortes douleurs abdominales et/ou un malaise, vous devez rapidement contacter l’établissement où a eu lieu votre IVG ou à défaut le service d’urgences gynécologiques le plus proche de chez vous, car cela peut être un signe de complication.
Aspects psychologiques de l'IVG
Vivre un avortement peut être éprouvant, sans compter les effets secondaires liés à la prise des médicaments. Certaines femmes peuvent ressentir de la culpabilité, de la tristesse ou de la colère à la suite de leur avortement. Il est important de ne pas hésiter à partager ses sentiments et d’en parler avec un professionnel de santé ou une personne de confiance.
La consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG. Elle vous permet de parler de votre situation si vous en ressentez le besoin.
La visite de contrôle
14 à 21 jours après la première prise de médicament, vous devez réaliser une visite de contrôle afin de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’il n’y a pas de complications.
Lors de cette visite, votre médecin ou sage-femme : confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin ; vérifie l’absence de complications liées à l’IVG médicamenteuse ; évoque si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation.
Prise en charge financière
Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible.
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