La procréation médicalement assistée (PMA) est un parcours complexe, tant sur le plan physique qu'émotionnel. De plus en plus de couples consultent pour une difficulté à concevoir, et ces grossesses sont qualifiées de « précieuses » tant pour le ou les futurs parents que pour les équipes médicales. L'infertilité, qui toucherait entre 10 et 15% des couples, peut être une épreuve déstabilisante. Face à ce défi, le soutien psychologique s'avère être un élément essentiel pour accompagner les personnes et les couples à travers les différentes étapes de la PMA.
Comprendre l'infertilité et ses causes
L'infertilité est à différencier de la stérilité, qui correspond à l'incapacité totale d'un couple à concevoir un enfant. Cette baisse de fertilité peut être portée par la femme (dans environ un tiers des cas), par l'homme (également dans un tiers des cas) ou elle peut concerner le couple, on parle alors d'infertilité mixte. Les causes de l'infertilité étant très variées, il est nécessaire de tenter de trouver sa cause en consultant un spécialiste.
De nombreuses questions sont suscitées par cette annonce. Pourquoi nous ? Quelles sont les raisons de cette infertilité ? Existe-t-il des solutions ? Un sentiment d'injustice et parfois un sentiment d'infériorité sont ressentis par les membres couples. La compréhension des causes de l'infertilité lorsqu'un diagnostic est posé peut contribuer à accepter cette annonce. Nous l'avons vu, il arrive parfois que le désir de grossesse ne parvienne pas à se réaliser, alors même qu'aucune cause d'infertilité n'est retrouvée. Cette situation correspond à 15% des cas environ. On sort donc de l'intime pour un parcours protocolisé et médical.
Accepter de ne pas pouvoir accéder à une parentalité « naturelle » prend du temps, notamment lorsque le désir de devenir parent est présent depuis de nombreuses années. Les couples témoignent souvent que la PMA prend toute la place et que tous les autres projets sont mis de côté. La vie sexuelle du couple est également mise à l'épreuve de la PMA (rapports programmés, parfois proscrits selon les techniques, effets indésirables des traitements). Comme tout deuil, faire le deuil de sa maternité ou de sa paternité prend du temps. Difficile à accepter pour le couple, cette nouvelle l'est aussi parfois pour l'entourage proche, ce qui rend l'acceptation encore plus difficile.
Le rôle du psychologue dans le parcours de PMA
Un psychologue spécialisé dans la PMA peut jouer un rôle essentiel à plusieurs niveaux :
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- Gestion du stress et de l'anxiété: Le stress a une grande influence sur tout le corps, et il joue également un véritable rôle dans les questions d'infertilité. La fécondation, l’ovulation, la fausse-couche… Le stress impose son emprise à de nombreuses étapes chez la femme. Chez l’homme, il altère également la production de spermatozoïdes. Un psychologue spécialisé, que vous le choisissiez au sein de votre clinique ou ailleurs, peut vous aider à diminuer votre niveau d’anxiété et à vous préparer mentalement à la suite.
- Soutien émotionnel: Les parcours de PMA sont souvent longs et éprouvants. Le psychologue offre un espace d'écoute et de soutien pour exprimer les émotions, les doutes et les craintes liés à la procédure.
- Amélioration de la communication au sein du couple: Au cours d’une FIV, l’homme et la femme ne reçoivent pas les mêmes traitements et ne jouent pas le même rôle. Les rapports sexuels programmés et l’intrusion de la médecine dans l’intimité peuvent par faire baisser la libido. Le traitement hormonal échoit essentiellement à la femme, ce qui peut faire naître chez l’homme un sentiment de culpabilité ou d’impuissance, même en cas d’infertilité masculine, car la femme doit tout de même se livrer à des injections hormonales quotidiennes. Un psychologue professionnel peut permettre à l’homme de retrouver sa place dans le couple et à la femme de se sentir mieux accompagnée par son partenaire lors des pénibles opérations médicales.
- Préparation aux différentes étapes de la PMA: Le psychologue peut aider à anticiper les difficultés potentielles et à développer des stratégies d'adaptation pour faire face aux défis.
- Accompagnement dans la prise de décision: Le parcours de PMA implique de prendre des décisions importantes et parfois difficiles. Le psychologue peut aider à clarifier les enjeux et à prendre des décisions éclairées, en accord avec ses valeurs et ses besoins.
- Faire face à l'échec: On veut rarement y penser, mais parfois, la FIV ne fonctionne pas… Lorsqu’ont lieu les dernières tentatives, mieux vaut préparer le terrain en s’offrant le soutien d’un psychologue professionnel. Comment éviter que le couple n’explose ? Comment envisager sa vie sans enfant ? Et si vous vous tourniez vers l’adoption ? Le psychologue est un interlocuteur privilégié pour vous aider à gérer cette période et éventuellement à vous lancer dans un nouveau parcours.
- Accompagnement de la parentalité solo: Officiellement, lorsque la médecin du CECOS me présente la démarche, l’objectif du rendez-vous avec la psychologue est de m’aider à mieux appréhender la démarche de parentalité hors couple et de m’accompagner dans le discours à tenir à l’enfant sur ses origines.
L'approche psycho-corporelle
Certains psychologues proposent une approche « psycho-corporelle », c’est-à -dire fondée sur la thérapie psychologique et physique. Julie : C’est une pratique qui lie psychologique et physique en mettant en avant les ressentis et émotions psychologiques reliés à notre corps. Corps et esprit sont deux entités qui peuvent être bloquées et qui sont trop souvent dissociées. Le psycho-corporel permet de les réaligner. Cette approche permet d’identifier les blocages dans le psychisme, dans le corps ou dans les émotions. Nous regardons les blocages dans les systèmes : la problématique n’est pas linéaire, par exemple elle ne se résume pas à « j’ai une problématique avec ma fertilité ». La problématique va au-delà de la question du moment.
Questions fréquemment posées en PMA
Le parcours de PMA soulève de nombreuses questions d'ordre pratique, médical et psychologique. Voici quelques exemples de questions fréquemment posées :
- Quelles sont mes chances de grossesse avec l’AMP ?
- L’AMP est-elle prise en charge à 100% par la Sécurité Sociale ?
- Je souhaite prendre un premier RDV en AMP, que dois-je faire ?
- J’ai plus de 43 ans, puis-je avoir recours à une AMP ?
- Mon conjoint a plus de 60 ans, puis-je avoir recours à une AMP ?
- Mon conjoint (ou moi-même) est porteur d’un virus tel que le VIH, l’hépatite B ou l’hépatite C, puis-je avoir recours à une AMP ?
- J’habite à l’étranger, puis-je venir à Cochin et avoir recours à une AMP ?
- Mon conjoint et moi-même cherchons à concevoir un enfant, devons-nous suivre des consignes particulières avant et pendant le traitement (alimentation, alcool, tabac …) ?
- Le surpoids joue-t-il sur mes chances de concevoir en AMP ?
L'importance de l'accompagnement psychologique pour la femme seule
Je suis une femme seule. L’entretien a duré deux heures et a été éprouvant. J’ai buté sur la question: «comment répondre à son enfant de 3-4 ans quand il demande s’il a un père?». A vrai dire, je n’avais pas anticipé cette question. Pour moi, mon enfant n’est même pas au stade de la conception donc je n’en suis pas encore aux questions qui arriveront plus tard. Je pensais les gérer au fur et à mesure, avec l’aide d’un pédopsychiatre. Or, mon entretien n’a pas été concluant pour la psychologue car je n’ai pas assez anticipé ce qui arrivera après et que dans son rôle de s’assurer du bien être du futur enfant, elle doit vérifier comment j’ai anticipé le futur. J’ai répondu d’une façon trop adulte pour que ma réponse soit compréhensible pour un enfant. J’ai dit: oui, mon enfant aura un père, le donneur. Pour la psychologue, ma réponse va rendre triste mon enfant de ne pas être aimé par son père et que cela nuira à son développement.
Idées reçues sur le recours à un psychologue
De nombreuses idées reçues planent encore sur le fait de faire appel à un psychologue. Est-ce un aveu de faiblesse que d’avoir besoin d’un accompagnement psychologique ? Est-ce qu’il y a un moment plus propice qu’un autre pour consulter ? Mais pourquoi, au juste, faire appel à un psychologue ? Il y a souvent une confusion entre un psychologue et un psychiatre. Contrairement au psychiatre, le psychologue n’est pas médecin même si la profession est encadrée par la loi et nécessite l’obtention d’un diplôme d’études supérieures en psychologie. Le psychologue accompagne par la parole. Le psychiatre apaise les symptômes comme les insomnies ou les crises d’angoisse par exemple. Il est en mesure de poser des diagnostics, de prescrire et d’administrer des traitements pour lutter contre des symptômes envahissants.
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