Cléopâtre VII, la dernière reine d'Égypte, a fasciné le monde pendant des siècles. Au-delà de son rôle politique et de ses liaisons amoureuses avec Jules César et Marc Antoine, elle était aussi une mère. Mais que sont devenus ses enfants après sa mort et la chute de l'Égypte ptolémaïque ? Cet article explore le destin tragique de Césarion, les vies de Cléopâtre Séléné et de ses frères, et l'héritage qu'ils ont laissé derrière eux.
Cléopâtre, une reine et une mère
Cléopâtre VII Philopator, célèbre pour avoir été la dernière reine d’Égypte et la compagne de grandes figures romaines comme Jules César et Marc-Antoine, a régné sur l'Égypte entre 51 et 30 avant J.-C. En plus de ses responsabilités royales et de ses relations amoureuses, elle était mère de quatre enfants :
- Césarion (Ptolémée XV Philopator Philometor César), fils de Jules César.
- Alexandre Hélios et Cléopâtre Séléné II, jumeaux nés de son union avec Marc Antoine.
- Ptolémée Philadelphe, également fils de Marc Antoine.
Ces enfants, issus d’une lignée illustre, sont élevés dans le but de succéder à leur mère et de régner à leur tour sur l’Égypte.
Césarion : le rêve brisé d'un pharaon romain
Mieux connu sous son surnom grec « Césarion » ou « petit César », Ptolémée XV était le fils de Cléopâtre et de Jules César. Il incarnait l'alliance de sa mère avec Rome et le rêve d'un pharaon romain-égyptien. Après l'assassinat de son père présumé, Jules César, quelques mois plus tôt, sa mère, la reine Cléopâtre VII, le plaça sur le trône d'Égypte pour solidifier son pouvoir et assurer la pérennité de sa dynastie.
Césarion devint roi d'Égypte à l'âge de trois ans. Il ne régna que peu de temps; son règne prit fin avec son assassinat, peu de temps après le suicide de Cléopâtre en 30 avant J.-C. L'ancien royaume ptolémaïque d'Égypte disparut avec lui, lorsqu'il fut assassiné au jeune âge de 17 ans en 30 avant J.-C.
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Pour comprendre l'histoire de Césarion, il faut remonter à son grand-père maternel, Ptolémée XII, qui fit de ses deux enfants aînés, Cléopâtre, alors âgée de 18 ans, et Ptolémée XIII, alors âgé de 10 ans, ses co-héritiers. Il avait pour dessein que ses deux enfants règnent ensemble sur l'Égypte sous la tutelle de Rome. L'Égypte étant alors un protectorat romain, Rome avait évidemment son mot à dire sur la personne qui devait la diriger.
Alors que les frère et sœur égyptiens se disputaient le trône, Rome était en prise avec une autre lutte de pouvoir. Deux de ses grands héros militaires, Jules César et Pompée le Grand, étaient engagés dans une guerre civile et cherchaient à nouer des alliances. Pompée comptait sur l'Égypte pour asseoir sa légitimité et décida de soutenir Ptolémée XIII contre sa sœur, qui fut forcée de s'exiler. Loin de la capitale, Cléopâtre établit sa propre base d'opérations d'où elle leva une armée et attendit son heure.
À l'issue de la bataille de Pharsale en 48 avant J.-C., César vainquit Pompée, qui fuit à Alexandrie. Se retournant contre son ancien allié, le jeune Ptolémée fit exécuter Pompée et présenta sa tête à Jules César lorsqu'il entra en Égypte quelques temps plus tard. César en fut attristé et dégoûté : Plutarque décrivit au premier siècle après notre ère comment César s'était « détourné avec horreur [quand] on lui avait présenté la tête de Pompée, mais il accepta l'anneau du sceau de Pompée et versa des larmes dessus. »
Cette grave erreur de calcul de la part du jeune pharaon était une opportunité de premier ordre pour Cléopâtre et ses alliés. Elle s'introduisit clandestinement à Alexandrie pour rencontrer César et le gagna à sa cause. César soutint sa revendication au trône, déclenchant un soulèvement des partisans de Ptolémée, qui furent vaincus. Le jeune roi fut tué et César plaça Cléopâtre VII, alors âgée de 21 ans, sur le trône d'Égypte. Elle co-gouvernerait, avec son autre jeune frère, Ptolémée XIV. Pour consolider l'alliance, Cléopâtre invita César, de 30 ans son aîné, à rester en Égypte avec elle.
Pendant deux mois, Cléopâtre divertit César, lui révélant ce que la vallée du Nil et elle-même avaient comme charmes à offrir. Plutarque écrivit : « [César] restait souvent avec elle jusqu'à l'aube ; et ils auraient navigué ensemble… jusqu'en Éthiopie. » Au moment où César quitta l'Égypte, Cléopâtre était enceinte. Elle donna naissance à un garçon en 47 avant J.-C. et proclama ouvertement que Jules César était le père de cet enfant. Les prêtres égyptiens commencèrent à enseigner que le dieu Amon s'était incarné en la personne de César, l'homme le plus puissant du monde à l'époque, pour engendrer ce jeune prince. À la fin de l'année 46 avant J.-C., Cléopâtre visita Rome sur l'invitation de César, emmenant avec elle Césarion et tout l'apparat royal de sa cour égyptienne. Plutarque écrivit que César « ne la laissa pas retourner à Alexandrie sans titres élevés et riches offrandes. Il lui permit même d'appeler le fils qu'elle lui avait donné par son propre nom. César accueillit Cléopâtre et sa famille dans l'une de ses villas, la Horti Caesaris, la comblant d'honneurs officiels. »
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De nombreux Romains s'accordaient à dire que l'enfant ressemblait à Jules César. Marc Antoine, lieutenant de César, dit au Sénat que César avait révélé à ses amis les plus proches que Césarion était bien son fils. Si l'on se fie aux affirmations de Cléopâtre, Césarion était alors le seul enfant survivant de César. Sa fille, Julia, qui avait été mariée à Pompée, était morte en couches en 54 av. J.-C.
Malgré l'accueil peu chaleureux du peuple romain, Jules César plaçait beaucoup d'espoirs dans les relations entre Rome et la province d'Égypte. Il érigea une statue de Cléopâtre dans le temple de Vénus Genetrix. Cette époque marqua ce que César voyait comme le début d'un ambitieux projet impérial. Le bruit courait alors qu'il envisageait même un transfert de la capitale impériale à Alexandrie.
Ses plans, quels qu'ils fussent, ne furent pas appliqués, car César fut assassiné le jour de l'Ides de mars en 44 avant J.-C. Il ne reconnut jamais Césarion comme son héritier ; il avait par écrit désigné dans son testament son petit-neveu, Caius Octavius (Auguste), comme son héritier. Cléopâtre et Césarion étaient à Rome lorsque César fut tué. Réalisant que leurs vies étaient en danger, Cléopâtre décida de retourner immédiatement en Égypte.
Dès son retour à Alexandrie, la reine entreprit de consolider son pouvoir. Selon certaines sources, elle fit empoisonner son frère et co-dirigeant, Ptolémée XIV. Après quoi Césarion fut officiellement reconnu comme Ptolémée XV César, co-régent égyptien.
À Rome, Auguste refusa de reconnaître la lignée du jeune co-régent. Non sans calcul, le bras droit et confident de feu Jules César, Gaius Oppius, publia alors un ouvrage dans lequel il affirmait que Césarion n'était pas du tout le fils de César. C'était un avertissement à Cléopâtre de s'adresser avec prudence aux nouveaux maîtres de Rome.
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Son destin funeste scellera le rêve d’un pharaon romain-égyptien et fondera la légende mélancolique de l’innocent martyr, enfant royal broyé par des ambitions et des enjeux qui le dépassent.
Alexandre Hélios et Ptolémée Philadelphe : prisonniers de la politique romaine
Alexandre Hélios (Soleil) et Ptolémée Philadelphe étaient les fils de Cléopâtre et de Marc Antoine. Après la défaite de leurs parents à Actium en 31 avant J.-C. et leurs suicides, ils furent emmenés à Rome par Octave (futur empereur Auguste). Ils ont été inclus dans le triomphe d'Octave en 29 avant J.-C., un symbole de la conquête de l'Égypte.
Octavie la Jeune, la sœur d'Octave et l'ex-femme de Marc Antoine, a pris en charge l'éducation des enfants. Bien que leur vie à Rome soit relativement inconnue, on pense qu'ils ont été élevés dans un environnement romain et ont reçu une éducation romaine. Les deux garçons, Alexandre Hélios et Ptolémée Philadelphe, meurent relativement jeunes, apparemment de causes naturelles, car leurs traces disparaissent des documents officiels peu après leur adoption par la famille d’Octave.
Cléopâtre Séléné II : une reine maurétanienne
Cléopâtre Séléné II, née le 25 décembre 40 avant J.-C. et morte en l’an 5 de notre ère, était la fille de Cléopâtre et de Marc-Antoine. Elle a connu une destinée tout à fait exceptionnelle en dépit de la défaite de ses parents face à la République romaine.
Après avoir accompagné ses frères chez Octavie la Jeune, elle épousera le roi Juba II - lui-même fils de parents considérés comme des ennemis de Rome - et règnera à ses côtés sur le royaume de Maurétanie durant une vingtaine d’années. Sous l’impulsion de ce couple ambitieux et éduqué, le pays connaîtra un enrichissement économique, culturel et social majeur, dans lequel Cléopâtre Séléné II jouera un rôle incontournable.
Depuis 43 avant J.-C., Rome était gouvernée par le Second Triumvirat, formé de Marc-Antoine, Octavien et Lépide, qui se partageaient les territoires de la République romaine : Antoine reçut l’Orient (Grèce, Asie, Syrie…), Octavien gardait l’Occident (Italie, Gaule, Espagne) et Lépide, marginalisé, obtint l’Afrique du Nord. En Égypte, après avoir été rétablie sur le trône par Jules César - avec qui elle eut un fils, Césarion (en 47 avant J.-C.), Cléopâtre VII Philopator régna sur l’Égypte lagide (la dynastie grecque fondée par Ptolémée, général d’Alexandre le Grand). En compétition avec ses deux homologues triumvirs, Marc-Antoine se rapprocha de Cléopâtre en 41 avant J.-C. et une alliance fut rapidement formée : en 40 avant J.-C. naquirent Alexandre Hélios (du nom du dieu du soleil) et Cléopâtre Séléné II (du nom de la déesse de la lune), créant ainsi une forme de dynastie romano-égyptienne non officielle. Outre les sentiments les unissant, Marc-Antoine avait besoin de Cléopâtre pour son soutien financier et logistique (il préparait alors une vaste campagne contre les Parthes) et vit en elle une alliée pour asseoir son pouvoir en Orient, loin d’Octavien et des manœuvres politiques du Sénat. Cléopâtre cherchait quant à elle à protéger l’indépendance de l’Égypte, menacée d’annexion par Rome en raison de son caractère vital pour l’approvisionnement en blé de la République romaine, et voulait assurer une dynastie durable, via notamment ses enfants égypto-romains.
Finalement, les relations entre Octavien et Marc-Antoine se dégradèrent à mesure que celles l’unissant à Cléopâtre se resserraient, en dépit du pacte de Brindes (septembre 40 avant J.-C.) visant à apaiser les tensions et du mariage de Marc-Antoine avec la sœur d’Octavien, Octavie, qui ne l’empêcha pas de poursuivre son idylle avec Cléopâtre. Marc-Antoine s’employa à accroître son pouvoir sur l’Orient romain, décidant par exemple de nommer en 34 avant J.-C. son fils Alexandre Hélios roi d’Arménie. L’été de cette année-là, fêtant à Alexandrie sa victoire sur l’Arménie, il annonça à la population la création d’un Empire oriental : Cléopâtre VII fut proclamée reine des rois et Césarion roi des rois. Marc-Antoine et Cléopâtre procédèrent ensuite aux « Donations d’Alexandrie », un moment-clé de la rupture entre Octavien et Marc-Antoine qui marqua l’apogée de son alliance avec la reine d’Égypte : ils décidèrent conjointement que Cléopâtre et Césarion régneraient sur une Égypte agrandie de Chypre et de la Cœlé-Syrie, tandis qu’Alexandre Hélios conserverait l’Arménie mais se verrait attribuer la Médie et la Parthie, qu’il devrait conquérir. A Cléopâtre Séléné échut l’ancien royaume de Libye, c’est-à-dire la province de Cyrénaïque. L’établissement de cette dynastie romano-lagide par Marc-Antoine provoqua l’inquiétude d’Octavien : si Césarion, seul fils de Jules César, venait un jour à vouloir réclamer son héritage paternel, les ambitions politiques du futur Auguste se trouveraient fortement compromises.
Après avoir conquis l’Egypte, Octavien emmena les enfants de Marc-Antoine et Cléopâtre à Rome afin de les faire défiler lors de son triomphe, portant de lourdes chaînes derrière une effigie de leur mère serrant un aspic à son bras. Aucun de leurs parents n’étant encore en vie, la responsabilité des trois enfants passa à Octavien, qui décida ensuite de les confier à sa sœur, Octavie, afin qu’elle les élève dans sa maison sur le mont Palatin aux côtés des enfants qu’elle avait eus de Marc-Antoine, Antonia l’Aînée et Antonia la Jeune. La jeune Cléopâtre Séléné avait donc 10 ans quand elle arriva à Rome, après avoir connu les fastes de l’Egypte et les promesses de royaumes à gouverner. Si l’hypothèse de la mort de ses deux frères à cette époque (de maladie ou assassinés) s’avérait juste, Cléopâtre Séléné aurait donc grandi en étant le dernier membre survivant connu de la dynastie ptolémaïque.
De nombreuses sources ont permis de dresser une biographie et un portrait relativement riches et fiables de Juba II : probablement né aux alentours de 50 avant J.-C., il était le fils du roi Juba Ier de Numidie, battu par Jules César à Thapsus en 46 avant J.-C. en raison de son soutien à Pompée le Grand. La Numidie devint une province romaine six ans plus tard. Amené par César à Rome afin de l’y faire défiler lors de son triomphe, le jeune Juba II s’instruisit et se romanisa, apprenant le latin et le grec, et rédigeant des ouvrages consacrés à des sujets scientifiques ou artistiques ; au moins une dizaine de livres dont il est l’auteur ont été identifiés jusqu’à maintenant. Proche d’Octavien qui le prit sous son aile à la mort de César, Juba accompagna le futur empereur dans ses campagnes militaires, y compris à la bataille d’Actium. En 30 avant J.-C., Auguste le rétablit comme roi de Numidie et, en raison de ses loyaux services, lui donna la royauté de Maurétanie en 25 avant J.-C., agrandi de territoires occidentaux numides. La Maurétanie devient dès lors un Etat-client de Rome. La même année, Cléopâtre Séléné II lui fut donnée comme épouse et partit pour la capitale du royaume, Iol, actuelle ville algérienne de Cherchell. Le royaume de Maurétanie englobait alors une partie des actuels territoires marocain et algérien et s’étendaient de la Méditerranée, au nord, à une ligne, au sud, partant de Sala et suivant la courbe de la barrière naturelle que forment l’Atlas saharien puis les monts des Ouled Naïl ; et de l’Atlantique, à l’ouest, à Béjaïa, à l’est.
L’arrivée sur le trône du roi Juba II et de la reine Cléopâtre Séléné II fut inaugurée par le transfert de la capitale mauritanienne vers Césarée de Maurétanie, nommée ainsi en hommage au césar Auguste. De fait, loin d’entretenir un ressentiment ou une volonté de vengeance à l’encontre de l’Empire romain - la République romaine cessa d’exister en 27 avant J.-C. -, les deux dirigeants, dont les parents périrent pourtant lors de conflit contre Rome, se distinguèrent au contraire par leur loyauté : les deux souverains favorisèrent la romanisation du royaume qui obtint même le droit, par Auguste, de battre monnaie ; un privilège rare pour un Etat-client. Sous leur impulsion, la Maurétanie devint un royaume prospère : particulièrement versé dans les sciences et les arts qu’il soutint, Juba parraina de nombreux artistes et équipées scientifiques ; il envoya par exemple une expédition aux îles Canaries, donnant d’ailleurs leur nom actuel à ces îles en constatant la férocité des chiens errants qui peuplaient l’île (canarius - de canis, « le chien » -). C’est également du nom du médecin personnel de Juba, Euphorbe, qu’est tiré le nom des plantes éponymes - après qu’il les a découvertes en 12 avant J.-C. -, de même que le genre de palmier Jubaea est nommé d’après Juba. C’est toutefois en grande partie à Cléopâtre Séléné que le royaume maurétanien dut sa prospérité. En effet, à son arrivée sur place, la Maurétanie était un vaste territoire relativement mal organisé, notamment en matière administrative et logistique, et peu urbanisé. La reine décida donc de faire venir à Césarée des conseillers, érudits et artistes de qualité de la cour royale de feu sa mère à Alexandrie afin d’y remédier. Sous son impulsion et avec le blanc-seing ainsi que le soutien de son mari Juba II, le royaume fut réorganisé suivant un modèle romano-égyptien ; des phares (dont un construit dans le style de celui d’Alexandrie), forums, aqueducs, routes, temples (dédiés aux divinités tant romaines qu’égyptiennes), thermes et bibliothèques virent le jour et notamment à Césarée que les souverains transformèrent d’un comptoir phénicien en une capitale florissante. Ce développement n’aurait toutefois pas pu se faire sans une économie fertile : Cléopâtre Séléné y joua là encore un rôle majeur en développant notamment le commerce de la pourpre (à l’époque tirée de crustacés), fortement lucratif. Les exportations de pourpre furent rapidement accompagnées de celles de produits agricoles, piscicoles, perliers… La ville de Tingis (actuelle ville marocaine de Tanger), notamment, devint un centre commercial majeur en tirant parti de sa position stratégique face aux colonnes d’Hercule, actuel détroit de Gibraltar ; la ville de Volubilis (inhabitée aujourd’hui mais située près de Meknès) se développa aussi considérablement.
Après deux décennies d’un règne riche partagé avec Juba II sur le royaume de Maurétanie, Cléopâtre Séléné décéda en l’an 5 de notre ère, à l’âge de 35 ans. Cléopâtre laissa derrière elle son mari et leur fils Gaïus Julius Ptolémée, né entre 13 et 9 avant J.-C.. Juba II poursuivit avec succès le développement de son royaume, tout en restant toujours loyal à Rome.
Cléopâtre Séléné garde, même après avoir été élevée par Octave, un souvenir très vivace de l’Égypte qui l’a vue naître et de sa mère. Cette mémoire se vérifie par les décisions prises par Cléopâtre Séléné à la suite de son mariage. Par exemple, elle fait battre sur la monnaie numide le titre de « Reine Cléopâtre » qui était le titre de sa mère ainsi que les symboles égyptiens du crocodile, de la vache Hathor et de l’oiseau Ibis. Un autre détail prouvant la volonté acharnée de Cléopâtre Séléné de perpétuer la mémoire de ses origines réside dans le fait qu’elle nomme leur fils Ptolémée (le nom de ses ancêtres). De plus, l’origine égyptienne, voire hellénistique de Cléopâtre Séléné, se ressent implicitement par la ressemblance de la capitale du royaume de Juba et Cléopâtre, Julia Césarée, avec Alexandrie. En effet, Juba y fait construire un musée qui porte le nom gréco-égyptien d’Isaeon ainsi qu’une bibliothèque qui rappelle la prestigieuse bibliothèque égyptienne d’Alexandrie. De plus, les plans de la cité reprennent les codes de l’urbanisme hellénistique.
Ptolémée de Maurétanie : un héritier malheureux
À la mort de Juba en 23 après J.-C., son fils, désormais appelé Ptolémée de Maurétanie, s’inscrivit dans les pas de ses parents et accrut davantage encore la richesse de son royaume, tout en se montrant un allié fidèle des Romains. Sa prospérité finit toutefois par faire des jaloux : invité à Rome par Caligula en l’an 40 afin de célébrer l’amitié maurétano-romaine, Ptolémée fut assassiné sur ordre de l’empereur, probablement par jalousie à l’égard du faste du souverain maurétanien. Ulcérés par ce meurtre, des Maurétaniens initièrent une vaste rébellion contre l’Empire romain qui, après en être venu à bout, prit le contrôle intégral du royaume et le divisa en deux provinces : la Maurétanie tingitane à l’ouest et la Maurétanie césarienne à l’est.
La descendance de Ptolémée de Maurétanie
La fille présumée de Ptolémée, Drusilla - que certains historiens estiment plutôt être sa sœur, donc la fille de Juba II et Cléopâtre Séléné II -, ne laissa qu’une trace relativement confuse dans l’Histoire, tout comme sa descendance. Il est donc impossible, en l’état, de retracer avec certitude, à partir de Ptolémée de Maurétanie, le lignage de la dynastie ptolémaïque ; la reine de Palmyre Zénobie, qui marqua durablement l’histoire romaine du IIIème siècle, s’en revendiqua une héritière.
L'héritage des enfants de Cléopâtre
Les morts de Cléopâtre et de Césarion mirent fin à la ligne ptolémaïque qui contrôlait l'Égypte depuis l'époque d'Alexandre le Grand. Bien que leurs règnes aient été de courte durée et leurs vies souvent tragiques, les enfants de Cléopâtre ont laissé une marque indélébile dans l'histoire. Césarion incarnait l'espoir d'une fusion des cultures égyptienne et romaine, tandis que Cléopâtre Séléné a régné avec sagesse sur la Maurétanie, perpétuant l'héritage de sa mère. Leur histoire continue de fasciner et de nous rappeler les complexités du pouvoir, de l'amour et de la survie dans un monde en constante évolution.
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